Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-1962]

De l'époque numide aux temps modernes.
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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

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Décès du moudjahid Mohamed Chennoufi

Le moudjahid Mohamed Chennoufi est décédé dimanche à son domicile à Blida des suites d’une longue maladie, a annoncé lundi l’organisation nationale des moudjahidine (ONM) dans un communiqué. Le défunt a adhéré très jeune au mouvement national.

Il gravit les échelons au sein de l’Armée de libération nationale (ALN) avant de devenir chef de la deuxième région où il dirigea lui-même les manifestations à Ouargla le 27 février 1962 pour exprimer le refus des manœuvres françaises visant à séparer le Sahara du reste du territoire algérien.

Au lendemain de l’indépendance, Mohamed Chennoufi occupe plusieurs responsabilités au sein du Front de libération nationale (FLN) et à l’ONM. Il était également membre de l’assemblée populaire nationale (APN).

Suite à la disparition de Mohamed Chennoufi, l’ONM présente ses condoléances à sa famille, priant Dieu Tout Puissant d’accorder au défunt Sa sainte miséricorde et de l’accueillir en Son vaste paradis.(Aps)
http://www.algerie1.com/flash-dactu/dec ... chennoufi/

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Message par numidia »

Allah yerahmou

voici un petit doc où il apparait, au cours du rappel et commémoration de cette année


LA REVOLUTION ALGERIENNE 1954-1962: Les manifestation de Ouargla, le 27 Février 1962
Dans le cadre de sa politique visant à imposer le fait accompli et leurrer l'opinion publique internationale, la France envoya une délégation gouvernementale conduite par Max Lejeune, ministre du Sahara, en vue de se rapprocher des notables de la région et les faire pencher en sa faveur.


LA REVOLUTION ALGERIENNE 1954-1962: Les manifestation de Ouargla, le 27 Février 1962
Ayant eu vent de cela et afin de marquer son opposition, le Front de Libération Nationale, donna l'ordre aux habitants des Oasis, à travers une lettre adressée aux chouyoukhs des 14 communes par le responsable de la zone 4- Wilaya VI, leur demandant d'organiser des manifestations grandioses, opposées à la visite de la délégation française à Ouargla et exprimant dans le même temps l'attachement des habitants du Sahara et leur unité autour de la direction du FLN et de l'Armée de Libération.

Deroulement des manifestations:
Cette manifestation pour laquelle les foules furent mobilisées coïncida avec la visite de la délégation française le 27 février 1962. Ce jour-là, les chefs des 14 assemblées à Ouargla transmirent les instructions ; toutes les mesures nécessaires furent prises pour mobiliser le peuple en vue d'une participation massive et des contacts intenses eurent lieu entre les militants organisateurs et les masses à travers tous les villages.
Il fut décidé que les manifestants partiraient des villages à six heures du matin dans le calme absolu pour se retrouver à Souk El Had , au centre de Ouargla.
Avant l'heure fixée pour le départ des manifestations une information arriva selon laquelle l'arrivée du responsable français et la délégation qui l'accompagne était reportée à treize heures le même jour. Immédiatement, des ordres furent donnés aux militants d'en informer les citoyens et leur demander de garder leur calme et d'exécuter les orientations et ordres qui leur seront donnés par les militants organisateurs. Les commerçants reçurent l'ordre d'ouvrir les magasins et cafés, de reprendre provisoirement l'activité au marché afin que le colonialisme et ses séides ne s'aperçoivent pas de l'existence de mouvements populaires qui lui sont opposés ainsi qu'à la mission de la délégation française officielle. En effet, l'activité reprit instantanément de façon normale au marché et dans l'ensemble de la ville pour s'arrêter définitivement à treize heures pour les manifestations populaires. Dès que la nouvelle de l'atterrissage à l'aéroport de Ouargla de l'avion transportant la délégation officielle française fut connue, le peuple se rassembla derrière les militants chargés de la gestion de l'opération, portant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire des slogans dénonçant la politique de la France en Algérie et revendiquant l'indépendance nationale pour l'ensemble du territoire algérien , scandant "Allahou Akbar" (Dieu est grand), criant les noms du FLN et de l'ALN et le GPRA , unique représentant du peuple algérien , le Sahara est algérien et demeure partie intégrante de la nation algérienne. Les manifestants se mirent également à scander des chants patriotiques tels que "Chaabou al jazairi musulman" (le peuple algérien est musulman) ou bien "Kassaman" (hymne national algérien) Quelques instants plus tard, une force imposante d'unités de l'armée française, renforcée par des chars , des blindés, des fantassins de la légion étrangère et des gendarmes , est intervenue avec une extrême violence et férocité , tentant de stopper l'avance des manifestants qui se dirigeaient vers le siège de la préfecture où se trouvait la délégation française.Lorsque les gendarmes réalisèrent la détermination des manifestants sur lesquels furent lancées des grenades lacrymogènes dont ils ne firent pas cas, vint le tour des mercenaires et des gendarmes ensemble qui se regroupèrent derrière les remparts des jardins donnant sur le marché, entourant le vieux palais puis se mirent à tirer à coups de mitraillettes sur les foules de citoyens et à les pourchasser à travers les rues et les places publiques.
Les manifestants s'accrochèrent aux troupes de l'ennemi en utilisant des armes blanches tels que les poignards, les bâtons, les barres de fer ou les pierres..etc. Il en fut ainsi jusqu'à une heure tardive de la soirée de ce jour-là.

Resultats des manifestations:
- Mort de nombreux citoyens
- Ces manifestations constituèrent un soutien aux négociateurs algériens à la veille de la dernière étape des négociations.
- Echec de toutes les manœuvres du colonialisme français, à l'intérieur et à l'extérieur car ces manifestations furent une démonstration pour l'opinion publique du degré d'attachement des habitants du Sahara à l'unité du territoire algérien.
http://www.reflexiondz.net/LA-REVOLUTIO ... 10795.html
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BECHAR : 86E ANNIVERSAIRE DE LA BATAILLE DE DJEBEL AGLAL

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BECHAR- Le 86ème anniversaire de la bataille de djebel Aglal au sud de Bechar, a été célébré samedi dans cette région dont les populations ont livré bataille un certain 8 décembre 1928 à une colonne de l’armée coloniale française.

C’est le 28 décembre 1928 et suite aux differentes formes d’humiliation qu’ils ont subies, que les tribus de la région de djebel Aglal ont livré bataille à une colonne motorisée de l’armée coloniale française tuant le général Prosper Charles Amédée Claver, commandant du territoire militaire de Ain-Sefra occupé et qui comprenait une grande partie du territoire du sud du pays.

Une dizaine de soldats de cette colonne a été également tuée ou blessée au cours de cette bataille qui dura toute une journée, " ce qui signifiait au colonisateur que l’occupation de cette partie du territoire nationale était inacceptable", ont souligné des chercheurs en cette occasion en précisant que cette bataille a constitué la poursuite de la lutte politique et militaire des habitants du sud-ouest du pays contre la présence coloniale.

La commémoration de cet anniversaire, qui s’est déroulée sur les lieux même de la bataille, en présence de plus de 2.500 personnes représentant les populations des wilayas du sud-ouest du pays (Bechar, Adrar et Tindouf), a été aussi caractérisée par l’organisation d’une grande exposition de documents photographiques mettant en valeur les différentes phases de l’histoire de la résistance populaire du milieu du 19 siècle jusqu’au déclenchement de la révolution du 1er novembre 1954, dans cette région du pays.

L’organisation de la commémoration de la bataille de djebel Adlal par les citoyens eux mêmes de cette commune, "montre une fois de plus l’attachement des citoyens de cette région à leur histoire", a souligné le wali de Bechar en donnant le coup d’envoi des activités de cet anniversaire.

Des exhibitions de fantasia, illustrant les cavaliers qui ont combattu aux côtés de l’émir Abdelkader et cheikh Bouamama, ainsi que des danses avec baroud, ont marqué cette manifestation commémorée pour la première fois, dans le cadre de la célébration du 60ème anniversaire du déclenchement de la révolution du 1er novembre 1954.
http://www.ouargla-aps.dz/spip.php?article15837

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Commémoration de la bataille du 4 décembre 1852

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En 1851, les habitants de Laghouat, conscients de l'imminence de l'assaut que l'armée française s'apprêtait à lancer contre la ville, ont entrepris résolument et dans la sérénité la résistance.

