La Marine Algérienne [1518-1830]

De l'époque numide aux temps modernes.
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La Marine Algérienne [1518-1830]

Message par numidia » 27 mars 2012, 23:42

Pour les passionés de l'histoire de la marine algérienne.
Très bon ouvrage, superbe boulot de recherche d'un historien algérien.

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quelques pages d'annexes:

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Message par tchpako » 30 avril 2012, 09:45

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Message par tchpako » 30 avril 2012, 10:04

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Re: La Marine Algérienne [1518-1830]

Message par draganov » 30 avril 2012, 14:26

petite légende sur le jour du débarquement des français a sidi fredj
ont dit de ce jour noir de l'histoire d’Algérie,que l'ors de débarquement les français ne connaissais pas le chemin pour aller a Alger,il trouvère une femme sur la plage de couleur noir,il lui promette que si elle leur montré la direction d’Alger,qui allez bâtir un grand monument a sont effigie , résulta elle leur indique la direction ,et en échange les français bâtir (notre dame d’Afrique ) pour honoris leur parole
légende populaire bien sur :koi:
http://www.lumieredelune.com/imagebank/5D_10_11930.jpg
cest pour ça quand trouve la vierge noir au sien de cette église
désolé pour ce petit h.s
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Message par anzar » 30 avril 2012, 21:53

Honnêtement ....... c'est du khorti
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Re: La Marine Algérienne [1518-1830]

Message par draganov » 01 mai 2012, 00:32

anzar a écrit :Honnêtement ....... c'est du khorti
honnêtement aussi machi ghir khorti cest plus que ça ! :lol:
non je précisé bien que c’était juste une légende
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Re: La Marine Algérienne [1518-1830]

Message par numidia » 04 mai 2012, 20:59

Draganov tu t'es trompé de topic khouya, il fallait mettre cette histoire dans la section "humour" :D
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Message par draganov » 05 mai 2012, 13:08

numidia a écrit :Draganov tu t'es trompé de topic khouya, il fallait mettre cette histoire dans la section "humour" :D
lol oui jai penserais la prochaine fois :lol:
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music sur les corsaire algérien part mar7oum Guerouabi
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Re: La Marine Algérienne [1518-1830]

Message par anzar » 24 avril 2014, 12:19

Projet de reconstruction du navire historique Rais Hamidou (responsable)

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MOSTAGANEM- Le navire historique "Chebek Boubrek", commandé par le grand chef de la marine algérienne à l'époque ottomane, Rais Hamidou (1773-1815), sera reconstruit, a-t-on appris lors du troisième colloque national sur "le patrimoine culturel marin - originalité de notre passé et fierté de notre avenir", ouvert mardi à Mostaganem.

L’architecte et chef de département restauration et conservation des collections muséales au musée national marin, Tiar Manel Djazia a souligné, à l’APS en marge de la rencontre, que le projet sera concrétisé par les ministère de la Culture en collaboration avec le ministère de la Pêche et des ressources halieutiques.

Le navire militaire de 17 mètres de long, doté de huit canons, traduira différents évènements historiques et la vie de grands chefs marins, selon la responsable.

Une fois concrétisé, le bateau devra accoster dans plusieurs ports du pays pour faire connaitre sa contribution dans les batailles à l’époque ottomane.

Mme Tiar a ajouté, par ailleurs, qu’une opération d’inventaire du patrimoine matériel et immatériel marin de Mostaganem sera effectuée suite à la signature d’une convention entre la direction de la culture et le musée national marin.

Lors des travaux de la première journée de ce colloque, l'accent a été mis sur la nécessité de réhabiliter et derenforcer le patrimoine culturel marin.

Mme Cherkaoui Radia du même musée national a appelé à réhabiliter des sites marins, vestiges témoins de l'histoire de la marine algérienne dont "Bab El Bahr" de Mostaganem, Bordj Ettork et le port de cette ville.

L’attachée du musée national, Talis Fatima a mis l’accent, pour sa part, sur l’importance du patrimoine marin dans l’écriture de l’histoire insistant sur l’utilisation du patrimoine immatériel dont la poésie melhoun pour faire la lumière sur des réalités datant de l’époque ottomane.

L’intervenante s’est appuyée sur des qacidate dont "La bataille de Mazagran" et "l’histoire de cherchel" de Sidi Lakhdar Benkhelouf qui a décrit minutieusement deux batailles livrées par les marins algériens aux espagnols.

