
Forum Sur l'Armée Algérienne
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| | Guerre de Libération : Les Amis de l'Algérie ( Étrangers ) | |
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| Auteur | Message |
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sammydziri Amid (عميد)


Messages: 6426 Age: 55 Localisation: Algerie Loisirs: Algerie Inscription: 23/09/2007 Médailles du Forum:


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 | Sujet: Guerre de Libération : Les Amis de l'Algérie ( Étrangers ) Jeu 24 Avr - 3:37 | |
| | Citation: | GERMAINE TILLION L’Algérie au coeur

«Je pense, de toutes mes forces, que la justice et la vérité comptent plus que n’importe quel intérêt politique.» Germaine Tillion
L’ethnologue et résistante française, Germaine Tillion, amie de l’Algérie, est décédée, samedi dernier, à l’âge de 101 ans à Paris. Entre 1934 et 1940, Germaine Tillion travaille en Algérie, dans les Aurès, à une thèse sur la civilisation tribale. Elle se retrouve en Algérie en 1956. En effet, ayant été dans la résistance une fondatrice du réseau du Musée de l’Homme, Germaine Tillion est arrêtée le 13 août 1942, et déportée le 21 octobre 1943 à Ravensbrück. Pendant son internement au camp, elle écrira sur un cahier soigneusement caché, une opérette Le Verfügbar aux Enfers, où elle mêlera à des textes relatant avec humour les dures conditions de détention, des airs populaires tirés du répertoire lyrique ou populaire. En 1951, elle participe à la commission d’enquête sur le système concentrationnaire en Union soviétique et est une des premières à dénoncer ce qui sera appelé plus tard, le goulag. Fin novembre 1954, Germaine Tillion retourne en Algérie après le déclenchement de l’insurrection à la demande de Louis Massignon. En novembre 1954, elle apprend le déclenchement de la Révolution. De décembre 1954 à février 1955, Germaine Tillion parcourt le massif, constate l’effondrement économique. C’est à Batna qu’elle apprend ce que furent les événements de Sétif de 1945. Les 45.000 morts qui ont enlevé à la population jusqu’à l’idée même de révolte. Pour un temps, pour dix ans. Car en 1954, la révolte a éclaté de nouveau. Dans l’Aurès, les vieux Chaouia lui racontent comment un militaire maniaque torture de simples suspects. Germaine Tillion ignore tout du problème colonial. Etant reçue par Soustelle son ancien collègue ethnologue comme elle, elle bouillonne: «Croyez-moi monsieur le gouverneur, même un Ben Boulaïd qui a été arrêté est respectable. Je connais bien sa famille. Je l’ai vu tout gosse à Batna. Mostefa est un patriote et non un criminel de droit commun.»(1)
La mécanique des exécutions
Un an plus tard, elle crée des centres sociaux en Algérie. En 1957, en pleine bataille d’Alger, elle réussit à obtenir pour quelques semaines l’arrêt des attentats contre l’arrêt des exécutions capitales de militants du FLN, après une rencontre secrète avec Yacef Saâdi, chef militaire de la Région d’Alger. En même temps, Germaine Tillion s’élève avec véhémence contre la torture avec l’historien Pierre Vidal-Naquet ou le journaliste Henri Alleg. Le 18 juin 1957, elle participe à la commission d’enquête sur la torture dans les prisons de la guerre d’Algérie. Bien plus tard, toujours aussi interpellée par ses combats pour la dignité humaine, en octobre 2000, à 93 ans, Germaine Tillion a signé l’«Appel des quinze», demandant à la France de condamner officiellement la torture qui a été pratiquée en son nom pendant la guerre d’Algérie.(2) On a tout dit de la bravoure de Germaine Tillion, de sa façon de défendre les causes justes de liberté et de dénoncer la torture. Germaine Tillion conseillère technique au cabinet de Soustelle, verra en Parlanges, le général commandant les Aurès et chargé de la pacification et des SAS chères à Soustelle, - tout comme les Chaouia -l’homme de la répression. Ecoutons comment elle raconte son entrevue avec lui: «Lorsque je lui ai raconté comment les officiers "maniaques" torturaient des "réputés suspects", j’ai compris la méthode qu’il pratiquait au regard profondément ironique qu’il m’a "accordé". Je me souviens encore de ses mains de garçonnet, sans cesse en mouvement, lorsqu’il parlait avec une évidente satisfaction de toutes les façons possibles d’égorger un homme.» Y.Courrières: p. 83 Elle eut par la suite à revenir en Algérie pour enquêter avec une Commission internationale contre le régime concentrationnaire sur les prisons en Algérie. Bien plus tard, écrit Yves Courrières, elle eut confirmation de ce qu’elle redoutait: «La pellicule agissante et pensante était bien mince chez les Français d’Algérie, j’étais atterrée. Toute l’élite algérienne était en prison. Tous ceux qui chez les Européens et chez les Musulmans pouvaient constituer le premier noyau d’une communauté franco-algérienne étaient incarcérés, torturés. La période coloniale se terminait et on massacrait l’élite algérienne. On l’acculait à nous détester.» Y.Courrières p.464. On a beaucoup parlé de ses contacts avec Yacef Saâdi, des promesses non tenues et qui ont amené à la guillotine des dizaines d’Algériens conformément aux deux décrets 56-268 et 56-269 signés le 17 mai 1956 par un certain François Mitterrand, qui n’a jamais voulu commuer les peines de mort. Ce même François Mitterrand devenu président qui s’est refait, torturé par le remords durant son premier septennat, abolissait la peine de mort en 1982. C’est dire si les droits des Hommes ne sont pas les mêmes sous toutes les latitudes et les époques... Etant reçu par le général de Gaulle, qui n’était pas encore revenu au pouvoir, elle lui raconte la mécanique épouvantable des exécutions capitales suivies d’attentats: «Toute la prison qui est mixte, entend les préparatifs. On sait ce qui va se passer. On hurle à la mort. Et la Casbah toute proche reprend le chant de mort. Elle hurle, pleure et prie. C’est une immense communion dans le supplice.» Germaine Tillion raconte ensuite la torture. Elle tenait les récits de la bouche de ses amis qu’elle avait pu visiter en prison grâce à son titre officiel. Y.Courrières p.468. Elle ne s’arrête pas là dans la défense de son pays, puisque, dès le déclenchement de la guerre d’indépendance, Tillion dénonça la torture. Germaine Tillion crée les centres sociaux pour les ruraux musulmans déplacés dont elle dénonce la «clochardisation». Ces mêmes centres qui, le 15 mars 1962, virent six enseignants - trois Algériens et trois Français (dont Max Marchand et Mouloud Feraoun) - dirigeants des Centres sociaux éducatifs être exécutés par un commando de l’OAS. Germaine Tillion analyse les dysfonctionnements de la société coloniale, les Ennemis complémentaires, enquête sur la torture et les lieux de détention des moudjahidine...Elle était l’une des Françaises les plus décorées. Germaine Tillion fait sortir les femmes des Aurès de l’anonymat en publiant des photos mémorables qui datent de 1934, dans un ouvrage intitulé L’Algérie aurasienne.
Germaine Tillion ne s’arrêtera jamais. Signataire d’un appel à la condamnation de la torture durant la guerre d’Algérie (Appel signé par douze personnalités, L’Humanité, 31 octobre 2000.), cette femme, née en 1907, peut témoigner des nombreuses épreuves traversées dans ce siècle, épreuves vécues ou témoignages recueillis. Ethnologue formée par deux maîtres, Marcel Mauss et Louis Massignon, elle part en Algérie en 1937. Elle y accumule des quantités de notes et d’analyses sur l’ethnie berbère des Chaouïa L’idée de résistance s’impose alors, se structure. «Quand j’ai entendu la déclaration d’armistice de Pétain j’ai vomi.» 1940, sa vie bascule. Elle s’engage dans la Résistance. Dix de ses camarades sont fusillés, elle eut «pendant plusieurs mois, parfois plusieurs fois par semaine, l’occasion de dire adieu aux camarades qu’on emmenait au poteau d’exécution». L’Algérie, à nouveau, en 1954, pour une mission d’observation, puis pour la mise en place de centres sociaux, par lesquels elle espère enrayer la «clochardisation» de cette société qu’elle redécouvre. Et cette vision ethnologique si personnelle, «de la plus équitable douceur, la mesure et la raison», comme l’écrit Jean Lacouture, montre qu’aujourd’hui encore d’autres combats restent à mener: les sans-papiers, les minorités ethniques, l’esclavage moderne, etc. Pour le troisième millénaire, il faut «inventer autre chose».(3)
La dame aux mille vies
Sylvain Rakotoarison la décrit de la façon suivante: «Parmi les qualificatifs qui reviennent souvent au sujet de Germaine Tillion, il y a la passion de comprendre, la tendresse sans borne, l’humour, la malice et la dérision. Elle porta la lutte sur tous les fronts de la dignité humaine, notamment dans les prisons françaises où elle a encouragé l’enseignement et en Algérie, où elle s’est opposée à la torture, à la condition déplorable des femmes et à la ‘‘clochardisation’’ du peuple algérien avec la construction de centres sociaux. Elle l’expliqua ce terme dans son livre La Traversée du mal: "La clochardisation, c’est le passage sans armure de la condition paysanne (c’est-à-dire naturelle) à la condition citadine (c’est-à-dire moderne). J’appelle ‘‘armure’’ une instruction primaire ouvrant sur un métier. En 1955, en Algérie, j’ai rêvé de donner une armure à tous les enfants, filles et garçons.". C’était un peu cela la ‘‘méthode Germaine Tillion’’: une recherche pertinente de diagnostic des maux qui rongent la société, et surtout, la mise en pratique de solution concrète. Germaine Tillion est l’honneur de la République et l’honneur du XXe siècle.»(4) Difficile de retracer les «mille vies» de Germaine Tillion. Ajoutons sans être exhaustif, son combat permanent pour les droits de l’Homme, question essentielle à ses yeux, donc la défense des minorités, de toutes les minorités. N’oublions pas sa contribution majeure à la cause des femmes et son livre magistral Le Harem et les cousins. Ajoutons encore sa participation, dès 1969, à la défense mondiale de la santé publique contre la pollution des eaux, et l’atmosphère aux côtés de René Cassin, prix Nobel de la Paix. Tout cela en poursuivant son enseignement à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ehess, et ses recherches, comme directrice au Cnrs. Ceux qui connaissent Germaine Tillion s’accordent sur deux traits essentiels de cette humaniste inflexible: sa passion de comprendre et «sa tendresse sans borne qu’elle a toujours porté à ses semblables». Comment se définit-elle? Comme «une patriote de la justice, de la vérité, de la vie.» En 2004, pour le soixantième anniversaire du programme du Conseil national de la résistance, avec d’autres résistants dont Lucie Aubrac, elle signa «l’Appel des résistants aux nouvelles générations».(5) Son combat contre la torture n’allait pas s’arrêter après la fin de la guerre d’Algérie. Elle a continué, tout au long de sa vie, à demander, aux gouvernements français de gauche comme de droite, de reconnaître la torture, qu’au nom de la République, les tortionnaires ont infligée aux Algériens. «Des deux côtés de la Méditerranée, la mémoire française et la mémoire algérienne resteront hantées par les horreurs qui ont marqué la guerre d’Algérie tant que la vérité n’aura pas été dite et reconnue...La torture, mal absolu, pratiquée de façon systématique par une armée de la République et couverte en haut lieu à Paris, a été le fruit empoisonné de la colonisation et de la guerre, l’expression de la volonté du dominateur de réduire par tous les moyens la résistance du dominé...» C’est là un extrait de «l’appel à la condamnation de la torture durant la guerre d’Algérie» lancé au moment où Massu et Aussaresses reconnaissaient, persistaient et signaient leurs crimes. Cet appel au président Chirac et à son premier ministre Jospin était lancé et signé par: Germaine Tillion, aux côtés de Henri Alleg, ancien directeur d’Alger Républicain et auteur de «La Question», Pierre Vidal- Naquet, historien et auteur de «La torture dans la république»; elle s’associera aussi à d’autres intellectuels et lance un autre appel contre la torture en Irak. «Germaine Tillion, c’est un regard. Celui de l’ethnographe qu’elle fut, mais pas seulement. Toute sa vie, elle a regardé les hommes vivre, ´´amicalement et gentiment´´, dit-elle: les paysans pauvres des Aurès, dans les années 1930, où la mène son premier travail de terrain; les mêmes, en 1954, clochardisés, laissés-pour-compte de l’économie européenne; les femmes, d’abord celles qu’elle forme dans les centres sociaux d’Alger, et plus tard, celles qu’elle rencontre en Mauritanie, au Niger, en Haute-Volta, en Libye, au Moyen-Orient, en Inde, lors de ses missions scientifiques; les sans-papiers à Paris en 1996, les Maghrébins de France, les jeunes de banlieue, les harkis, les pieds-noirs...Est-ce son expérience du Mal, ou la fréquentation de ses maîtres en ethnologie - Marcel Mauss, Louis Massignon? Elle semble porter en elle toute l’histoire du monde, tissant ensemble avec une évidence confondante les temps immémoriaux et l’urgence du présent.»(6). En définitive, Germaine Tillion fait partie de cette armée de l’ombre, celle des Justes qui ont fait, en leur âme et conscience, leur devoir. Elle ira rejoindre André Madouze, Pierre Vidal-Naquet, voire Aimé Césaire qui, à leur façon, ont porté haut et fort les valeurs de dignité humaine et qui, au quotidien, ont prouvé par leur engagement, certaines fois au péril de leur vie, que la justice était un combat sans compromis ni compromission. Assurément, cette Algérie qui peine à écrire son histoire devrait montrer que celles et ceux qui se sont battus pour elle, appartiennent à la famille des Justes et méritent toute notre reconnaissance.
(*) Ecole nationale polytechnique (*) Ecole d´ingénieurs Toulouse
1.Yves Courrières: La guerre d’Algérie: le Temps des léopards. P.37. Editions Arthème Fayard 1969, 2001 Ed.Casbah 2005. Alger. 2.Jean Lacouture: Le Témoignage est un combat. Le Seuil 2000, 3.Violaine Ripoll. Les combats de Germaine Tillion Le Monde diplomatique janvier 2001 4.Sylvain Rakotoarison: Germaine Tillion: AgoraVox 21 avril 2008 5.Patrice Le Borgnic, Bon anniversaire madame U2R, Auray le 30 mai 2007. 6.Catherine Portevie. Germaine Tillion:Télérama 2 Juin 2007
Pr Chems Eddine CHITOUR (*)
L'Expression |
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|  | | zvenkruger Banni Définitivement

