http://www.aps.dz/algerie/12900-l-organ ... lonialismeL'Organisation spéciale (OS) ou le début de la fin du colonialisme
ALGER - Tout commence lorsque des militants radicaux du mouvement national, exacerbés entre autres par l'ampleur des massacres du 8 mai 1945, revendiquent le droit au passage à l'action armée. L'Organisation spéciale (OS) était née pour répondre à cette revendication avec l'objectif de "préparer la lutte armée".
Sa création marquera le début de la fin du colonialisme. Les évènements tragiques du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata ont conforté la conviction des militants du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) que seule l'action armée pouvait mener au recouvrement de la liberté, concomitamment à la lutte politique.
Créée le 16 février 1947 lors d'un congrès du PPA-MTLD, l'Organisation spéciale "était une structure paramilitaire dont la mission principale est de dispenser une instruction militaire aux jeunes recrues parmi les militants du parti les plus courageux, les plus convaincus et les plus discrets, et jouissant de stabilité et d'endurance physique", témoigne Mohamed Boudaoud, dit Si Mansour, l'un des membres les plus actifs de l'OS, qui activait à Tawarga en Kabylie avant de rejoindre la capitale.
Elle était confiée à un état-major national, composé d'un coordinateur, Mohamed Belouizdad, d'un responsable militaire, Belhadj Djilali, et d'un responsable politique, Hocine Aït Ahmed. Pour les responsables départementaux, on trouvait Ahmed Ben Bella pour l'Oranie, Maroc Mohamed pour l'Algérois, Reguimi Djilali pour Alger, Aït Ahmed pour la Kabylie, et Boudiaf Mohamed pour le Constantinois.
Mohamed Belouizdad assurait la liaison avec le Bureau politique du PPA dont il était membre. Dès la création, Mohamed Belouizdad --qui dirigeait la nouvelle structure, dans un premier temps et après lui Hocine Ait Ahmed et Ahmed Ben Bella—a procédé à l'installation de cellules sur tout le territoire national dans le but d'enrôler le plus grand nombre de jeunes.
"Durant l'instruction, on nous apprenait à mener une guérilla, à manier les armes et à traverser les zones dangereuses. On nous apprenait aussi comment démasquer les agents de la police française", raconte Si Mansour qui précise que les "manuels des soldats français servaient de base à cet enseignement".
En effet, les militants bénéficiaient d'un enseignement théorique et d'un entraînement pratique articulé autour de la collecte des armes à l'intérieur et à l'extérieur du pays, la création des réseaux de soutien ainsi que la mise en place de réseaux de communication et d'ateliers de fabrication d'armes.
On brulait d'envie de passer à l'action
A la fin de l'année 1949, les militants avaient fini leur instruction et l'impatience pour l'action se faisait de plus en plus sentir, se souvient Si Mansour, qui assure que le cloisonnement devenait de plus en plus lourd à supporter, et la fougue des jeunes difficile à retenir.
"On nous envoyait couvrir les murs de slogans patriotiques ou distribuer des tracts. Nous n'étions pas formés pour cela mais plutôt pour l'action". Voilà le type de "protestation" qui valait souvent à son auteur un transfert dans une cellule disciplinaire...
Après avoir mené des actions héroiques et parfois spectaculaires comme celle de la poste d'Oran, l'OS fut démantelée par les autorités coloniales en mars 1950, à la suite d'une descente disciplinaire opérée à Tébessa par un commando de l'OS contre un militant soupçonné de connivence avec la police coloniale, chez laquelle il s'était réfugié.
Plusieurs des cadres et militants ont été arrêtés sur ses indications, dont Ben Bella, Belhadj, Reguimi, Yousfi, Mahsas, Driss Driss et Asselah ramdane, alors que beaucoup d'autres ont pu passer entre les mailles du filet, rejoignant le maquis et poursuivant le processus entamé tels Boudiaf, Benboulaïd, Bitat, Didouche Mourad, Krim Belkacem, ou encore Ouamrane.
Ces militants de base aguerris ont pu rejoindre les maquis et préparer la Révolution de Novembre dans la plus grande discrétion. 1er novembre 1954 - minuit, la lutte armée de libération nationale peut commencer: "C'est un certain Salah Louanchi qui a informé des militants de l'OS, dont moi même, que les opérations menées étaient l'oeuvre d'une nouvelle structure nommée Front de libération nationale", témoigne Si Mansour.
Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-1962]
Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
http://www.elwatan.com/actualite/oumhan ... 31_109.phpElle a été égorgée et laissée pour morte par les paras français : Oumhani Arriaz, la martyre vivante
Son vrai nom est Oumhani Boucetta, on la surnomme Oumhani Arriaz. A son prénom officiel, Oumhani, on a adjoint le qualificatif d’Arriaz qui signifie «homme» en berbère des Aurès. Si elle a hérité de ce surnom viril, c’est pour les qualités de courage dont elle a toujours fait preuve. Cette femme au destin exceptionnel a également hérité d’un autre surnom : «martyre vivante». Aujourd’hui âgée de 80 ans, sans ressource, la vieille dame est clouée au lit par la maladie. Bien que la nuit soit tombée depuis longtemps, elle a accepté gentiment de nous ouvrir la porte de son domicile, à Tkout. D’une voix fluette, à peine audible, elle raconte son martyr.
C’était au mois de novembre 1956, au milieu de l’après-midi, au hameau dit El Harra, près de Chenaoura, du douar Zalatou (actuellement T’kout). Comme de coutume depuis le déclenchement de la Révolution, Oumhani, 20 ans, et son mari partent ravitailler les moudjahidine, quand ils tombent sur une patrouille de parachutistes de l’armée française. Les quantités de galettes, de figues sèches, de dattes et de vêtements qu’ils transportent ne laissent aucun doute sur les vrais destinataires de ces provisions.
Furieux, les parachutistes ouvrent le feu sur son mari, Djeghrouri Mohamed avant de lui trancher froidement la gorge avec la lame d’une baïonnette. Oumhani est emmenée dans une maison abandonnée. Les soldats s’amusent à la torturer, à transpercer son corps et à le taillader à coups de baïonnette. Bras, cou, ventre, dos… Là où la lame frappe, elle ne rencontre aucune résistance. A la fin, Oumhani n’est plus qu’un corps sanguinolent, pissant le sang de partout.
La suppliciée est dans un état tel que ses tortionnaires n’ont pas jugé utile de lui donner le coup de grâce. Elle sombre dans l’inconscience mais des douleurs lancinantes la réveilleront des heures plus tard. D’une seule main, elle traîne son corps meurtri jusqu’au foyer, allume péniblement un feu et défait les foulards qu’elle porte sur la tête. Elle les brûle les uns après les autres avant d’appliquer la flamme sur ses profondes blessures. La douleur des blessures se conjugue à celle des brûlures. Elle perd plusieurs fois connaissance, recommence dès qu’elle se réveille. Au bord de l’épuisement, elle livre un combat contre la mort.
Des moudjahidine la trouveront le lendemain matin à l’issue de l’opération de ratissage qui a ciblé la région. Après les premiers soins, elle est transportée sur une civière faite de branchages. Un inconfortable et douloureux voyage de 60 km à travers le djebel jusqu’à Kimmel où elle sera abritée dans un hôpital creusé sous terre.
Alors qu’il nettoie et suture ses blessures, Si Mahfoudh Smaïl, le médecin, est abasourdi par la méthode utilisée lors des premiers soins qu’elle s’était autoadministrés. «J’ai beaucoup de choses à apprendre de vous», lui dit-il. Oumhani y restera 40 jours tant et si bien qu’on la baptisa du surnom de «chahida vivante». Guérie, elle regagne son domicile avant de reprendre ses missions de ravitaillement.
La maison familiale des Boucetta a toujours été un centre de moudjahidine connu et reconnu de tous. Ses trois frères, Ali, Ahmed et Salah sont tombés les armes à la main. Sa sœur, Djemâa, sa nièce, Berhayel Fatima, sa tante paternelle ainsi que la bru de sa tante seront assassinées par l’armée française en représailles d’une embuscade menée dans la région par les moudjahidine en novembre 1954. Après les sacrifices, Oumhani se retrouve aujourd’hui seule, malade et sans ressources. Elle ne survit que grâce à l’aide de son neveu.
Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
http://www.elwatan.com/actualite/sisban ... 30_109.phpIl a été l’un des premiers armuriers de la Révolution : Sisbane, l’artiste armurier
Avec son turban blanc sur la tête, ses yeux rieurs d’un bleu délavé, son nez busqué et sa faconde, il ne manque ni d’allure ni de charisme. Aussi attachant qu’un personnage de roman, Mohamed Delandli, dit Sisbane, cultive une réputation qui s’étend bien au-delà des frontières des Aurès : armurier de la Révolution.
En nous rendant à Ighzer n’Taqqa (Oued Tagga), au sud de Batna, à la recherche de Sisbane, on s’attendait à trouver un grabataire peinant à convoquer ses souvenirs. C’est tout le contraire. A 82 ans, dans son atelier, l’homme manie avec prestance ses outils et les armes. Un peu dur de la feuille, mais bon pied, bon œil, portant fièrement son blanc turban sur un large front tatoué. Les derniers clients expédiés, maître Sisbane se prête à confesse.
Le père était un paysan qui faisait vivre sa famille du produit de ses ruches à Oued Tagga, cette belle vallée abondamment arrosée par la pluie et la fonte des neiges. C’est le frère aîné, Salah, qui se lance le premier dans le métier de l’armurerie. «Il a appris le métier tout seul, raconte Sisbane. Personne ne lui a rien montré.» C’est ce frère, décédé il y a huit ans, qui lui a transmis deux choses essentielles : l’amour des armes et du pays. C’est d’ailleurs en 1948 que Sisbane commence à marcher sur les traces de son aîné sur le chemin du combat politique.
Il s’en souvient : «Quand j’étais jeune, je regardais mon frère travailler et j’apprenais de lui. Encore très jeune, il me chassait quand je traînais dans ses pattes. Par la suite, il me demandait de plus en plus de l’aider et il me payait pour ça.» Quelques semaines après le déclenchement de la Révolution, Salah est arrêté par l’armée française. Détenu à M’sila, il réussit à s’évader et monte au maquis. Sisbane ne tarde pas à le rejoindre. «Nous avons exercé notre métier d’armuriers à Aïn Touta, Tarchiwine, Ouled Soltane, Djebel Boutaleb, Djebel Bounasroun, Ouled Nedjaâ et dans beaucoup d’autres localités», dit-il.
Les deux frères ne sont pas dans le maquis à proprement parler, mais gèrent plutôt des ateliers situés dans des villages acquis à la Révolution. Ils passent leur temps à rafistoler les armes des moudjahidine. Pendant les années de feu et de sang, les deux frères s’emploient à réparer consciencieusement les armes des moudjahidine partout où le besoin se faisait ressentir. «Des fidayine veillaient sur nous continuellement», dit-il encore.
En plus de réparer toutes sortes d’armes, Salah fabriquait des bombes. «Il récupérait chez les gens du Sahara les bombes tombées dans le sable qui n’avaient pas explosé. Il les désamorçait et confectionnait des mines antichar qui faisaient des ravages», se souvient Sisbane. «Il faut dire qu’à partir des années 1959/60, je suis revenu ici. On n’a plus travaillé, jusqu’à l’indépendance. C’était devenu trop dur», dit-il. Les maquis étaient devenus exsangues.
En 1964, Sisbane part en France pour participer à un concours de soudure avec des Français et des Italiens. Il arrive en deuxième position : «J’ai été battu par un vieil Italien», se souvient-il. Chalumeau, lime, rabot, pinces, quand la pièce cassée n’est pas disponible, Sisbane la fabrique tout bonnement. Il sculpte également les crosses de fusil cassées ou abîmées : «Avant, on fabriquait des crosses en bois de noyer. Maintenant on utilise du bois dur.»
En dépit de son âge vénérable, Sisbane travaille tous les jours. Son fils, qu’il a pris le soin de former et qui le seconde, est appelé à prendre la relève. Avec l’âge, sa principale difficulté consiste à souder au chalumeau, travail d’orfèvre qui s’accommode mal de la vue qui baisse et de la main qui tremble. «Cela devient de plus en plus difficile, dit-il avec une pointe de nostalgie dans la voix. Jadis, je pouvais souder un cheveu…» La retraite ? Sisbane n’y pense même pas : «Je ne veux pas encore la prendre.
D’abord par amour du métier, ensuite je voudrais, avant d’arrêter, transférer le registre de l’atelier au nom de mon fils. C’est mon dernier souhait et j’espère bien que les autorités finiront par accéder à ma demande.» D’où vient son surnom ? «Comme j’étais le cadet de ma fratrie, j’ai surtout été élevé par ma sœur aînée, explique-t-il. A l’époque, vivait à Batna un avocat kabyle du nom de Sisbane. Un avocat, c’était aussi prestigieux qu’un ministre.
Ma sœur voulait que je devienne comme cet avocat kabyle, elle m’a donc donné son nom. C’est resté ainsi...» Plus qu’un nom, Sisbane est aujourd’hui une marque déposée «des frontières tunisiennes aux frontières marocaines». «Nous avons commencé ce métier en 1948. Je formule le vœu que cette mission ne s’arrête pas avec moi et que mon fils puisse prendre la relève», dit-il. C’est son ultime souhait avant de rendre les armes.
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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
Quel cran, quelle famille, quel héroïsmeAAF 2020 a écrit :http://www.elwatan.com/actualite/oumhan ... 31_109.phpElle a été égorgée et laissée pour morte par les paras français : Oumhani Arriaz, la martyre vivante
Son vrai nom est Oumhani Boucetta, on la surnomme Oumhani Arriaz. A son prénom officiel, Oumhani, on a adjoint le qualificatif d’Arriaz qui signifie «homme» en berbère des Aurès. Si elle a hérité de ce surnom viril, c’est pour les qualités de courage dont elle a toujours fait preuve. Cette femme au destin exceptionnel a également hérité d’un autre surnom : «martyre vivante». Aujourd’hui âgée de 80 ans, sans ressource, la vieille dame est clouée au lit par la maladie. Bien que la nuit soit tombée depuis longtemps, elle a accepté gentiment de nous ouvrir la porte de son domicile, à Tkout. D’une voix fluette, à peine audible, elle raconte son martyr.
C’était au mois de novembre 1956, au milieu de l’après-midi, au hameau dit El Harra, près de Chenaoura, du douar Zalatou (actuellement T’kout). Comme de coutume depuis le déclenchement de la Révolution, Oumhani, 20 ans, et son mari partent ravitailler les moudjahidine, quand ils tombent sur une patrouille de parachutistes de l’armée française. Les quantités de galettes, de figues sèches, de dattes et de vêtements qu’ils transportent ne laissent aucun doute sur les vrais destinataires de ces provisions.
Furieux, les parachutistes ouvrent le feu sur son mari, Djeghrouri Mohamed avant de lui trancher froidement la gorge avec la lame d’une baïonnette. Oumhani est emmenée dans une maison abandonnée. Les soldats s’amusent à la torturer, à transpercer son corps et à le taillader à coups de baïonnette. Bras, cou, ventre, dos… Là où la lame frappe, elle ne rencontre aucune résistance. A la fin, Oumhani n’est plus qu’un corps sanguinolent, pissant le sang de partout.
La suppliciée est dans un état tel que ses tortionnaires n’ont pas jugé utile de lui donner le coup de grâce. Elle sombre dans l’inconscience mais des douleurs lancinantes la réveilleront des heures plus tard. D’une seule main, elle traîne son corps meurtri jusqu’au foyer, allume péniblement un feu et défait les foulards qu’elle porte sur la tête. Elle les brûle les uns après les autres avant d’appliquer la flamme sur ses profondes blessures. La douleur des blessures se conjugue à celle des brûlures. Elle perd plusieurs fois connaissance, recommence dès qu’elle se réveille. Au bord de l’épuisement, elle livre un combat contre la mort.