Les participants traitent, lors de cette rencontre de trois jours initiée par le Musée national marin en collaboration avec la direction de la culture dans le cadre de la célébration du mois du patrimoine, de l’histoire de la marine algérienne et des industries maritimes dans le pays.

Les communications programmées à cette occasion abordent, entre autres, "le rôle du patrimoine culturel marin dans l'écriture de l'histoire", "entre savoir et préservation.. le patrimoine national marin", "les importants sites marins historiques" et "la pêche entre patrimoine et modernité".

Une exposition mettant en exergue l’histoire de la marine algérienne est organisée en marge du colloque, de la préhistoire jusqu’à l’ère ottoman passant par les Almohades, Almoravides, Zianides, les expéditions européennes, le siège français sur Alger en 1770, l'expédition de Charles 5 en 1541 et celle du Danemark de 1827 à 1830.

La lumière sera faite également sur l’industrie marine algérienne des 16, 17 et 18èmes siècles dont les navires Ghalioth, Frégate et Ghalia, ainsi que le navire de Rais Hamidou réalisé durant le 17ème siècle, en plus de découvertes marines, de chefs d’oeuvre et autres.
http://www.aps.dz/fr/culture/4933-proje ... esponsable
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Re: La Marine Algérienne [1518-1830]

Message par anzar » 24 avril 2014, 12:24

Vers la reconstruction du Chebek Boubrek

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3e colloque national sur le patrimoine marin

Lors du troisième colloque national sur le patrimoine culturel marin,


à la maison de la culture Ould Abderrahmane-Kaki de Mostaganem, dont la clôture aura lieu aujourd’hui, jeudi 24 avril, il est annoncé la reconstruction du navire Chebek Boubrek commandé par Rais Hamidou durant l’époque ottomane.

En marge du colloque national sur le patrimoine culturel marin à Mostaganem, ouvert ce mardi 22 avril, sous le thème Passé authentique et fierté de notre avenir, l’architecte et chef de département restauration et conservation des collections muséales au musée national marin, Tiar Manel Djazia, a confié à l’Agence presse service d’Algérie, que le projet de reconstruction du navire Chebek Boubrek sera concrétisé par le ministère de la Culture en collaboration avec celui de la Pêche et des ressources halieutiques. Ce bâteau de guerre, commandé par Rais Hamidou (1773-1815) à l’époque ottomane, devra accoster dans les ports d’Algérie, afin que sa contribution dans les batailles navales soit connue. Durant ce colloque, il sera question de mettre en évidence ce navire réalisé durant le 17e siècle, mais aussi sur l’industrie marine en Algérie des 16, 17 et 18èmes siècles dont les navires Ghalioth, Frégate et Ghalia et autres chefs d’œuvre. Le Chebek (ou Chebec) est un navire militaire de dix-sept mètres de long, doté de huit canons, il traduit différents évènements historiques et la vie de grands chefs marins. Il est défini comme un bâtiment mixte : à rames et à voile. Il sera longtemps le bâtiment de course parfaitement adapté à la fois aux équipages et aux combats, parce qu’il est très maniable et très rapide. Avec ses trois mats (le mat d’artimon fortement incliné vers l’avant ), ses voiles latines en triangle sur des antennes et un foc et deux rangs de rameurs, il sera des plus redoutés dans la Méditerranée. La France a alors décidé de dissoudre, en 1774, le corps des galères pour construire des chebeks du même type dans le but de mieux de combattre la marine algérienne.
L’amiral Paris a joint ses éloges à ceux des autres spécialistes qui ont étudié ce bateau. Après la paix de 1815, le Chebek a disparu en Europe, mais il sera toujours utilisé en Algérie jusqu’à la fin de la Régence. D’après l’architecte Tiar, une opération d’inventaire du patrimoine matériel et immatériel marin de Mostaganem sera effectuée suite à la signature d’une convention entre la direction de la culture et le musée national marin. Pour Mme Cherkaoui Radia du même musée national, il faudrait réhabiliter des sites marins, vestiges témoins de l’histoire de la marine algérienne dont Bab El Bahr de Mostaganem, Bordj Ettork et le port de cette ville. De son côté, l’attachée du musée national, Talis Fatima, a mis l’accent sur l’importance du patrimoine marin dans l’écriture de l’histoire en insistant sur l’utilisation du patrimoine immatériel dont la poésie melhoun pour faire la lumière sur des réalités datant de l’époque ottomane. Elle s’est appuyée sur des qacidate dont La bataille de Mazagran et L’histoire de Cherchel de Sidi Lakhdar Benkhelouf qui a décrit deux batailles livrées par les marins algériens aux Espagnols. Ce colloque sera également animé par une exposition sur l’histoire de la marine algérienne : de la préhistoire jusqu’à l’ère ottomane en passant par les Almohades, Almoravides, Zianides, les expéditions européennes, le siège français sur Alger en 1770, l’expédition de Charles V en 1541 et celle du Danemark de 1827 à 1830.
http://www.jeune-independant.net/index. ... ek-boubrek

