
Forum Sur l'Armée Algérienne
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| | La décontamination des sites d'expériences nucléaires | |
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sammydziri Amid (عميد)


Messages: 6426 Age: 55 Localisation: Algerie Loisirs: Algerie Inscription: 23/09/2007 Médailles du Forum:


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 | Sujet: LES ESSAIS NUCLÉAIRES DE LA FRANCE COLONIALE DANS LE SAHARA ALGERIEN Mer 27 Mai - 21:14 | |
| | Citation: | LA FRANCE RESTE AMBIGUË SUR L’INDEMNISATION DES VICTIMES DES ESSAIS NUCLÉAIRES Les oubliés d’une tragédie
28 Mai 2009
Paris tente de limiter dans le temps et dans l’espace les dégâts provoqués par ses essais nucléaires dans le Sahara algérien.
La France a fait un pas sur le dossier des victimes des essais nucléaires. Mais depuis, elle commence à reculer. Pis, Paris reste ambigu, voire très ambigu sur la question. Le Conseil des ministres, présidé par Nicolas Sarkozy, qui a examiné hier un projet de loi portant indemnisation des victimes des essais nucléaires français, n’a fait que ressurgir les défaillances que porte ce projet. Ainsi, dans son compte rendu publié sur le site de l’Elysée, le Conseil des ministres a ajouté plus d’ambiguïté quant aux personnes concernées par l’indemnisation. Il a tenu à limiter la recevabilité des dossiers dans le temps et dans les lieux, sans toutefois fixer une période bien déterminée. Pour plus de précisions, le communiqué du Conseil des ministres annonce que «ce régime est ouvert aux personnes (...) justifiant avoir résidé ou séjourné dans les zones des essais, durant les périodes fixées par la loi...». Le projet de loi ne précise pas «la période exacte».
L’autre défaillance réside dans le fait que le gouvernement français ne prend en compte que les personnes ayant «séjourné ou résidé dans les zones des essais». En aucun cas, les responsables français n’ont fait allusion à l’environnement.
Globalement, le projet de loi tel qu’il a été débattu par le Conseil des ministres a complètement «ignoré» le temps, l’espace et l’environnement. Explications: d’abord dans le temps. Les études scientifiques ont prouvé que les effets des essais nucléaires restent néfastes sur les humains durant des milliers d’années. Les bombes explosées au Sahara étaient fabriquées à base de plutonium, une matière plus toxique que l’uranium. Les chercheurs ont prouvé scientifiquement que la radioactivité du plutonium mettra 24.000 ans pour voir ses effets diminuer de moitié. Ce qui laisse entendre que les effets des essais nucléaires français au Sahara continuent à faire des victimes des années après les explosions. Pour mieux illustrer cette situation, il suffit juste de se rappeler que les régions d’«Hiroshima» et de «Nagasaki» au Japon restent polluées à ce jour à cause des deux bombes atomiques larguées par les Américains sur ces deux villes, vers la fin de la Seconde Guerre mondiale. Des études scientifiques ont montré, il y a une année, que les populations de ces deux régions continuent d’être atteintes de maladies très graves, cancer notamment, à cause des bombardements américains. A noter que la dose radioactive due aux essais nucléaires français est nettement supérieure à celle des deux bombes de Hiroshima et Nagasaki. Il serait injuste, voire indu, que les Français fixent les indemnisations pour juste une période bien limitée dans le temps. L’autre ambiguïté concerne l’espace. Le communiqué du Conseil des ministres annonce que ce régime est destiné seulement aux personnes ayant séjourné ou résidé dans «les zones des essais». Or, scientifiquement parlant, les nuages radioactifs et les gaz toxiques libérés dans l’atmosphère peuvent toucher toutes les régions limitrophes aux zones d’essais, et ce, sur des centaines de kilomètres. Selon la logique française, il n’y aurait que la moitié de la population de la wilaya d’Adrar qui serait déclarée victime. Or Adrar et Tamanrasset, pour ne citer que ces deux régions, continuent à compter des victimes dont la pathologie est directement liée aux essais nucléaires.
En ce qui concerne l’environnement, il est reconnu que les essais nucléaires portent des préjudices écologiques comme en témoignent aujourd’hui les roches qui restent noires et les terres toujours brûlées. Voilà, où résident les défaillances du projet français. S’agissant des procédures d’indemnisation, le Conseil des ministres a prévu de créer un comité d’indemnisation qui sera présidé par un magistrat et composé de médecins. Ce comité examinera la recevabilité du dossier présenté par les victimes. Il s’agira de conclure l’existence d’un lien entre les essais et la maladie. L’indemnisation sera versée sous forme de capital, a précisé le communiqué. Et de noter: les indemnisations antérieurement perçues par le demandeur au titre des mêmes préjudices en seront déduites.
L'Expression |
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|  | | mohamed Amid (عميد)


Messages: 5200 Age: 59 Localisation: dans un avion de chasse Loisirs: pêche Inscription: 14/07/2007 Médailles du Forum:


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 | Sujet: Re: La décontamination des sites d'expériences nucléaires Dim 31 Mai - 12:06 | |
| Medelci : “La prise en charge des problèmes des essais nucléaires français en Algérie concerne aussi la décontamination”| Citation: | La prise en charge des problèmes des essais nucléaires en Algérie ne concerne pas uniquement l'"indemnisation" mais aussi la "décontamination", a affirmé mercredi soir, le ministre des Affaires étrangères, M. Mourad Medelci. "L'objectif des deux parties (l'Algérie et la France) est de procéder à une évaluation la plus complète possible sur la situation et de faire en sorte que nous puissions aller, ensemble, à la prise en charge des problèmes qui ne sont pas simplement des problèmes d'indemnisation mais aussi de décontamination", a déclaré à la presse M. Medelci, en marge de la cérémonie sur la journée de l'Afrique. "Nous avons un travail commun avec la partie française sur la question des retombées malheureuses, négatives, et désolantes des essais nucléaires", a-t-il ajouté, précisant, toutefois, que l'Algérie enregistre avec "beaucoup d'attention" le projet de loi relatif à l'indemnisation des victimes de ces essais. "Nous enregistrons, certainement, avec beaucoup d'attention ce projet de loi mais ne nous dérivons pas: nous devons procéder à une évaluation la plus complète", a-t-il dit, relevant que ce projet "devrait régler une partie des questions qui se posent ensemble". Il a souligné, à ce propos, que ce genre de travail demandera aux deux pays "certainement du temps et beaucoup d'efforts". M. Medelci a, par ailleurs, indiqué qu'''il n' y a pas, aujourd'hui, de nouveau" sur cette question, rappelant la visite en Algérie, en 2007, du Président de la République française, M. Nicolas Sarkozy où il a été décidé d'"ouvrir ce chantier ensemble, d'évaluer les dégâts ensemble et de trouver les solutions ensemble".
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http://www.elmoudjahid.com/accueil/cooperation/35663.html_________________   NE DEMANDER PAS CE QUE VOTRE PAYS PEUT FAIRE POUR VOUS , DEMANDER CE QUE VOUS POUVER FAIRE POUR VOTRE PAYS; Béchar FATIMA JE T'AIME |
|  | | cesam Amid (عميد)