Messages: 3524 Localisation: Nomade Loisirs: manger du couscous, boire du thé avec cacahuettes :-) Inscription: 20/09/2007 Médailles du Forum:
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 | Sujet: Re: Guerre de Libération : Les Amis de l'Algérie ( Étrangers ) Jeu 24 Avr - 3:53 | |
| Ca me fait mal au cœur et ca me désole quand j entends de telles infos. Les amis de l Algérie qui s éteignent un après l'autre, me dira t on que c'est l'âge, je suis tout à fait d'accord. Mais j aurais aimer les voir en Algérie, donner des conférences, passer des vacances et être avec le peuple Algérien! Je crois que l Algérie a négligée sciemment ce coté. Je me demande pourquoi l État Algérien ne fait rien pour ces gens qui se sont exprimés en faveur de l Algérie, à l époque ou la moindre sympathie pour l Algérie était un crime! Madame GERMAINE TILLION tu resteras toujours et à jamais dans nos cœurs, peut être on t a pas connue et rencontré mais on t'aime. Tu es vivante pour nous (nous qui aimons l Algérie!). Que le bon Dieu t'accueille dans son vaste paradis incha Allah. Gloire à nos martys et à nos amis (les vrais)! _________________ Gloire à nos martyrs, que le bon Dieu protège nos anciens Moudjahidines  |
|  | | soudard Muqaddam (مقدم)


Messages: 2036 Inscription: 17/04/2007 Médailles du Forum:


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 | Sujet: Re: Guerre de Libération : Les Amis de l'Algérie ( Étrangers ) Jeu 24 Avr - 8:52 | |
| Ca a été effectivement un problème. La plupart des moudjahidine d'origine non musulmane ont fini par partir en France pour tout un tas de raisons, ils se sentaiant souvent un peu rejetés. |
|  | | akramov Administrateur (فريق)


Messages: 5109 Localisation: Alger Inscription: 05/09/2007 Médailles du Forum:



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 | Sujet: Re: Guerre de Libération : Les Amis de l'Algérie ( Étrangers ) Jeu 24 Avr - 8:53 | |
| pas spécialement, beaucoup sont restés _________________  |
|  | | soudard Muqaddam (مقدم)


Messages: 2036 Inscription: 17/04/2007 Médailles du Forum:


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 | Sujet: Re: Guerre de Libération : Les Amis de l'Algérie ( Étrangers ) Jeu 24 Avr - 9:10 | |
| C'est peut-être qu'une impression de ma part, basée sur des gens que j'ai connus, je n'ai aps de chiffres de toutes façons. |
|  | | sammydziri Amid (عميد)