En 1851, les habitants de Laghouat, cité antique des Maghraoua, conscients de l'imminencede l'assaut que l'armée française forte de 8000 soldats s'apprêtait à lancer contre la ville,ont entrepris résolument et dans la sérénité la résistance.
L’association 1er-Novembre-1954 de la wilaya de Laghouat a commémoré, jeudi passé, à la maison de la culture Abdallah-Benkeriou, le 162e anniversaire de la résistance populaire menée par le résistant émérite Bennacer Ben- chohra. Une série de communications et d’exposés a été animée par des chercheurs en histoire et des moudjahidine venus de différentes régions du pays. Quasiment ignorée jusque-là par les officiels, les intervenants ont souligné l’intérêt d’inclure cette épopée dans le programme d’enseignement scolaire. “Il faut conjuguer les deux temps, passé et présent, pour se projeter sur l'avenir”, a indiqué l’un des animateurs, convaincu que c’est le poids du passé qui éclaire le présent et l’avenir.
L’autre recommandation des participations à cette rencontre est le rapatriement des restes mortuaires du chahid Bennacer Benchohra (1804-1884) de Syrie, avant d’appeler à la recherche du patrimoine, documents, photos et poésies traitant de la résistance, armes et effets vestimentaires de moudjahidine, pour être exposés au musée de la wilaya, enrichissant ainsi la mémoire collective quant à l’histoire des résistances nationales ayant mené à la libération de l’Algérie du joug colonial. En effet, s'il y a quelqu'un à qui l'histoire n'a pas rendu justice, c'est bien Bennacer Benchohra, nous a indiqué Amine Lotfi Sokhal, universitaire chercheur en histoire, qui prépare un ouvrage académique sur ce meneur d'hommes de la résistance qui a duré 27 années au sud du pays, et a été surnommé par les forces coloniales le “marin du désert”, pour son agilité, sa stratégie et ses tactiques dans la guerre des dunes sahariennes. Pour rappel, en 1851, les habitants de Laghouat, cité antique des Maghraoua, conscients de l'imminence de l'assaut que l'armée française forte de 8000 soldats s'apprêtait à lancer contre la ville, ont entrepris résolument et dans la sérénité la résistance. Ainsi, ils envoyèrent une délégation composée des sages de la ville, solliciter de Bennacer Benchohra, fabuleux combattant et fin tacticien, de venir organiser la bataille. Ils le chargèrent également de se mettre en contact avec Mohamed Cherif Benabdallah pour qu'il vienne lui aussi apporter son aide et son expérience. Ce dernier, honoré par cette sollicitation, accepta sans conditions de rejoindre, à K'sar El-Hirane, Bennacer Benchohra auquel il vouait depuis très longtemps une admiration sans bornes. Bennacer Benchohra organisera en 1851 une rencontre à Chebka, près de Berriane (Ghardaïa), entre Yahya Ben-Maâmar Bensalem, un autre héros méconnu et oublié de l'histoire, et le khalife de Djelfa, Cherif Benlahrèche, qui sera bien plus tard désigné par le colonisateur agha des Ouled Naïl en vue de coordonner la lutte contre l'occupant. Une entrevue, nous dit-on, qui capota par la faute du Cherif Benlahrèche qui ne daigna pas répondre à l'appel du devoir ni justifier son absence à une réunion des plus capitales. Bennacer Benchohra s'attela, le 31 juillet 1852, à la fortification de K'sar El-Hirane en prévision de l'imminence des combats. Il prépara la défense de la ville de Laghouat qui s'apprêtait à subir le plus grand assaut d'une armée régulière constituée de plus de 8000 soldats et de mercenaires surarmés appuyés par des supplétifs algériens dirigés par le collaborateur Benhamza des Ouled Sidi Cheikh. Comme à son habitude, Bennacer Benchohra s'acharna à défendre vaillamment la ville de Laghouat et ses ksour, mais l'utilisation à profusion pour la première fois par l'armée française de l'armement chimique et des lance-flammes basculera dans l'horreur et le génocide l'issue d'un combat disproportionné à bien des égards. En sus de cette rencontre, l’association 1er-Novembre-1954 de la wilaya de Laghouat compte entreprendre une série de communications et d’exposés traitant de “l’esprit de résistance et les racines de la révolution du 1er Novembre 1954 et l’impact national de la résistance de Laghouat”.
Cette résistance populaire, déclenchée le 4 décembre 1852 à Laghouat, a fait pas moins de 2500 chahids et des centaines de morts dans les rangs de l’armée coloniale, selon les intervenants.
http://www.liberte-algerie.com/centre/c ... -1852-3735

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Ahmed Haddanou, dit El Kaba :Un des chevaliers de l’ombre de la lutte de Libération nationale