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 | Sujet: Re: La décontamination des sites d'expériences nucléaires Mar 9 Juin - 16:36 | |
| La question des irradiés du Sahara bloque le dossier nucléaire entre Alger et Paris| Citation: | La question des irradiés du Sahara bloque le dossier nucléaire entre Alger et Paris Par sonia lyes, le 09/06/2009
INFO tsa-algerie.com. Les discussions entre l'Algérie et la France sur le dossier du nucléaire civil sont actuellement bloquées, a-t-on appris de source proche du gouvernement français. Les Algériens conditionnent la reprise des discussions sur ce dossier stratégique au règlement définitif de la question des victimes des essais nucléaires français dans le Sahara algérien. « Les Algériens ont mis la question sur la table des négociations. Les discussions sont bloquées en attendant le règlement de ce dossier », affirme notre source.
Lire tout l'article ici : http://www.tsa-algerie.com/La-question-des-irradies-du-Sahara-bloque-le-dossier-nucleai_7151.html
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|  | | draganov Raïd (رائد)


Messages: 1673 Age: 29 Localisation: france Loisirs: alger. Inscription: 20/01/2009 Médailles du Forum:

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 | Sujet: Re: La décontamination des sites d'expériences nucléaires Ven 31 Juil - 0:50 | |
| | Citation: | Un ancien de l’ANP irradié demande réparation (II) par Safa Kawthar B., La Nouvelle République ⋅ lundi 6 juillet 2009 ⋅ Répondre à cet article
Selon les premiers résultats d’une enquête menée par des experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en 1999, les régions ayant abrité ces essais « sont toujours dangereuses », y compris là où des essais souterrains ont eu lieu. Les résultats de l’étude de l’AIEA n’ont été publiés qu’en 2005. Il n’existe pas encore de délimitation précise des espaces contaminés par les différents essais.
En effet, selon Amar Mansouri, chercheur algérien, « les retombées néfastes sur les êtres humains, les animaux et l’environnement des essais nucléaires français dans le sud de l’Algérie vont apparaître avec le temps, et ce en dépit de l’obstination de l’ancienne puissance coloniale à maintenir les archives fermées ». Il a souligné, dans ce cadre, que contrairement aux affirmations françaises qui « prétendent que les déchets nucléaires ont été enterrés dans des fouilles en béton armé », ils ont été dissimulés sans aucune mesure de sécurité, constituant ainsi un « danger permanent » pour la faune, la flore et les humains, a-t-il expliqué. Pour Bruno Barrillot, expert français au Centre de documentation et de recherche sur la paix et les conflits, un secret défense est toujours imposé sur les négligences constatées lors de ces essais.
Six mois après son arrivée sur les lieux, Belgacem raconte que son corps se mit à réagir en se transformant petit à petit et commence à souffrir de coliques et de maux de tête. En plus d’une faiblesse générale, son poids a doublé en un temps record et atteint les 120 kg. « J’avais doublé de volume. Je pesais 60 kg à mon entrée à la caserne », a-t-il affirmait, photos à l’appui.
Dans la routine du camp, tout prête à l’insouciance, à la bravade de jeunes gens. « Nous avions 20 ans », résume Belgacem. Pour les spécialistes du droit, la gestion globale des anciens sites d’essais reste à établir en s’appuyant sur le principe « pollueur- payeur » et par la création d’un fonds international pour la réhabilitation et la surveillance des anciens sites d’essais nucléaires. La France est invitée à aider au nom de ce principe à prêter main-forte pour décontaminer les sites, préciser l’endroit où sont enterrés les déchets radioactifs et former le personnel devant prendre part à des opérations de nettoyage. Mais c’est le black-out depuis des années.
Ammar Boudjellal Belgacem revient à Bordj Bou Arréridj en 1989. Il vient d’être démobilisé après 24 mois de service national. Après la quille, il exerce un métier, se marie, fond une famille, oublie ses maux, mais les ennuis de santé se multiplient. Il devient énorme, vieillit prématurément. Il se plaint de douleurs aux articulations. Il passe quelques années moins souffrant, sous anti-inflammatoires, mais les crises reprennent. La paralysie de la main droite et des deux pieds ne le laisse pas optimiste. Il est allé voir les médecins qui lui ont demandé de passer des examens approfondis.
Le rapport médical fait état de « séquelles d’intoxication spécifique par radiations ». Ces séquelles sont résumées par l’atteinte de plusieurs maladies telles que la glande hypophysaire, accros mégalos, goitre, sueurs, maladie cardiaque, cholestérol, triglycéride, perturbation de la vue, perte de mémoire, mal-formation de croissances, etc.
En 1993, il a subi une opération chirurgicale, ensuite il a suivi la radiothérapie pendant deux mois sans interruption. En 1997, des injections, une fois tous les 10 jours, et un traitement à vie délivré par le centre Pierre et Marie Curie (CPMC) d’Alger. La question que se pose est : qui va l’indemniser, lui qui a subi les conséquences de ces essais en 1989, vingt-neuf ans après le premier essai ? Il se sent d’autant plus démunies au moment d’engager des procédures d’indemnisation dont l’aboutissement lui semble lointain mais pourtant vital.
Les larmes aux yeux mais beaucoup de fierté, il demande réparation à l’Etat français pour ses crimes contre l’humanité. « En plus des douleurs et aucune vie conjugale, je vis l’enfer dans la rue. Les petits et les femmes me prennent pour un monstre. Ils ont peur de moi. Ils changent de trottoir ou me fuient carrément », a-t-il ajouté amèrement.
« Il est temps maintenant de prendre le problème des essais nucléaires français en Algérie au sérieux. Le traitement de ce dossier ne doit pas uniquement concerner les indemnisations, mais devrait prendre en charge la décontamination des espaces sur lesquels ont eu lieu ces essais », pense Belgacem. « C’est pour cela que je lutte, pour que personne ne subisse ce que j’ai vécu », conclue-t-il. (Suite et fin)
S-K.B. |
http://www.bba34.com/spip.php?article911_________________ | Spoiler: | | | 
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|  | | cesam Amid (عميد)


Messages: 6064 Age: 34 Localisation: Algérois Loisirs: sports de combat et plongée sous marine Inscription: 08/05/2009 Médailles du Forum:

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 | Sujet: Re: La décontamination des sites d'expériences nucléaires Ven 31 Juil - 1:08 | |
| En effet, les sites ayant abrité des essais nucléaires restent dangereux même 50 ans aprés d'autant plus que la France ne veut toujours pas confier à l'Algérie les archives nécessaires pour délimiter la zone contaminée et déterminer l'endroit précis où les déchets nucléaires sont stockés. C'est grave. |
|  | | scorpion-rouge35 Administrateur (فريق)


Messages: 15401 Age: 24 Localisation: ALGERIE - ALGER Loisirs: ANP / FORCESDZ Inscription: 09/04/2007 Médailles du Forum:


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 | Sujet: Re: La décontamination des sites d'expériences nucléaires Jeu 22 Oct - 9:22 | |
| | Citation: | Actualité (Jeudi 22 Octobre 2009)
Essais nucléaires français pendant la colonisation Paris entame l’indemnisation des victimes algériennes Par : Merzak Tigrine
Suite à l’adoption par l’Assemblée nationale française, le 30 juin 2009, puis par le Sénat, le 14 octobre dernier, du projet de loi relatif à la reconnaissance et à l’indemnisation de l’ensemble des victimes des essais nucléaires français, les Algériens touchés par les “gerboises blanche, bleue et rouge” de Reggane peuvent entreprendre les démarches nécessaires pour obtenir réparation.
Après de longues tergiversations, Paris passe à l’acte dans l’opération d’indemnisation des victimes des essais nucléaires de la France dans ses anciennes colonies, ou départements et territoires d’outre-mer. C’est à la suite de la présentation par Hervé Morin, le ministre français de la Défense, en mars dernier, du projet de loi reconnaissant les conséquences sanitaires des essais nucléaires, prévoit une harmonisation du régime d’indemnisation des victimes et une réparation intégrale des préjudices subis, et son adoption par les deux Chambres du Parlement français, que les autorités de l’Hexagone entament l’opération d’indemnisation. À cet effet, et au titre de l’année 2009, une provision de 10 M d’euros issue du budget de la Défense sera mise à la disposition des services concernés dans le cadre des premières indemnisations de toutes les personnes concernées dont, bien sûr, les victimes algériennes des “gerboises blanche, bleue et rouge” de Reggane. Ce montant sera complété en fonction des besoins. Il y a lieu de relever que ce texte de loi inverse la charge de la preuve en ce qui concerne la maladie des victimes. Désormais, c’est à l’État français de prouver que la maladie contractée n’est pas due aux essais nucléaires. Par ailleurs, la loi prévoit la création d’un comité d’indemnisation indépendant, présidé par un magistrat et composé principalement de médecins, et qui sera chargé d’examiner les demandes individuelles. Il disposera d’un délai de six mois pour émettre un avis sur la demande. En outre, un décret d’application en Conseil d’État, qui sera promulgué prochainement, précisera les conditions d’application de la loi, en particulier, en fixant la liste des pathologies donnant droit à l’indemnisation. Il est prévu de retenir la liste de l’agence des Nations unies compétente dans ce domaine (Unscear). Dans une déclaration officielle, le ministre français de la Défense, Hervé Morin, ne cache pas sa satisfaction après l’adoption définitive de cette loi, car, selon lui, “pendant très longtemps, la France a considéré qu’ouvrir cette question risquait d’affaiblir la volonté nationale de construire une force de dissuasion indépendante. Nous avons signé le traité d’interdiction complet des essais nucléaires. Nous sommes les seuls à l’avoir fait avec les Britanniques. Il nous restait ce sujet des indemnisations. Je l’ai fait. Je suis très heureux d’avoir porté ce texte. La France doit assumer ses responsabilités pour être en paix avec elle-même”. Il ne manquera pas aussi de souligner qu’“avant, il fallait pour toute victime engager une procédure lourde, aléatoire, coûteuse. Désormais, la personne devra simplement indiquer qu’elle est atteinte d’une des maladies radio-induites — des cancers pour l’essentiel — qui sont inscrites sur une liste internationale reconnue par l’ONU. Elle devra également démontrer qu’elle était présente lors d’un essai qui a pu provoquer cette maladie. Il appartiendra ensuite à l’État de prouver éventuellement qu’il n’y a pas de lien de causalité entre cette maladie et l’essai. Puis la commission d’indemnisation proposera, au cas par cas, une indemnisation au ministre”. Le ministre français de la Défense expliquera que “le processus repose sur un examen médical, scientifique, et le principe du secret médical doit être préservé. Des médecins seront d’ailleurs les principaux membres de cette commission. Ce sont des hommes totalement indépendants qui ont prêté serment”. Avant d’ajouter : “Je ne voulais pas que ce comité, qui doit se livrer à un examen serein de la situation de chaque personne, se retrouve dans un débat avec des associations, faisant parfois du clientélisme en fonction de l’appartenance ou non de celles-ci à leur association.” Il appartient maintenant aux nombreuses victimes de se manifester pour obtenir réparation. Et il ne fait aucun doute qu’elles sont nombreuses quand on sait que la France a effectué 210 essais nucléaires atmosphériques ou souterrains dans le Sahara et en Polynésie française entre 1960 et 1996, et qu’environ 150 000 travailleurs civils et militaires étaient présents sur les sites d’expérimentation et que la population polynésienne concernée par les retombées radioactives est évaluée à 2 000 personnes.
source |
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|  | | cesam Amid (عميد)


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 | Sujet: Re: La décontamination des sites d'expériences nucléaires Jeu 22 Oct - 13:45 | |
| L'Algérie devrait revendiquer un alignement des indemnités accordées aux algériens sur celles des français. D'autre part, une indemnisation devrait être également versée au Trésor Public algérien au titre des dommâges subis par l'environnement lié au régions concernées... |
|  | | Algeriano1962 Arif Awal (عريف أول)


Messages: 223 Age: 39 Localisation: chez moi Inscription: 21/10/2009 Médailles du Forum: 
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 | Sujet: Re: La décontamination des sites d'expériences nucléaires Dim 25 Oct - 19:55 | |
| Gerboise bleue : L'héritage nucléaire français en Algérie en images _________________ Quand l'injustice devient loi, la résistance est un devoir
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|  | | mohamed Amid (عميد)