Messages: 6426 Age: 55 Localisation: Algerie Loisirs: Algerie Inscription: 23/09/2007 Médailles du Forum:


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 | Sujet: Re: Guerre de Libération : Les Amis de l'Algérie ( Étrangers ) Ven 6 Juin - 9:44 | |
| | Citation: | Des dizaines de personnes se recueillent sur la tombe d'Henri Maillot

[Aps 5/6/08] ALGER - Des dizaines de personnes se sont recueillies jeudi à Alger sur la tombe d'Henri Maillot pour commémorer le 52ème anniversaire de la mort, au maquis, du militant de la cause nationale. Henri Maillot a été tué le 5 juin 1956 dans une embuscade tendue par les supplétifs (harkis) de l'armée française, menés par le Bachagha Boualem, dans la région d'El Karimia (Chlef). A bord d'un camion chargé d'armes et de munitions, l'aspirant Maillot avait déserté, quelques mois plus tôt, l'armée française pour rejoindre les rangs de l'ALN (Armée de libération nationale) dans la wilaya IV.
Comme chaque année, depuis le transfert en 1963 des ses cendres au cimetière chrétien de Diar es-Saâda, près de son quartier natal (Clos Salembier-El Madania), d'anciens maquisards, d'anciens condamnés à mort de citoyens et habitants du quartier, se sont rassemblées autour de Mme Yvette Maillot, sa s£ur, pour rendre hommage à "l'enfant du Clos (Salembier)", mort les armes à la main pour que vive l'Algérie indépendante.
Parmi les présents, Mustapha Saâdoune, ex-officier de l'ALN et dernier rescapé en vie du groupe Maillot, accroché en 1956 dans le maquis de la wilaya
IV.
Le vieux militant a tenu, à cette occasion, à associer au souvenir de Maillot celui de ces compagnons d'armes tombés avec lui au champ d'honneur,
Zernat, Moussaoui, Hanoune, mais aussi Maurice Laban : "Nous nous devons honorer tous nos chouhada sans distinction", a-t-il dit, ajoutant qu'"il est honteux de faire de ces noms (les Algériens d'origine européenne ayant adhéré à la cause de l'indépendance) un tabou après la conquête de la souveraineté nationale".
Pour sa part, le commandant Hassani de la wilaya IV historique a rappelé à l'assistance que "Mostefa Ben Boulaïd avait pour ami et adjoint le même
Maurice Laban", avant de s'indigner des "tentatives d'occultation" de leurs sacrifices.
Un habitant du quartier a préféré lire à l'assistance la lettre d'Henri Maillot adressée à la presse coloniale qu'il l'avait qualifié d'"aspirant félon" après sa désertion de l'armée française: "Je suis Algérien et comme tous les enfants de ce pays, j'ai répondu à l'appel de la mère patrie", avait-il répliqué, ajoutant : "J'ai conscience en donnant des armes à mes compatriotes que j'agis dans l'intérêt de mon peuple et de mon pays".
"Par cette lettre qui a valeur de "testament", Henri Maillot a rejeté dans un même élan l'ordre colonial, tout en clamant son algérianité", a commenté un des voisins proches des Maillot pour qui "le sacrifice suprême d'Henri se passe de toute polémique". |
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|  | | sammydziri Amid (عميد)


Messages: 6426 Age: 55 Localisation: Algerie Loisirs: Algerie Inscription: 23/09/2007 Médailles du Forum:


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 | Sujet: Re: Guerre de Libération : Les Amis de l'Algérie ( Étrangers ) Mar 1 Juil - 20:45 | |
| | Citation: | COMMÉMORATION DU 46E ANNIVERSAIRE DE L’INDÉPENDANCE L’hommage aux combattants étrangers
«Ils ont plus de mérite que nous parce qu’ils ont prouvé leur amour pour l’Algérie.»
Lors de la conférence historique qui s’est tenue hier au siège d’El Moudjahid à Alger, en présence de l’association «Machâal Achahid» et un grand nombre de moudjahidine venus des quatre coins du pays, un brillant hommage a été rendu aux combattants étrangers qui ont participé à la libération de l’Algérie.
Zohra Drif-Bitat, ancienne combattante et vice-présidente du Conseil de la nation, était présente à cette commémoration où elle a tenu un émouvant discours faisant l’éloge de ceux qu’elle a nommé «ses frères algériens».
Cette moudjahida est intervenue hier pour parler au nom de ceux qui ont fait sa fierté et celle du pays tout entier. Elle a aussi relevé la confusion qui s’opère autour de ces combattants dits «étrangers». «Il y a depuis l’Indépendance un dérapage qui ne nous sert pas, mais plutôt nous trahit, il faut lever cette confusion, lorsqu’on parle d’étrangers dont la nationalité est différente de la nôtre, mais qui ont participé à la Révolution algérienne», a-t-elle déclaré.
Pour Mme Drif, ces combattants dont les valeurs et principes étaient en désaccord avec la politique coloniale de leur pays, la France, à l’époque, et qui n’ont pas hésité à laisser tout derrière eux au nom de ce qu’ils croyaient juste jusqu’à lui sacrifier en donner leur vie, ont plus de mérite que les combattants algériens eux-mêmes. «Ils étaient Algériens et ils le sont toujours, et ils ont prouvé leur loyauté envers notre pays, ils ont plus de mérite parce qu’ils ont prouvé leur amour pour l’Algérie», a-t-elle déclaré avec sa voix émouvante.
Mme Drif a aussi suggéré, après avoir fait part de son «choc» de recevoir des invitations pour la commémoration de ceux qu’elle appelle «ses frères combattants», tout au long de l’année, sans pour autant qu’il n’ y ait une date symbolique pour la commémoration et le recueillement sur les tombes de ces derniers.
«Je suis plus que troublée de recevoir des invitations pour la commémoration de la mort d’un frère de combat alors qu’elle devrait se faire au même titre que la commémoration nationale des moudjahidine. Je suis contre le fait de vouloir en faire une catégorie spécifique alors qu’ils ont combattu pour l’Algérie, ils sont morts en tant que héros algériens» s’est-elle indignée.
Par ailleurs, Mme Drif a rappelé la contribution de Djamila Amrane, des frères Timsit avec qui Hassiba Ben Bouali a activé dans le réseau de fabrication de bombes, ou encore Annie Steiner.
Cette dernière, moudjahida et ancienne membre du FLN, a bravé tous les dangers pour la cause qu’elle défendait et surtout pour un pays en lequel elle croyait. Elle a perdu père, mère, mari et enfant pour un pays libre et autonome.
Hassani Abdelkrim, ancien combattant, a lui aussi rendu hommage de par sa présence et ses paroles à ceux qui l’ont aidé à libérer son pays. Dans son allocution, M.Hassani a notamment cité Pierre Guenancia. Il avait à peine 17 ans lorsqu’il a décidé de rejoindre le maquis. Né à Ténès, il a participé activement à la Révolution du pays qu’il aimait tant. Une lettre qu’il a envoyée à ses parents un 3 juillet 1956, près de trois mois après son départ pour le maquis, a été lue à haute voix devant toute l’assistance qui a pu mesurer ainsi tout l’amour qu’il portait au pays et surtout toute la bravoure dont il a fait preuve. «Je milite au milieu de jeunes (...) dans un magnifique élan d’enthousiasme (...) nous marchons infailliblement vers la liberté (...) nous sommes sûrs en considérant tous les symptômes politiques que l’issue est proche», a-t-il écrit dans sa lettre. Ajoutant à la fin de celle-ci la phrase dont le contenu se réalisa quelque temps après: «A bientôt dans une Algérie libre et indépendante.» D’autres moudjahidine sont intervenus tour à tour pour citer, un à un, ceux qui les ont aidés et assistés jusqu’au bout, parfois même au péril de leur vie, avec le mot de la fin, «Merci à eux d’être venus à nos côtés.»
L'Expression |
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|  | | numidia Muqaddam (مقدم)

Messages: 1982 Age: 43 Localisation: europe Loisirs: recherche, histoire, civilisations Inscription: 25/01/2009 Médailles du Forum:


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 | Sujet: Re: Guerre de Libération : Les Amis de l'Algérie ( Étrangers ) Mar 28 Juil - 13:16 | |
| cette nouvelle en peinera plus d'un à un grand ami de l'Algérie :icon salut: | Citation: | FONDATEUR DU RÉSEAU DE PORTEURS DE VALISES POUR LE FLN Francis Jeanson gravement malade 28 Juillet 2009 - Page : 24 Lu 506 fois
Il s’opposa notamment à Albert Camus qui considérait les révolutions comme une «négation des libertés».
Une vie pour la philosophie, une philosophie pour les causes justes. A 87 ans, le philosophe français Francis Jeanson risque de tirer sa révérence dans l’anonymat. Jusqu’au bout, l’intellectuel a parié pour exister car, selon lui «les hommes n’existent qu’au prix de parier sur leurs propres chances d’exister». Ainsi se déclinait pour Francis Jeanson la foi d’un croyant. Pour M.Jeanson, le combat n’avait de sens que quand il était mené pour des causes justes. Homme de réflexion et d’action, la «Voix dissidente» s’engage pleinement dans la lutte du peuple algérien pour son indépendance. Dans un hommage rendu au philosophe, Marie Ulloa, historienne, révèle: «En 1957, alors qu’il dirige la collection Ecrivains de toujours aux éditions du Seuil, il entre dans la clandestinité anticolonialiste et s’engage, pleinement, aux cotés du FLN. Trois ans plus tard, le procès du "Réseau Jeanson" révèle à la France entière le visage et le choix de ceux qui ont décidé de combattre pour préserver les idées républicaines.» Fondateur du réseau de porteurs de valises pour le FLN, l’éminence grise a su rallier à son action d’illustres intellectuels, artistes et militants français. Parmi les 4000 membres que comptait le réseau, figuraient les noms de Jacques Charby, Georges Arnaud, le père Davesies et Hélène Cuénat. Le procès qui devait condamner les esprits engagés, pour leurs convictions, a constitué un rappel à l’ordre historique pour la France coloniale aux idéaux de la révolution française. Né en 1922, Francis Jeanson a grandi dans une période (entre les deux guerres mondiales) qui a eu un impact décisif dans sa manière d’appréhender les conflits qui ont marqué le siècle précédent. En 1943, M.Jeanson rejoint les rangs des Forces françaises libres. Pour ce faire, le jeune résistant a dû s’évader de France pour fuir le Service du travail obligatoire (STO). Imposé par l’Allemagne nazie, le STO permettait la réquisition et le transfert, obligatoires, de milliers de Français au pays du IIIe Reich. Arrivé en Espagne, il y découvrira, à son corps défendant, les conditions, inhumaines, d’internement dans les camps. Entrant en Algérie via le Maroc, M.Jeanson fut bouleversé par la boucherie du 8 Mai 1945. Epris de liberté, le philosophe s’opposa farouchement à la théorie d’Albert Camus qui soutenait que le stade final des révolutions n’était autre que la négation des libertés. Inspiré de l’existentialisme de Jean-Paul Sartre, Francis Jeanson croyait fermement que le sens de l’humanité était dans la lutte contre l’oppresseur et le système qui a secrété l’oppression. En 1955, Francis Jeanson publie, avec sa femme Colette, l’Algérie hors-la-loi. Révolutionnaire, la publication souleva un tourbillon intellectuel et politique qui a fortement contribué à rendre visibles les mouvements de décolonisation à travers le monde. Quarante ans après l’Indépendance de l’Algérie, le philosophe invitait la classe politique et intellectuelle française à faire un diagnostic honnête de la période coloniale. Dans un entretien accordé au quotidien français, Le Monde le 28 mai 2001, Francis Jeanson déclarait: «La vraie question est: pourquoi faisions-nous la guerre au peuple algérien? Au nom de quel intérêt?» La réponse à cette interrogation implique une libération mutuelle de l’Algérie et de la France, d’un passé qui ne cesse de peser dans le présent des deux pays. Mais cela est une autre histoire.
Mohamed Sadek LOUCIF http://www.lexpressiondz.com/article/2/2009-07-28/66055.html |
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|  | | scorpion-rouge35 Administrateur (فريق)


Messages: 15416 Age: 24 Localisation: ALGERIE - ALGER Loisirs: ANP / FORCESDZ Inscription: 09/04/2007 Médailles du Forum:


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 | Sujet: Re: Guerre de Libération : Les Amis de l'Algérie ( Étrangers ) Lun 3 Aoû - 11:10 | |
| alah yarahmou | Citation: | Actualité (Lundi 03 Août 2009)
DÉCÈS DU FONDATEUR DU RÉSEAU DES “PORTEURS DE VALISES” Hommage à Francis Jeanson Par : DAHO DJERBAL(*)
Dans la nuit du samedi 1er au dimanche 2 août, Francis Jeanson nous quittait à l’âge de 87 ans. Ce nom peut probablement ne pas évoquer grand-chose pour la nouvelle génération de nos compatriotes et une grande partie des lecteurs de la presse quotidienne en Algérie, mais pour beaucoup de ceux qui se sont battus pour que ce pays accède à l’Indépendance, l’un des principaux responsables des réseaux de soutien au FLN en territoire français n’est pas ce que l’on pourrait appeler un parfait inconnu.
Engagé en 1943 dans les Forces française libres d’Afrique du Nord, il séjourne une première fois à Alger où il ne voit en fait à 21 ans que la France en Algérie avec ses problèmes, son armée divisée et son administration vichyste. Revenu en Algérie en septembre 1948, il y séjourne plusieurs mois dans des conditions précaires pour se rendre compte définitivement qu’il existait bien “un problème algérien”. Au bout de six mois, il arrive à la conclusion qu’ “il faut faire quelque chose, c’est trop énorme, c’est trop grave !”. Il venait de passer par Sétif où le sous-préfet le recevant dans “sa” ville lui fait visiter une place publique où se dressait un monticule de chaux. “Ce tas de chaux c’était des cadavres qui avaient été brûlés, carbonisés”. C’est là qu’il se met à écrire un article pour la revue Esprit, “Cette Algérie conquise et pacifiée…”. Ses engagements intellectuels et ses écrits dans Temps Modernes, qu’il anime avec Jean-Paul Sartre, le démarquent nettement de nombreux intellectuels français — comme Albert Camus —, qui absurdifient le monde et n’arrivent pas à voir l’Étranger dans son épaisseur humaine, celle du colonisé et de l’opprimé. Quand survient la lutte armée en Algérie, il est une des rares personnes vers lesquelles se dirigent les militants nationalistes pour y trouver une écoute, un écho et peut-être aussi une action solidaire. C’est le prélude à un engagement beaucoup plus conséquent aux côtés du FLN. Dans un de ses entretiens, il raconte comment à partir de juin 1955, il s’était décidé d’aller carrément dans l’implication concrète et sans équivoque au combat pour l’indépendance de l’Algérie. En automne 1955, il écrit en collaboration avec Colette Jeanson : “L’Algérie hors-la-loi” qu’il fait paraître chez Flamand. Alors que Camus se met à distance en s’interrogeant sur le non-sens des problèmes de son époque, Francis Jeanson se met en jeu en prenant tous les risques. Il disait alors : “Héberger un Algérien, c’est peut-être soustraire un homme à la torture”. Après un séjour en sanatorium, il revient de plus belle dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie. Fin mars 1956, il ouvre sa maison et met sa voiture à la disposition des militants du FLN. Il sollicite un grand nombre d’intellectuels, d’artistes, de femmes et d’hommes de lettres. C’est le début des réseaux de soutien au FLN, de ceux qu’on appellera plus tard “les porteurs de valises”. Début 1957, c’est Tayeb Boulahrouf, alors responsable par intérim de la fédération de France du FLN, puis Omar Boudaoud qui le rencontrent et discutent des modalités de l’aide des réseaux Jeanson au FLN. Le philosophe ne peut plus se contenter d’amener la question algérienne sur la place publique par ses conférences et prises de position médiatiques. Ahmed Boumendjel prend part aux prises de décision quant au passage à la clandestinité du travail d’aide au FLN d’autant que le réseau, et Francis Jeanson à sa tête, était en contact permanent avec la direction de la Fédération de France du FLN dont il assurait l’hébergement et connaissait les points de chute tout autant que les planques pour l’argent des cotisations venant de tous les coins de France. Francis Jeanson qui n’était pas seulement un intellectuel engagé, mais aussi un homme politique avisé, tenait pour essentiel l’existence d’un réseau de soutien français “pour que l’Algérie puisse un jour ne plus identifier la France aux pires excès d’une certaine politique française”. Espérons, pour terminer cette évocation, que l’Algérie d’aujourd’hui pourra se souvenir que des Français se sont battus, se sont exposés et ont mis en jeu leur liberté et parfois leur vie pour l’indépendance de notre pays et une certaine idée de la France.
D. D. (*) Maître de conférences Université d’Alger-Bouzaréah http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=119308
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il ne faut pas oublier s que ces gens ont fait pour l'Algérie 


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|  | | cesam Amid (عميد)


