Guerre en Afghanistan

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Amine Ind
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Re: Guerre en Afghanistan

Message par Amine Ind » 15 mai 2016, 17:07

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Kaboul, l'ex aviation afghane... Je poseterais d'autres photos au fur à mesure.
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Re: Guerre en Afghanistan

Message par tahiadidou » 16 mai 2016, 15:09

On aurait dit que tu viens de faire le tour du monde avec des photos au Mali et en Afghanistan :) Ou est ce de vieilles photos?

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Re: Guerre en Afghanistan

Message par Amine Ind » 16 mai 2016, 16:49

tahiadidou a écrit :On aurait dit que tu viens de faire le tour du monde avec des photos au Mali et en Afghanistan :) Ou est ce de vieilles photos?
Elles ont quelques années dans les pattes lol.
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Re: Guerre en Afghanistan

Message par FULCRUM » 17 mai 2016, 12:17

Des images de fin du monde, celle d'un pays qui a été bousillé en dommage collatéral
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Re: Guerre en Afghanistan

Message par Amine Ind » 21 mai 2016, 18:24

FULCRUM a écrit :Des images de fin du monde, celle d'un pays qui a été bousillé en dommage collatéral
Encore j'ai pas voulu posté les plus explicite...

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Chifboubara
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Re: Guerre en Afghanistan

Message par Chifboubara » 01 octobre 2016, 09:47

Pendant que ces chers musulmans s'entre-égorgent joyeusement pour savoir qui est le plus Muslim entre Mohamed ou Mehmet, d'autres se promènent tranquilou et déféquent quand bon leur semble au milieu du salon.
Afghanistan. Un drone américain tue 15 civils selon l'Onu

Un drone américain aurait fait 15 morts civils.

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Un drone américain aurait fait 15 morts civils. | Photo : AFP / archives
#AFGHANISTAN - PUBLIÉ LE 30/09/2016 À 07:20

Au moins 15 civils ont été tués et 13 autres blessés par une frappe de drone américain dans l'est de l'Afghanistan, a déclaré jeudi soir la Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (Manua), réclamant une enquête indépendante sur l'incident.

Le raid a eu lieu mercredi aux premières heures. Les responsables américains disent avoir visé une cible de l'Etat islamique dans le district d'Achin, province de Nangarhar. Mais selon la Manua, même si certains djihadistes ont pu être tués, la plupart des victimes sont des civils, y compris des étudiants, un enseignant ainsi que des membres de familles considérées comme favorables au gouvernement de Kaboul.

Une enquête indépendante

« La Manua réaffirme la nécessité pour toutes les parties au conflit d'adhérer à leurs obligations en vertu du droit humanitaire international », a déclaré la mission dans un communiqué, appelant à l'ouverture d'une enquête « rapide, indépendante, impartiale et transparente ».

Les autorités américaines ont dit s'efforcer d'en savoir plus.
Source : http://www.ouest-france.fr/monde/afghan ... nu-4526851
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«Le grand art, c'est de changer pendant la bataille. Malheur au général qui arrive au combat avec un système» Napoléon Bonaparte

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Chifboubara
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Re: Contentieux en Mer de Chine

Message par Chifboubara » 01 avril 2017, 21:21

Je préfère mettre cet excellent billet ici.

Il vaut mieux aller sur le site qui est plein de liens et de sources.

Source : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/201 ... e-sam.html

La nouvelle guerre perdue de l'oncle Sam

Observatus geopoliticus 1 Avril 2017

Afghanistan. Dix-sept ans de guerre. 3 500 soldats de l'OTAN tués dont 2 400 Américains. Des dizaines voire des centaines de milliers de morts civiles. Coût : 800 milliards de dollars. Résultat : xxxxx. Le tombeau des empires, coeur géographique du Grand jeu et de l'Eurasie, a encore frappé...

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Britanniques, Soviétiques et Américains s'y sont cassés les dents, Gengis Khan lui-même a dû s'y reprendre à deux fois. Royaume de l'insolence, uni et génial quand il s'agit de bouter l'ennemi étranger, désuni et en guerre civile le reste du temps, l'Afghanistan se retrouve aujourd'hui à la croisée des chemins entre l'OCS sino-russe, qu'il veut rejoindre, et les Etats-Unis, qui se retirent du pays après quatorze années de non-victoire.