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ll y a un peu plus de 2 ans, le 11 juin 2012, disparaissait à jamais, à l’âge de 86 ans, un des soldats de l’ombre de la résistance algérienne, le militant nationaliste Haddanou Ahmed, dit El Kaba. Nous habitions le même quartier, le célèbre boulevard Cervantès, sur les hauteurs de Belcourt, actuellement Belouizdad. Avant le débarquement des forces alliées en Afrique du Nord le 8 novembre 1942, nous, les jeunes de l’époque, sortions à peine de l’adolescence, mais étions animés d’une farouche volonté de nous émanciper. Aussi, nous sentions la nécessité impérieuse de nous organiser. Ce fut là l’origine de la création du Comité de la jeunesse de Belcourt (CJB) durant les années quarante du siècle dernier.
Au sein de ce comité, j’avais la responsabilité du district du Bd Cervantès. Ahmed El Kaba en faisait partie avec Abdelkader Bouda. Rapidement, notre organisation prenait de l’ampleur. Nos réunions se déroulaient parfois dans la fameuse grotte de Cervantès, parfois dans la forêt des Arcades toute proche. En 1943, sous la pression des Alliés, la France fut contrainte de fermer le camp de concentration de Djenane Bourezg où était enfermé Si Ahmed Bouda.
Libéré, Si Ahmed Bouda, qui gérait une petite crémerie dans le quartier, nous réunissait dans la soupente de son petit magasin. Ahmed El Kaba habitait le même immeuble que Si Ahmed Bouda au 8 Bd Cervantès. Quelques mois avant son décès, El Kaba accorda un entretien à une radio périphérique d’Alger, entretien au cours duquel il révèle un grand nombre de faits et d’événements qui se déroulèrent avant et pendant la période de la guerre de Libération nationale.
Il rend alors hommage à certains militants d’alors, véritables «chevaliers de l’ombre» du Mouvement national et de la résistance. Il commença à rendre un vibrant hommage au grand militant Radjef Belkacem, ainsi qu’à Fillali Embarek et Cheikh Banoune qui furent pour lui une école du sacrifice et du dévouement pour la cause nationale. Il les avait côtoyés lors de son affectation en France par le parti. En effet, Radjef Belkacem jouissait parmi les militants et la direction du parti de considération et de respect.
Je me rappelle que lors du premier congrès du PPA à Alger, les 15 et 16 février 1947, congrès qui créa l’Organisation spéciale (l’OS), branche armée du parti, les séances se déroulaient sans interruption sous la présidence de Messali. Celui-ci, lorsqu’il était contraint de se retirer momentanément, cédait la présidence de la séance à Radjef Belkacem. Ce qui prouve l’estime et la haute considération dont jouissait ce dernier auprès de tous les congressistes. Aussi, El Kaba avait une admiration sans borne pour Radjef Belkacem auquel il rendra un vibrant hommage.
Adhérent de l’Etoile nord-africaine (ENA), membre du comité de direction en 1937 et membre fondateur du Parti du peuple algérien (PPA), Radjef Belkacem, après l’indépendance, s’occupa des enfants de chouhada. Il est mort dans l’anonymat total. El Kaba évoqua également deux autres figures du nationalisme algérien : Fillali Abdellah dit Embarek dit El Kheffif et Bannoune Akli. Fillali Abdellah est natif de la région de Collo. Il passe sa jeunesse à Constantine. Chassé par le chômage, il s’installe en France en 1934 et adhère à l’Etoile nord-africaine dont il sera membre de la direction dès l’année 1936.
Après la dissolution de ENA, il participe à la création du Parti du peuple algérien (PPA). Il accompagna Messali à la préfecture de police de Paris pour déposer les statuts du nouveau parti le 11 mars 1937. El Kaba rappelle, ce que peu de personnes savaient, que Fillali qui avait la responsabilité de l’Organisation du PPA en Oranie à la fin de l’année 1945 et que, déguisé en paysan marocain, il assista à son propre procès au tribunal de Saïda, alors qu’il est déclaré en fuite. Le tribunal le condamne à mort par contumace. Le parti lui confia par la suite la responsabilité de son imprimerie clandestine. Cette imprimerie, révèle El Kaba, était située à El Kadous, près de Birkhadem, dans la cave du directeur français de l’époque du Crédit lyonnais.
Le gardien du domaine, Si Hassen, avait mis la cave de cette villa à la disposition du parti. Autre figure du nationalisme algérien qui eut une forte influence sur El Kaba lors de son séjour en France en qualité de responsable régional du PPA, dans la région de Marseille, c’est le militant Banoune Akli dit Cheikh Banoune. Ce dernier, né présumé en 1889 en Kabylie, s’expatrie en France en 1916 à la recherche du travail. Il est recruté comme ouvrier pour remplacer les travailleurs français envoyés combattre sur le front. Après la Première Guerre mondiale, il reste en France et s’y établit. Benoune Akli rencontre Si Djilani et participe à la première réunion qui, le 16 mai 1926, décide la création officielle de l’Etoile nord-africaine (ENA).
Il est membre de son comité central. Après la dissolution de l’ENA en 1929, il refuse la tutelle du parti communiste français (PCF) et suit le groupe qui se constitue autour de Messali. En mai 1933, l’ENA est relancée et c’est Banoune Akli, membre du comité de direction, qui met son local à la disposition de l’Etoile après que celle-ci ait été chassée d’un immeuble appartenant à un groupement de coopérateurs à direction communiste. La majorité de son temps est consacrée à l’activité de l’ENA.
Il lui est arrivé de louer à ses frais un car pour emmener les travailleurs, le 18 octobre 1934, à un meeting. Pendant la Seconde Guerre mondiale, après avoir été arrêté à plusieurs reprises, il fut dirigé vers un camp de concentration en France puis transféré en Allemagne en mai 1944. Libéré en juin 1945, il rejoint le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD). Vieux militant courageux, pionnier de la lutte pour la libération de l’Afrique du Nord, Cheikh Bannoune est mort à Alger en 1983 dans l’anonymat le plus complet. Ahmed El Kaba, dans son entretien à la radio, déplore vivement la méconnaissance de l’Algérie indépendante et notamment les autorités officielles de la valeur et des sacrifices de ces pionniers du XXe siècle de la lutte du peuple algérien pour sa libération des griffes du colonialisme français.
El Kaba se rappelle que tout jeune, il accompagnait Si Ahmed Bouda dans ses tournées le soir, soit pour des réunions clandestines, soit à des fêtes de mariage où Si Ahmed Bouda ne manquait jamais de prendre la parole pour faire passer le message afin que le peuple algérien s’organise pour la lutte contre le colonialisme français. A cette époque, les maquisards de la Kabylie se réfugiaient à Alger, notamment à Belcourt où ils étaient comme des «poissons dans l’eau». Parmi ces glorieux maquisards, il y avait particulièrement Krim Belkacem et Amar Ouamrane.
A propos du défilé du 1er mai 1945 organisé par le PPA à l’occasion de la fête du travail, El Kaba rappelle que les instructions du parti étaient catégoriques : «Ne pas avoir même une épingle dans la poche». Les mots d’ordre étaient : «Libérez Messali», «Libérez les détenus politiques». Au cours du défilé, El Kaba se trouve au 2e rang derrière El Ghazali Belhaffaf qui était à la tête du cortège. Une brigade de police arrive et tente de bloquer le cortège. Belhaffaf brandit alors le drapeau algérien et crie : «En avant !». La police française réagit violemment et commença à tirer. Belhaffaf tomba le premier, suivi de Boualemellah Ahmed dit Gada, du boulevard Cervantès et Abdelkader Ziar, de Saint Eugène (actuellement Bologhine). Il y eut des dizaines de blessés. Une semaine après à Sétif, le 8 mai 1945, le même scénario s’est reproduit mais avec une ampleur terrifiante.
Un simple défilé pacifique pour célébrer la victoire des armées alliées sur le nazisme, à laquelle des milliers d’Algériens ont participé, a été transformé par les tenants du colonialisme en un massacre épouvantable à Sétif, Guelma et Kherrata, se soldant par la mort de plus de 45 000 Algériens assassinés par les colons, les soldats français et sénégalais, ainsi que des miliciens locaux. La première victime fut le jeune scout Saal Bouzid qui portait le drapeau algérien. Il fut abattu froidement par le commissaire de police de Sétif parce qu’il a refusé de se dessaisir du drapeau qu’il portait en tête du cortège.
D’ailleurs, quelques jours avant ce massacre épouvantable, lors de notre procès devant le tribunal militaire de la rue Cavaignac, le 4 mai 1945, le commissaire du gouvernement de l’époque, le capitaine Difranco, requit contre nous des peines de travaux forcés à temps en évoquant la tuerie du 1er mai 1945 de la rue d’Isly (actuellement Larbi Ben M’hidi). «Le sang a coulé dans les rues d’Alger, cria-t-il et parmi les responsables, vous en avez certains devant vous !», en pointant le doigt vers nous qui étions sur le banc des accusés avec un regard plein de haine.
Si Ahmed Bouda fut condamné à 20 ans de travaux forcés par contumace, Tazir M’hamed Bacha à 12 ans de travaux forcés, et Stamboul Nourredine à 10 ans de la même peine, avec pour tous les condamnés confiscation des biens présents et à venir. En septembre 1948, raconte El Kaba, il est contacté par Aït Ahmed qui lui demande s’il dispose d’armes de poing. Suite à sa réponse affirmative, il lui annonce que Ouali Bennaï, alors grand responsable PPA de la Kabylie, vient d’être arrêté à Oran.
Et que certainement il sera conduit à Tizi Ouzou par la PRG qui le fera transiter par la préfecture d’Alger, siège de la police des renseignements généraux, dirigée à l’époque par le commissaire divisionnaire Costes et son adjoint le commissaire Touron. Aït Ahmed insiste pour que Ouali soit absolument libéré par tous les moyens, soit à la rentrée, soit à la sortie de la préfecture d’Alger. El Kaba fit appel à deux militants du PPA connus pour leur courage et leur témérité : Abdelkader Bouda, neveu de Si Ahmed Bouda, et Abdelkader Taglit. Le jour venu, le petit groupe s’installa sur la Rampe Bugeaud, (actuellement Bd Ben Boulaïd), face à l’entrée de la préfecture, prêt à entrer en action pour libérer Bennaï Ouali.
Après plusieurs heures d’attente, ils voient arriver vers eux, d’un pas nonchalant, Aït Ahmed qui leur annonça que Si Ouali a été conduit directement d’Oran à Tizi Ouzou. El Kaba rappelle qu’à l’époque, Aït Ahmed était responsable de l’Organisation spéciale (l’OS), mais il s’était abstenu d’avoir recours à cette organisation pour une simple action ponctuelle, réservant l’implication de l’OS pour l’avenir, c’est-à-dire le déclenchement de l’insurrection à l’échelle nationale.
Élections législatives françaises de 1946
La décision du parti de participer aux élections législatives françaises de 1946 a semé le désarroi au sein des jeunes militants organisés, structurés et auxquels les dirigeants ont toujours prôné la préparation de l’action directe armée, voilà qu’on nous propose la voie des élections malgré le fait du trucage érigé en institution par l’administration coloniale, pour le deuxième collège réservé aux «indigènes». C’est alors que les responsables du parti nous ont expliqué que cette participation nous permettra de «dénoncer les Français chez eux».
En militants disciplinés, continue El Kaba, nous nous sommes engagés dans cette bataille électorale. Malgré les pressions, les menaces et tous les moyens d’intimidation d’une administration omniprésente et omnipotente, aidée par les béni oui-oui, le parti a quand même réussi à arracher cinq sièges de députés. Au Parlement français, à l’occasion du débat sur le statut de l’Algérie en novembre 1946, nos cinq représentants n’ont pas manqué de «dénoncer les Français chez eux».
L’intervention la plus impressionnante et la plus pathétique qui a galvanisé toute la jeunesse algérienne de l’époque fut celle du docteur Mohamed Lamine Debaghine, député de Constantine. Il a débuté son discours ainsi : «Mesdames, Messieurs. Mes collègues du groupe pour le Triomphe des libertés démocratiques en Algérie, qui m’ont précédé à cette tribune, ont amplement démontré, s’il était encore besoin de le faire, que la colonisation a été pour notre malheureux pays une véritable catastrophe, et ceci à tous les points de vue. Mais ce serait une très grande erreur de croire, par exemple, que le désir d’indépendance du peuple algérien provient uniquement du fait que la colonisation n’ait pas réussi au sens matériel du mot.
Cela signifierait, par exemple, que si la colonisation s’était traduite dans le domaine matériel par une amélioration du standing de vie de la population musulmane, cela nous aurait peut-être amené à concevoir de bonne grâce la perte de notre personnalité, de notre souveraineté, de notre culture. Il n’en est rien. Quand bien même la France aurait réalisé des merveilles dans ce qu’elle appelle sa colonie d’Algérie, quand bien même toutes les faussetés qu’on colporte à l’avantage de la colonisation seraient vraies, quand bien même le peuple algérien, de misérable qu’il était à ce qu’on nous assure, sous sa propre loi, serait devenu, par la vertu des baïonnettes françaises, le peuple le plus sain, le plus cultivé, le plus prospère...»
L’orateur est alors interrompu par le ministre français de l’Intérieur. Lamine Debaghine reprit la parole et répliqua en ces termes : «Je suis ici pour dire la vérité et je continuerai. Mes paroles ne dépassent pas ma pensée et je répète ce que je disais devant le juge d’instruction.
N’oubliez pas, mesdames et messieurs, l’Algérie est une nation. Elle a été une nation et a été souveraine. Seule l’agression de 1830 lui a fait perdre sa souveraineté.
On a trop tendance à l’oublier. Par exemple, l’affirmation répétée à tous les instants, aussi bien par le gouvernement que par les membres-mêmes de cette assemblée, que l’Algérie constitue tantôt comme une partie intégrante de la France, tantôt trois départements français, tantôt comme on vient de le dire une collectivité territoriale de la République française, est une affirmation unilatérale, dénuée de tout fondement. De plus, les traités conclus entre l’Etat algérien et les nations, telles que l’Angleterre, les Etats-Unis et la France elle-même, prouvent que l’Algérie était considérée comme une nation souveraine.
Bien mieux, non seulement la France a échangé des instruments diplomatiques qui ne laissent aucun doute sur la reconnaissance de la souveraineté de l’Algérie à cette époque, mais encore — et cela on ne le sait pas suffisamment — il y a eu au XVIe siècle une véritable alliance entre la France et l’Algérie. Et une alliance ne peut se conclure qu’entre deux Etats souverains et non entre un vassal et un suzerain.
Par ailleurs, l’Algérie était à ce point considérée comme un Etat souverain par la France elle-même, qu’en 1793, pendant la guerre que celle-ci soutenait contre l’Europe entière, aussi bien pendant la Révolution que pendant le consulat, la France jugea que seule la nation algérienne, qui était à cette époque souveraine, pouvait la ravitailler en blé, en chanvre pour les cordages de ses navires, en chevaux, et même lui prêter gracieusement de l’argent.
Cela s’est produit en 1797. Depuis, il est vrai, il y a eu 1830. Le peuple algérien a lutté. Plus de deux millions de ses enfants sont tombés entre 1830 et 1857 dans la guerre d’indépendance. En 1830, il y a eu l’agression impérialiste par désir de lucre et de conquête. L’histoire du blé de Bacri et Busnach le prouve amplement. Le plus fort s’est jeté sur le plus faible et il en est résulté t’état de fait que nous étudions aujourd’hui…
Sa solution du point de vue du droit des gens, au point de vue du droit strict, au point de vue du droit international, ne peut être autre chose que l’évacuation de d’Algérie par les troupes françaises, la restitution des terres expropriées à leurs légitimes propriétaires, la restitution des médersas à la culture arabe, la restitution des mosquées à la culture musulmane. Veut-on une solution qui soit basée sur la justice ? C’est le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes que nous réclamons, nous Algériens, et ce droit, nous avons conscience de l’avoir chèrement acquis par nos sacrifices au cours des deux guerres mondiales durant lesquelles nous avons contribué à préserver de l’esclavage des peuples actuellement libres, mais qui peut-être ne l’étaient plus après 1940.
Le peuple algérien nous a mandatés, nous élus nationalistes algériens, pour proclamer au peuple français et au monde entier que l’Algérie ne reconnaît pas l’état de fait créé par la conquête de 1830, que l’Algérie n’est pas française, qu’elle ne l’a jamais été et qu’elle ne reconnaît pas à la France le droit de lui donner un statut quel qu’il soit et, qu’au surplus, aucune solution ne peut être acceptée par le peuple algérien si elle n’implique pas au premier chef la garantie absolue d’un retour à sa souveraineté nationale.
C’est pourquoi nous réclamons l’élection d’une Assemblée constituante algérienne, souveraine, élue au suffrage universel, sans distinction de race, ni de religion. C’est la seule solution qui, en postulant le retour à la souveraineté nationale de notre peuple, constitue par là-même la solution juste et démocratique du problème algérien.»(1) Ainsi, après avoir dénoncé le colonialisme français chez lui en 1946, comme on vient de le lire, l’Algérie combattante a été contrainte, le 25 août 1958, soit douze ans après, de porter sa guerre de Libération en France-même, comme l’a rappelé le professeur Daho Djerbal, historien et enseignant à l’université, lors d’une conférence qu’il a animée à la médiathèque Amara de Chéraga, le 25 août 2014, à l’occasion de la célébration du 56e anniversaire de l’ouverture du second front : «L’objectif était clair.