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 | Sujet: Re: Guerre de Libération : Les Amis de l'Algérie ( Étrangers ) Lun 3 Aoû - 11:56 | |
| Décès du philosophe Francis Jeanson, créateur d'un réseau de soutien au FLN - AFP| Citation: | PARIS — Le philosophe Francis Jeanson, fondateur d'un réseau de soutien au FLN pendant la guerre d'Algérie (réseau dit des "porteurs de valise"), est mort à 87 ans, samedi soir près de Bordeaux, a-t-on appris auprès de sa famille.
Auteur de nombreux ouvrages notamment sur Jean-Paul Sartre dont il était très proche, collaborateur de la revue Les Temps modernes, Francis Jeanson est mort à la Clinique d'Arès, à 45 km de Bordeaux, a précisé son fils Olivier.
Francis Jeanson qui se voulait le défenseur des causes justes, s'était engagé aux côtés des combattants algériens après le déclenchement de la guerre d'Algérie, créant un réseau permettant de collecter et transporter fonds et faux-papiers pour les militants du FLN opérant en France.
"Notre guerre" (1960)
Dans "Notre guerre", un livre paru en 1960 et immédiatement saisi, il s'était expliqué sur son combat, répondant à ceux qui lui reprochaient de soutenir les ennemis de son pays, qu'il défendait les valeurs de la France qu'elle même trahissait.
Jugé par contumace, condamné en octobre 1960 à dix ans de prison ferme au terme du procès de son réseau, il est amnistié en 1966. Il se tourne alors vers l'action culturelle, puis l'action sociale en milieu psychiatrique.
Né le 7 juillet 1922 à Bordeaux (Gironde), licencié de lettres et diplômé d'études supérieures de philosophie, Francis Jeanson rejoint en 1943 les Forces françaises d'Afrique du Nord. Devenu reporter à Alger républicain en 1945, il rencontre Camus et Sartre. Ce dernier lui confie la gérance de la revue Les Temps modernes (1951-1956). Parallèlement, Jeanson crée et dirige aux éditions du Seuil la collection "Ecrivains de toujours".
"L'Algérie hors la loi" (1955)
En 1955, il publie "L'Algérie hors la loi", qui dénonce l'échec du système d'intégration des masses algériennes et affirme la légitimité des hors-la-loi du FLN, avec lequel il prendra contact. Du militantisme de la pensée, il passe à l'action et crée deux ans plus tard le "réseau Jeanson" qui sera démantelé en 1960. Il entre alors dans la clandestinité, quittant la France pendant quelques années.
Après son amnistie, il est chargé par André Malraux de diriger la Maison de la culture de Châlon-sur-Saône (Saône-et-Loire) de 1967 à 1971.
Jeanson participe ensuite à des expériences de psychiatrie ouverte et des réseaux de réflexion pour faire sortir la maladie mentale des murs de l'hôpital.
Engagé jusqu'au bout, il est président de l'Association Sarajevo en 1992 et candidat sur la liste "L'Europe commence à Sarajevo" du professeur Léon Schwartzenberg pour les élections européennes de 1994.
Francis Jeanson est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages, dont plusieurs consacrés à Jean-Paul Sartre, notamment "Sartre par lui même" (1955) et "Le problème moral et la pensée de Sartre" (1965)... mais aussi à des philosophes comme Montaigne.
On lui doit également "La Foi d'un incroyant" (1976), "Eloge de la psychiatrie" (1979), "Algéries" (1991), "Conversations privées 1974-1999" (2000
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|  | | draganov Raïd (رائد)


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 | Sujet: Re: Guerre de Libération : Les Amis de l'Algérie ( Étrangers ) Lun 3 Aoû - 15:38 | |
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|  | | scorpion-rouge35 Administrateur (فريق)


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 | Sujet: Re: Guerre de Libération : Les Amis de l'Algérie ( Étrangers ) Mer 5 Aoû - 19:14 | |
| | Citation: | Actualité (Mercredi 05 Août 2009)
Après la disparition du fondateur du réseau “des porteurs de valises” durant la guerre de libération Le président Bouteflika rend hommage à Francis Jeanson Par :Rédaction de Liberte
Le président Bouteflika a affirmé que le philosophe français et fondateur du réseau des “porteurs de valises” Francis Jeanson, décédé samedi, restera l’“exemple vivifiant” d'un intellectuel qui a combattu aux côtés des Algériens pour leur indépendance et l'honneur de la France. “Francis Jeanson fut et restera dans la mémoire des peuples algérien et français l'exemple vivifiant d'un intellectuel lucide et exigeant qui combattit avec rigueur et chaleur, talent et efficacité, la domination coloniale française dans notre pays”, a écrit le président de la République dans un message de condoléances à la famille du défunt. Francis Jeanson, a souligné le chef de l'État, “épouse en mots et en actes la cause de la lutte de Libération nationale de notre peuple, convaincu qu'il contribuait, dans le même temps, à libérer la France de sa boursouflure coloniale”. “Francis Jeanson fut et restera dans la mémoire du peuple algérien, un frère de combat et d'espoir dans l'élaboration d'une relation amicale entre les nations algérienne et française enfin débarrassée des scories du temps colonial”, a encore dit le président Bouteflika. “Les Algériens et tous les Français auront à cœur d'honorer ensemble la mémoire de ce grand intellectuel et patriote français qui combattit aux côtés du peuple algérien pour son indépendance et l'honneur de la France qui, pour Francis Jeanson, représentaient les deux faces indissociables d'une même aventure existentielle, celle de la liberté et de la fraternité humaines”, a ajouté le président de la République. “Il est urgent, au moment où Francis Jeanson nous quitte, de reprendre, sur les deux rives de la Méditerranée, son message de lumière et de l'amplifier pour ouvrir plus grandes les portes d'un avenir convivial, dont il a démontré la possibilité”, a souligné le chef de l'État. “À l'occasion du rappel à Dieu de Francis Jeanson, je tiens à présenter à sa famille, à ses amis et au peuple français mes condoléances sincères, émues et solidaires”, a indiqué le président Bouteflika dans son message.
R. N.
http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=119420
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|  | | cesam Amid (عميد)