Les Talibans sont partout à l'offensive, malgré des pertes parfois importantes, malgré aussi leurs récentes divisions. Ils contrôlent tout le sud (leur vivier pachtoune), apparaissent à l'extrême nord-est (en bordure du Tadjikistan), à l'extrême nord-ouest (à la frontière du Turkménistan), à Kaboul qu'ils attaquent régulièrement...

Il ne fallait pas être grand clerc pour annoncer la couleur ; la dynamique du conflit et l'histoire afghane ne pouvaient qu'aller dans le sens taliban. Le retrait officiel de l'ISAF fin 2014 ne faisait qu'entériner l'échec et ce ne sont pas les quelques 10 000 militaires encore sur place qui pourront vaincre la guérilla alors que 130 000 n'avaient pu le faire au plus fort du Surge décidé par Obama.

Les forces de sécurité afghanes payent le prix lourd : 4 600 morts en 2014, 5 000 en 2015, 6 800 en 2016. Ces pertes étaient déjà qualifiées « d’insoutenables » à moyen-terme par les généraux américains il y a deux ans. Or il n'y a aucune raison que la tendance s'inverse, bien au contraire...

Les Talibans sont à l'offensive et les seules victoires dont peut se targuer Kaboul ont lieu... au cricket. Un district stratégique - Sangin - a encore été conquis la semaine dernière malgré l'infantile sauvetage de face US ("Le retrait de Sangin était prévu de longue date") et 2017 devrait voir une attaque générale des capitales provinciales.

Récemment, une agence américaine révélait que le gouvernement central ne contrôlait plus que 57% du pays. Cela corrobore plus ou moins un rapport taleb qui, loin de tomber dans la propagande habituelle de cette mouvance, est considéré comme relativement mesuré et objectif par les observateurs. Sur les 350 districts étudiés, les Talibans en contrôleraient totalement ou partiellement entre 171 (estimation basse) et 211 (estimation haute) :

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Noir : contrôle total. Rouge : 70-99%. Orange : 40-69%. Jaune : 10-39%. Vert : 0-9%.

On le voit, l'avenir est sombre pour le pouvoir à Kaboul. Les Talibans sont tellement confiants de leur reprise du pouvoir qu'ils s'engagent d'ors et déjà à "protéger" les infrastructures du pays (dont le fameux TAPI, nous y reviendrons).

Il n'en fallait pas plus pour que certains généraux américains s'en prennent à devinez qui, accusant à demi-mot la Russie de soutenir les Talibans, s'attirant une réponse cinglante de Moscou : "élucubrations visant à justifier l'effondrement américain en Afghanistan". Assiste-t-on à un énième épisode de la guerre rhétorique du système impérial contre l'ours, selon la simplissime formule De toute façon, c'est la faute à Poutine ?

Il y a de cela, mais les choses sont tout de même un peu plus compliquées... Les premières accusations ont fleuri en décembre, venant à la fois des Etats-Unis mais aussi d'officiels afghans, parfois en des termes quelque peu délirants pour ces derniers. Si les rumeurs sur des livraisons d'armes sont presque certainement à exclure - les Américains et leur soutien matériel aux inénarrables "modérés" de Syrie sont de toute façon mal placés pour faire la morale -, Moscou ne cache aucunement ses ouvertures aux Talibans, peut-être via l'ISI pakistanais d'ailleurs :

Les intérêts de la Russie "coïncident objectivement" avec ceux des Taliban dans la lutte contre l’organisation de l’État islamique, a déclaré, mercredi 23 décembre, Zamir Kabulov, chef de département au ministère russe des Affaires étrangères. D’après ce dernier, le Kremlin a ouvert des canaux de communication avec les Taliban pour procéder à des échanges d’informations.

"Les Taliban d'Afghanistan comme les Taliban du Pakistan ont déclaré qu'ils ne reconnaissaient pas (le chef de l'EI) Al-Baghdadi comme calife, qu'ils ne reconnaissaient pas l'EI (...) et ils portent déjà des coups durs à l'EI", a justifié le diplomate. Contactée par l’AFP, la porte-parole du ministère de Affaires étrangères Maria Zakharova a confirmé l’existence d’intérêts communs entre Russes et Taliban. "Cela entre dans le cadre de la lutte contre l’organisation de l’État islamique " a-t-elle précisé.

(...)