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 | Sujet: Re: La décontamination des sites d'expériences nucléaires Lun 8 Fév - 11:30 | |
| | Citation: | Indemnisation des victimes des essais nucléaires français : « insuffisante » pour les Algériens AFP
Une loi d'indemnisation des victimes "insuffisante", une décontamination des sites "inexistante": 50 ans après le premier essai nucléaire français dans le Sahara, la société civile algérienne dénonce ses conséquences que des experts franco-algériens tentent de cerner. "Nous rejetons l'indemnisation, insuffisante, prévue par la loi française du 22 décembre 2009 car ce n'est pas avec quelques sous qu'on va régler un problème qui affecte plusieurs générations", dit à l'AFP Abderahmane Leksassi, vivant à Reggane et vice-président de l'association du 13 février 1960.
Ce jour-là, la première bombe atomique française explosait à 7H04 locales près de Reggane dans le grand sud algérien, à quelque 1.700 km d'Alger au cours de l'opération Gerboise bleue. Trois autres essais nucléaires atmosphériques suivront, avant que le site ne soit déplacé plus au sud près de Tamanrasset, où 14 autres essais souterrains seront réalisés.
"Il est difficile d'estimer le nombre exact de victimes de ces essais nucléaires, car toute la région a été exposée aux radiations qui persistent et il n'y a eu aucun dépistage", affirme M. Leksassi. "La région comptait entre 16 et 20.000 habitants, et on n'a tenu aucun compte des nomades qui traversaient la région", souligne de son côté pour l'AFP Mohammed Bendjebbar, qui dirige l'Association algérienne des victimes des essais nucléaires (AAVEN). "Inconscients du danger", ces nomades "ont ramassé tout ce qui pouvait leur être utile: des déchets métalliques hautement radioactifs, tel que bidons, fûts et autres objets laissés par les Français", ajoute M. Bendjebbar qui vit aujourd'hui à Oran, dans l'Ouest de l'Algérie. "Aucune décontamination sérieuse n'a été effectuée par la France" et dans certaines zones près de Reggane, "la radioactivité ambiante est aujourd'hui de 22 fois supérieure aux normes internationales", affirme-t-il encore. Les lieux du pas de tir du premier essai sont toujours strictement contrôlés, des barrières interdisant le périmètre à des dizaines de kilomètres à la ronde, selon des habitants. Pour M. Leksassi, la population subit encore les séquelles de ces essais. Il cite des cas de cancer ou de malformations chez les nouveaux-nés à Reggane, dans "un environnement contaminé". Ces conséquences sont au centre des travaux d'un comité conjoint franco-algérien mis en place après la visite en 2007 du président Nicolas Sarkozy en Algérie, a-t-on indiqué de source diplomatique française. Chargé de réaliser une expertise des sites nucléaires avec la collecte de données et d'études, ce comité d'experts doit faire un état des lieux quant à la dangerosité des sites et parvenir à un diagnostic. Ce groupe technique, dont les travaux sont confidentiels, travaille depuis un an "dans une bonne entente" et a "déjà bien avancé", a-t-on affirmé de même source.
Le ministre des Affaires étrangères Mourad Medelci a souhaité de son côté le 19 janvier que ce groupe de travail conjoint puisse "réaliser des avancées" avant la visite à Alger de son homologue français Bernard Kouchner "dans les semaines à venir". "Le problème n'est pas seulement celui de l'indemnisation mais aussi de la décontamination", avait-il auparavant insisté. "Nous voulons surtout connaître la vérité et que les habitants de la région bénéficient d'examen médicaux approfondis", exige M. Leksassi, qui prône "la construction d'un hôpital spécialisé dans le traitement des maladies provoquées par les radiations et de stations d'épurations d'eau". |
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|  | | T800 Modérateur (لوائ)