Des moudjahidine la trouveront le lendemain matin à l’issue de l’opération de ratissage qui a ciblé la région. Après les premiers soins, elle est transportée sur une civière faite de branchages. Un inconfortable et douloureux voyage de 60 km à travers le djebel jusqu’à Kimmel où elle sera abritée dans un hôpital creusé sous terre.
Alors qu’il nettoie et suture ses blessures, Si Mahfoudh Smaïl, le médecin, est abasourdi par la méthode utilisée lors des premiers soins qu’elle s’était autoadministrés. «J’ai beaucoup de choses à apprendre de vous», lui dit-il. Oumhani y restera 40 jours tant et si bien qu’on la baptisa du surnom de «chahida vivante». Guérie, elle regagne son domicile avant de reprendre ses missions de ravitaillement.
La maison familiale des Boucetta a toujours été un centre de moudjahidine connu et reconnu de tous. Ses trois frères, Ali, Ahmed et Salah sont tombés les armes à la main. Sa sœur, Djemâa, sa nièce, Berhayel Fatima, sa tante paternelle ainsi que la bru de sa tante seront assassinées par l’armée française en représailles d’une embuscade menée dans la région par les moudjahidine en novembre 1954. Après les sacrifices, Oumhani se retrouve aujourd’hui seule, malade et sans ressources. Elle ne survit que grâce à l’aide de son neveu.
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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
Et qu'a fait le ministere des moudjahidines ??? Quelle honte !!! Le malheur c:est que ce n'est pas un cas isolé...
Je ne peux que m'incliner devant le courage de cette dame... un exemple a suivre.
Je ne peux que m'incliner devant le courage de cette dame... un exemple a suivre.
Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
http://www.aps.dz/algerie/13240-l-ecole ... ssa-rahaliL'Ecole supérieure des techniques aéronautique de Dar El-Beida baptisée du nom du chahid Moussa Rahali
ALGER - L'Ecole supérieure des techniques aéronautique (ESTA) de Dar El-Beida (Alger) a été baptisée dimanche du nom du chahid Moussa Rahali, à l'occasion de la commémoration du 60e anniversaire du déclenchement de la révolution du 1er novembre.
La cérémonie s'est déroulée en présence du général Slimane Chaib, commandant des forces aériennes de la 1ère région militaire, le commandant de l'ESTA, Mohamed Feraoussen, et de membres de la famille du chahid.
Une exposition photo retraçant les différentes étapes de la guerre de libération et une autre consacrée à la formation dans l'aviation militaire en Algérie ont été organisées à cette occasion.
A l'issue d'une conférence sur "l'impact de la révolution sur les mouvements de libération dans le monde et le soutien internationale à la révolution algérienne", des membres de la famille du chahid Moussa Rahali ont été honorés.
Né en 1925 à El-Amra (Ain Defla), Moussa Rahali a rejoint les rangs de l'Armée de libération nationale (ALN) en 1956.
Il a participé à de nombreuses batailles, notamment celles de Titouilt, Djebel Barhoun et Hayouna.
Il tombera au champ d'honneur le 22 mai 1960 à Ain Defla.
Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/68744M. Mostéfa Khiati, président de la Forem : « 8 millions d’Algériens sont morts entre 1830 et 1962 »
Un ouvrage signé MostÉfa Khiati : Les Droits humains en Algérie pendant l’occupation française
[img]http://www.elmoudjahid.com/temp/fr/actu ... 68744].jpg[/img]
«Un génocide a bel et bien été commis par la France coloniale en Algérie. Dès 1830, l’intention d’exterminer tout un peuple était bien là et les colons ne pouvaient prendre la place de ce qu’ils appelaient les «indigènes» sans commettre de génocide». Le président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (Forem), M. Mostéfa Khiati rappelle, chiffres a l’appui, ces crimes, ces enfumades, ces razzia et ces emmurements qui ont décimés des tribus entières . «En 1830 , la France avait proclamé officiellement 3 millions d’habitants en Algérie, au moment où le chiffre réel était de 10 millions d’habitants , c’est dire les véritables intentions du colonisateur dès qu’il avait foulé le sol algérien. Il y a eu une politique génocidaire dès le début, les déclarations d’Etienne Maurice Gérard, maréchal et celles d’autres militaires français, sont là pour illustrer cette politique d’extermination «il faut se résigner a exterminer la population indigène»; «il faut fumer l’Arabe». Pour M. Khiati, l’attaque de Blida en 1832 où la population d’El Harrach fut exterminée , victime d’enfumades ne sont nullement une vue de l’esprit. «Trois millions d’Algériens ont été tués au XIXe siècle sans parler des victimes collatérales mortes a cause des grandes famines et des maladies (tuberculose, typhus…) introduites par la France qui ont fait 1.500.000 victimes, de ces Algériens envoyés comme chair à canon dans d’autres guerres, de ces 500.000 pour le président de la Forem, 8 millions d’Algériens sont morts entre 1830 a 1962. «Il n y’avait ni respect des droits humains ni droit de culte. Dans le code de l’indigénat il y avait le délit du regard» dira M. Khiati qui affirme que si les Français interdisent presque deux siècles après leur occupation de l’Algérie, l’accès aux archives militaires, c’est pour voiler et taire tous ces crimes contre l’humanité.
Farida Larbi
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Un ouvrage signé Mostéfa Khiati
Les Droits humains en Algérie pendant l’occupation française
Véritable travail de mémoire, sans la prétention d’être un catalogue de toutes les exactions commises par la France coloniale, l’ouvrage les Droits humains en Algérie, pendant l’occupation française, signé Mostéfa Khiati, soulève une grande question. Celle de savoir pourquoi tant de crimes ont été commis à l’encontre du peuple algérien, durant 132 ans de colonisation, au grand mépris du droit humanitaire. Le livre préfacé par Mohamed Bejaoui, offre au lecteur un «panorama historique du droit international et s’applique ensuite à débusquer tout ce qui, dans le déploiement séculaire du colonialisme en Algérie, prend forme de crime contre l’humanité ou de génocide».
Le Pr Khiati , médecin-chercheur, auteur de plusieurs ouvrages , dont les Blouses blanches de la Révolution. A travers, sa dernière publication, destiné notamment aux jeunes, il veut mettre au grand jour la cruauté d’une machine de guerre.
Aussi, dans les 400 pages, il résume les atrocités perpétrées par un pays qui se revendique berceau des droits de l’homme. Car comme, il le souligne des milliers de pages ne suffiraient pas à décrire tous les crimes, les souffrances de tout un peuple. Dans cette parution, il se limite à rapporter les crimes les plus saillants en se référant au droit humanitaire international. Dans la conclusion, on peut lire, que l’objectif de cette étude, «n’est pas de faire le procès d’un pays, mais de dire encore une fois que le colonialisme a été une chose abjecte.
L’obligation morale pour une grande nation comme la France est précisément de reconnaître ses fautes passées et non de les justifier».
Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
http://www.aps.dz/societe/13243-un-resc ... lonialismeUn rescapé des bombardements au napalm de Boumehni (Tizi-Ouzou) raconte l’atrocité du colonialisme
BOUIRA - L’ancien moudjahid, Salah Ouzrourou, dit Si Salah, qui activait en tant que secrétaire puis intendant régional de secteur au sein de la quatrième région de la wilaya historique III, est l’un des rescapés des bombardements au napalm d’août 1960 dans la forêt de Boumehni (Tizi-Ouzou), qui se souvient de ce crime qu’il qualifie de "moment douloureux témoignant de l’atrocité du colonialisme français".
C’est à Boumehni, aujourd'hui un village relevant de la commune de Ain Zaouïa, daïra de Draa El Mizan, que le groupe de Si Salah formé de sept éléments activait avec d’autres groupes de moudjahidine, et ce, au nez et à la barbe d’un important camp militaire français qui dominait toute cette localité forestière.