Toutefois la Russie continue de considérer le mouvement Taliban comme une organisation terroriste, interdite sur son sol, au même titre que l’EI. D'ailleurs, Moscou le qualifie régulièrement de menace, surtout depuis que les Taliban contrôlent des territoires afghans proches de la frontière avec le Tadjikistan, ex-satellite de l’Union soviétique et allié de la Russie.

Le Kremlin a récemment renforcé sa présence au Tadjikistan, avec la livraison de nouveaux hélicoptères en octobre pour sa base militaire située à proximité de Douchanbé, la capitale tadjike.

Tout est dit. La Russie, comme l'Iran d'ailleurs qui a lui-aussi ouvert des canaux de communication, n'ont, c'est le moins qu'on puisse dire, aucun sympathie particulièrement pour le fondamentalisme sunnite taleb, mais celui-ci est vu comme un moindre mal face à l'Etat Islamique. Moscou craint plus que tout une infiltration djihadiste dans le ventre mou centre-asiatique et les Talibans apparaissent naturellement comme le meilleur bouclier. C'est d'ailleurs ce dont se plaignait le commandant US en Afghanistan, le général John Nicholson : "La Russie a donné une légitimité aux Talibans, évoquant l'idée que ce sont eux, et non le gouvernement afghan, qui luttent contre l'EI".

En l'occurrence, il est difficile de donner tort aux Russes : si Daech n'a pas pris son envol au royaume de l'insolence, c'est principalement dû aux Talibans, ainsi qu'aux milices privées et aux drones US, pas à l'armée afghane. La contradiction de voir ces deux groupes fondamentalistes en découdre n'est qu'apparente comme nous l'expliquions :

Ce qu'on appelle "islamisme" est tout sauf uni. Sans entrer dans le détail des innombrables écoles et obédiences qui passent leur temps se chamailler - et quand ces gens-là se chamaillent, c'est généralement à la kalachnikov -, on peut très schématiquement diviser le mouvement en deux : les islamistes "nationaux" et les islamistes "internationalistes". Les premiers ont un agenda purement national et se moquent comme d'une guigne des rêves de califat universel ou de terrorisme global : Hamas palestinien, Talibans afghans et pakistanais, Armée Islamique en Irak dans les années 2000... Les seconds, djihadistes planétaires, passent d'un pays à l'autre, d'un combat à l'autre : Al Qaida et plus récemment Etat Islamique. Ces deux branches de l'islamisme n'ont jamais fait bon ménage et ça ne date pas d'hier. On se rappelle par exemple les combats enragés entre Al Qaida en Irak et l'Armée Islamique d'Irak ou le massacre de centaines de djihadistes qaédistes par les Talibans dans les zones tribales pakistanaises. Aujourd'hui, l'Etat Islamique s'en prend régulièrement aux rebelles syriens pourtant islamistes eux aussi, le Hamas combat l'émergence de l'EI dans la bande de Gaza, tandis que les Talibans et ce même EI s'envoient des bourre-pifs en Afghanistan. Ce ne sont pas seulement deux mouvements concurrents qui s'affrontent, ce sont deux conceptions du monde, toutes deux islamistes certes, mais très différentes par ailleurs.

Ajoutons que les Talibans se sont d'une certaine façon "responsabilisés" depuis leur première domination des années 1996-2001, comme le montre l'épisode suivant que nous rapportions il y a deux ans :

L'expansion de l'EI est prise tellement au sérieux que les Hazaras chiites, pourtant peu amis des fondamentalistes sunnites, ont demandé la protection des Talibans face à cette nouvelle menace. Aux dernières nouvelles, les Talibans ont accepté, ce qui ne manque pas de sel quand on sait qu’ils ont brimé pendant des années ces Hazaras, considérés comme "hérétiques". Le mouvement du mollah Omar (celui qui a échappé à moto aux bombardiers US en 2001) est-il en train de s’embourgeoiser, de devenir le garant de la sécurité afghane ?

Nous y sommes peut-être. Protection non sectaire des minorités (un comble pour les destructeurs des Bouddhas de Bamiyan !), protection des infrastructures (voir plus haut) : le mouvement taleb veut maintenant apparaître comme le gardien de l'intérêt national. Et vu qu'il contrôle peu ou prou la moitié du pays, il est illusoire de parier sur sa défaite. C'est sans doute le calcul qui a été fait à Moscou, Téhéran et Pékin. Et Islamabad bien sûr, qui reste congénitalement liée au mouvement qu'elle a créé il y a plus de deux décennies.