Il fallait cibler les points névralgiques de l’économie française pour affaiblir et épargner les populations civiles pour ne pas donner une image de barbares ou de criminels. Seules les personnalités politiques connues pour leur hostilité et leur haine envers l’Algérie, les harkis, et les officiers supérieurs de l’armée et de la police française sont ciblés. En portant ainsi la guerre de Libération de l’Algérie en France-même, les maquis de la Kabylie, des Aurès et de l’Ouarsenis ont été relativement soulagés de la pression de l’armée coloniale, obligeant celle-ci à consacrer une partie de ses effectifs à la protection des sites stratégiques en métropole.»
L’éminent professeur ajoute : «Le 25 août 1958 reste pour moi une date à graver en lettres d’or dans le parcours de la lutte menée par la communauté algérienne immigrée en plein cœur du territoire ennemi. Je compare cette date à celle du 20 août 1955, jour de l’offensive du Nord constantinois menée par Zighout Youcef». Ali Haroun, l’un des dirigeants de la Fédération de France, invité du «Forum de la Mémoire» organisé par le quotidien El Moudjahid, a apporté un témoignage précis sur l’ouverture du second front sur le territoire de l’ennemi : «L’ouverture d’un second front en métropole avait démontré que la Révolution était l’œuvre du FLN.
Parmi les objectifs assignés à la Fédération, en plus de l’organisation, il fallait mener des actions de sabotage sur le territoire de l’ennemi. Le but étant d’attaquer le potentiel économique de la France coloniale. Pour cela, les commandos ont été formés dans les bases de l’ALN au Maroc.» (Il serait juste de mentionner ici que l’insurrection du 1er Novembre 1954 en Algérie a accéléré le processus de libération des pays frères voisins, le Maroc et la Tunisie, et par la suite la décolonisation de toute l’Afrique.
Cela doit être rappelé sans aucune autoglorification. C’est une donnée factuelle et une vérité historique). «Le 25 juillet 1958, une réunion est tenue à Cologne, en Allemagne, pour faire le point sur cet objectif et surtout fixer une date. C’est ainsi que la date du 25 août 1958 est retenue comme jour J ; cette nuit, près de 80 actes de sabotage sont réalisés. Plus que ce qui a été fait lors de la nuit du 1er novembre 1954». Ali Haroun regrette que ces actions héroïques ne soient pas connues. «En l’espace d’un mois, dira-t-il, une centaine d’attentats ont été enregistrés et d’énormes dégâts matériels occasionnés à l’ennemi avec 80 morts dans les deux camps. A cela s’ajoute un grand nombre d’arrestations et de condamnations à mort.»
Ainsi, après avoir dénoncé le colonialisme français au sein-même de l’Assemblée nationale française, le peuple algérien, à travers le FLN, porta la guerre sur le territoire français, obligeant la France à conserver des contingents entiers de soldats en métropole afin de protéger les sites stratégiques. Le départ de Ahmed El Kaba en France, après le défilé du 1er Mai, et les manifestations du 8 Mai 1945, célébrant la victoire des Alliés contre le nazisme, à laquelle ont participé des centaines de milliers d’Algériens, une répression féroce s’abattit sur le peuple algérien. Elle s’étendit à tout le pays.
Ainsi, à Belcourt, plus de 300 arrestations ont été opérées, parmi lesquelles il y avait Ahmed El Kaba. Tous les détenus ont été emprisonnés à la prison de Bab El Oued, actuellement siège de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN). Cette prison militaire comprenait dans son sous-sol plusieurs voûtes qui, selon certains historiens, servaient de marché aux esclaves durant la période ottomane. C’est dans cette prison, révèle El Kaba, pendant leur détention, qu’il a connu Amar Ouamrane, Askri Kaddour, H’cène Sadoune et Mohamed Benmokadem, enfermés dans les cellules de la voûte réservées aux condamnés à mort. Ils formaient le groupe de Cherchell, où Ouamrane était en garnison à cette époque. Ils étaient poursuivis pour complot contre la souveraineté française.
La loi française d’amnistie de janvier 1946 a permis la libération de tous les détenus politiques de cette période, hormis ceux dont les actions furent considérées par les autorités coloniales comme relevant du droit commun. Libéré, El Kaba est convoqué par Benkhedda, alors secrétaire général du MTLD. Il lui annonça qu’il a décidé de l’envoyer en France pour lui éviter une nouvelle arrestation qui pourrait lui coûter cher, d’une part, et d’autre part que le parti avait besoin là-bas, pour son organisation, de militants aguerris. C’est ainsi qu’El Kaba devient permanent à plein temps du parti en 1950, avec un salaire de misère, précise-t-il. A Paris, il est reçu par M’hammed Yazid, responsable, en ce temps-là, de l’organisation du parti en Europe.
Moussa Boulkarma de Skikda était alors responsable de la délégation permanente du MTLD à Paris. Yazid annonça à El Kaba qu’il était affecté à Marseille. Ce dernier se rappelle qu’on était en plein mois de Ramadhan : «Yazid me présente au responsable de la kasma de Marseille, un nommé Mahieddine de Dellys.» ‘‘Dorénavant, me dit Yazid, tu t’appelleras Toufik’’, qui était le prénom de Toufik Benoueniche, étudiant auquel il devait me présenter, mais que nous n’avons pas trouvé ce jour-là chez lui.»
Au cours de cette période marseillaise, El Kaba a assisté, malgré lui, à un étrange dialogue par téléphone entre le président du parti, Messali El Hadj, et le député MTLD Khider Mohamed. Celui-ci était sur le point de voir son immunité parlementaire levée à cause de son implication dans l’attaque de la poste d’Oran, sa voiture ayant servi au transport des fonds d’Oran à Alger. Khider criait au téléphone : «Manich rayeh ya Sid El Hadj ! Manich rayeh ! J’en ai marre des prisons françaises.» Il a répété plusieurs fois ce cri du cœur «Manich rayeh !» Mais Messali insistait auprès du député Khider pour qu’il se laisse arrêter après la levée de son immunité parlementaire. Ce sera l’occasion pour le parti, selon Messali, de lancer une campagne d’agitation médiatique pour obtenir sa libération. Mais Khider a refusé catégoriquement et a rejoint le Caire malgré l’opposition du leader du MTLD.
La traversée de la Méditerranée par les fugitifs de l’OS
Après le démantèlement partiel de l’OS, conséquence d’un dérapage de la section de Tébessa de l’Organisation spéciale, Aït Ahmed Hocine est l’objet de recherches intenses par la police politique coloniale française. Il était devenu impérieux pour le parti de soustraire ce responsable à une éventuelle arrestation. Il fallait donc coûte que coûte l’évacuer hors d’Algérie. Le parti, qui avait des ramifications dans toute l’Europe et particulièrement en France, a réussi à prendre contact avec un officier de la marine marchande navigant sur la ville d’Oran ou la ville d’Alger (le souvenir n’est pas précis), pour le convaincre, moyennant finances, de prendre en charge le fugitif jusqu’à Marseille. Il fallait donc trouver un accompagnateur pour Aït Ahmed.
C’est alors que le choix est porté sur Ahmed El Kaba, surnommé Toufik à Marseille. «C’est alors, relate Ahmed El Kaba, que Yazid est venu à Marseille pour me présenter à l’officier de marine marchande avec lequel nous mettons au point le scénario pour embarquer le fugitif la veille du départ du paquebot vers Marseille. Aït Ahmed devra passer la nuit dans la cabine de l’officier de marine avant l’appareillage le lendemain matin. Je rentre donc à Alger pour accomplir ma mission, poursuit El Kaba, je vois Benkhedda qui me met en garde sur le caractère ultra secret de l’opération». Il me dit : «Nous sommes deux à être au courant de l’opération, toi et moi.» «Le jour convenu, je prends en charge Aït Ahmed et le présente à l’officier de marine qui l’embarque pour l’installer dans sa propre cabine.
Le ticket d’embarquement sera glissé le lendemain dans la case réservée à cet effet afin que le nombre corresponde à celui des passagers.» El Kaba prend un titre de passage en 3e classe. Au cours de la traversée, il rend plusieurs visites à Aït Ahmed qui n’a pas quitté la cabine de l’officier jusqu’à l’arrivée à destination. «A Marseille, précise El Kaba, j’ai accompagné Aït Ahmed dans un appartement d’un militant où nous attendait Fillali Embarek.
Celui-ci accompagna le fugitif jusqu’à Paris où Moumdji Zinelabidine, dit Si El Hocine, l’accompagna jusqu’en Suisse. Après la prise en main, décidée par Alger, de l’organisation du parti en France par Boudiaf et Didouche, tout en restant un militant actif, j’ai quitté la permanence du parti et me suis installé à Marseille.
Trois ou quatre mois après, je reçois la visite de Fillali Embarek. Il me dit : ‘‘Je suis venu te chercher au nom de Benkhedda’’, en ce temps-là secrétaire général du PPA-MTLD, Ben Bella et Mahsas viennent de s’évader de la prison de Blida. Il te demande de venir à Alger pour les faire évacuer vers la France’’. Pour me convaincre, ajoute El Kaba, il m’accompagna à la poste où on prend contact par téléphone avec Benkhedda. Celui-ci me donne l’ordre de rentrer à Alger où le parti a besoin de toi, me dit-il .» Avant de me rendre à Alger, je me suis mis à la recherche du contact avec l’officier de marine qui nous a permis d’évacuer Aït Ahmed.
Un militant de Marseille m’a fait obtenir un rendez-vous pendant lequel nous avons négocié le montant de chaque traversée. Nous avons laissé entendre à l’officier de marine qu’il s’agissait de deux gars du milieu de La Casbah qui cherche un refuge à Marseille. Il a exigé 10 000 francs pour chaque passage, ce qui représentait une somme importante à l’époque. Ainsi, nous avons convenu d’un rendez-vous à Alger pour lui présenter Ahmed Ben Bella, le premier fugitif. Tout s’est déroulé comme prévu.
Ben Bella accompagné de l’officier de marine a embarqué la veille de l’appareillage du navire. Il passa la nuit dans la cabine de l’officier ; quant à moi, comme la première fois, j’ai pris un titre de passage en 3e classe. A Marseille, j’ai accompagné Ben Bella dans un appartement d’un militant où, comme pour Aït Ahmed, nous attendait Fillali Embarek qui accompagna le fugitif à Paris où il a été aussi pris en charge par Moumdji Zinelabidine dit Si El Hocine qui l’accompagna en Suisse.
Le même scénario se répéta quelque temps après pour transférer Ahmed Mahsas en Suisse, dans les mêmes circonstances et les mêmes personnages, tous dévoués à la cause nationale et prêts à tous les sacrifices. Le quatrième fugitif que j’ai accompagné dans la traversée de la Méditerranée, précise Ahmed El Kaba, est le militant Khitter de Dellys qu’il ne faut pas confondre avec Khider Mohamed, député du MTLD. Débarqué à Marseille, Khitter me demanda de le laisser se débrouiller tout seul pour se rendre à Paris. Il était impliqué dans l’attaque de la poste d’Oran.
Ahmed El Kaba et Mohamed Belouizdad
Dans son entretien, Ahmed El Kaba révèle que les six membres fondateurs du FLN étaient membres du PPA-MTLD et ont tous été choisis et incorporés à l’Organisation spéciale (l’OS) par Mohamed Belouizdad. Il s’agit de Mohamed Boudiaf, Benboulaïd Mostefa, Ben M’hidi Larbi, Bitat Rabah, Didouche Mourad et Krim Belkacem, auxquels se sont joints les membres de la délégation extérieure, à savoir Ahmed Ben Bella, Mohamed Khider et Hocine Aït Ahmed. Ils constituèrent les neuf chefs historiques de l’insurrection qui ont fixé la date du début de la lutte armée au 1er Novembre 1954. Ils sont tous les neuf membres du même parti, le PPA.
Ahmed El Kaba ajoute : 1) - «La première fois que j’ai eu affaire à Mohamed Belouizdad en tant que militant structuré fut à l’occasion de la projection de films arabes dans les cinémas de Belcourt. A cette époque, l’Algérie était tellement coupée de son environnement naturel qui est celui du monde islamique et arabe que chaque fois qu’un film est projeté à Alger avec musique et expression arabes, il était l’objet d’un engouement extraordinaire de la part des Algériens. Ils avaient soif de musique et de culture arabes. Aussi, il fallait se lever de bonne heure pour acheter un billet d’entrée au cinéma.
Abdekader Bouda et moi-même nous nous arrangions toujours pour acheter quelques dizaines de billets afin de les revendre avec bénéfice aux amateurs qui trouvaient toujours le cinéma complet. Un jour, notre stratagème fut découvert par Belouizdad. Il nous sermonna en nous expliquant que de telles spéculations sont indignes de militants nationalistes qui doivent être des exemples dans tous les domaines et il nous donna l’ordre de revendre les billets au prix coûtant, de ne plus nous adonner à ce manège. Nous nous sommes exécutés immédiatement en renonçant définitivement à cette spéculation.»
2) - «Dans les années 1942-1943, un truand du quartier de la Carrière se trouvait en possession d’une grenade désamorcée. J’en fais part à Mohamed qui me demanda aussitôt de dénicher l’endroit où il a trouvé cette grenade. Rapidement, nous découvrîmes qu’il s’agit d’un stock de plusieurs caisses de grenades désamorcées et stockées par les militaires anglo-saxons dans un champ à Birkhadem. Je le fais savoir à Mohamed qui nous fera louer trois vélos auxquels nous attachons derrière la selle de chacun un sac que nous avons rempli de grenades.
Nous avons fait cinq ou six allers-retours pour transporter toute la cargaison. Devant l’importance du stock, Mohamed demanda au regretté Khemissa Mohamed, qui disposait d’une camionnette, le maximum du chargement dans des caisses qui seront cachées chez plusieurs militants, notamment chez Mohamed Saradouni, vieux militant qui tenait un vaste hangar de pièces usagées situé à l’emplacement actuel de la station téléphérique. Une partie de ces grenades fut stockée chez Mahsas qui occupait une chambre à l’impasse Cervantès chez Mostefa Mohamed.
Il y en avait partout, dans son armoire et même sous son lit de telle sorte qu’il se plaignait, en plaisantant, de ne plus avoir assez de place pour dormir. Ces faits démontrent amplement que bien avant la création de l’OS dont il sera le premier responsable, Mohamed Belouizdad était profondément convaincu que la libération de l’Algérie passait inévitablement par l’utilisation des armes.»
Qu’il fallait absolument s’organiser pour atteindre cet objectif
3) - «Après l’arrestation en plein jour de Mostefa qui était chef de district dans l’organisation, la police fit une descente au domicile de Mohamed. Il réussit à se sauver par la fenêtre et à se cacher dans un coin du balcon d’un voisin européen. En 1945, après la désignation de Mohamed pour remettre sur pied l’organisation dans l’Est du pays, durement éprouvée après les événements du 8 Mai 1945, j’ai assuré, poursuit El Kaba, en ma qualité de permanent du parti, la liaison avec la région de l’Est.
En effet, après ces événements, l’organisation du Constantinois fut presque entièrement détruite par une féroce répression. Le bureau politique désigna alors Mohamed Belouizdad en tant que responsable en remplacement de Djemaâ pour remettre sur pied l’organisation du parti dans cette région vitale du pays.»
4)- «Une fois, je reçois l’ordre de convoyer, avec Abdelkader Bouda, un contingent de tracts imprimés par l’Organisation qui seront placardés sur les murs de la ville de Constantine. Le travail devait être effectué par les militants de cette ville. Mohamed convoqua le responsable local et lui demanda de faire venir un groupe de militants pour effectuer la mission entre 23h et minuit.
A l’approche de l’heure convenue, le responsable local, dont j’ai oublié le nom, se présenta à Mohamed en lui annonçant, complètement désolé, qu’aucun des militants convoqués ne s’est présenté au rendez-vous. Mohamed, avec calme, lui répond : ‘‘Qu’à cela ne tienne, nous allons nous-mêmes effectuer le travail et aux endroits convenus.’’ Tout en préparant la répartition des paquets et de la colle qui devait être utilisée, nous voyons arriver, quelques minutes après, un groupe de militants prêts à se mettre au travail.
Ce fut un soulagement général, car cela prouvait que malgré la terrible répression, le parti avait toujours à sa disposition des militants dévoués et volontaires pour n’importe quelle mission au service de la cause.»
5)- «Si Ahmed Bouda m’a chargé à l’occasion d’un prochain déplacement à Constantine d’annoncer avec ménagement à Mohamed le décès de son frère Sahnoun. Il reçut la triste nouvelle avec calme. Après un moment de silence, il laissa échapper une larme et dit simplement : ‘‘La lutte continue’’».
6)- «Après l’hospitalisation de Mohamed Belouizdad à Bobigny, en France, M’hammed Yazid, qui était en charge de la fédération PPA-MTLD dans ce pays, m’a désigné, en ma qualité de permanent du parti à Lyon, de visiter Mohamed chaque fois que je me déplace à Paris, et veiller à satisfaire tout ce dont il avait besoin. A l’occasion d’une de mes visites régulières au sanatorium de Labruyère, je lui ai demandé s’il avait besoin de quelque chose que je pouvais lui rapporter lors de ma prochaine visite.
‘‘Ce qui me manque, malheureusement tu ne pourras jamais me l’apporter’’, me répondit-il. Devant mon étonnement il ajouta : ‘‘Ce dont j’ai besoin, c’est d’entendre la voix du muezzin appelant à la prière (El Adhan).’’ Tel fut Mohamed Belouizdad (Rahimahou Allah)». A l’évocation de cet épisode, Ahmed El Kaba n’a pu retenir ses larmes tant l’émotion était grande chez lui.
http://www.elwatan.com/contributions/un ... 48_120.php