Considéré comme une mémoire vivante de la guerre de libération nationale, le moudjahid avait rejoint le maquis dans son village natal d'Ath Hamsi, dans la commune d’Akbil (Ain El-Hammam), alors qu'il n'avait que 17 ans. Il porte à ce jour des cicatrices de balles et d'éclats d’obus et de grenades dans son corps.
"Je porte des séquelles douloureuses qui témoignent de la barbarie coloniale", dit-il. "Après mon affectation à Boumehni, où je fus désigné intendant régional, nous avions, avec mes compagnons, commencé à mener nos missions de combat et d’approvisionnement des moudjahidine en denrées alimentaires et vestimentaires, avant que l’ennemi ne se rende compte un jour, en août 1960, de notre présence dans la forêt", raconte Si Salah.
Au début d’une opération d’encerclement, l’ennemi avait fait face à une résistance farouche des combattants de l’ALN qui s’étaient repliés dans la forêt. "Ce jour-là, l’ennemi a déployé ses troupes terrestres autour de la forêt de Boumehni et fait appel aux renforts, une colonne de chars blindés et des avions B22 qui larguaient sur nous des roquettes et des fûts de napalm, et ce n’est qu’à la tombée de la nuit que nous réussissions à sortir de cet encerclement", se souvient-il, avec émotion.
Au cours des bombardements, Si Salah et deux ses compagnons, Ameziane Slimane et Laârabi Ali, furent brûlés au napalm. "Presque un mois durant, nos bras et mains étaient restés levés à cause d’une douleur atroce lorsqu’ils sont en position baissée. On ne pouvait plus baisser nos bras et mains à cause de cette douleur causée par le napalm. Ce liquide à l’odeur nauséabonde s’était répandu sur nos têtes, cous, visages et mains", témoigne le septuagénaire.
Les trois victimes se précipitaient alors vers un ruisseau pour mouiller le reste de leurs habits qu’ils posèrent ensuite sur les parties brûlées de leurs corps pour éteindre le feu causé par le napalm. "Les douleurs étaient atroces, nous dégagions des odeurs nauséabondes. Nos bras étaient devenus immobiles à tel point que nous étions incapables de tenir quoi que ce soit y compris nos pistolets automatiques", raconte encore cet ancien moudjahid, né le 6 octobre 1940 au village Ath Hamsi.
"Les traces que je porte dans mon corps me rappellent souvent une douleur atroce et des moments cauchemardesques", dit-il.
En raison de ces douleurs auxquelles s’ajoutait la crainte d’être arrêté vivant, "je ne pouvais pas m’empêcher de pleurer". Pourtant, le courage ne manquait pas à cet homme qui avait subi, à deux reprises, des blessures par balles et éclats d’obus lors d’accrochages avec les soldats français.
Ce valeureux témoin de la Révolution se souvient aussi des souffrances et misères que ses camarades et compagnons d’armes avaient endurées après les évènements de Boumehni, ainsi que durant l’opération Jumelles, lancée par le général Challe en juillet 1959 pour anéantir la résistance dans la wilaya historique III.
"Mais l’utilisation récurrente du napalm par l’armée française et l’opération Jumelles ne nous ont pas empêché de continuer notre combat pour la libération de notre pays, nous étions très déterminés à aller jusqu’au bout de notre noble mission", ajoute M. Ouzrourou, qui saisit cette occasion du 60eme anniversaire du déclenchement de la guerre de libération nationale pour rendre un vibrant hommage à tous ses compagnons d’armes et martyrs tombés au champ d’honneur.
Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
http://www.depechedekabylie.com/kabylie ... rique.htmlM’Kira : il tomba au champ d’honneur le 7 Novembre 1954 : Slimane Nacef, le premier martyr de la wilaya 3 historique
Cela fait aussi soixante ans que le premier martyr de la wilaya 3 historique tombait au champ d'honneur.
Il s'agit de Slimane Nacef, né le 7 Mai 1912 à Ivahrizène dans l'ex douar de M'Kira. Tout comme les jeunes de son âge, celui-ci n'eut pas cette chance d'aller à l'école. Au contraire, c'était dans les champs qu'il passa toute son adolescence à aider son père. Slimane et tant d'autres n'acceptèrent pas de vivre comme des esclaves alors que les fils de colons qu'ils voyaient à Tizi-Gheniff se la coulaient douce en exploitant les bonnes terres et les vignes. C'était pour cela qu'ils prirent conscience que cela devrait changer. Avec d'autres jeunes de son âge, ils s'organisèrent sous la bannière du PPA/ MTLD, un parti où ils apprirent beaucoup de choses. Des années après, et à la veille du soulèvement, ils étaient déjà prêts à aller défier cette puissance coloniale. Peu avant le premier novembre, ils multiplièrent leurs rencontres en choisissant des endroits où ils étaient à l'abri des yeux de peur d'être dénoncés. Benrejdal Ali, Tazekrit Ahmed, Cheikh Mohamed, Nacef Mohamed et Nacef Slimane formaient une cellule forte, courageuse et disciplinée. A la veille du déclenchement de cette guerre qui allait libérer le pays entier du joug colonial, ils eurent cet honneur de participer dans la nuit du trente et un octobre au premier novembre aux missions que leur responsable, Amar Merabet, leur avait confiées. Aux environs de vingt trois heures, ils étaient encore au lieu-dit "les quatre chemins" à quelque cinq cents mètres de Tighilt Bougueni. Au total, Amar Merabet avait une vingtaine d'hommes à répartir en petits groupes. Parmi ces hommes, il y avait cette cellule de militants arrivés de M'Kira peu avant l'heure retenue. Côté armement, ce groupe disposait de 2 mitraillettes (MAT 49), 4 fusils de chasse,4 pistolets et des armes blanches. A 23 heures et 45 minutes, Slimane Nacef et ses compagnons étaient prêts à déclarer la guerre aux colons. Les vingt premiers novembristes avaient pour missions d'incendier le foyer rural ( cinéma) et de tirer des coups en l'air sans avoir l'intention de tuer personne. C'était le mot d'ordre à l'échelle nationale et celui donné par le "chef", Amar Merabet. Ce groupe sema la terreur dans cette petite ville paisible de colons. C'était un grand affolement. Les sirènes retentirent, les colons et les administrateurs se terraient chez eux et finirent par comprendre que quelque chose venait de commencer. Tandis que Slimane Nacef prit la fuite, certains de ces premiers hommes regagnèrent discrètement leurs domiciles. Mais, suite aux investigations menées, les gendarmes arrêtèrent vingt-trois militants. Slimane Nacef fut arrêté le 5 novembre, tout juste quatre jours après le déclenchement de cette insurrection qui durera sept ans et demi face à un ennemi fort en armement et en logistique. Il subit des tortures atroces et des sévices avant de rendre l'âme sans dénoncer aucun des hommes qui étaient avec lui cette nuit-là et sans dire un mot sur l'organisation à laquelle il appartenait. Il sera enterré au cimetière à proximité de la gendarmerie. En 1965, il sera, lors d’une cérémonie émouvante, exhumé et ré-inhumé au carré des martyrs de Adila, à cinq kilomètres à la sortie de Tizi-Gheniff sur la route d'Alger. Voilà le parcours revisité de ce premier martyr.
Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
http://www.elwatan.com/regions/est/bisk ... 02_131.phpBiskra : Hommage à Mohamed Assami, l’armurier de la Révolution
La vie et l’œuvre patriotique de Mohamed Assami, dit «Si Merouane» connu pour avoir été l’armurier attitré de la l’OS avant le déclenchement de la révolution de 1954 a été, jeudi dernier, au centre d’une rencontre tenue à la salle des conférences de la maison de la culture Redha Houhou de Biskra à l’occasion de la publication d’un opuscule consacré à ce moudjahid, écrit par Abdelhamid Zekiri et édité avec le soutien de l’APC de Biskra.
Lieutenant de Belouizdad, formateur des Benboulaïd et Larbi Ben M’Hidi, ami et néanmoins supérieur hiérarchique de Mohamed Boudiaf pendant les années de feu, Mohamed Assami est né en 1914 dans une modeste famille de Sidi Okba, village phoenicicole situé à 18 km à l’est de Biskra. Après des études primaires écourtées du fait de la misère et du dénuement régnant à l’époque dans ces contrées et l’apprentissage du coran et de l’arabe à la mosquée de son village natale, il apprend la couture dans un atelier familial.