Lors d'un sommet tripartite en décembre à Moscou, Russes, Chinois et Pakistanais se sont accordés sur la nécessité d'une "approche flexible visant à retirer de la liste de sanctions certains membres du mouvement afin de favoriser un dialogue pacifique". Notons que ni les Américains ni les dirigeants afghans n'étaient invités...

De leur côté, les Talibans ont connu une frénésie diplomatique, envoyant des émissaires rencontrer des officiels iraniens, chinois, russes et, chose intéressante, des -stan d'Asie centrale, ce qui pourrait sous-entendre la promesse de ne rien entreprendre au-delà des frontières afghanes en échange, à terme, d'une reconnaissance officielle. Une délégation se serait même rendue à Pékin à l'invitation du gouvernement chinois début mars.

Le même jour, prenant prétexte d'une brève incursion de soldats chinois en territoire afghan à la poursuite de militants séparatistes ouïghours, l'EI a publié une vidéo au ton menaçant : "Vous les Chinois qui ne comprenez pas le langage des autres gens [sic], nous viendrons chez vous et déverserons des torrents de sang". Nul doute qu'au-delà du prétexte initial, le flirt entre le dragon et les Talibans doit être très mal vécu chez les petits hommes en noir. Et pour cause : Pékin comme Moscou ou Téhéran veut l'éradication de Daech en Afghanistan, étant prêt pour cela à s'allier aux Talibans.

Dans un contexte de reflux de l'empire américain, le triangle eurasien souhaite mettre un terme à cette guerre sans fin au coeur du continent-monde, cette tache rouge au centre de l'Organisation de Coopération de Shanghai...

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Un Afghanistan apaisé profiterait aux Routes de la Soie chinoises comme au projet russe de corridor Nord-Sud, pour l'instant obligé de longer la Caspienne. Gazprom rêve d'une route vers le Pakistan et l'Inde pour y lancer ses pipelines et passer par l'Afghanistan permettrait d'éviter les toits du monde - Himalaya et Pamir.

Mais ironie du sort, la paix serait également susceptible de permettre enfin le passage de l'ineffable, l'indescriptible TAPI. Un petit retour s'impose sur l'histoire rocambolesque de ce gazoduc qui mêle Grand jeu, terrorisme et empire :

Avec la Russie, l'Iran et le Qatar, le Turkménistan fait en effet partie du carré d'as de l'or bleu, dont les fabuleuses réserves de gaz représentent jusqu'à 2/3 des réserves mondiales selon certaines estimations. Dès la chute de l'URSS, les Américains, soucieux d'enfoncer un coin au coeur du Heartland, ont vu dans le pays des Turkmènes une carte à jouer pour leur grand projet de désenclavement des richesses énergétiques de la Caspienne. N'est-ce pas Dick Cheney, futur vice-président de Bush junior et grand pétrolier devant l'éternel, qui déclarait en 1998 :

« A ma connaissance, l'émergence soudaine d'une région comme la Caspienne en tant qu'acteur stratégique n'a pas d'équivalent historique. »

Le plan US consistait (et consiste toujours si tant est qu'il se réalise un jour) à créer deux routes d'évacuation - une à l'ouest et l'autre au sud-est (en bleu sur la carte), court-circuitant comme de bien entendu la Russie et l'Iran et divisant l'Eurasie :

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(...)

La route ouest étant quasi certainement définitivement bloquée pour le gaz turkmène (rendant illusoire le corridor sud rêvé par les eurocrates, comme nous l'avons expliqué à de nombreuses reprises sur ce blog), reste la route sud-est, autre mirage s'il en est. Le fameux TAPI, gazoduc devant passer par le Turkménistan, l'Afghanistan, le Pakistan et l'Inde. Celui-ci aussi, nous l'avons évoqué plusieurs fois...