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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

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Évocation : Homme de confiance du colonel Amirouche : Abdelhamid Mehdi tomba au champ d’honneur le 14 décembre 1960

Image
Piégé dans une souricière qui lui avait été tendue par des soldats Français dans la région de lethnine, commune Aït Mouhli, Abdelhamid Mehdi tomba au champ d’honneur le 14 décembre 1960. Il rejoignit ainsi Si Amirouche et son compagnon Si Tayeb Mouri ainsi que tous les autres martyrs. Abdelhamid Mehdi, dit « Lhamid Azrou N’Bechar», naquit le 10 août 1935 à Ihayounène, un paisible village situé à quelques kilomètres du chef-lieu de la commune d’Amizour. Cette région a été bombardée et les villages détruits et évacués dès les premiers mois de 1956. Elle fut alors déclarée zone interdite. Depuis son jeune âge, il aimait manier le fusil, d’ailleurs, tout le monde s’accordait à dire qu’il était un bon tireur. À l’âge de 20 ans, il reçut un ordre d’appel de l’armée française afin d’accomplir son service militaire, mais il a préféré rejoindre ses frères au maquis, en avril 1956. Au maquis, Abdelhamid était passé par l’épreuve du feu. Au sein de la section, il se forgea dans les combats et même obtint le grade de sous-officier (Aspirant). Le colonel Amirouche Aït Hammouda le repérera bientôt et le prit avec lui pour faire partie de sa garde personnelle, avec Si Tayeb Mouri. Il l’accompagnait dans tous ses déplacements et a fait de lui son fidèle garde du corps et un homme de confiance avec qui il partageait tous ses secrets de guerre. Il l’accompagnait dans tous ses déplacements, jusqu’au jour où il l’envoya en mission en Tunisie. Tous les deux ignoraient qu’ils ne se reverraient jamais. Le génie de son époque a accompli quatre missions en Tunisie, il accompagnait le colonel Amirouche et Hocine Benmaalem (Général major à la retraite) lors d’un voyage vers les Aurès, pendant le conflit et la crise de la wilaya 1. A l’exception de ses deux gardes du corps, Si Mehdi Abdelhamid et Si Tayeb Mouri, qui furent à ses côtés jusqu'à sa mort, les autres seront écartés et remplacés. Au moment de la mort de Si Amirouche, Si Abdelhamid avait franchi la frontière algéro-tunisienne en compagnie du commandant Abderrahmane Mira, pour rallier la Kabylie. Par la suite, le colonel Si Mohand Oulhadj, chef de la wilaya III, l’a rappelé au PC et l’envoya à la zone d’Aït Mouhli comme aspirant politique et adjoint chef de la région, où il trouva la mort à la fleur de l’âge.
http://www.depechedekabylie.com/kabylie ... -1960.html

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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