En 1936, il part à Skikda pour y travailler en qualité de tailleur. C’est là qu’il adhère au PPA dans une cellule chargée de diffuser des tracts et de sensibiliser le peuple sur la déplorable situation endurée sous la colonisation française. Le PPA est interdit d’activité par l’autorité coloniale en 1939 et les militants sont pourchassés et leurs domiciles objets d’incessantes perquisitions.
Alors que la seconde guerre mondiale fait rage en Europe, Mohamed Assami revient à Biskra où il ouvre une boutique de tailleur au centre-ville. Contacté par Ahmed Gharib, il est chargé une fois encore de réactiver les opérations de sensibilisation et de mobilisation de militants indépendantistes. Sa boutique se transforme très vite en lieu de rencontre clandestin des militants et de responsables de la cause nationale.
Un militant déterminé
En 1945, il est chargé avec d’autres nationalistes de la préparation des manifestations du 8 mai. Avec Ben M’Hidi, Aloui, Mebarek et les frères Banni, il est arrêté et torturé dans les locaux de la gendarmerie durant 20 jours avant d’être relâché. En 1946, plus déterminé que jamais à se défaire du joug colonial, Mohamed Assami participe activement à la fondation du MTLD et à celle de l’Organisation Spéciale (OS) pour laquelle il désigne Larbi Ben M’Hidi et Mustapha Benboulaïd pour y représenter Biskra et Batna.
De 1947 à 1954, il effectue plusieurs voyages vers le sud et notamment à Oued Souf et la Tunisie pour y organiser des achats et des transits d’armes vers Biskra, les Aurès et Constantine où s’était réfugié Belouizdad. Ahmed Mahsas lui remet des sommes d’argent qu’il utilise à bon escient. L’option de la lutte armée contre l’hydre coloniale insensible au traitement inique, raciste et humiliant infligé au peuple algérien est irréversible pour lui comme pour un noyau de militants qui créent le FLN et sa branche militaire l’ALN.
Au lendemain de la nuit historique du 1er novembre 1954, Mohamed Assami et des dizaines d’autres militants sont arrêtés et emprisonnés. Il sera libéré en 1959 et assigné à résidence à Alger jusqu’en 1962, année où il regagne Biskra pour se consacrer, l’indépendance conquise, à son atelier de couturier et à l’éducation de ses enfants aujourd’hui médecins et professeur d’université. Après le coup d’Etat de 1965, Mohamed Assami se retire définitivement de la vie politique.
Peu disert, homme d’action, rompu à la clandestinité et aux épreuves d’une vie entière consacrée à son pays et touché par la disparition de beaucoup de ses compagnons de lutte, il s’emmure dans un mutisme qui en dit long. La seule fois qu’on l’a vu pleurer, c’est le jour où Mohamed Boudiaf a été assassiné en ce funeste mois de juin 1992, rapporte l’un de ses fils.
Le 6 septembre 2013, Ammi Mohamed, l’armurier de la révolution est parti subrepticement rejoindre ses frères disparus. La bibliothèque de la wilaya de Biskra porte son nom. Mais est-ce suffisant pour un homme de cette envergure longtemps effacé des tablettes de l’historiographie nationale et qui mérite amplement de figurer en bonne place dans les livres et les manuels d’histoire.
Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
http://www.elwatan.com/regions/est/cons ... 98_129.phpLe 10 novembre 1955 à la prison du Coudiat (Constantine) : L’évasion spectaculaire de Benboulaïd
L’établissement fait partie de la mémoire collective de la ville
L’évènement a été un coup très dur pour les autorités françaises.
Le jeudi 10 novembre 1955 à 18h30, les sirènes de la prison du Coudiat sont déclenchées. Les bruits atteignent tout le centre-ville de Constantine. L’établissement se trouve à quelques dizaines de mètres de la place de la Pyramide. L’information fait le tour de la ville comme une traînée de poudre : Mustapha Benboulaïd s’est évadé.
Un évènement qualifié de spectaculaire et même de sensationnel par la presse française de l’époque et qui révèle le génie de Mustapha Benboulaïd. Arrêté à la frontière libyenne au mois de février 1955, alors qu’il était en mission pour ramener des armes, le chef charismatique de la région des Aurès a été condamné à la peine capitale en septembre 1955 par le tribunal militaire de Constantine.
A la prison du Coudiat, il n’avait qu’une seule idée en tête : s’évader. Après avoir recueilli toutes les informations sur la prison, Benboulaïd se rendit compte que la cellule collective du rez-de-chaussée, où se trouvaient les 30 détenus, tous condamnés à mort, est mitoyenne d’un débarras qui s’ouvre sur une petite cour intérieure. Les deux locaux de la prison se trouvent du coté de la rue de Généraux Morris (actuelle rue Benlazrag Brahim).
Le plan commence à se dessiner : il suffit de desceller la dalle de ciment et creuser un tunnel pour rejoindre le débarras jouxtant le dortoir. C’est ainsi qu’on a commencé à creuser au début du mois d’octobre 1955. Un travail de longue haleine qui durera 28 jours. Le tunnel s’ouvre sur le débarras où se trouvent entreposés des ballots de crin et du matériel de couchage. Rien de plus simple que de fabriquer une échelle, en assemblant trois lits, attachés avec des bandelettes de toile découpées des draps.
Onze détenus prennent la fuite
Le jour de l’évasion a été choisi : le jeudi 10 novembre 1955, après le tirage au sort effectué par Benboulaïd pour choisir les détenus qui sortiront les premiers. L’heure a été fixée juste après 17h. C’est le moment où les gardiens quittent la prison pour rentrer chez eux. Il n’en resta plus que trois gardiens. L’un à la porte d’entrée, et deux autres pour effectuer les rondes. Les détenus commencent à passer dans le tunnel. Dans le débarras, la serrure céda rapidement et la porte s’ouvre sur la petite cour intérieure. Il n’y a aucun gardien. Les ballots de crin adossés au mur intérieur servirent à le grimper.
Une fois sur le mur, ils le traversèrent jusqu’à la partie située en face de l’ex-rue Stephane Gsell (aujourd’hui la station Benabdelmalek du tramway). Un lieu désert et mal éclairé, avec une piste impraticable. Les évadés se servent de l’échelle comme d’une passerelle pour franchir le vide surplombant le chemin de ronde séparant les murs intérieur et extérieur. Au passage du 12ème évadé, la passerelle s’est effondrée. Celui qui passait à ce moment était Saïd Chouki. Il sera trouvé entre les deux murs avec une jambe cassée. Onze détenus ont réussi à descendre le mur extérieur et prendre la fuite.
Le premier était Mohamed Laifa, suivi de Mustapha Benboulaïd, Tahar Zebiri, Brahim Taibi, Mohamed Beziane, Hocine Arif, Hamadi Krouma, Ahmed Bouchemal, Lakhdar Mechri, Slimane Zaidi et Ali Haftari. Les 19 autres détenus, descendus dans le chemin de ronde se sont trouvés enfermés. Ils regagneront la porte du garage, près de l’entrée de la prison où ils se sont rendus. Ils seront reconduits vers leur cellule. Les recherches déclenchées pour retrouver les évadés n’en donneront rien. Le coup a été très dur pour les autorités françaises.
Dans son édition du samedi 12 novembre 2014, La Dépêche de Constantine a révélé qu’en se rendant à la prison, le préfet de Constantine, Pierre Dupuch, a été choqué à la vue du trou creusé dans la cellule. Les premières mesures tombèrent. Louis Maudru, directeur de la prison du Coudiat, et Louis Bernardino, surveillant-chef, ont été relevés de leurs fonctions et mis sous mandat de dépôt pour négligence grave dans l’accomplissement de leur service. Ils ont été écroués dans le même établissement.