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 | Sujet: Re: Guerre de Libération : Les Amis de l'Algérie ( Étrangers ) Ven 7 Aoû - 16:48 | |
| Société - Afrique du Nord - Algérie - France
Les héros ne doivent pas mourir - guerre d'Algérie| Citation: | Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a inauguré cet été une stèle à la mémoire des Français qui ont combattu aux côtés des Algériens lors de la guerre de libération. Un geste politique et symbolique fort, passé inaperçu. Alors que le 1er novembre marque en Algérie l’anniversaire du déclenchement de la révolution armée, un ancien appelé revient sur la réhabilitation de ces héros oubliés.
Ils s’appelaient Maurice, Raymonde, Henri ou Lucette. Français d’Algérie, ils ont combattu auprès des Algériens lors de la guerre de libération. Pourtant, peu d’entre eux sont sortis de l’anonymat. En juillet dernier, le président Abdelaziz Bouteflika a inauguré une stèle, située à Alger entre la place des Martyrs et l’entrée de la commune de Bab el Oued, réhabilitant ses " porteurs de valises " oubliés. Un hommage porté à ces hommes et femmes " épris de paix et de liberté, qui ont témoigné avec sacrifice et courage, pour la dignité du peuple français et l’honneur de la France, durant la guerre de libération nationale et qui ont soutenu sans relâche et dans la fidélité à leurs principes, le combat du peuple algérien pour son émancipation ". Alors que l’Algérie commémore le 48ème anniversaire du déclenchement de la révolution armée (le 1er novembre 1954), René Fagnoni, secrétaire-général du Comité de groupe Socpresse-Le Figaro et ancien appelé, revient sur la symbolique de cette stèle qu’il a appelée de ses voeux.
Afrik : Vous avez milité pour que cette stèle existe pourquoi ?
René Fagnoni : Cette stèle réhabilite la mémoire de ces oubliés de l’Histoire, véritables héros et acteurs primordiaux de la Révolution algérienne. Elle leur rend justice et fait écho à la plaque dévoilée par Bertrand Delanoë en octobre 2001 à Paris, sur le pont Saint-Michel, rendant hommage aux manifestants algériens morts le 17 octobre 1961. L’Algérie se devait de rendre hommage aux Justes français qui se sont battus aux côtés des Algériens. Ils n’étaient pas nombreux mais ont fait preuve d’un immense courage. Pour moi, ils représentent l’honneur de la France. Ils ont permis que dans cette guerre abominable l’éclat de la France en tant que terre des libertés, mère des Révolutions et des valeurs du siècle des Lumières ne soit pas totalement terni. Et ils sont des exemples pour notre époque qui manque cruellement de héros.
Afrik : L’inauguration a été très discrète...
René Fagnoni : C’est en effet un geste politique important qui est complètement passé inaperçu. Mais c’est déjà un pas. Les gouvernements français successifs n’ont jamais accepté le caractère héroïque de la démarche de ces Français et les Algériens ont mis très longtemps à le reconnaître. A tel point que le corps de Maurice Laban n’a été rapatrié ni par la France ni par l’Algérie. Cette dernière a donné la priorité à ses propres martyrs, malheureusement très nombreux. 1,5 millions d’Algériens sont morts à l’époque, sur une population de 9 millions de personnes.
Afrik : A quels personnages fait référence cette stèle ?
René Fagnoni : A tous les Français anonymes engagés aux côtés des Algériens. Et en particulier à Maurice Laban, à qui l’historien Jean-Luc Einaudi a consacré un ouvrage *. Natif de Biskra, où ses parents étaient instituteurs, il s’engage d’abord dans les Brigades internationales durant la Guerre d’Espagne. Il en revient avec de graves blessures. Membre du Parti communiste algérien (PCA), il rejoint le maquis aux côtés du FLN et sera tué le 5 juin 1956, en même temps que l’aspirant Maillot. Il a alors 42 ans. Quant à Henri Maillot, militant du PCA de 24 ans, aspirant rappelé dans l’armée française, il déserte en avril 1956 avec un stock d’armes. Il est pris vivant par les militaires et alors qu’on veut lui faire crier " Vive la France ", il s’exclame " Vive l’Algérie indépendante ! " avant de tomber sous une rafale. Il faut citer aussi l’infirmière Raymonde Peschard, arrêtée, torturée, violée et massacrée en août 1959, à 25 ans.
Afrik : Mais l’Algérie a déjà donné des noms de Français ayant combattu aux côtés des Algériens à des rues ou des bâtiments...
René Fagnoni : Si vous parlez de l’Hôpital Maillot, il n’a rien à voir avec l’aspirant en question. L’établissement portait ce nom bien avant qu’Henri Maillot ne déserte. En revanche, une rue Maurice-Laban a été inaugurée à Biskra l’année dernière. Mais dans la région de Batna, où est tombée Raymonde Peschard, qui se souvient d’elle ? A l’inverse, on commémore chaque année la mort de Massika Ziza, infirmière du même âge que Raymonde, tuée par un éclat d’obus lors d’un bombardement en petite Kabylie. Plusieurs bâtiments publics portent même son nom.
Afrik : Quelle a été votre expérience de l’Algérie pendant la guerre ?
René Fagnoni : Jeune appelé, j’ai été envoyé, pour briser mes velléités anti-colonialistes, en Algérie de mars 1957 à mai 1959. J’ai été incorporé dès le premier jour dans le 7ème régiment de tirailleurs algériens, stationné dans les Aurès et composé à 80% de musulmans. C’est dans cette région, près de Batna, que j’ai appris à aimer l’Algérie et ses habitants avec lesquels j’ai noué des liens très forts. J’ai vu ce qui se passait sur le terrain mais par bonheur, je n’ai jamais eu à participer à un engagement avec les combattants algériens. C’est pourquoi aujourd’hui, j’ai autant de respect pour ces jeunes hommes et femmes français qui ont eu le courage de mettre en action cette phrase de Jean-Jacques Rousseau : " Quand l’Etat perd la raison, l’insurrection est le plus sacré des devoirs ".
Source :: http://www.afrik.com/article5208.html
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|  | | soudard Muqaddam (مقدم)


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 | Sujet: Re: Guerre de Libération : Les Amis de l'Algérie ( Étrangers ) Sam 8 Aoû - 7:12 | |
| Bonjour Draganov, Dans ton poste du 3/08, sur l'affiche, je connais tous les gens qui y sont sauf MC Boyet. Quelqu'un a des détails sur elle ? |
|  | | cesam Amid (عميد)


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 | Sujet: Re: Guerre de Libération : Les Amis de l'Algérie ( Étrangers ) Lun 24 Aoû - 17:29 | |
| Fernand IVETON (1926 - 1957) - exécuté le 11 Février 1957"Je vais mourrir mais l'Algérie sera indpendante" Il y a cinquante ans, le 11 février 1957, Fernand Iveton, trente et un ans, militant communiste, accusé de terrorisme, était guillotiné. Sa grâce a été refusée par le gouvernement de Guy Mollet. « Je vais mourir, mais l’Algérie sera indépendante » furent les derniers mots prononcés par Fernand Iveton, avant d’être guillotiné juste après Mohamed Ounouri et Ahmed Lakhnache, le 11 février 1957 à 4 h 30 du matin. Exécuté pour l’exemple, Fernand Iveton était accusé d’avoir tenté, selon l’expression du ministre résident en Algérie, le socialiste Robert Lacoste, d’avoir voulu « faire sauter Alger ». Or, s’il a, certes, déposé une bombe dans les vestiaires de l’usine de gaz d’Alger, elle ne devait exploser qu’une fois les employés partis. Selon Jacqueline Guerroudj, qui lui a remis la bombe, Iveton avait exigé qu’elle ne fasse aucune victime civile. Il voulait des « explosions témoignages » pour faire avancer la cause de l’indépendance sans faire de victimes civiles. De ce fait, la bombe, de faible puissance, avait été réglée pour exploser le 14 novembre 1956 à 19 h 30. À cette heure, il n’y avait plus personne sur les lieux de travail, rapporte l’enquête. D’ailleurs, les artificiers l’avaient désamorcé vers 18 heures. Gloire à nos martyrs |
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 | Sujet: Re: Guerre de Libération : Les Amis de l'Algérie ( Étrangers ) Lun 5 Oct - 18:21 | |
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|  | | scorpion-rouge35 Administrateur (فريق)


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 | Sujet: Re: Guerre de Libération : Les Amis de l'Algérie ( Étrangers ) Dim 11 Oct - 17:27 | |
| | Citation: | Qui est ANNIE STENER ?