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ROLE DES TRANSMISSIONS DANS LA REUSSITE DE LA GUERRE

LAGHOUAT - Le rôle déterminant joué par l’arme des transmissions durant la guerre de libération nationale, a été mis en exergue lors d’un séminaire national sur "les liaisons et les transmissions durant la guerre de libération’’, organisé mercredi à l’Université de Laghouat.
Le moudjahid Abdelaziz Chekiri, membre de l’association nationale des moudjahidine de l’ancien ministère de l’armement et des liaisons générales (MALG), a affirmé que "les transmissions ont eu un rôle décisif" dans le succès de la Révolution, au regard de l’importance que ce cette armes durant les luttes armées.
"L’arme des transmissions a connu une évolution remarquable, avec l’émergence de plusieurs sections, dont celle du ‘‘Morse’’ pour laquelle a été créé un commandement indépendant’’, a indiqué M.Chekiri, ajoutant que ‘‘la première école des transmissions a été créée le 6 août 1955 sous la conduite du commandant Ali Thelidji, alias ‘‘Amar’’, avant de se spécialiser dans les télécommunications, du fait que les communications filaires étaient contrôlées par les autorités coloniales’’.
Le moudjahid a rappelé que l’école s’est employée à la formation, durant la guerre de libération, de plus de 800 jeunes, issus de différentes régions du pays, dont une soixantaine sont tombés au champ d’honneur.
L’enseignant Rezki Kheiri, de l’université de Msila, a, pour sa part, mis en relief la ‘‘grande importance’’ accordée par le commandement de l’armée de libération nationale aux transmissions, qui s’est manifestée concrètement après le congrès historique de la Soummam (1956), permettant à la Révolution de s’appuyer sur les compétences d’étudiants algériens qui ont déserté, le 19 mai 1956, les bancs de l’Université pour rejoindre le maquis.
Selon le même conférencier, ‘‘les transmissions ont permis la liaison entre les wilayas et les zones historiques, et a constitué un moyen efficace pour déjouer la stratégie coloniale visant à étouffer la Révolution et à rompre le contact entre les moudjahidine.
En marge de cette rencontre, une cérémonie a été organisée en l’honneur de la famille du commandant Ali Thelidji, responsable de la première école algérienne des transmissions.
Né le 26 décembre 1923 à Laghouat, le défunt moudjahid Amar, qui a présidé la formation et la sortie, dans cette école, de la première promotion au nom du Chahid ‘‘Ahmed Zabana’’, a contribué à la création de la Radio ‘‘Voix de l’Algérie libre et combattante’’, avant de décéder en 1965, suite à un accident de circulation.
Les travaux de cette rencontre de trois jours se poursuivent en ateliers chargés d’examiner une série de thèmes afférents à l’histoire de la création des transmissions durant la guerre de libération’’, ‘‘l’organisation des transmissions dans la wilaya VI historique’’ et ‘‘l’importance des transmissions face à la guerre psychologique menée par l’administration coloniale’’.
Une exposition d’équipements et moyens utilisés dans les transmissions, des photographies et documents historiques, a été mise sur pied à cette occasion.
http://www.ouargla-aps.dz/spip.php?article15893

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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

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Un agent de liaison de la wilaya III l’a déclaré à Boumerdès : «Les colonels Amirouche et Si l’Haoues ont été vendus»

«Les colonels Amirouche et Si l’Houes ont été vendus à l’ennemi. Leur mort n’est pas venue comme ça, par hasard. Il y a eu des complicités quelque part. Sinon comment peut-on expliquer le fait qu’il y avaient une armada de journalistes qui étaient venus de France pour couvrir l’opération de ratissage qui s’est soldée par leur mort».
C’est ce qu’a déclaré le moudjahid Mohand Sebkhi, un agent de liaison dans les maquis de la wilaya III historique, avant-hier à Boumerdès lors d’une rencontre organisée autour de son livre «Souvenirs d’un rescapé de la wilaya 3», paru en octobre dernier aux éditions Barzakh. L’auteur, natif des Aït Waghlis, dans la vallée de la Soummam, est revenu longuement sur son parcours de moudjahid et sa première rencontre avec le colonel Amirouche après sa nomination à la tête de la wilaya III l’été 1957. Selon lui, la mort de ce grand stratège militaire n’est pas exempte de soupçons. «Personne ne savait ce qu’il allait faire en Tunisie avec le colonel Si El Houes. Avant de partir, il a tenu un discours devant les moudjahidine à Aït Ouabane lors duquel il a évoqué les risques qui menaçaient alors la Révolution en nous demandant de rester vigilants et de continuer le combat jusqu’au bout», a-t-il relaté avec un ton grave qui traduit son amertume et son indignation de ce qu’est advenu de l’Algérie d’aujourd’hui.
Dans son livre, cet homme qui s’est engagé dans la lutte de Libération à l’âge de 17 ans, évoque sa tentative «désespérée» de rattraper Amirouche alors qu’il était en route vers la Tunisie pour lui transmettre un message qui lui a été remis par le secrétaire du PC de la wilaya, Tahar Amirouchen. Ce message dont il dit «ignorer le contenu à ce jour», venait, selon des témoignages contenus dans le livre de Said Sadi, de Tunis et signé par Krim Belkacem qui demandait à Si Amirouche de changer sa route. Malheureusement, Mohand et les trois autres moudjahidine qui l’accompagnaient avaient été repérés par l’ennemi en cours de route puis capturés après un violent accrochage. Malgré qu’il ait été touché par 11 projectiles, il a eu le temps de bruler la fameuse correspondance pour qu’elle ne tombe pas entre les mains des officiers
de l’armée coloniale.
Dans la page 119 de son livre, l’auteur rapporte : «On a enten du dire que Amirouche avait un poste émetteur et que chaque nuit il recevait des messages du MALG qui permettaient de situer son lieu d’arrivée . Les français ont donc déchiffré le code. Ils étudient chaque message envoyé et ils ont choisi le jour, le lieu et l’heure pour abattre le chef de la wilaya III».
http://www.elwatan.com/regions/kabylie/ ... 09_146.php

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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

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PREMIER GRAND ENGAGEMENT DE L’ALN : Kimel se souvient de la bataille de Tbaboucht

La commune de Kimel (Batna) a commémoré, avant-hier dans le recueillement, le 60ème anniversaire de la bataille de Tbaboucht, premier grand engagement de l’Armée de libération nationale (ALN) dans les Aurès, peu après le déclenchement de la Révolution. La cérémonie s’est déroulée au lieudit Abassa, distant de 12 kilomètres du chef-lieu de cette commune, en présence de citoyens et de moudjahidine dont Lakhdar Oucif, Mohamed Benamor Biouche, Mohamed Djermoune et Djoudi Kiour qui avaient pris part à cet affrontement militaire. Des témoignages vivants sur ce haut fait d’armes ont été présentés à l’occasion par ceux qui y ont participé. Si la mémoire des moudjahidine survivants divergent sur la date exacte de la bataille (entre le 27 novembre et le 7 décembre 1954), les témoins restent toutefois unanimes quant aux importantes pertes infligées à l’armée d’occupation qui avait perdu entre 900 et 1.200 soldats et qui avait mis quatre jours pour évacuer les corps. Selon le témoignage du moudjahid Lakhdar Oucif, «ce ne fut pas les 80 moudjahidine, peu armés, présents à cette bataille qui avaient tué autant de soldats ennemis mais ces derniers, postés sur les deux rives opposées d’Oued Lahmar, avaient fini par s’entretuer du fait de l’obscurité et des arbres touffus meublant le site». Un hommage a été rendu, à cette occasion, à la famille du chahid Mohamed Sbaïhi, commandant du groupe de moudjahidine de Tighanimine, qui avait tué le commandant de M’chounech dans la célèbre opération exécutée contre l’autocar de Taghit, le 1er novembre 1954.
http://lestrepublicain.com/batna/item/1 ... -tbaboucht

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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

Message par AAF 2020 »

Une maquisarde meurt dans l’anonymat : L’«hélicoptère» est partie pour l’éternité

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La regrettée moudjahida Belkacem Saâda

hélicoptère : tel est le pseudonyme attribué à un bout de femme, à savoir Belkacem Saâda, par l’un des héros et responsables de l’ALN dans la Wilaya IV, le chahid Si Djelloul Ben Miloud. La moudjahida Belkacem Saâda, native de Ksar El Boukhari (Médéa), présumée en 1935, est décédée dans la soirée de jeudi dernier dans l’anonymat à l’EPH de Sidi Ghilès (Tipasa).
Durant la guerre de Libération nationale, l’«hélicoptère» était insaisissable malgré la répression des forces coloniales. Elle avait perpétré des actes de sabotage et accompli des missions incroyables. Elle avait été chargée de transférer des tracts, des messages et des armes à feu d’un point à un autre, en prenant tous les risques. Arrêtée à maintes reprises, cette mère de 4 filles avait subi les pires tortures aux côtés des moudjahidine, mais n’a jamais dénoncé son réseau.

Les séquelles des sévices n’ont pas cessé de faire souffrir cette épouse d’un moudjahid, le défunt Si Braham Habbouche. Elle avait eu le privilège de travailler sous les ordres de l’héroïne Zoulikha, Yamina Oudaï. Quand «l’hélicoptère» intervient dans une assistance des hommes titulaires de l’attestation communale, personne n’ose l’arrêter quand il s’agit d’évoquer des faits de guerre. Boualem Benhamouda faisait partie aussi de l’un de ses chefs durant la Révolution.

Après l’indépendance, «l’hélicoptère» regagne la «case» départ pour devenir invisible. «L’hélicoptère» n’avait jamais caché son patriotisme et sa fierté dans son combat, son sacrifice pour son pays, l’Algérie. Elle est morte à la suite d’un malaise, la veille d’un vendredi. Ses premiers moments après sa mort jusqu’à son enterrement au cimetière de Cherchell après la prière du vendredi se sont déroulés comme elle l’avait souhaité.

C’est fou ce qu’elle faisait discrètement de son vivant en faveur des nécessiteux sans que personne ne le sache, jusqu’à son dernier souffle, en dépit de ses soucis de santé. Elle fait partie de ces moudjahidate, les oubliées et méprisées des cérémonies officielles. En lui rendant visite le 8 mars dernier dans le domicile de sa fille, née au maquis (Djahida, ndlr), elle nous relatait des anecdotes sur son combat aux côtés des djounoud de l’ALN d’une manière humble. «Je souhaite à présent, mon fils, que les autorités puissent me prendre en charge pour effectuer une omra», nous disait-elle. Un vœu qui ne sera jamais exaucé.