Les sanctions ont touché Mr Augusti, directeur de la Circonscription pénitentiaire de Constantine, qui a été relevé de ses fonctions. La nouvelle de l’évasion ne sera pas publiée le lendemain dans la presse sur ordre des autorités « pour ne pas alerter les complices qui auraient pu aider les évadés ». La nouvelle ne fut donnée que le samedi 12 novembre 1955. Les 19 autres détenus seront transférés en janvier 1956 vers la prison de la Casbah, où les exécutions à la guillotine furent entamées dès le mois d’août 1956.
Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/69678Hommage à la chahida Dzaïr Chaïb au Forum de la Mémoire d’El Moudjahid : La première martyre de la Révolution
Mme Chaib Kahla, sœur de la Chahida Chaïb Dzaïr : « Ma sœur est tombée au champ d’honneur le 19 novembre 1954 »
[img]http://www.elmoudjahid.com/temp/fr/actu ... 69678].jpg[/img]
Aucune rue ne porte son nom et pourtant elle est la première martyre de la Révolution de Novembre. Dzaïr Chaïb, une jeune fille qui a vécu dans la voie du devoir et de l’honneur, est morte les armes à la main, aux côtés de Badji Mokhtar, le 19 novembre 1954. Quand on se prénomme Dzaïr, on ne peut que mourir pour l’Algérie.
Le Forum de la Mémoire d’El Moudjahid, initié en coordination avec l’Association Machaal Echahid, est revenu, hier, sur la courte vie d’une femme qui a mené son combat pour la dignité du peuple algérien. Le grand mérite revient à la romancière Zoubida Mameria, qui a fait sortir la martyre de l’anonymat en publiant en 2012, un livre Kaléidoscope, mémoires d’une guerre où elle raconte Dzaïr, dans un style romanesque. Invitée du Forum de la Mémoire, elle n’a pas caché son émotion en évoquant le parcours d’une fille née dans un monde rurale, mais qui avait réussi à gagner un statut particulier au sein de sa famille. C’est en découvrant que le nom de la chahida n’est pas porté sur la stèle commémorant l’accrochage et la mort de vaillants moudjahidine, dont Badji Mokhtar (membre du Groupe des 22), qu’elle décide de mener son propre combat contre la culture de l’oubli. C’est ainsi l’espace de deux heures, le temps s’est arrêté, en cette nuit du 18 novembre 1954. Elle, qui a grandi avec la Révolution, parle de la chahida comme si elle l’avait côtoyée. Elle dit qu’elle l’imagine belle, et d’une grande maturité politique. Dzaïr, qui aurait pu penser à fonder un foyer, avoir beaucoup d’enfants, et vivre heureuse auprès d’un homme qu’elle aurait choisi, savait pertinemment qu’avec la colonisation, c’était un rêve impossible. C’est donc, sans grande surprise, qu’elle adhère à l’appel du 1er Novembre, surtout qu’un des membres du Groupe des 22, Badji Mokhtar, venait à la maison familiale pour des réunions avec les moudjahidine. D’ailleurs, c’est lors de la présence de Badji Mokhtar dans leur ferme qu’elle prouvera son courage et son attachement à la libération de l’Algérie du joug colonial. Un engagement pour lequel elle s’est engagé corps et âme. Digne et courageuse, alors qu’elle n’a que 18 ans, elle refusera d’abandonner le groupe avec lequel elle était encerclée par les forces coloniales, en dépit du danger de mort qui guettait sa vie. Selon les historiens, Badji, en compagnie de 7 autres membres de l’ALN, dont la jeune Chaïb Dzaïr, se préparait à recevoir un groupe de moudjahidine de la région d’Annaba, pour organiser une réunion d’évaluation des premiers attentats ayant suivi le déclenchement de la Révolution dans cette région, lorsque l’armée coloniale avait encerclé le lieu. La présence d’une femme à la réunion est un fait particulièrement exceptionnel. Mme Mameria dira que l’accrochage qui s’en est suivi, était le premier de la Révolution. Durant toute la conférence, qui s’est déroulée, en présence de la sœur de la chahida Kahla Chaïb, et une moudjahida de la Wilaya III, Medar Dahbia (92 ans), Zoubida Mameria a regretté que la participation des femmes algériennes à la Révolution est un fait historique peu ou mal connu. La célébration du 60e anniversaire du déclenchement de la Révolution de Novembre est une occasion pour rendre justice à toutes ces femmes qui ont porté les armes contre une grande puissance coloniale. Didouche Mourad disait « si nous venions à mourir, préservez nos mémoires ». Restons fidèles à ce serment, et gloire à tous nos martyrs.
Nora Chergui
Mme Chaib Kahla, sœur de la Chahida Chaïb Dzaïr :
« Ma sœur est tombée au champ d’honneur le 19 novembre 1954 »
« La chahida Chaïb Dzaïr, qui est ma sœur aînée, est née au village Badji Mokhtar, Aârch Rguagma, de Beni Salah, wilaya de Guelma. Elle est la fille de Chaïb Mohamed, dit Dali Benchouaf. En fait, elle avait tout le soutien de notre père qui a placé en elle une grande confiance.
A l’époque de la Glorieuse Révolution de Novembre 1954, on recevait tous les jours des moudjahidine. On leur réservait un accueil des plus distingués à telle enseigne qu’on sacrifiait, à chaque visite, un agneau.
Un jour, le 17 novembre 1954, mon père reçut dans notre maison, des invités moudjahidine. Il y avait notamment, parmi eux, le grand moudjahed Badji Mokhtar, un moudjahed qui tombera au champ d’honneur, le 19 novembre 1954.
Ce jour là, (le 19 novembre) à notre réveil à l’aube, notre maison était encerclée et des avions de l’ennemi survolaient les lieux. Les moudjahidine ont pris les armes. Ma sœur également. Un accrochage s’en est suivi, faisant plusieurs morts et blessées.
Ma sœur est tombée au champ d’honneur, le 19 novembre 1954, dans la matinée. Badji Mokhtar, lui, est mort, le soir même.
Ce jour-là, les corps des valeureux moudjahidine, tombés au champ d’honneur, ont été exposés près du domicile, à même le sol, et piétinés par des soldats de l’armée coloniale et des harkis. »
Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
http://www.aps.dz/les-breves/breves-alg ... abdellaouiDécès du moudjahid Belkacem Abdellaoui
ALGER - Le moudjahid Belkacem Abdellaoui est décédé jeudi à Alger à l'âge de 77 ans, a-t-on appris auprès du ministère des moudjahidine.
Né le 25 juillet 1937 à Sétif, le défunt rejoint les rangs de l'Armée de libération nationale (ALN) en 1957 faisant preuve d'une grande bravoure qui lui a valu le respect et la confiance de la part de ses compagnons d'arme.
Après l'indépendance, Belkacem Abdellaoui a assumé plusieurs responsabilités politiques au sein du parti du Front de libération nationale (FLN).
Dans une lettre de condoléances, le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, a exprimé ses sincères condoléances et sa compassion avec la famille du défunt priant Dieu Tout Puissant d'accorder au défunt sa sainte miséricorde et de l'accueillir en son vaste paradis.
Belkacem Abdellaoui a été inhumé jeudi au cimetière de Ben Aknoun (Alger) après la prière d'El-Asr.
Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
http://www.lexpressiondz.com/actualite/ ... ourir.htmlIL Y A UN AN, BOUALEM OUSSEDIK : Ceux qui ont su mourir
Le moudjahed capitaine SI Taibi (Boualem Oussedik), en compagnie du moudjahed commandant Si Slimane (Kaïd Ahmed)
Rappeler, aujourd'hui, le souvenir de Boualem Oussedik c'est retracer le parcours héroïque d'un officier de l'ALN dont le nom de guerre était Boualem Taibi.