C'est un Chebek de 8 canons.... je me demande si ce projet aboutira car les connaissances et le savoir faire a été perdu depuis longtemps
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Re: La Marine Algérienne [1518-1830]

Message par obi_one » 13 mai 2014, 22:30

d'apres les archives US de l’époque le chebec du RAIS HAMIDOU s'appelait messaouda ou bien meshuda lors de sa mort a la bataille de cap gata
http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_off_Cape_Gata


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Re: La Marine Algérienne [1518-1830]

Message par Palmier Dattier » 22 juin 2014, 16:52

Au Commandement des Forces Navales (CFN) existe un tout petit mausolée abritant la sépulture de Sid Brahim El Bahar, Saint Patron des marins. Qui connait l'histoire de Sidi Brahim El Bahar et pourquoi est il le Saint Patron des marins algériens ?

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Re: La Marine Algérienne [1518-1830]

Message par rahati » 04 mai 2015, 02:01

bonjour
quelques precisions a rectifier. Rais Hamidou Allah yerhmou est mort sur une fregate pas un chebec. la fregate s'appelée Massouda comme indiqué plus haut. il faut noter que pour un navire qui admet le rang d'une fregate, la longueur est au moins de 60 m.
le chebec boberach est un petit bateau de 17 m qui admet 4 canons. il a été construit vers 1827 et a été pris par les francais en 1830, presque neuf.

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Re: La Marine Algérienne [1518-1830]

Message par Phillytecc » 04 mai 2015, 17:52

rahati a écrit :bonjour
quelques precisions a rectifier. Rais Hamidou Allah yerhmou est mort sur une fregate pas un chebec. la fregate s'appelée Massouda comme indiqué plus haut. il faut noter que pour un navire qui admet le rang d'une fregate, la longueur est au moins de 60 m.
le chebec boberach est un petit bateau de 17 m qui admet 4 canons. il a été construit vers 1827 et a été pris par les francais en 1830, presque neuf.
C'est ce que je crois avoir lu aussi, un certain 16 Juin 1815, cap de Gate, 8 bateaux de guerre US ont rencontre par hasard la fregate du Rais Hamidou, meme n'ayant aucune chance contre la division US, il les engage quand meme et fut tue de son endroit de commendement par un obus enemi!
Source: Le Rais Hamidou - Notice Biographique par Albert Devoulx (je n'ai encore termine de lire cet ouvrage, mais il semble vraiment etre base sur des rapports authentiques, a lire!).

D'autre part je vous souhaite la bienvenue abord Rahati, pas plus tard qu'hier soir j'etais entrain de suivre tout le fil de votre projet en bois du Chebeck 1:50! Quelle classe! Et j'avais l'intention de partager cela avec nos amis ici sur FDZ, soubhan Allah, "omrek twila", comme on dit hein!! :lol: J'espere que vous avez pu le terminer!?
Voila, je vous laisse aller vous presenter, comme le veut la coutume ici sur FDZ. Et j'espere vous lire tres bientot! :avo:


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Re: La Marine Algérienne [1518-1830]

Message par AAF 2020 » 16 juin 2015, 18:32

Il y a 200 ans, la guerre algéro-américaine de 1815 (1) et la mort du Raïs Hamidou (Contribution)

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ALGER- Après la proclamation, en 1783, de l’indépendance des Etats-Unis (Traité de Paris), les navires de commerce américains ne furent plus protégés par le pavillon britannique.

Le blocus du détroit de Gibraltar par une croisière perpétuelle espagnole puis par une escadre portugaise préserva momentanément le commerce américain dans l’Atlantique des attaques des croiseurs de la Régence d’Alger.

Le début des négociations de paix, en juin 1785, entre l’Espagne et la Récence et l’armistice conclue plus tard entre celle-ci et le Portugal, ouvrit le détroit aux croiseurs algériens qui se ruèrent dans l’Atlantique à la recherche de navires de commerce américains.