La moudjahida Belkacem Saâda avait gardé jalousement son emblème national. «Quand je serai morte, enveloppez-moi avec ce drapeau», insistait-elle auprès de ses proches. «L’hélicoptère» a été recouverte du drapeau national jusqu’à sa tombe. Les autorités et les responsables de l’ONM à l’échelle locale s’étaient illustrés par leur
http://www.elwatan.com/regions/centre/t ... 25_149.php

tayeb
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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

Message par tayeb »

Allah Yarhamha. Une très grande. Un patriotisme et un nationalisme d'exeption.

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numidia
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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

Message par numidia »

Allah yerhamha
:avo:

notre pays notre terre a enfanté des hommes et des femmes d'exception
les Algériennes n'ont jamais été en reste dans notre histoire nationale
elles ont été présentes, aidant, combattant, luttant, militant
elles ont enfanté des générations de guerriers et d'hommes et de femmes libres et fiers
que cette graine ne s'éteigne pas et qu'elle continue à se répandre dans les générations à venir
amine
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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

Message par AAF 2020 »

ABDELHAFID BOUSSOUF : Si Mabrouk vu autrement

En ce jour, anniversaire de la mort de notre cher et regretté responsable et compagnon Abdelhafid Boussouf, nous nous retrouvons encore une fois réunis dans sa ville natale pour lui rendre l’hommage et le respect auxquels il a droit de la part de tous ceux qui l’ont connu et tout particulièrement de ceux qui ont servi sous ses ordres aussi bien en tant que combattants de la Wilaya V ou membres du MALG.

Le parcours de Abdelhafid Boussouf
Abdelhafid Boussouf est né le 17 août 1926 à Mila. Il appartient à la branche appauvrie «d’une grande tente». Après avoir obtenu son Brevet élémentaire à Constantine, il travaille comme livreur dans un magasin de vêtements dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il adhère au PPA à l’âge de 16 ans. En 1947, il devint membre actif de l’Organisation secrète (OS) à Constantine. En 1950, il est nommé chef de la daïra PPA/MTLD à Philippeville (Skikda) jusqu’en 1952. Dans cette ville, il y avait en ce temps-là de grandes personnalités du PPA/MTLD telles que Hocine Lahouel, secrétaire général du MTLD ; Messaoud Boukadoum, dit Si El Haouas, député à l’Assemblée française ; Larbi Demagh Elatrous, député à l’Assemblée algérienne, et bien d’autres.
Par la suite, il se retrouve dans la clandestinité à Oran puis à Tlemcen. En juillet 1953, je le rencontre au cabinet du docteur Si Mohamed Seghir Naccache où je fis sa connaissance. En juin 1954, il assiste en tant que membre à la réunion des 22, qui a décidé du déclenchement de la Révolution. Au premier novembre 1954, il est l’adjoint de Larbi Ben M’hidi, désigné comme responsable de la Zone V (plus tard devenue Wilaya V). Après le Congrès de la Soummam, il est nommé colonel commandant de la Wilaya V, en remplacement de Larbi Ben M’hidi, qui devient membre du Comité de coordination et d’exécution (CCE). Il est aussi membre suppléant du Conseil national de la Révolution algérienne (CNRA). En août 1957, il devient membre du CCE et membre du CNRA.
Le 18 septembre 1958, il est nommé ministre des Liaisons générales et des Communications (MLGC). Le 16 janvier 1960, il devient ministre de l’Armement et des Liaisons générales. A la même date, il devient membre du Comité interministériel de la guerre avec Krim Belkacem, vice-président du GPRA, ministre des Affaires étrangères, et Slimane Bentebal (Lakhdar ou Abdallah Bentobal) ministre de l’Intérieur. Ce Comité est désigné pour contrôler et superviser l’Etat-Major général (EMG) dirigé par Houari Boumediene.
En 1960, il se marie avec une Algérienne résidant à Tunis avec laquelle il a eu trois enfants : l’aîné moura à l’âge de 11 ans d’une leucémie, un autre est décédé il y a quatre ans et le dernier vit actuellement aux Etats-Unis. Après la crise de 1962, il se retire à Tunis et devient un homme d’affaires de renommée internationale. Le 27 juin 1962, il écrit à tous les éléments du MALG une circulaire où il leur demande de ne prendre position pour aucun des deux clans qui se disputaient le pouvoir, ni de rester à sa disposition, et leur recommande d’être au service exclusif du pays pour sa reconstruction et son développement. En 1964, il assiste au Congrès du FLN tenu dans un cinéma à Alger sans pour autant avoir à intervenir, mais disposé à répondre à toutes les attaques. Depuis cette date jusqu’à sa mort, il s’est toujours tenu loin de la politique, tout en restant au service de son pays.
Il est décédé des suites d’une crise cardiaque dans son appartement à Paris, le 31 décembre 1980, en présence de sa femme, alors qu’il discutait au téléphone avec Si Mohamed Fquih Basri, opposant marocain qui lui présentait ses vœux pour la nouvelle année.

Formation de Abdelhafid Boussouf
Mohammed Harbi écrit dans son livre Un Homme debout, page 92 : «Jeune étudiant en 1952 à Skikda, Boussouf m’a recommandé la lecture de deux livres, Que faire ? de Lénine et l’Ere des organisateurs (The Managerial Revolution) de James Burnham. Tout le monde connaît plus ou moins Lénine, quoique peu d’Algériens, du moins en ce temps-là, avaient lu son œuvre, sans parler de l’Ere des Organisateurs de James Burnham, le père de la philosophie du libéralisme. Si on recommande ces livres, c’est qu’on les a déjà lus, c’est le moins que l’on puisse en conclure.»
D’autre part, en septembre 1959, Boussouf m’offre un livre que je garde encore jalousement comme souvenir, Le viol des foules par la propagande politique écrit par Serge Tchakhotine (1883-1973), élève d’Ivan Pétrovitch Pavlov. Ce livre a été interdit de publication et de vente par les Allemands sur tous les territoires qu’ils avaient occupés pendant la Seconde Guerre mondiale, ce qui prouve la valeur du livre et le danger qu’il représentait.

Caractère de Abdelhafid Boussouf
Boussouf paraissait très renfermé et très distant au premier abord. Mais bien au contraire, sous cet aspect sévère, il était très ouvert dès que la discussion devenait intéressante. Les autres traits de son caractère sont : l’intelligence, la malice, la provocation, un esprit cartésien, sa capacité de travail, sa curiosité, son sens de l’organisation et surtout une mémoire d’éléphant, sans oublier plus tard l’aide matérielle qu’il a prodiguée à tous ceux qui l’ont sollicité.

Certaines anecdotes à même de le situer

Je l’ai vu à trois reprises pincer avec l’index et le majeur le nez de Ferhat Abbas, président du GPRA, en lui disant : «tu vois que nous t’avons ramené à nous et qu’on a fait de toi notre président.» Et Abbas de répondre : «Jeu de main, jeu de vilain.» Ce qui n’empêchait pas Boussouf d’éclater de rire en ajoutant : «Vilain ou pas, tu es avec nous.»
En janvier 1960, Boussouf invite Lotfi, de passage au Caire, et lui déclare : «Lotfi, les Français ont fait en 1789 une révolution qu’ils exploitent jusqu’à ce jour. Nous, nous avons fait une révolution aussi grande, dont nous ne sommes pas à la hauteur, car elle est déjà partie, en nous laissant dans un oued.» Cette réflexion, à elle seule, donne une idée de son caractère, de sa valeur, de sa lucidité et de ses prévisions sur le futur sur l’Algérie.

En août 1960, Boussouf demande à Mahmoud Amrani, l’un des opérateurs qui étaient au Caire, pourquoi ses collègues le surnomment Djeha. Celui-ci lui répond : «Pourquoi me le demander à moi, demandez-le à ceux qui m’ont donné ce surnom.» Et Boussouf de lui rétorquer : «Je comprends maintenant pourquoi ils te surnomment Djeha, parce que réellement tu le mérites.» Pour confirmer que Mahmoud Amrani n’était pas facile, je vous raconte une anecdote après l’indépendance.
Il est muté à notre ambassade à Rome, dont l’ambassadeur était un grand leader de la Révolution. Un beau jour, l’ambassadeur ayant besoin de Mahmoud monte dans son bureau, et ne le trouvant pas, s’installe en lisant ce qui se trouvait sur la table. Mahmoud revenant à son bureau et voyant sans être vu ce qui s’y passait descend dans le bureau de l’ambassadeur, entre malgré l’opposition de la secrétaire et s’installe à son tour dans le bureau de l’ambassadeur.
Indignée, la secrétaire «lève la voix», l’ambassadeur descend et trouve sa secrétaire qui l’informe que Mahmoud est dans son bureau en train de lire le courrier. L’ambassadeur entre dans son bureau, et trouve Mahmoud occupant son siège et lisant ce qui se trouvait sur la table et l’interpelle : «Qu’est-ce que tu fais Mahmoud ?» Et l’autre de lui répondre poliment : «Je suis monté à mon bureau, je t’ai trouvé en train de lire mon courrier, je me suis dit que tu as eu entre-temps des instructions pour changer de responsabilité entre nous. Toi tu es devenu opérateur et moi ambassadeur.» Et l’ambassadeur — et quel ambassadeur ! — de lui balancer avec un éclat de rire : «Je comprends maintenant pourquoi on t’appelle Djeha !»
Comme chaque individu, Boussouf n’était pas exempt de défauts dont le plus visible était une méfiance viscérale.