Le projet débute dans les années 90, l'âge d'or de l'empire (ou de la folie impériale) comme nous l'avons vu. Chose curieuse, c'est une compagnie argentine, Bridas, qui la première en eut l'idée. Très vite cependant, la texane Unocal rejoignait la danse, supportée par les poids lourds du lobbying diplomatico-énergétique US ainsi que par la famille royale saoudienne (présence de Delta Oil dans le consortium). Le petit poucet Bridas réagit alors en s'alliant avec une autre compagnie saoudienne, Ningarcho, alignée sur le prince Turki el-Faisal, le tout-puissant chef des services secrets de Riyad, puis fusionnant l'année suivante avec l'américaine Amoco, elle-même liée à BP.

Voilà qui rééquilibrait singulièrement le poids des lobbyistes. D'un côté, l'alliance Bridas-Ningarcho-Amoco-BP soutenue par Turki, Brzezinski (conseiller d'Amoco !) ou encore James Baker, l'ami de toujours de la famille Bush. De l'autre, Unocal, parrainée par Dick Cheney, le roi Fahd, Kissinger (conseiller d'Unocal !), Hamid Karzaï (futur président afghan) ou Armitage. L'establishment américain mais aussi saoudien étaient divisés : un vrai panier de crabes...

La passe d'armes déjà complexe était rendue encore plus ardue par la confusion et les intrigues sur le terrain. Le Pakistan et le Turkménistan de notre fameux Niazov (celui qui aimait tant sa maman) furent retournés par Unocal après d'intenses séances de "persuasion". Restait l'Afghanistan où Bridas possédait encore une longueur d'avance. Ben Laden lui-même s'en était mêlé, conseillant à ses hôtes talibans de signer avec la société argentine. Mais les enturbannés du mollah Omar préféraient attendre et faire monter les enchères ; c'est à cette époque qu'une délégation talibane fut invitée au Texas et à Washington (ainsi qu'à Buenos Aires pour bien faire).

Elu fin 2000, Bush junior prit le parti d'Unocal et relança les négociations avec les Talibans, mais celles-ci butèrent sur les frais de transit exigés par les "étudiants" en théologie. Furieuse, l'administration américaine envoya un émissaire de la dernière chance début août 2001 pour rencontrer une ambassade talibane à Islamabad. C'est au cours de cette réunion qu'aurait été prononcée cette fameuse phrase : "Acceptez notre tapis d'or ou nous vous enterrerons sous un tapis de bombes". Un mois plus tard, les tours du World Trade Center tombaient et il n'était plus question de négociations ni de tapis d'or...

Mais de TAPI de gaz, il était toujours question ! Certains des principaux soutiens d'Unocal étaient installés au pouvoir (Karzaï à la présidence, Khalilzad comme envoyé spécial puis ambassadeur US à Kaboul) avec pour mission de mener le projet à bien. Toutefois, ce n'est pas pour rien que l'Afghanistan est surnommé le tombeau des empires. Quinze ans après, la guerre fait toujours rage, les Talibans contrôlent des provinces entières tandis que l'Etat Islamique a réussi à s'implanter partiellement. Dans ces conditions, faire passer un gazoduc est aussi probable que de voir le Vatican battre la Nouvelle-Zélande dans un match de rugby...

Exit, donc, la route sud-est, même si Washington et ses officines font encore semblant d'y croire. L'ours peut dormir sur ses deux oreilles. De toute façon, le gaz turkmène alimente désormais principalement la Chine (en rouge sur notre première carte). Le CAC (Central Asia-China) a été inauguré en 2009 et des lignes supplémentaires ont été ajoutées les années suivantes, pour une capacité totale de 55 Mds de m3 par an. Du moment que ça se passe au sein de l'OCS, ça ne gêne pas vraiment les Russes qui ont d'ailleurs débuté les gigantesques chantiers du Force de Sibérie et de l'Altaï, contrats monstrueux signés en 2014 et 2015. L'appétit énergétique du dragon et sa volonté de remplacer impérativement le charbon qui rend ses villes invivables sont tels que ces trois gazoducs ne se feront pas concurrence. Il se peut même qu'ils ne suffiront pas.

Afin de déjouer les plans de l'empire et ne pas perdre ses parts de marché européen, Gazprom avait pris l'habitude d'acheter d'importantes quantités de gaz turkmène. Mais à mesure que les routes soutenues par Washington (pipeline transcaspien et TAPI) se révélaient de plus en plus illusoires et que l'or bleu d'Achgabat prenait le chemin de la Chine, Gazprom a peu à peu réduit ses achats qui approchent maintenant du 0 absolu.