En plus de deux navires pris en 1785, les corsaires de la Régence capturèrent, pendant le seul mois d’octobre 1793, dix navires américains et cent dix neufs captifs s’entassaient dans les bagnes d’Alger à la fin de l’année 1793.

Le Dey Hassan (1790-1798) refusa toute négociation avec les américains et déclara « Qu’il avait assez de pain pour les nourrir et qu’il ne les libérerait jamais même si des millions de dollars devraient couler dans ses coffres ».

L’opinion publique américaine, relayée par les exportateurs des produits agricoles réclama au gouvernement des mesures énergiques.

Au Congrès, les Fédéralistes du Nord, partisans avec John Adams, d’une solution avec Thomas Jefferson, recommandent le recours à la force.

La Chambre des Représentants finit par voter, le 2 janvier 1794, par deux voix de majorité, une résolution « exigeant de prévoir, de suite, une force navale suffisante pour assurer la protection du commerce des Etats-Unis contre les corsaires algériens. » Un bill conseillant la création d’une flotte de six frégates fut adopté par le Congrès et signé par le Président Georges Washington.

La doctrine militaire retenue était que ces frégates « devraient réunir les qualités de résistance, de rapidité et de force telles qu’elles soient supérieures à n’importe quel type de frégate européenne. »

La « quasi guerre » avec la France devenant inévitable, les Etats-Unis s’empressèrent d’achever ce programme de construction et de procéder à l’achat de navires de guerre si bien qu’ils se trouvèrent, en 1798, en possession de 38 excellentes unités.

Cette force ne trouva pas à s’employer contre la Régence d’Alger avec laquelle la paix avait été signée en septembre 1795, moyennant un fort tribut annuel et la fourniture d’une frégate de 36 canons construite et équipée aux frais des Etats-Unis.

Cette flotte s’illustra par contre pendant la « quasi guerre » contre la France, durant laquelle elle prit, entre le début des hostilités à la fin de l’année 1800, pas moins de 90 navires de guerre et de commerce.

Les relations entre les Etats-Unis et la Régence d’Alger ne furent pas troublées jusqu’en 1800, lorsque la frégate « Georges Washington », du capitaine William Bainbridge, fut réquisitionnée par le Dey Mustapha Pacha pour conduire une délégation à Constantinople auprès du Sultan Selim III. Bainbridge en appela, en vain, au droit international et finit par céder sous la menace d’une rupture avec les Etats-Unis.

Les incidents se multiplièrent. Au début de 1808 le Dey Ahmed Khodja réclama et obtint 18000 dollars en compensation de la perte de huit marins algériens jetés par-dessus bord, trois mois auparavant, par l’équipage du Shooner « Mary Ana » de New York. Le 17 juillet 1812, le Dey Hadj Ali réclama le paiement d’un arriéré de 27000 dollars sur les sommes payées depuis le traité de 1795 et ordonna à ses croiseurs de courir sur les navires américains, si bien que des captifs américains furent à nouveau des pensionnaires des bagnes d’Alger.

La fin de la guerre Anglo-américaine (Traité de Gand en 1814) permit aux Américains de dépêcher en Méditerranée une imposante escadre commandée par le commodore Stephen Decatur (2).

L’escadre qui fit sensation à son arrivée à Gibraltar se mit immédiatement à la recherche de croiseurs algériens. Le 17 juin 1815, elle identifia, au large du cap de Gate, le Meshouda, vaisseau amiral d’Alger portant le pavillon du Raïs Hamidou et équipé de 44 canons.

La doctrine militaire adoptée par la marine américaine s’avéra payante. Les navires l’Epervier, la Guerrière et l’Ontario, aussi fins voiliers que le Meshouda lui coupèrent toute possibilité de retraite vers un port espagnol neutre et l’obligèrent à prêter le flanc à la frégate Constellature qui foudroya le pont du navire algérien. Malgré sa blessure qui l’obligea à se tenir assis, l’Amiral algérien continua à diriger son navire lorsqu’il fut carrément coupé en deux par un boulet de la frégate la guerrière montée par Decatur.

Il a fallu neuf bordées tirées par le Sloop « Epervier » pour que l’équipage amène son pavillon et cesse sa défense héroïque qui fit l’admiration des américains.

Les sources américaines font état de 4 morts et 10 blessés côté américain, contre 50 morts et 400 prisonniers côté algérien.