Abdelhafid Boussouf, homme politique
Pour corroborer mon jugement, quoi de plus simple et logique que de citer certaines de ses interventions politiques :

Article écrit par Boussouf, adjoint de Larbi Ben Mhidi paru dans El Moudjahid n° 2 de juin 1956, Tome 1 page 32, trois mois avant le Congrès de la Soummam, sous le titre «Mission libératrice de l’Armée de libération nationale».
Ses interventions : procès-verbaux de la conférence tripartite nord-africaine de Tunis sur le suivi de la conférence de Tanger, du 16 au 20 juin 1958, document n°91, archives de la Révolution algérienne par Mohammed Harbi, éditions Dahleb.
Son rapport du 1er octobre 1958 de ministre des Liaisons générales et Communications au président du GPRA et aux membres du gouvernement sur les relations Algéro-Marocaines. Document n°93, archives de la Révolution Algérienne par Mohammed Harbi, éditions Dahleb.
Notes de M. Abdelhafid Boussouf, chef du Département des liaisons générales et communications du CCE, sur les avantages de la formation d’un gouvernement algérien.
2 septembre 1958, document n°46, les archives de la Révolution algérienne par Harbi Mohammed, éditions Dahleb.
Voici un résumé de ce qu’il a écrit :
Depuis la venue du général de Gaulle au pouvoir en France, tout le monde attend, de la part du FLN, une action non seulement militaire mais aussi psychologique et politique en réponse à l’intégration prônée par le nouveau chef du gouvernement français. La formation de notre gouvernement s’inscrit dans cette perspective. C’est le sang nouveau nécessaire à la Révolution.

Les avantages qu’il pourrait offrir recouvrent tous les domaines :

Sur le plan algérien

C’est le vœu exprimé à plusieurs reprises et avec impatience par les combattants…

Les combattants se sentiront... soutenus et gouvernés... par une formation cohérente, bénéficiant de l’audience internationale.

La formation d’un gouvernement... est de nature à renforcer auprès du peuple l’idée d’indépendance et... lui faire reprendre plus que jamais foi en la libération prochaine.

Elle le convaincra de la nécessité de faire échec à la politique d’intégration et au référendum.

Sur le plan français

C’est une condition de plus en plus indispensable et nécessaire à la poursuite de notre lutte.

Elle obligera le gouvernement français à rompre les relations diplomatiques avec les pays qui nous reconnaîtront.

Sur la politique intérieure, gênera sérieusement de Gaulle dans les préparatifs du référendum et forcera les hésitants à se positionner.

L’économique, étroitement lié au politique et au psychologique, s’en ressentira également avec la perte de confiance, augmentation des prix, revendications sociales, difficultés de trésorerie, etc.

Le gouvernement français ne pourra plus prétendre ne pas avoir d’interlocuteur irrécusable.

Sur le plan nord-africain

Il ne saurait y avoir d’union nord-africaine valablement constituée sans une entité politique algérienne préétablie.

Mettre la France devant un bloc nord-africain solidement constitué.

Sortir la Tunisie et le Maroc de leur position équivoque de collaboration avec la France (construction du pipeline d’Edjélé).

Mettre les gouvernements marocain et tunisien devant leurs responsabilités, étant donné que les peuples de ces derniers accueilleront immanquablement avec beaucoup de ferveur notre décision.

Sur le plan international

Cela marquera avant tout la fin d’une longue période d’hésitation.

Les relations de la France avec les pays arabes connaîtront une grande perturbation.

Nous ne faisons que répondre aux vœux de certains pays arabes tels que le Koweit par exemple.

Notre entité politique sera reconnue à l’ONU par plusieurs pays et l’institution.

Nos possibilités d’action auprès des pays amis deviendront plus étendues et plus efficientes.

Le gouvernement algérien pourra traiter par contrat avec ses pairs et même emprunter des fonds.

Il pourra officiellement préparer l’avenir en jetant des plans économiques financiers et autres.

Les gouvernements qui nous aideraient trop ouvertement s’exposeront aux réactions et ripostes françaises, ce qui accroîtrait les difficultés de l’adversaire, émouvrait les Etats-Unis et engendrerait une crise sur le plan international.

Enfin et pour conclure, c’est la réponse directe et positive à la politique d’intégration patronnée par de Gaulle.

Conclusion
Pour finir mon intervention, j’aimerai vous narrer une anecdote magnifique pour vous situer la valeur de ceux qui ont dirigé cette Révolution. Depuis le départ le 25 juin 1960 de la délégation du FLN dirigée par Ahmed Boumendjel, dont les deux autres membres étaient Mohamed Benyahia et Rachid Hakiki, pour Melun, M’hammed Yazid, à partir de New York, demandait journellement des instructions au président Ferhat Abbas afin d’agir en connaissance de cause. N’ayant rien à lui signaler, Abbas charge Boussouf de prendre contact avec Yazid et de l’informer de la situation. Boussouf, en compagnie d’Abdelhamid Mehri, remet à Abdelkader Chanderli, de passage au Caire, un paquet acheté à Khan Khalil, souk renommé du Caire, avec une consigne stricte, remise en tête- à-tête.
Il contenait les instructions à Yazid. Arrivé à New York, Chanderli remet un paquet cylindrique à Yazid. Celui-ci l’ouvre et découvre une flûte, devant Chanderli éberlué, il s’exclame : «J’ai compris le message.» Devant l’étonnement de Chanderli qui demandait qu’est-ce qu’il avait compris, Yazid lui répond : «La conférence de Melun n’a rien donné, on me demande de jouer ce que j’ai envie de jouer.»
Cette flûte tombée entre les mains de n’importe quel service de renseignement n’aurait jamais été décodée ou décryptée.
Cette anecdote démontre une fois de plus, s’il en est besoin, le degré de formation, de communion, de complicité et d’intelligence de ceux qui ont dirigé notre lutte de libération et parmi eux Abdelhafid Boussouf, Si Mabrouk tout simplement pour ses compagnons.
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/ ... 801&cid=41

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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

Message par AAF 2020 »

31 décembre 1961 : L’attaque du commissariat central de Constantine

Tout paraissait calme et paisible au quartier du Coudiat de la ville de Constantine, dans la nuit du dimanche 31 décembre 1961. Le lieu, habité en majorité par des Européens, abrite aussi le siège du commissariat central de la police, inauguré officiellement au mois de janvier 1956
Il était 23h quand, brusquement, une voiture s’approcha rapidement de l’un des accès du central où un policier montait la garde. L’un des occupants du véhicule, qui tenait une mitraillette, a tiré une rafale. Le gardien, qui n’avait pas eu le temps de réagir, s’écroula. Le sous brigadier a été tué sur le coup. Il s’agissant ainsi de la première attaque du commissariat central de Constantine, minutieusement préparée par un commando de fedayine du FLN, qui avait eu un effet de surprise énorme au sein des services de la police.
Les coups de feu ont été entendus dans plusieurs quartiers de la ville, selon certains témoins encore vivants. L’alerte avait été vite donnée, et les nombreux policiers français qui s’étaient engagés dans un échange de tirs avec les membres du commando, furent assaillis à leur tour à coups de mitraillettes. Deux policiers furent à leur tour blessés. Selon La Dépêche de Constantine, qui a rapporté les faits dans son édition de mardi 2 janvier 1962, les membres du commando, dont le nombre n’a pas été déterminé, étaient fortement armés de mitraillettes, de revolvers et de poignards.
D’après l’enquête de la police, ces derniers avaient chargé un des leurs de neutraliser la sentinelle à coup de poignard, pour permettre au reste du groupe de pénétrer à l’intérieur des locaux du commissariat, qui abritaient non seulement les bureaux de la police d’Etat et du commissariat central, mais aussi ceux de la police judiciaire et plusieurs autres services. Mais la tentative avait échoué, suite à la résistance manifestée par le gardien, qui avait réussi à donner l’alerte.
L’opération a été qualifiée d’audacieuse, car le commando, qui avait agi par surprise, aurait pu s’emparer d’une importante quantité d’armes. L’attaque s’est soldée par la mort d’un policier, alors que deux autres ont été blessés. Selon la Dépêche de Constantine, l’un des assaillants, blessé, fut capturé.
http://www.elwatan.com/hebdo/histoire/3 ... 66_161.php

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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

Message par AAF 2020 »

24 décembre 1956 : Les attentats de la veille de Noël à Constantine

Dans la matinée du lundi 24 décembre 1956, une série d’attentats ébranlent la ville de Constantine. En cette veille de Noel, la cité connait une activité importante, marquée surtout par les préparatifs de cet évènement. Les magasins étaient pleins de monde à la rue Caraman, la rue de France, mais aussi au Faubourg Saint Jean. On faisait la queue devant les boutiques.
A 12h30, l’alerte avait été donnée au commissariat central du Coudiat, assailli par de nombreux appels sur l’explosion de bombes dans plusieurs lieux. A la place de la Pyramide, les policiers ont bouclé toutes les artères principales, après l’explosion d’une première grenade dans le café situé à quelques pas de la gendarmerie.
Selon les témoignages rapportés par la Dépêche de Constantine dans son édition du mardi 25 décembre, un homme s’était glissé dans un convoi mortuaire se dirigeant vers le cimetière musulman, avant de lancer l’engin dans le café, où se trouvaient de nombreux consommateurs, parmi eux se trouvaient des policiers et des militaires. L’explosion a causé 10 blessés dont certains graves. C’était la panique parmi la foule qui se trouvait à la place de la Pyramide.
Dans la confusion extrême, l’auteur, qui n’était autre qu’un membre du réseau des combattants du FLN, a réussi à prendre la fuite. A la rue Sidi Lakhdar, dans le quartier de Djezzarine, et presque au même moment, une deuxième grenade était lancée non loin du café dit Masia, qui avait été déjà le théâtre d’attentats. Deux parmi les clients du café ont été blessés.
C’est la colère parmi la foule des Français qui habitaient les quartiers environnants, et qui se sont pris à trois pauvres algériens suspectés et pris à partie. Selon les faits rapportés par la Dépêche de Constantine, l’auteur de l’attentat a été arrêté. A 12h40, une troisième grenade était lancée en direction d’une voiture de police qui passait par le pont Sidi Rached. Mais l’engin manqua son but et alla s’exploser sur le trottoir où il blessa un passant. L’auteur avait réussi à prendre la fuite à travers les escaliers menant vers les vieux quartiers de Souika.
Non loin de là un quatrième engin avait été lancé sous le comptoir d’un magasin, mais il n’explosera pas. Une cinquième grenade non explosée était découverte à la rue Combes. Elle aurait été abandonnée par un autre membre du commando FLN de la ville de Constantine qui s’apprêtait à commettre un autre attentat. Les informations des attentats avaient fait le tour de la ville. L’action menée par le commando FLN avait été minutieusement préparée. Selon la Dépêche de Constantine, treize blessés ont été évacués vers l’hôpital de la ville, dont trois se trouvaient dans un état grave. L’un d’entre eux succombera à ses blessures.

http://www.elwatan.com/hebdo/histoire/2 ... 44_161.php
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