Verra-t-on, grâce à la complicité passive de Moscou, Téhéran et Pékin, une victoire talibane définitive contre le gouvernement afghan pro-américain, victoire qui permettrait, avec 20 ans de retard et à un moment où Washington est passé à autre chose, la réalisation du TAPI, projet chéri par feu le système impérial ? Les Dieux géopolitiques sont décidément bien facétieux...
Source : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/201 ... e-sam.html
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Re: Contentieux en Mer de Chine

Message par Le russe » 02 avril 2017, 10:28

En effet trés interressant :super:
Merci pour le partage
« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. »
M.L.K


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Re: Guerre en Afghanistan

Message par guidher » 14 avril 2017, 19:41

La « mère de toutes les bombes » larguée en Afghanistan par les Etats-Unis

En utilisant cette arme contre des djihadistes de l’EI, Washington met en scène sa détermination.
Les Etats-Unis ont annoncé avoir largué, jeudi 13 avril, en Afghanistan, la plus puissante bombe non nucléaire jamais utilisée dans des combats, contre un groupe d’insurgés ayant fait allégeance à l’organisation Etat islamique (EI). Selon un porte-parole du Pentagone, l’engin de 9 tonnes – la GBU43/B, surnommée « mère de toutes les bombes » – était destiné à détruire des souterrains utilisés par les djihadistes dans la province de Nangarhar, dans l’est de l’Afghanistan et a tué 36 combattants de l’EI. Le Pentagone a écarté d’éventuelles victimes civiles dans cette région reculée, où un soldat des forces spéciales américaines avait été tué le 8 avril.

Une semaine après le bombardement d’une base aérienne présumée avoir été utilisée par le régime syrien dans l’attaque chimique de Khan Cheikhoun, Donald Trump envoie un nouveau message avec l’usage de cette arme, d’un coût de 15 millions d’euros l’unité et jamais utilisée depuis sa mise au point en 2003. Il réaffirme, à l’attention de ceux que la frappe visant l’armée d’Assad a pu troubler, que la lutte contre les mouvements djihadistes reste sa priorité. Il fait aussi la démonstration de son absence d’états d’âme quant à l’usage de la force et de moyens inédits. Un message destiné notamment à la Corée du Nord, dont les velléités nucléaires et balistiques inquiètent Washington. L’Iran est aussi dans le collimateur...
http://www.lemonde.fr/proche-orient/art ... _3218.html

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Re: Guerre en Afghanistan

Message par geronimo » 27 mai 2017, 13:32

Voila comment on accueille le mois sacré en Afghanistan
AfghanistanUn attentat à la voiture piégée fait 18 morts en Afghanistan, au premier jour du Ramadan
Une voiture piégée a explosé ce samedi à un arrêt de bus des forces de sécurité à Khost, ville dans l’est de l'Afghanistan, d’après le ministère de l'Intérieur.

Le porte-parole du ministère afghan de l’Intérieur Najib Danish a également précisé sur son compte Twitter que l’attaque était survenue le premier jour du Ramadan, mois de jeûne musulman.

"La cible était la gare des bus, les victimes étaient en civil, il est difficile de vérifier leur identité pour le moment", a ajouté M. Danish cité par l'AFP.
https://fr.sputniknews.com/internationa ... explosion/
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sadral
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Re: Guerre en Afghanistan

Message par sadral » 14 juin 2018, 23:51

Analyse géopolitique vraiment intéressante
Pourquoi les Américains s’incrustent-ils en Afghanistan ?
Conférence de René Cagnat, docteur en sciences politiques et chercheur associé à l'IRIS, lors du festival de géopolitique de Grenoble en mars 2018.
https://www.iveris.eu/list/notes_danaly ... ghanistan_
« Une page est tournée ; l'Algérie est d'abord fille de son histoire, qu'elle ait surmonté l'épreuve coloniale et même défié l'éclipse, atteste, s'il en était besoin, de cette volonté inextinguible de vivre sans laquelle les peuples sont menacés parfois de disparition.
L'ornière qui nous a contraints à croupir dans l'existence végétative des asphyxies mortelles nous imposa de nous replier sur nous-mêmes dans l'attente et la préparation d'un réveil et d'un sursaut qui ne pouvaient se faire, hélas ! que dans la souffrance et dans le sang. La France, elle-même, a connu de ces disgrâces et de ces résurrections. » Le président Houari Boumediene.

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