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 | Sujet: Re: La décontamination des sites d'expériences nucléaires Ven 12 Fév - 17:11 | |
| les effets positifs de la colonisation ... | Citation: | Les damnés de Reggane racontent : 50 ans sur cette terre maudite
Le 13 février 1960, la France commençait, dans le Sahara algérien, une série d’essais atomiques qui allaient lui donner son statut de puissance nucléaire. Cinquante ans après, d’Alger à Taourirt via Reggane et les villages ensablés de la RN6, nous avons pris la route de la mort. Où la population et l’environnement portent à jamais les séquelles d’un crime resté longtemps enfoui dans les bunkers du secret d’Etat. Le vieil homme au chèche beige sourit. Les rides, aux coins de ses yeux, s’animent. Rien ne sert plus de pleurer. Ils sont tous partis. Des quinze ouvriers de son équipe, Mohamed Belhacen est aujourd’hui le seul survivant. Son bébé de 6 mois et son premier garçon de 4 ans sont tombés malades quelques mois après l’explosion. Dans sa voix, il y a de la fatalité. « On a pensé à une maladie de Dieu. Ou à la bombe. » Et puis, eux aussi sont morts. D’ailleurs, à Taourirt, reste-t-il encore quelqu’un ou quelque chose en vie ? Rien ne bouge dans ce hameau fantôme attaqué sans répit par le sable, où portes et fenêtres restent closes. A 35 km au bout de cette route de la mort se trouve le point Zéro. Là où le 13 février 1960, la France fit exploser une bombe atomique de 70 kilotonnes.
Quatre fois Hiroshima. L’opération Gerboise Bleue marquait le début d’un long cauchemar pour plus de 40 000 personnes* – population du Touat hors Touareg – qui furent exposées aux radiations des essais nucléaires entre 1960 et 1966. Dans son bureau à Adrar, Kaloum Mekki, notable de la ville et sociologue de formation, croule sous les dossiers. Il cherche à lever une des nombreuses zones d’ombre de cette affaire. Profitant de son aura, il lança, il y a quelques années, un appel dans les médias pour recenser tous les Algériens mobilisés pour travailler sur le site. A en juger par le nombre de photocopies de pièces d’identité empilées sur son bureau, ils ont été des centaines à venir frapper à sa porte. « Il y avait quelque 10 000 travailleurs sur le site, dont 6500 Français et 3500 Algériens. Pour la wilaya d’Adrar, j’en ai recensé 600 dont la majorité avait entre 19 et 26 ans. Les Français avaient lancé une opération de recensement. Quand les hommes se présentaient avec leur carte, ils les enrôlaient de force, raconte-t-il en levant un doigt accusateur vers le ciel. Avec la complicité des caïds, qui exécutaient les ordres de l’administration avec plus ou moins de zèle. »
Bahou. Village ensablé avant Reggane, sur la RN6 qui s’enfonce vers Bordj Badji Mokhtar. Sid Ammar El Hammel, président de l’Association du 13 février 1960, travaille à l’école du village et passe beaucoup de temps à recueillir les témoignages des derniers survivants. En 1960, il n’était pas né. Mais il sait que les essais ont bouleversé sa vie, celle de son père, Ahmed Lamine, qui travaillait comme manœuvre sur le site. En 1960, pour les populations laborieuses du Bas-Touat ou des Oasis, comme les avaient appelés les Français, les préparatifs des militaires n’avaient rien de suspect. Jusqu’à ce que des consignes bizarres leur fassent pressentir le pire. « Avant l’explosion, les Français nous ont demandé de sortir des maisons, se souvient Mohamed Belhacen. Ils avaient peur qu’elles s’effondrent. Et puis, on nous a dit de nous mettre à plat ventre par terre, le bras devant les yeux. Il y a d’abord eu une lumière, comme un soleil. Puis un quart d’heure après, un bruit assourdissant et, enfin, l’onde qui s’est propagée dans le sol, pareille à celle d’un tremblement de terre qui vous emporte dans les profondeurs… »Avec ses doigts, le vieil homme dessine ses souvenirs dans le sable. Et d’un coup, lève les yeux vers le ciel. « On a vu de la fumée noire, jaune, marron qui montait très haut. On ne comprenait pas, mais on savait que c’était un jour noir. Des hommes ont pleuré. » Sid Ammar a recoupé tous les récits et confirme : « Ils ne savaient pas ce qui se tramait. Aujourd’hui encore, mon père ne comprend pas tout le danger. Il sait qu’avec l’Association, je me rends souvent au point Zéro, mais il ne me dit rien ! » Après l’explosion, invisibles, les radiations ont semé la mort. « Les femmes perdaient leurs bébés. Les chèvres et les dromadaires tombaient malades puis mouraient. On n’avait même plus de moustiques », poursuit Mohamed. Le temps où les habitants du Touat troquaient leurs tomates contre du bétail avec les Maliens est terminé. Leur regard est désormais tourné vers le nord, d’où arrivent les camions pleins des fruits et légumes qui poussaient autrefois dans les oasis. « Nos tomates restent petites, leurs feuilles deviennent blanches. A l’intérieur des petits pois, on trouve une sorte de plâtre blanc et des vers. Quant aux palmiers, ils ne donnent plus de dattes. » Pour les fellahs, qui ne souffrent pas du manque d’eau et sont aidés par les fonds de l’Etat pour revaloriser leurs terres, le lien entre les essais, l’anémie des cultures et les maladies des troupeaux ne fait pas de doute. Kaloum Mekki, à Adrar, se souvient « avoir lancé un cri d’alarme » en 1986, à l’occasion d’un colloque sur les perspectives de l’agriculture saharienne. « J’avais relevé que les symptômes de dégradation des écosystèmes de la région et leurs répercussions sur l’agriculture traditionnelle étaient les conséquences des irradiations. J’avais parlé de “bayoud nucléaire” ! » Mais aucune étude ne leur donne raison. Tout comme aucune enquête épidémiologique ne permet d’établir une corrélation directe entre les radiations, les cancers et les malformations. Sidi Mokhtar, 4 ans, est un des fils de Sid Ammar.
Un petit bonhomme aux cheveux bouclés. Il ne court pas aussi vite que ses copains car un de ses pieds est malformé. Abdallah, un autre de ses fils, 8 ans, n’a pas toutes ses facultés mentales. Bien sûr, Sid Ammar sait qu’il ne doit pas accuser la bombe. Dans cette région du Sahara, les médecins ne se bousculent pas. Et à Adrar, le chef-lieu de la wilaya, à 155 km, il n’y a même pas d’hôpital. Juste un ensemble de blocs réunis sous le nom d’« établissement public hospitalier ». Abderrezak Mentouri y travaille depuis un an et demi. Il ouvre la porte de son logement de fonction, en face de la morgue. Débordé, les yeux cernés, les traits marqués, il confie sur un ton excédé : « Je n’ai pas de moyens, pas de quoi faire des radiothérapies, les médicaments coûtent trop cher, alors je fais du palliatif. Si j’arrive à leur ajouter trois à six mois de vie, je suis content. »
Avant lui, il n’y a jamais eu d’oncologue dans la région. Aujourd’hui, tous les malades affluent vers son service. « J’avais complètement sous-estimé leur nombre ! Sur 70 cancers, je dois en avoir 30 du sein ! Et aussi des leucémies, des cancers du poumon… bref, tous les cancers radio-induits, que l’on connaît depuis Nagasaki et Tchernobyl. Normalement, on devrait avoir un registre des cancers. Mais ici, il n’existe pas ! Alors au moment du diagnostic, je relève le lieu de naissance, l’adresse, l’âge… Autant d’éléments qui serviront à établir une corrélation entre les radiations et les cancers. »
A Reggane, Abdellahi M’barek, le président de l’APC, paraphe les documents posés sur son bureau en expliquant : « Nous avons absolument besoin d’études. On n’est sûrs de rien, par rapport à la terre, l’eau, la santé. En tant qu’élu, j’ai besoin de ces données pour savoir ce qui est enterré. Beaucoup de choses sont dites mais j’ai des doutes, je sens toujours qu’il y a ‘quelque chose’ là-bas. » A la bombe, Nourredine Belmouhoub, 62 ans, y pense tous les jours. Toutes les minutes presque, à chaque fois que ses boutons le démangent. Des boutons rouges qui se déplacent sur le cuir chevelu, dans sa barbe rousse blanche et noire, sur ses jambes, entre ses orteils... Abdelkader, 52 ans, a les mêmes, localisés sur les omoplates, la poitrine.
Les deux hommes ont passé plusieurs mois dans le « triangle de la mort » : In M’guel, Reggane, Oued Namous. Trois casernes françaises incluses dans le périmètre irradié, que les Algériens ont récupérées et transformé en camps d’internement. Entre 1992 et 1995, ils seraient entre 18 000, selon la Commission nationale consultative pour la protection et la promotion des droits de l’homme, et 24 000, selon le Comité de défense des internés, à y avoir été déportés sur soupçon d’appartenance à l’ex-FIS (Front islamique du salut). Les deux ex-détenus ont aussi perdu l’odorat à In M’guel, en bas de la montagne d’In Ecker. Un comble pour Nourredine, autrefois restaurateur à Sétif. « Là où nous étions, rien ne poussait. Et du sol, se dégageait une odeur de pomme et de vinaigre », témoigne-t-il.
Trente ans auparavant, le 1er mai 1962, la France effectuait, à In Ecker, un tir dans une galerie creusée dans une montagne. Lors de l’explosion, le système d’obturation céda sous la pression, projetant gaz, poussières et matériaux radioactifs à l’extérieur. Pierre Messmer, ministre des Armées, et Gaston Palewski, ministre de la Recherche, présents lors de l’accident, furent irradiés. Le second mourut d’une leucémie. Le nuage radioactif qui s’était échappé a contaminé une partie de la région. En 2005, l’Agence internationale de l’énergie atomique relevait dans un rapport que la radioactivité résiduelle y était encore très forte. Alors que les températures frôlaient les 50° la journée et chutaient jusqu’à 5° la nuit, que le vent déchirait les tentes, les détenus ont alors creusé des abris dans cette terre maudite.