A la vérité, il n’est nul besoin de faire connaître ou de décrire ANNIE STENER. Son militantisme et son parcours révolutionnaire sont là pour parler pour elle.
Cette Algérienne de cœur, de raison et bien sur de nationalité, avait tout pour être heureuse. Un jour, mue par des appels et des secousses irrésistibles, elle abandonna tout son confort, y compris ses enfants qui lui furent retirés à la suite de sa séparation de son mari, apprenant son engagement pour le FLN, elle s’est battue toute une vie pour l’Algérie et continue à ce jour à dire son amour à son pays l’Algérie.
Nous avons estimés utile de livrer ici aux jeunes générations, quelques pages glorieuses de la vie cette Moudjahida pour montrer un exemple tout simplement de courage et de foi.
Invitée d’honneur de la ville de Sétif à l’occasion des cérémonies commémoratives de la journée du 08 mai 1945, Annie Steiner est cette infatigables et inusable Moudjahida de première heure de la guerre de libération nationale.
Agée aujourd’hui de 81 ans, bon pied, bon œil, malgré le poids de l’age, des stigmates tant physiques que psychologiques, conséquences de cet engagement pour l’Algérie libre et indépendance, elle garde miraculeusement toute sa lucidité et ses capacités pour nous relater pudiquement ce parcours singulier . Elle le fait avec d’autant d’humilité qu’elle préfère attribuer ces rôles aux autres pour dire que son engagement à elle ne fut qu’une modeste contribution de la militante active et de la Moudjahida qu’elle fut dont la conscience a été interpellé un jour pour dire non à l’injustice.
Nous vous invitons à decouvrir ci après quelques extrais de presse sur le parcours atypique de cette grande militante qui demain sera parmi les jeunes fille du Lycée Malika Gaid de Setif pour leur parler de l’Algérie et de la révolution Algérienne. Nous savons qu’elle fut et qu’elle continue à être une grande patriote.
Militante infatigable de la liberté, Annie a vu le jour le 7 février 1928 à Marengo (Hadjout). Son père, Fiorio Marcel, né au début du siècle dernier à Tipaza, est issu d’une famille originaire de Florence en Italie. Il travaillait dans les hôpitaux. Lors de l’épidémie de typhus, il a été dépêché à Sidi Bel Abbés comme directeur de l’hôpital pour y mettre un peu d’ordre. Qu’est-ce qui a donc poussé les Fiorio, famille prospère, à quitter le symbole de la renaissance pour s’installer en Algérie ? Nul ne le sait. « Mon père est mort à 41 ans, emporté par une crise cardiaque. Quant à ma mère, elle était enseignante, institutrice comme sa sœur et leur mère. Ma grand-mère, Virginie Malavial-Truel, était institutrice à Borely Lasapie (El Omaria) village au-dessus de Médéa, où elle exerçait selon le système de la classe unique. J’ai rompu la tradition. Mon grand-père, né à Theniet El Had en 1870, est enterré à Palestro. »
Annie dut bourlinguer très jeune au gré des affectations de son père. A Boufarik, elle y effectua l’école primaire et à Sidi Bel Abbés c’est l’EPS. « De là, je suis allée à Blida, une ville qui a beaucoup compté pour moi. J’y ai fait mes études secondaires au lycée Duveyrier (Ibn Rochd), un excellent établissement qui a vu défiler des chouhada comme Ali Boumendjel, Abane Ramdane et des responsables comme Benyoucef Benkheda, M’hamed Yazid, Sadek Hadjeres… A l’origine, ce lycée était réservé aux garçons, mais après le débarquement des Américains, qui ont occupé le collège des filles, on a dû jumeler filles et garçons après la fermeture de l’internat pendant la Seconde Guerre mondiale. » D’une extrême pudeur, cette grande militante, citoyenne du monde, défenseur de la liberté, possède l’aura de celles qui ont su se réinventer sans se renier...
La vie d’Annie Steiner s’est muée en destin algérien, un jour de février 1956, après son arrestation par la police coloniale pour « activités subversives », entendre pour engagement en faveur de l’indépendance de l’Algérie, ce qui n’était pas si peu.
C’était l’an II de la Révolution et une répression des plus sauvages s’était abattue sur les militants algériens. Annie Steiner, née Fiorio, avait alors 28 ans. Rien ne présageait d’une telle destinée pour cette native de Hadjout (ex-Marengo). Issue d’une famille de pieds-noirs depuis trois générations, Annie a grandi dans un milieu plutôt protégé et n’a connu ni la misère ni les privations qui frappaient des millions d’Algériens. Mais Annie est une rebelle née, une révolutionnaire qui place les valeurs de liberté et de justice au-dessus de tout. Justement, le dénuement et l’exclusion, elle les côtoie quotidiennement dans ces centres sociaux d’Alger où elle travaille pour venir en aide aux démunis. C’est là où la guerre la surprend.
Elle n’est alors militante d’aucun parti politique ni organisation, et c’est souveraine mais lucide qu’Annie la « Française » opte pour « l’Algérie algérienne » en s’engageant dans les réseaux clandestins du FLN. L’histoire lui donnera raison, mais à quel prix ! Par ce choix, elle signera son premier « acte de divorce » avec sa communauté d’origine. Les pieds-noirs qui, comme elle, ont fait le pari de l’Algérie libre et fraternelle, une infime minorité dont certains membres ont payé de leur vie leur engagement pour l’indépendance de l’Algérie seront vite taxés de « traîtres » et reniés par famille et amis. Comme elle, Henri, Fernand, Yvette, Georges, Jacqueline et d’autres encore n’étaient prédestinés ni par leur noms ni par leurs origines à épouser la cause des « fellagas ».
La rupture d’avec les siens, Annie l’expérimentera une seconde fois, en prison même : M. Steiner, son époux, furieux d’apprendre son appartenance au FLN, demandera le divorce et l’obtient. Plus tard, la garde de ses deux fillettes lui sera, elle aussi, retirée. La chaleur familiale, c’est en prison qu’Annie la retrouvera parmi « l’khouatate » (les sœurs) comme elle continue à appeler, tendrement, ses anciennes codétenues. Ces années de prison la marqueront à jamais. D’anciennes camarades de détention se souviennent de la militante à toute épreuve. « Forte en gueule », mais pas seulement, Annie ne laissait aucun répit à l’administration pénitentiaire pour faire reconnaître le statut de détenues politiques aux militantes FLN.
La juriste – elle est licenciée de la faculté de droit d’Alger – utilise pour ce faire tout son savoir pour harceler l’ennemi jusque dans les cellules de prison, territoire de non droit s’il en est. D’une grande rigueur intellectuelle, elle se méfie des mythes et l’histoire, pour elle, est une œuvre collective qui transcende les individus et leur ego. Annie Steiner était militante de la zone autonome dans le réseau Alger-Sahel, celui même dans lequel était affectée Hassiba Ben Bouali. Condamnée à la réclusion « criminelle » par le tribunal des forces armées d’Alger, elle fut « trimballée », cinq ans durant, d’El Harrach à Serkadji, en passant par d’autres lieux d’enfermement.
Au lendemain de l’indépendance, on la retrouve parmi une poignée de cadres algériens autour de Mohamed Bédjaoui, assumant la lourde tâche de réorganiser la nouvelle administration après le départ de l’encadrement français. Haut fonctionnaire au secrétariat général du gouvernement, elle contribuera, jusqu’à sa retraite en 1990, à la formation de dizaines de cadres de la Fonction publique algérienne.
Femme de conviction, femme d’action et de réflexion, elle continue, à ce jour, à être active. A sa manière. Grande lectrice, amie d’écrivains et de poètes. Jean Sénac dont elle fut très proche lui a dédié, dit-on, l’ensemble de sa poésie. Elle est habitée, elle aussi, par la Muse, même si ses poèmes restent inédits. A quatre-vingts ans aujourd’hui, cette dame reste étonnamment belle, le temps a passé, marquant de son empreinte la frêle silhouette, mais le regard d’Annie, lui, n’a pas pris une seule ride.
Citoyenne du monde
A 81 ans, elle garde le même regard, les mêmes convictions, les mêmes rêves. « Je suis fille unique. J’ai vécu dans un milieu aisé. Je ne manquais de rien. J’aurais pu être très gâtée, mais mes parents m’ont transmis certaines valeurs. Mon père, libre penseur, m’a inculqué les valeurs du travail, de l’honnêteté et de la rigueur. Ma mère, qui m’a élevée et ne s’est pas remariée, venait d’une région de France très catholique et m’a donné une éducation chrétienne. Mes parents, au demeurant modestes, étaient dignes et ne fréquentaient pas la haute société. Ils étaient sensibles aux souffrances humaines. »
Elle en possède la fièvre inventive et le mépris du danger. « Quant à moi, je ne militais nulle part, ce qui m’a beaucoup servi. Je discutais avec les vieux militants. Je les écoutais surtout et j’avais compris déjà qu’on doit presque tout aux autres. » Rebelle, elle voulait révolutionner le monde. Un monde bien triste, celui qu’elle a côtoyé dans les centres sociaux d’Alger, où elle exerçait et où le dénuement le disputait à la misère et l’exclusion. Avec son éducation et son esprit combatif, elle se montre chaleureuse et distante à la fois, gardant quelque chose d’inaccessible : « Ce sont des choses qu’il faudrait écrire un jour », reconnaît-elle, prévenante. Ses mots bien choisis arrivent à percer les formules cadenassées. Dans son discours, on perçoit en filigrane sa croyance au groupe et au monde.
Lorsque la lutte de libération éclate en 1954, elle « se sent mûre ». Elle est licenciée en droit. Avec son mari, le Suisse Rudolf Steiner, architecte, elle a été amenée à connaître des gens de ce milieu à Paris, où le couple a séjourné. Son époux était lié aux architectes du bureau de Le Corbusier. Dans la capitale française, ils sont restés deux ans. Retour à Alger fin 1953, où elle retrouve ses amis Jean Sénac, Roland Simounet, architecte originaire de Aïn Benian, et Jean de Baisonseul, responsable du service d’urbanisme de la ville d’Alger, arrêté, et incarcéré à Barberousse en 1956. « Il y est resté très digne. Il a sauvé beaucoup de choses à Alger qu’on est en train de détruire. C’était un peintre et un sculpteur qui avait fait visiter La Casbah à Le Corbusier (Corbu pour les intimes). On dit que Le Corbusier, grand admirateur de La Casbah et du M’zab (Ghardaïa) y avait puisé des idées pour son ’’modulor’’ ».