Pendant ce temps, un autre drame se nouait à Waterloo où un général de l’armée de Napoléon déserta et se rendit aux lignes prussiennes avant la bataille.

L’escadre américaine qui captura en plus brick algérien, se dirigea vers Alger, où tous les croiseurs algériens se trouvaient en mer. Decatur et le commissaire William Shaller exigèrent que les discussions aient lieu à bord de la Guerrière. La ville sans défense capitula et le Dey Omar se résigna, sous la bouche des canons américains à la signature d’un traité imposé par les Etats-Unis y compris, chose inouïe depuis la création des la Régence, le paiement d’indemnités de guerre.

Cette défaite de la régence ouvrit la voie, l’année suivante au bombardement de la ville par une flotte ango-holandaise qui acheva le mythe de l’invincibilité d’El Djazaïr et mahroussa.

Pendant les années qui suivirent ces défaites, les sept palies d’Egypte s’abattirent sur la Régence (peste endémique, famine, sauterelles, révoltes paysannes, dépréciation vertigineuse de la monnaie etc). La Régence ainsi affaiblie et minée de l’intérieure constitua une proie idéale pour les milieux d’affaires et autres ultra français, qui procédèrent au blocus d’Alger dès 1827 pour aboutir à la chute de la Régence en 1830, mais ceci est une autre histoire.

Avec la doctrine Monroe et le corollaire Roosevelt les Etats-Unis se détournèrent de la Méditerranée et concentrèrent leurs activités économiques et militaires en Amérique latine.

Les protagonistes de cette histoire tumultueuse connurent des fortunes diverses.

Le Raïs Hamidou fut enseveli, à sa demande, dans les eaux de Gibraltar. Omar Pacha que l’Odjak accusa d’apporter le mauvais œil sur la Régence fut exécuté par la milice. Decatur fut tué lors d’un duel avec son collègue le commodore Barron ; il mourut dans d’indicibles souffrances en s’écriant « I did not Know that any man could suffer such a pain ». Les chroniqueurs du temps y voient une vengeance posthume du Raïs Hamidou.

William Shaler fut nommé en 1815 Consul Général des Etats-Unis à Alger jusqu’en 1828 puis muté à la Havane où il mourut du choléra en 1833. Le général français déserteur à Waterloo, de Bourmont fut désigné comme commandant en chef du corps expéditionnaire français qui envahit l’Algérie en 1830. La troupe qui n’oublia pas sa trahison à Waterloo le railla et chantait en sourdine :

« Alger est loin de Waterloo

On ne déserte pas sur l’eau

De notre général Bourmont
Ne craignons pas la trahison »

Du côté américain, le personnage le plus attachant demeure Thomas Jefferson. Gouverneur de Virginie, ambassadeur à Paris, secrétaire d’Etat sous Georges Washington et deux fois présidents des Etats-Unis.

Philosophe, agronome, inventeur et architecte, il fut l’auteur principal de la déclaration d’indépendance de 1776. Il était arabisant et grand lecteur du Coran dont un exemplaire lui appartenant se trouve de nos jours à la bibliothèque du Congrès à Washington. Il fut un protecteur vigilant de la minorité musulmane descendant des morisques expulsés d’Espagne par l’inquisiteur. Il donna même un iftar à la maison blanche le 9 décembre 1805 en l’honneur de l’envoyé tunisien Sidi Soliman. L’ironie du sort voulut qu’il décéda 50 ans après la déclaration d’indépendance dont il fut l’architecte, le même jour que son prédécesseur John Adams qui, à l’article de la mort, s’écria « Thomas Jefferson est-il encore de ce monde ? »
Note 1: Sous l’appellation générique de « Barbary Wars » la première guerre (The Just Barbary Wars de 1801 à 1805 qui est appelée également « the Tripolitanian War » qui vit un affrontement cornée direct avec la seule Régence de Tripoli.

La seconde guerre dirigée contre la Régence d’Alger en 1815 est également nommée « The Algerine War

Note 2 : Stephen Decatrur réussit un célèbre coup de main contre Tripoli qui a suscité l’admiration de l’amiral Nelson qui qualifia la Provence du commodore de « The most bold and daring act of the age ».

Le Commodore fut l’auteur du fameux toast longtemps en usage dans la marine américaine « A notre pays qu’il eut tort ou raison ».
http://www.aps.dz/culture/24740-il-y-a- ... ntribution

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