« On ramassait les piquets métalliques que les Français avaient laissés et on creusait, creusait, parfois jusqu’à trois mètres de profondeur. On trouvait bien qu’il y avait des odeurs bizarres, mais on pensait qu’elles étaient naturelles. Qu’elles venaient du sable, de vieilles racines… Et puis, avec l’argile et l’eau avec laquelle nous nous douchions, nous avons fabriqué des parpaings. On ne savait pas. Je n’ai découvert qu’en 2007 qu’il y avait eu des essais sur le site… » Fatah Bouteba, 51 ans, est passé par Reggane et In M’guel, où il a commencé à perdre la vue. Arbi Messaoud, 62 ans, lui, a connu les trois camps. Cet ancien commerçant, détenu pendant six ans et trois mois, se souvient avoir été mis dès le début de son internement au courant du passé des camps.
« Avec d’autres prisonniers, nous avions trouvé des pierres noires et des morceaux de ferraille calcinés. Un professeur en neurologie nous a expliqué pourquoi. Un des détenus vomissait souvent du sang, mais les militaires n’ont pas voulu l’emmener à l’hôpital. Il est mort au bout d’un an. Moi, je suis parti à In M’guel avec une fistule. J’ai été opéré, sans savoir d’où elle venait. Encore aujourd’hui, j’ai des douleurs. Un instant, il s’arrête pour s’éponger le front. A Oued Namous, un autre docteur nous avait dit que les blocs dans lesquels nous dormions étaient, du temps des Français, des laboratoires pour les expériences chimiques. » En Algérie, le dossier des essais nucléaires est longtemps resté fermé. A Bahou, Sid Ammar el Hammel, président de l’Association des victimes du 13 février 1960, écarquille ses yeux et passe la main dans son épaisse barbe poivre et sel, comme pour mieux faire resurgir ses souvenirs.
« En 1987, un député a écrit un article sur les essais nucléaires dans le magazine d’une petite association locale. Cet article a été repris par un autre magazine, Al Wihda, puis la télé de Béchar est venue faire un reportage. Mais le dossier n’est vraiment devenu officiel qu’en 1996. Saïd Abadou, alors ministre des Moudjahidine, a osé partir au point Zéro, raconte-t-il en exhumant un vieil album de photos jaunies par le sable et le soleil. Il est monté au sommet du bunker scellé depuis le départ des Français et a prononcé un discours assez violent contre la France en parlant de ‘crime’. » Et ce crime a le visage d’Abdelkader et de Mohamed. Assis au bord de la chaussée, dans le sable déjà chaud, à l’ombre d’un mur, sur cette route de la mort menant au point Zéro. Ils sont nés dans les années 1960. Mentalement déficients, il leur est impossible de tenir une discussion. Ils ont perdu un frère et leur père, Abderrahmane, est décédé il y a dix ans « d’un cancer ». Il était responsable du magasin où étaient entreposés les produits chimiques entre 1957 et 1962. Les yeux fixés sur leurs pieds nus, la peau lézardée par la sécheresse et le sable, chassant les mouches d’un revers de la main, ils attendent là que le temps passe. Et que la mort les prenne.
*) Chiffre avancé par le Comité de liaison pour la coordination du suivi sanitaire des essais nucléaires français (CSSEN) dans son rapport de mai 2007
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 | Sujet: Re: La décontamination des sites d'expériences nucléaires Lun 15 Fév - 19:28 | |
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 | Sujet: Re: La décontamination des sites d'expériences nucléaires Mar 16 Fév - 18:18 | |
| | Citation: | SECRET-DÉFENSE Quand les appelés du contingent servaient de cobayes Un rapport confidentiel révèle comment l’armée française a utilisé ses soldats lors des premiers essais atomiques dans le Sahara au début des années 1960.
NICOLAS JACQUARD | 16.02.2010
C’est un rapport accablant. 260 pages estampillées « confidentiel défense » que « le Parisien » - « Aujourd’hui en France » s’est procuré et qui éclaire d’un jour radicalement nouveau la campagne française d’essais nucléaires dans le Sahara algérien, entre 1960 et 1966. « Il s’agit de la seule synthèse existante sur ces tirs connue à l’heure actuelle », avertit Patrice Bouveret, président et cofondateur de l’Observatoire des armements, qui évoque ce document dans le dernier numéro de sa lettre d’information.
Intitulé : « la Genèse de l’organisation et les expérimentations au Sahara », ce texte rédigé par un ou des militaires anonymes daterait de 1998, juste après l’abandon définitif des essais par Jacques Chirac. Il y évoque avec emphase « une grande aventure scientifique », tout en jugeant « inopportun d’en extraire une synthèse grand public. » A sa lecture, on comprend aisément pourquoi, chaque ligne du rapport expliquant comment scientifiques et militaires veulent, à l’époque, obtenir « la bombe », quel que soit le prix à payer, y compris humain. Gerboise verte, le quatrième et dernier tir dans l’atmosphère, fait ainsi jouer les appelés du contingent à une véritable guerre nucléaire grandeur nature. Souvent, les vétérans se plaignaient d’avoir été des cobayes. C’est désormais une certitude.
Quant aux « faibles doses » reçues qu’évoque le ministre de la Défense, elles sont à l’origine de maladies irréversibles. « Que dans le contexte de l’époque, on fasse des manoeuvres, on peut en discuter, résume Patrice Bouveret. Mais que tout cela soit fait sans aucune prise en compte sociale ou médicale des hommes, c’est quasi criminel. »
Reste que ce rapport ne livre qu’une vérité partielle des essais nucléaires réalisés par la France. En effet, le sous-titre du document indique en première page qu’il s’agit du « tome I ». Existe-t-il d’autres volumes dans les archives du ministère de la Défense ? Hervé Morin dit ne pas en avoir connaissance.
Ces soldats se trouvaient au coeur du site contaminé
Lorsqu’il a quitté l’Allemagne où il effectuait son service militaire, c’était officiellement « pour aller surveiller les puits de pétrole en Algérie ». Mais William Kob s’est retrouvé à manoeuvrer en plein coeur d’un site contaminé. « J’étais à 3,5 km du tir Gerboise verte. On m’a demandé d’aller relever les dosimètre des mannequins installés à côté du point d’explosion… » Six mois plus tard, l’appelé développe d’inquiétantes plaques sur le corps. « Le médecin m’a dit : Tais-toi si tu veux avoir un avenir dans le civil. » Pourtant, aujourd’hui, il parle. « Pour les morts. Pour les veuves. Pour que ces saletés soient connues. » Le jour J, il se rappelle qu’« à cause du nuage soulevé par la bombe, on ne voyait rien. Un char nous a même arraché le pare-chocs ! » Dans l’un de ces blindés : Jean-Francis Rommès, appelé au 12e régiment de cuirassier. « Notre peloton a été désigné pour simuler la guerre atomique. On nous disait même qu’on avait de la chance, comparé à ceux qui faisaient vraiment la guerre. » Cinq chars stationnent à 1 500 m du « point zéro ». « Après l’explosion, le nôtre a tremblé comme une feuille malgré ses 45 tonnes. » Les cinq blindés se mettent en marche. Jean-Francis est en tête. Il arrive le premier sur le point zéro. « Nous sommes restés plusieurs heures calfeutrés dans le char. J’engueulais mes camarades qui enlevaient leurs masques. De mon hublot, je ne pouvais voir que le sable. Il avait pris une coloration noirâtre. » « La plupart d’entre nous sommes repassés plusieurs fois à la décontamination », se souvient Jean-Francis, persuadé que certains de ses camarades, qu’il n’a jamais revu, ont été victimes des radiations. « On a payé l’impôt du sang, comme on disait à l’époque. »
Le document secret de l’armée française
Le rapport « confidentiel défense » que « le Parisien » - « Aujourd’hui en France » s’est procuré est un résumé d’envergure sur les essais nucléaires au Sahara entre 1960 et 1966. Jusqu’à aujourd’hui, très peu d’éléments avaient filtré sur les expérimentations réalisées par l’armée française sur ses troupes dans le cadre de l’élaboration de la bombe atomique. Seul « le Nouvel Observateur » avait publié en 1998 un article sur Gerboise verte, le nom de code du dernier tir atmosphérique du 25 avril 1961, issu des archives de la Grande Muette. Aussitôt après, celle-ci les avait refermées. Le document que nous révélons porte notamment sur les manoeuvres en « ambiance nucléaire », effectuées ce 25 avril 1961. En voici les principaux extraits.
Etudier les effets de la bombe sur les hommes. Selon le rapport, il s’agit d’« expérimentations tactiques ». Leurs noms de code sont Garigliano pour les fantassins, Bir Hakeim pour les chars. Il s’agit d’« exécuter (…) deux manoeuvres dans un cadre offensif et une dans un cadre défensif » afin d’étudier « la réoccupation d’une position touchée par une explosion nucléaire ». 300 personnes y prennent part, essentiellement des appelés issus de régiments situés en Allemagne, 42e RI et 12e régiment de cuirassiers. L’objectif de ces essais est très clair : « Etudier les effets physiologiques et psychologiques produits sur l’homme par l’arme atomique. »