Bien avant le déclenchement de la guerre, Annie avait pris conscience de la situation désastreuse des « indigènes ». Elle avait choisi son camp. Elle était dans le réseau FLN clandestin, dans lequel elle a été engagée en 1955 après avoir cherché un contact dès la fin de 1954. « J’ai pu faire beaucoup de choses, tout simplement parce qu’étant d’origine européenne, je n’éveillais pas les soupçons et je n’étais pas fichée par la police. » Quel était le regard porté sur elle par ses amis pieds-noirs, elle qui avait pris le parti de lutter pour l’indépendance de l’Algérie. « Personne ne savait ce que je faisais. Leur surprise a dû être grande lorsqu’ils l’ont appris dans le journal, en page une et en gros titre. »
Arrêtée en octobre 1956, elle est condamnée à 5 ans de réclusion par le tribunal militaire d’Alger, lors d’un procès qui a duré 3 jours et appelé à tort « Le procès des médecins ». Pourquoi cette expression ? Voulait-on associer intentionnellement le mot « médecin » à une des activités du groupe concernant un laboratoire d’explosifs ? On ne sait pas. Dans ce procès, où les accusés avaient des origines politique et ethnique variées, se trouvaient A. Bensadok (vieux militant du PPA puis du FLN), les 3 frères Timsit (médecins) et Georgio Arbib (ingénieur) anciens militants du PPA, Djaballah (jeune étudiant chimiste), E. Neplaz (instituteur de Constantine), etc.
Beaucoup, qui étaient clandestins, ont été jugés par contumace, parmi lesquels Hassiba Ben Bouali, chahida à 18 ans, morte héroïquement avec Ali la Pointe, petit Omar et M. Bouhamidi. Le lendemain du procès, elle écrivait un poème qui sera souvent lu à la Chaîne 3 par Djamel Amrani qui savait si bien lire la poésie : « Cette femme n’est pas une mère, a dit Monsieur le procureur. Cette femme n’est pas une mère, ont répété les cervelles dociles. Vous avez le jugement prompt. Soyez loué par les cervelles dociles. Vous avez le goût de la justice prompte. Soyez béni par les cervelles dociles. Sachez Monsieur le procureur que rien n’est aussi simple. Cette femme était mère et par le don de la vie deux fois renouvelé »… (allusion ici à Edith et Ida qui, en 1957, avaient 4 et 2 ans.)
Annie a fait 6 prisons : Barberousse, Maison Carrée, Blida par mesure disciplinaire puis transfert à la Petite Roquette à Paris, à la vieille prison de Rennes et enfin à la maison d’arrêt de Pau. Sa petite famille accuse le coup. Sa mère en souffre beaucoup, les enfants aussi. Après sa sortie de prison en 1961, elle ne pouvait revenir en Algérie. Elle se rend en Suisse, où la garde de ses deux filles Edith et Ida lui est retirée. Le divorce est consommé. En 1962, pas le moindre sou
En 1962, elle rentre à Alger « avec pour seul bagage un petit sac. Je n’avais pas le sou. J’étais seule, ma mère et sa famille étaient parties en France. Il fallait repartir de zéro. Heureusement, j’étais recueillie par deux sœurs de prison. Deux moudjahidate. Safia, puis Meriem, dont la famille m’a accueillie pendant plus de 2 mois en me traitant comme sa propre fille. C’est inoubliable. » Elle confie parfois sa tristesse. Annie a horreur de ceux qui assument mal leur petite dose de mégalomanie, se croyant dépositaires du destin supérieur. Elle en rit. Un peu jaune. En 1962, avec la création du secrétariat général du gouvernement, dont le premier secrétaire était Mohamed Bedjaoui, un excellent juriste, elle y est engagée, parce qu’elle présentait le profil. Elle y restera 30 ans, assurant avec d’autres cadres la tâche d’organiser la nouvelle administration. « C’était passionnant et très prenant », se souvient-elle. Aujourd’hui, elle a la satisfaction d’avoir contribué à la formation de cadres de la Fonction publique avec cette particularité d’avoir été la première femme nommée directeur d’administration centrale par le défunt président Boumediene. Auparavant, en 1962, elle avait été nommée chargée de mission.
Son discours est sincère quand elle se présente en déprimée du contemporain. Parfois même, elle donne l’impression de vouloir en découdre avec les tracas qui empoisonnent la vie de ses concitoyens. 50 ans après, elle est toujours là, femme de conviction, d’action et de réflexion, traquant les injustices. « J’ai participé à toutes les luttes, depuis la grande manifestation du 8 mars 1965, organisée par les moudjahidate, qui a vu défiler des milliers de femmes dans les rues d’Alger. Jean Sénac ? Nous avions 20 ans et c’était une autre vision. C’était une grande ouverture sur le monde et sur l’Algérie. On se voyait à la libraire Charlot, à la rue Charras. » Jean m’a dédié en 1957 son petit livre Le Soleil sous les armes. Il fallait avoir du courage pour le faire, en pleine bataille d’Alger, à des gens qui étaient en prison. Anna Greki ? « Elle aussi a été emprisonnée à Barberousse. Elle est morte trop tôt. Je l’ai revue après l’indépendance. Quels beaux poèmes dans Algérie capitale Alger. J’ai demandé une réédition, mais je n’ai rien vu venir. Bouabdallah et son film Barberousse, mes sœurs, consacré au combat des femmes. Un bel hymne, je l’en remercie de tout cœur. Le film a plu, parce qu’il était spontané et sincère. » Son sentiment sur l’Algérie actuelle : « Je suis révoltée comme en 1954. Comment en est-on arrivé là ? Le système se perpétue. C’est le temps de l’imposture, sous toutes ses formes. Je fais ce que je peux et je reste révoltée. » Parcours
Annie Fiorio-Steiner est née en 1928 à Marengo (actuellement Hadjout). Elle a fait ses études à Boufarik et Blida et obtenu sa licence en droit à la Faculté d’Alger en 1951. Elle travaille dans les services sociaux de la ville d’Alger, où elle s’imprègne des dures conditions de vie des Algériens. Elle prendra conscience du grand écart et des disparités qui existent entre l’occupant et les indigènes. Jeune, elle commencera à militer et prendra carrément fait et cause pour l’indépendance de l’Algérie. Elle fait partie du réseau clandestin FLN de la capitale. Arrêtée en 1957, elle est condamnée à 5 ans de réclusion criminelle. Elle sera libérée en 1961. Au lendemain de l’indépendance, elle occupe un poste important au secrétariat général du gouvernement. Poste qu’elle occupera durant 30 ans. Militante convaincue, Annie n’a jamais quitté l’Algérie, où elle réside toujours.
« Il faut savoir supporter les injustices jusqu’au moment où on peut en commettre soi-même. » — « Les gens vous pardonnent quelquefois le bien que vous leur avez fait, mais rarement le mal qu’ils vous ont fait. La liberté est un mot qui a fait le tour du monde et n’en est jamais revenu. » Ecouter Annie parler de sa personne relève de l’exploit ! Il aura fallu de la patience et l’intervention complice de Sid Ali et de Fadila de la librairie Mille feuilles, où elle a ses habitudes, pour que la militante de toujours consente enfin à accepter cet entretien. C’est que cette femme d’une modestie qui confine à l’effacement aime parler beaucoup plus des autres que de sa propre personne. « Il y a tellement de gens qui ont fait mille fois plus que moi et qui ont souffert le martyre que je trouve indécent qu’on parle de ma petite personne », annonce-t-elle d’entrée. La regrettée militante Zahia Taghlit avait témoigné : « L’apport d’Annie à la révolution a été discret mais efficace. C’est une authentique révolutionnaire ». « Je suis du côté des humbles, c’est important d’avoir cette position », affirme Annie pour commencer la conversation. Et puis de bifurquer sur un autre terrain, celui du foot. Dans la grande équipe de foot du Brésil, raconte-t-elle, il y avait Pelé et Garincha. Ma préférence va à ce dernier qui vient des miséreuses favelas. Ce joueur, diminué physiquement, est resté lui-même ; il n’a pas renié ses origines. Il n’a jamais oublié d’où il venait. Il a commencé dans la misère et a terminé dans le dénuement. Le roi Pelé, quant à lui, a su gérer sa carrière. Le paradis, c’est les autres
Cheveux blancs coupés courts, silhouette avenante, elle a l’air d’une jeune grand-mère à la fois active et sereine. Parler d’elle ? En novembre dernier, elle s’est exprimée sur Canal Algérie, après 22 ans de silence : « J’ai dit que j’étais venue parler des inconnus. C’est grâce à eux qu’il y a eu la victoire. Franchement, je commence à être très agacée par ce qu’on appelle ‘’le culte de la personnalité’’. Ce sont toujours les mêmes qui sont mis en avant et qui ne parlent pas ou très peu des autres, des anonymes, ceux qui sont allés au charbon, mais qui sont restés dans l’ombre. On n’est rien sans les autres. C’est une longue chaîne. Ce que je vois m’irrite et m’attriste. C’est le contraire de l’Histoire. »
A Nedjar Sétif info
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|  | | Algeriano1962 Arif Awal (عريف أول)


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 | Sujet: Re: Guerre de Libération : Les Amis de l'Algérie ( Étrangers ) Mer 21 Oct - 15:01 | |
| l'État Algérien doit leurs montré plus de reconnaissance a ces gens la qui n'étaient pas obliger de soutenir la lutte des algériens pour leurs indépendance mais qu'ils ont comme même fait ! leurs geste est admirable et restera dans le cœur de tout les algériens  |
|  | | | | Guerre de Libération : Les Amis de l'Algérie ( Étrangers ) | |
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