Le regretté Boualem Oussedik, nous a quittés le 27 novembre 2013 à l'âge de 85 ans et rejoint sa dernière demeure à El Allia. «L'intello, le poète combattant, le journaliste-maquisard, la plume de Bouzegza, de Zbarbar, de Tiberguent, a quitté, en une froide et pluvieuse journée de novembre, sa famille et ses amis.» Il s'en est allé rejoindre ses nombreux compagnons et frères maquisards de l'«époque héroïque» dont chacun retrace une page glorieuse de la révolution de Novembre 1954: Ali Lounici, Si M'hamed, Si Sadek, Ouamrane, son ami Frantz Fanon, ses cousins Omar Oussedik, Mourad, Tahar, Sadek et tant d'autres. Rappeler, aujourd'hui, le souvenir de Boualem Oussedik c'est retracer le parcours héroïque d'un officier de l'ALN dont le nom de guerre était Boualem Taibi. C'est perpétuer l'engagement que portait ce patriote à l'Algérie dans son coeur et son corps jusqu'à son dernier souffle. En ce premier anniversaire de sa disparition, l'hommage qui lui est rendu est également l'expression mémorielle inaliénable et inoubliable de notre reconnaissance et de notre gratitude à nos vaillants martyrs et tous les hommes qui ont choisi de servir sincèrement leur patrie. Boualem Oussedik fait partie de ces héros ordinaires qui représentent ce qu'il y a de remarquable dans notre culture ancestrale, dans notre société: l'humilité, la sincérité, le courage, la solidarité et le respect des autres. En ce premier anniversaire de sa mort, joignons à notre recueillement, à notre émotion, le rappel d'une partie du chemin de cet homme hors du commun. Au milieu de tant d'ombres de glorieux martyrs! De soeurs et frères d'armes, de patriotes! De familiers et d'ami(e))s de divers horizons, n'attendez pas qu'il vous soit restitué tel que vous avez pu le connaître: sa silhouette longue et racée, son front soucieux qu'illumine un doux regard, ses longs et lisses cheveux qui faisaient penser beaucoup plus à un héros romantique qu'à un guerrier, tour à tour ironique ou cordial, un homme qui aimait plaisanter mais par moment brusque, était entraîné par sa vivacité. Tel fut cet esprit brillant qui ne laissait jamais indifférent tous ceux qui l'ont approché. Homme du devoir exigeant, éveilleur d'esprit, militant rigoureux et désintéressé, ami fidèle et discret, généreux et disponible: tel a toujours été Boualem Oussedik. Nul ne peut oublier ses qualités de coeur. Cela lui vaudra et lui vaut toujours estime et respect par tous ceux qui l'ont connu. L'histoire de Boualem Oussedik commence à Sidi Namane, à quelques kilomètres de Tizi-Ouzou, où il est né le 29-09-1929. Homme de valeur et infatigable militant, il rejoint les rangs des combattants de la liberté, bien avant l'Appel de l'Ugema du 19 mai 1956. Étudiant brillant et titulaire de plusieurs diplômes, il participe activement à la lutte de libération au sein de la Zone autonome d'Alger. Certains étudiants furent très tôt en contact avec l'organisation du FLN. À partir de mars 1955 Abane Ramdane constitue à Alger une sorte de «brain-trust» de la révolution. Il fait appel à certains étudiants déjà engagés dans la lutte. L'on retrouve, Boualem Oussedik, Mohamed Rachid Amara, homme de confiance d'Abane, Mohammed Benyahia, président de la Section Ugema d'Alger, Allaoua Benbatouche, Lamine Khène et Saïd Hermouche. Responsable de la Zone autonome d'Alger, Ben M'hidi s'appuie sur les groupes Action et le réseau bombes. Boualem Oussedik, puis Taleb Abderrahmane furent des membres importants de ce réseau, le premier comme animateur politique du groupe de chimistes communistes, dont Daniel Timsilt, le second en tant que technicien des explosifs. Activement recherché par les services de sécurité français auxquels il réussit à échapper; Boualem quitte l'université à vingt-deux ans, pour rejoindre le maquis. Dès son arrivée en Wilaya IV, le colonel Si Sadek le charge du Service propagande. A l'exemple de Boualem et de ses compagnons, «convaincus qu'avec un diplôme en poche, ils ne feront pas de meilleurs cadavres», des centaines de lycéens et d'étudiants quittent, le 19 mai 1956, les bancs de lycées et les amphithéâtres pour prendre le chemin des maquis. Le capitaine Boualem (Taibi) Oussedik va assurer durant la guerre de Libération nationale, la direction du Service propagande et information de la Wilaya IV aux côtés du colonel M'hamed Bougara. Il sera ensuite, responsable du même service à la Zone autonome d'Alger avec le commandant Azzedine. Blessé sérieusement et à de nombreuses reprises, il gardera toujours une totale discrétion sur ses pénibles et héroïques épreuves. C'était un caractère sûr, un homme dévoué aux causes qu'il entendait défendre comme à ses amis. A l'occasion de la célébration de la journée de l'Étudiant, en mai 2014, soit six mois avant sa mort, le Forum de la Mémoire, en coordination avec l'association Machaâl Echahid, lui rendra un vibrant hommage ainsi qu'à son compagnon Tewfik Abdelaoui avec lequel il avait mis sur pied le Service propagande et information (SPI) de la Wilaya IV. Zohra Drif-Bitat, Lamine Khène, Omar Boudaoud, Ali Haroun, Mustapha Cherchali, Mustapha Blidi, ont tenu à souligner par leurs témoignages les mérites de la branche propagande et information du FLN.
Eveilleur d'esprit
Invité à prendre la parole, lors de cette manifestation, Boualem Oussedik préfère, durant toute son intervention, parler de martyrs anonymes: «Comme cet infirmier qui prenait soin des moudjahidine blessés. Il lui arrivait même de pratiquer des opérations chirurgicales. Lors d'un ratissage, il avait reçu l'ordre de quitter l'infirmerie. Il avait refusé d'appliquer cette directive. Il était, pour lui, hors de question d'abandonner «ses» blessés. Lors du bombardement, il fut tué, les armes à la main. Les soldats français avaient découvert dans sa poche, un papier, l'ordre lui intimant de quitter les lieux. Un des officiers français, en admiration devant cet homme, dira à ses soldats: «Voilà un exemple.» Cet homme a préféré mourir que d'abandonner ses blessés». Ce genre de souvenir, Boualem Oussedik en a plein la tête. Il ajoute: «Je me rappelle encore ce djoundi, que nous avions rencontré au pied d'un arbre. Il se tenait en position de prière. Nous étions étonnés de le voir dans cette posture devant un grand arbre. C'est après que nous avons su, que sous l'arbre était enterré un moudjahid tombé au champ d'honneur.» Cette anecdote qui a fait pleurer Boualem Oussedik et ses compagnons nous rappelle que sous chaque arbre est enterré un chahid, et chaque parcelle a été irriguée par le sang de millions d'Algériens». Lors de cet hommage, Zohra Drif, moudjahida et vice,-présidente du Conseil de la nation rappelle de façon poignante et avec émotion: «Je veux rendre un hommage à Boualem Oussedik en tant que moudjahid et en tant qu'étudiant. Personnellement, je me sens redevable envers lui, car c'est grâce à lui que j'ai pu avoir le contact, à l'époque, avec le Front de Libération nationale. Il faut dire que j'étais très jeune. C'était ma première année à la faculté d'Alger, et je ne connaissais personne. En fait, la Révolution venait d'éclater et je cherchais le contact, sachant que c'était un mouvement secret, voire clandestin et que personne ne me connaissait. Par ailleurs, je savais que pour le FLN, il fallait des critères rigoureux. Donc, il me fallait un parrain. J'ai eu la chance, un jour, de rencontrer Boualem Oussedik. A la faculté, il m'a abordée. Il s'est présenté.... Et c'est ainsi qu'on a eu notre premier contact avec le FLN, grâce à Boualem Oussedik. Le défunt mérite l'hommage de tous les Algériens.» Le Dr Lamine Khène, ancien ministre et ancien responsable de la Wilaya IV avant de partir pour la Wilaya II, rendra, de son côté, un vibrant hommage à toute la famille Oussedik. Le professeur Omar Zemirli souligne Dans un autre témoignage: «Citer les hauts faits d'armes de Si Boualem requiert un immense travail de recherche. Certains de ses actes ne peuvent être oubliés, car grâce à la vigilance du service de propagande et d'information (SPI), qu'il dirigeait, grâce à son intelligence, sa clairvoyance, son esprit critique, ses renseignements sur les méthodes des services psychologiques de l'ennemi, à leur tête le capitaine Léger, l'extension au sein de la Wilaya IV de l'une des plus grandes purges de la révolution «la bleuite» a été freinée.»