La troupe à 275 m de l’explosion atomique. Le rapport relate très précisément la journée du 25 avril 1961, quelques minutes après l’essai atomique. A « H + 20 min, les hommes sortirent des abris, regardèrent le nuage avec appréhension (…). A H + 35 min, la section progressa à pied. Les véhicules vides suivaient à 100 m (…). Deux kilomètres furent couverts en 40 min (…). A 1 100 m du « point zéro » (NDLR : l’endroit où la bombe vient d’exploser), les hommes apercevaient nettement les dégâts occasionnés (…). A environ 700 m, (…) la progression fut stoppée. » « Le détachement d’engins blindés de reconnaissance traversa la zone de retombées à H + 1 heure. Une patrouille de véhicules tout-terrain était chargée de faire un raid sur le point zéro pour étudier les possibilités d’attaque en zone contaminée (…). Cette patrouille fut arrêtée à 275 m du point zéro. »
Un masque antipoussière plutôt qu’un masque à gaz. Les enseignements tirés de cette manoeuvre sont édifiants. Le rapport indique par exemple que les hommes semblaient « capables de poursuivre le combat, dans la mesure où le moral n’aurait pas été trop fortement atteint ». En conséquence, en cas de guerre, il est indispensable d’obtenir un « coup au but » sur l’ennemi. Autre « problème » mis en évidence : le masque à gaz complique les communications. Il sera décidé que lors d’un conflit, « le commandant ne devra pas pénétrer en zone contaminée ». En revanche, pour les hommes à pied, comme « le rythme de la manoeuvre serait diminué de 50 % tant que le port du masque resterait obligatoire », son « remplacement par un masque antipoussière élémentaire a été demandé ».
L’amateurisme des autorités. Les auteurs du rapport montrent comment les concepteurs des armes atomiques françaises font manipuler à la troupe des substances dont ils connaissent pourtant les dangers. Pour les essais souterrains, il est décidé que lors d’« un travail en atmosphère contaminée, l’autorité responsable peut autoriser les travailleurs à ne pas porter le masque (…) et leur faire inhaler en un jour, à titre exceptionnel, ce qui est normalement autorisé en trois mois ». Les militaires se réservent le droit d’« autoriser un court séjour sans précaution spéciale, même en zone interdite ». Quant à la puissance des bombes, elle reste totalement aléatoire. Pour Gerboise verte, « son énergie n’est pas connue avant le tir ». Les essais souterrains n’échappent pas à la règle. Alors que « seuls » quatre accidents étaient connus, le rapport montre qu’il n’y a qu’un tir sur les treize réalisés qui fut contenu, les autres donnant lieu à des fuites radioactives.
Une indemnisation décriée
« C’est une loi qui reste au milieu du gué, une tromperie préméditée, qui bafoue le Parlement. » Guy Fischer, sénateur (PC) du Rhône et vice-président du Sénat, résume le sentiment des victimes des essais nucléaires français. Au terme de dix ans de combat, elles ont obtenu l’adoption, le 5 janvier, d’un texte « ouvrant droit à l’indemnisation des victimes ». Quand les Américains reconnaissent une trentaine de maladies radio-induites pour les vétérans, la France n’en totalise que 18. Myélomes, lymphomes ou déficiences cardiovasculaires ne sont pas inclus, quand bien même les spécialistes connaissaient déjà les dangers de l’atome. Lors de l’essai Béryl, un fiasco, les doses reçues par certains militaires sont si fortes que l’état-major se plaint des dosimètres, « à la limite trop basse », et qui « ne permettent pas de connaître la dose reçue précisément ». En revanche, il se félicite que l’hospitalisation de neuf personnels irradiés donne lieu à « des observations très intéressantes ». « Il n’y a rien concernant le suivi médical de nos enfants », dénonce un vétéran. Selon l’association Aven, 17 % de la descendance des victimes est touchée par des pathologies
SAINT-BONNET-DE-MURE (RHÔNE) «A l’époque, les hommes ne comptaient pas» Lucien PARFAIT ancien appelé en Algérie lors des essais nucléaires
Ce samedi matin, il gèle à pierre fendre à l’extérieur de la salle des fêtes où une centaine de vétérans ont pris place. Derrière la tribune, deux petits palmiers ont ironiquement été dressés. Un souvenir de ces mois d’Algérie, d’un service militaire dont la plupart des présents portent encore les stigmates.
Créée en 2001, l’Aven, l’Association des vétérans des essais nucléaires, compte aujourd’hui 4 800 membres. Selon une étude réalisée en interne, 35 % de ses adhérents sont victimes de cancers, 55 % d’autres maladies graves. 10 % seulement sont en bonne santé. « Nous avons été les cobayes de l’atome », dénonce Guy Peyrachon. Sa vie a basculé lors de l’explosion de la première bombe tricolore, Gerboise bleue, le 13 février 1960. « J’étais à 10 km, en short, sans aucune protection. » L’armée affirme qu’il n’a couru aucun risque. Son dossier aurait été détruit. Guy a été renvoyé dans ses foyers « sans aucun suivi ». A 25 ans, il développe des nodules cancéreux sur la thyroïde. Miné par des crises d’épilepsie, il doit abandonner son poste de cadre supérieur dans les années 1980. « Mon fils a eu un cancer de la thyroïde à 30 ans. Je suis inquiet pour mes petits-enfants. » Financièrement, il n’a « droit à rien ». Plutonium 239, Césium 237, Strontium 90 : les substances radioactives ingérées au Sahara sont aussi variées que les pathologies développées aujourd’hui. Le visage mangé par des pansements, Lucien Parfait, un autre ancien des Gerboises, ne décolère pas. « On m’a coupé le nez, mais pas la langue ! » tonne l’intéressé, dont l’humour peine à masquer l’amertume accumulée. « La France nous a laissé tomber. Beaucoup des nôtres sont sur leur lit de mort. Mon copain Gaston a été opéré 47 fois ! » Fernand, lui, a eu droit à une « balade » sur le point zéro de Gerboise bleue. Il se souvient des épaves de camions « coupés en deux ». « Certains de mes amis sont décédés. Moi, j’ai eu des cancers au niveau de la tête, mais on me dit que ça n’aurait rien à voir. » « A l’époque, les hommes, ça ne comptait pas, poursuit Lucien Parfait. On s’est servi de nous, mais le pire, c’est qu’ils nous ont oubliés, alors que dans leur logique, ils auraient pu continuer à étudier nos états de santé pour leurs expériences. »
«Les doses reçues lors de ces essais étaient faibles» Hervé MORIN ministre de la Défense
Il avait eu connaissance du « dossier » des vétérans des essais nucléaires lorsqu’il était président du groupe UDF à l’assemblée. Aujourd’hui ministre de la Défense, Hervé Morin s’exprime sur les premiers essais nucléaires et sur l’indemnisation des victimes.
Nous nous sommes procuré un rapport confidentiel sur la manière dont furent pratiqués les essais au Sahara. Que vous inspire-t-il ? HERVÉ MORIN. Je ne connais pas ce rapport. Ce que je sais, c’est qu’en vertu de la nouvelle loi toute personne ayant participé aux essais nucléaires et qui est atteinte d’une maladie radio-induite est en droit de demander une indemnisation. La loi prévoit qu’elle pourra disposer de tout élément de preuve à l’appui de sa demande. J’ai demandé à mes services « d’ouvrir les placards », afin que chaque personne qui se pense victime des essais puisse avoir connaissance de ses relevés dosimétriques ou des éléments de dosimétrie d’ambiance. Cela étant, les doses reçues lors de ces essais étaient très faibles.
Ce document est intitulé « tome I », suggérant que d’autres ont été écrits, par exemple sur la Polynésie… N’ayant pas personnellement connaissance du tome I, il m’est impossible de connaître le tome II.
On vient de fêter le cinquantième anniversaire de Gerboise bleue, la première bombe. Quel regard portez-vous sur cette époque ? C’est une magnifique épopée, le symbole de la constance d’une nation à vouloir acquérir les moyens de sa propre souveraineté. C’est également le signe que l’Etat français, au-delà des majorités, quels que soient les gouvernements, de la IVe à la Ve République, a assuré la continuité de ce projet.
En revanche, lorsqu’il s’est agi de prendre en compte les victimes de ces essais, les différents gouvernements n’ont pas assumé les actes de leurs prédécesseurs… Je le reconnais. C’est pourquoi j’ai voulu prendre ce dossier à bras-le-corps. Je me suis heurté à un lobby, à une frange de l’appareil d’Etat qui nous expliquait que tout avait été fait correctement. Or, on sait que certains essais ont donné lieu à des retombées radioactives. Les procédures pour les vétérans étaient vraiment longues, coûteuses, indécises. Désormais, à l’instar de ce qu’ont fait les Américains ou les Anglais, ces personnes ont obtenu la reconnaissance de la nation. J’ai voulu aller au bout du chemin. Je suis très fier d’avoir fait adopter cette loi au Parlement.
Pour certains vétérans, cette loi reste cependant au milieu du gué, par exemple en étant trop restrictive sur les maladies induites par les essais … C’est un mauvais procès. Dix-huit maladies ont été retenues. La commission de suivi dira s’il y a lieu d’élargir cette liste. L’Etat est décidé à agir. Pourquoi voudrions-nous détourner aujourd’hui ce que nous venons de mettre en place ? 10 M€ ont d’ores et déjà été provisionnés. Nous pourrons augmenter cette somme s’il le faut. Et la procédure est accessible aux travailleurs comme aux populations algériennes et polynésiennes qui s’estimeraient concernées.
http://www.leparisien.fr/faits-divers/les-doses-recues-lors-de-ces-essais-etaient-faibles-16-02-2010-817294.php |
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|  | | mig 17 Musaïd Awal (مساعد أول)

Messages: 679 Age: 46 Inscription: 16/04/2009 Médailles du Forum:


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 | |  | | draganov Raïd (رائد)


Messages: 1673 Age: 29 Localisation: france Loisirs: alger. Inscription: 20/01/2009 Médailles du Forum:

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 | Sujet: Re: La décontamination des sites d'expériences nucléaires Mer 17 Fév - 13:55 | |
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|  | | Algeriano1962 Arif Awal (عريف أول)


Messages: 223 Age: 39 Localisation: chez moi Inscription: 21/10/2009 Médailles du Forum: 
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 | Sujet: Re: La décontamination des sites d'expériences nucléaires Jeu 25 Fév - 1:33 | |
| Essais nucléaires français : l'Algérie demande a la France ces archives sur ces essayes dans le Sahara
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|  | | scorpion-rouge35 Administrateur (فريق)


Messages: 15401 Age: 24 Localisation: ALGERIE - ALGER Loisirs: ANP / FORCESDZ Inscription: 09/04/2007 Médailles du Forum:


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 | Sujet: Re: La décontamination des sites d'expériences nucléaires Ven 26 Fév - 23:54 | |
| mieux vos tard que jamais , des gens continuent a tombé malade . |
|  | | khaybar Aqid (عقيد)


Messages: 3803 Localisation: Paris - France Inscription: 26/01/2008 Médailles du Forum:


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 | Sujet: Re: La décontamination des sites d'expériences nucléaires Jeu 4 Mar - 18:21 | |
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|  | | | | La décontamination des sites d'expériences nucléaires | |
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