Sérieuse blessure
Boukhalfa Amazit nous rapporte que, Lors d'un entretien qu'il avait accordé à El Watan, en compagnie du défunt capitaine Ali Lounici, Boualem Oussedik se souvenait de cette période que Si Ali qualifiait de «romantique»: «Te souviens-tu, lui disait-il, de la création des commandos? Te souviens-tu de Si Abdelaziz? C'est le premier à avoir réuni sa katiba (compagnie de 110 hommes, ndlr) et qui leur a dit qu'il fallait qu'ils s'organisent comme un Etat. ´´Je veux, leur a-t-il dit, que vous choisissiez parmi vous un commissaire politique qui soit suffisamment formé.´´ C'est la katiba qui a choisi son commissaire politique, tout comme elle a choisi son responsable des renseignements et liaisons, son intendant et toutes les structures ont ainsi été démocratiquement désignées, jusqu'au nom de la katiba. Celle-ci s'est appelée Zoubiria du nom du chahid Si Zoubir.
Puis c'est devenu une tradition, les commandos prenaient les noms de martyrs. Il y avait une tolérance extraordinaire. Y compris le Ramadhan, qui était parfois interdit en raison de l'âpreté des combats.» Cette katiba sera commandée plus tard par son ami de toujours SI Lakhdar Bouregaa.»
Si Azzedine rapporte, dans son ouvrage Les Fellaghas: «Fin 1958, notre responsable de l'information et de la propagande, Boualem Oussedik, désira informer de notre lutte les Pères blancs de la ferme Lodi. Nous les pensions ouverts à notre cause et leur orientation n'avait pas manqué de braquer contre eux la population européenne. Un groupe de moudjahidine enleva donc le frère Jean-Luc et un autre moine... Boualem Oussedik se joignit au groupe et rencontra les Pères blancs. La discussion fut orageuse. Boualem évoqua le napalm, le génocide, les injustices, les tortures. Non, l'Eglise ne pouvait pas rester neutre... L'Evangile n'allait pas dans le sens du colonialisme...»
Après bien des péripéties et au bout de sept jours, raconte le commandant Azzedine: «Nous libérâmes les Pères blancs. Devenus nos amis, ils nous fournirent des médicaments et plaidèrent notre cause.»
Il ajoute: «Dans cet ordre d'idées et pour montrer le génie de l'ALN dans le domaine de la contre-propagande, je cite un exemple de tract diffusé par le service de presse et d'information (SPI) de la Wilaya IV, dirigée à l'époque par le moudjahid Boualem Oussedik, lors de la prise du pouvoir par le général de Gaulle. Le contenu de ce tract disait ceci: ´´ Avec un Goal ou de Gaulle (deux goal), le but sera marqué´´, avec un dessin, montrant le ballon avec le sigle FLN, pénétrant et déchirant les filets des bois gardés par le général de Gaulle, en cuissette et képi.»
En 1959, Boualem Oussedik se rend en Tunisie où il rencontre le docteur Frantz Fanon. Ils sillonnent ensemble l'Afrique. Il dira de Fanon: «J'ai personnellement été sauvé par Frantz Fanon qui m'a prodigué conseils et soins. Il m'a requinqué car psychologiquement, une fois à l'extérieur, comme beaucoup, j'étais totalement déglingué.» L'épouse du docteur Fanon, Josie, dira en parlant de son mari: «Il avait le culte de l'amitié et des Algériens comme Omar et Boualem Oussedik, le commandant Azzedine et beaucoup d'autres pourraient vous parler de l'amitié qui les unissait à mon mari.».
Ambassadeur du Gpra
Boualem Oussedik sera ambassadeur du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) au Mali et en Suède. Après l'indépendance nationale, il occupera de nombreux postes dont, celui de secrétaire général du ministère du Travail. Il sera également député à la 1ere Assemblée constituante. Cet infatigable militant au service d'une seule cause que tous ses compagnons lui connaissent, l'Algérie, cet homme dont la vie se confond avec l'histoire de l'Algérie dont il incarne la longue lutte pour l'indépendance et la dignité, sera arrêté en juillet 1964 et mis en résidence surveillée à Timimoune, malgré son immunité parlementaire. Il aura pour compagnons d'infortune l'ancien président du GPRA, Ferhat Abbès, l'ex-président de l'Exécutif, Fares Abderahmane, l'ancien ministre de la Justice Bentoumi, le commandant Berredjem de la Wilaya II et le député Mezhoudi.
N'est-ce pas lui qui a écrit, sur les monts de Zbarbar, à la lumière d'une bougie: «Sur les sentiers de nos montagnes, dans les sombres profondeurs de nos forêts, dans les rues bruyantes de nos cités il y a des millions de femmes et d'hommes et d'enfants! Et tous luttent et préparent les lendemains radieux!» Il a ajouté: «Frère! Lève les yeux au ciel bleu d'Algérie! Et rends-toi compte qu'il y manque une étoile et qu'il faudra l'y mettre demain...»
L'Algérie, tes compagnons et tes amis n'oublieront jamais que tu as été un patriote intègre et un vaillant moudjahid qui a sacrifié sa vie pour que nos enfants vivent dans l'honneur et la dignité.
La force de ton engagement au service de la liberté, de la justice, de la paix et du développement des damnés de la terre, demeurent exemplaires. Puisse ta vie et ton action militante soient pour la jeunesse un exemple et une source d'inspiration, particulièrement en ces temps difficiles.
L'histoire a gravé à jamais ton nom au temple de notre mémoire. Repose en paix Boualem Taibi, nous te gardons pour toujours, dans nos esprits et dans nos coeurs! Nul besoin de t'ajouter que ton souvenir accompagne chacun de tes compagnons, chacun de tes amis, à chaque instant: «Allah yerham achouhada!».
Ceux qui ont su mourir
Ceux qui ont su mourir Lorsque sonna l'heure Ceux qui ont su partir Sans changer de couleur Ils étaient les meilleurs
Ceux qui ont su mourir Dans les sombres cachots Ceux qui ont su partir Le front ceint d'un halo Ils étaient les meilleurs
Ceux qui on su mourir Pour les cités futures Ceux qui ont su partir En riant des tortures Ils étaient les meilleurs
Ceux qui ont su mourir Au milieu des batailles Ceux qui ont su partir Debout dans la mitraille Ils étaient les meilleurs
Ceux qui ont su mourir Au milieu des tempêtes Ceux qui ont su partir Sans détourner la tête Ils étaient les meilleurs
Ceux qui ont su mourir De l'orphelin les yeux Ceux qui ont su partir Le regard dans les cieux Ils étaient les meilleurs
Ceux qui ont su mourir L'espoir à la main Ceux qui ont su partir Au détour d'un chemin Ils étaient les meilleurs
Ceux qui ont su mourir Transfigurés, sereins Ceux qui ont su partir Sans regret ni chagrin Ils étaient les meilleurs
Ceux qui ont su mourir Un hymne sur les lèvres Ceux qui ont su partir En chantant leur fièvre Ils étaient les meilleurs
Ceux qui ont su mourir En brisant les geôles Ceux qui ont su partir Pour que les fleurs éclosent Ils étaient les meilleurs
Ceux qui ont su mourir Pour une juste cause Ceux qui ont su partir Pour que les fleurs éclosent Ils étaient les meilleurs
Ceux qui ont su mourir Pour l'Algérie martyre Ceux qui ont su partir Avec un beau sourire Ils étaient les meilleurs
Ceux qui ont su mourir Ne doivent pas partir Ceux qui ont su partir Ne doivent pas mourir Gardons leur souvenir.
(Poème de Boualem Oussedik écrit en 1958)










