http://www.elwatan.com/actualite/des-ma ... 13_109.phpKhalti Keltoum, 75 ans, sans-abri Des maquis de l’ALN aux trottoirs de la place Audin
En tenant compte de leur âge, on se dit que ces vieilles mendiantes ont tout vu dans leur vie. Le plus cruel dans l’affaire est que nombre d’entre elles ont subi de plein fouet les affres de la colonisation. Certaines ont même pris une part active au combat libérateur. Pour se retrouver jetées à la rue, sans soutien ni ressources.
C’est justement le cas de Khalti Keltoum. Adossée au muret du passage souterrain de la place Audin, en face de l’agence Egypt Air, elle ne semble guère prêter attention à la foule de silhouettes qui transitent par cette place grouillante. Assise sur un bout de carton au milieu de ses baluchons, une sébile en plastique traîne à ses pieds ainsi qu’une béquille. «J’ai la jambe abîmée», confie-t-elle.
Du haut de ses 75 ans tatoués sur son front ridé, khalti Keltoum affiche un moral d’acier. «Détrompez-vous, je suis encore en bonne santé, hamdoullah», assure-t-elle dans un sourire. «C’est parce que, nous, nous mangions de la nourriture saine, alors que la génération d’aujourd’hui, yaklou el mayta (mangent de la viande morte).» Khalti Keltoum ne veut pas trop s’épancher sur sa condition et préfère prendre les choses avec un brin de philosophie : «Djahedna ou mazal n’djahdou» (nous avons combattu et nous continuons à nous battre), soupire-t-elle. Et ce ne sont pas des mots en l’air.
khalti Keltoum affirme qu’elle a bel et bien participé à la Guerre de libération nationale, précisément dans les maquis de la Wilaya IV, elle qui est originaire de la région de Aïn Defla. «J’ai combattu aux côtés des djounoud. Nous avons mangé du pain noir, mais nous avons tenu. Mon père, mon mari et toute ma famille étaient des djounoud», appuie-t-elle.
L’ancienne résistante nous gratifie, au passage, de chants du terroir à la gloire de l’ALN. Malheureusement pour elle, les moissons de Juillet ne seront pas à la mesure des semailles de Novembre. «Comme vous voyez, nous n’avons pas été récompensés pour nos sacrifices. Pourtant, j’avais des témoins qui étaient avec moi au maquis.
Mais on m’a ignorée». Nous lui demandons si elle avait de la famille, un mari. Elle lève le doigt au ciel avant de glisser la main sur sa bouche en signe de motus. «Khaliha el Rabbi», lance-t-elle d’un regard amer. Khalti Keltoum finit par nous révéler quelques pans de sa tumultueuse existence. Nous apprenons ainsi que son maquisard de mari l’avait lâchée peu après l’indépendance. Fort de son statut de moudjahid, «il bombait le torse, faisait le beau.
Dans l’euphorie de l’indépendance, il m’a quittée. Il est parti avec les femmes», lâche-t-elle avant d’asséner : «L’istiqlal, wallah ma naârfou.» (Je n’ai pas connu l’indépendance). A-t-elle des enfants ? «J’en ai deux, mais ils ont leurs propres soucis. C’est déjà beaucoup s’ils arrivent à s’en sortir. On continue à trimer pour eux», rétorque-t-elle en refoulant ses secrets de famille. Et de poursuivre : «Vous en connaissez, vous, des jeunes qui travaillent ?» Répudiée, Khalti Keltoum débarque à Alger où elle a trouvé refuge à La Casbah. «Après, ils m’ont expulsée. Ils ont relogé les anciens habitants, mais moi, j’étais considérée comme une barania.»
Quelque temps après, elle est placée dans une «Dar el adjaza», comme elle dit, une maison de vieillesse. «Mais je n’ai pas supporté. C’est infect. Les femmes se bagarrent pour accéder aux sanitaires. Je préfère encore la rue. Au moins ici, je respire un air frais» Comment fait-elle par ce froid ? Où passe-t-elle la nuit ? «Heureusement qu’il y a encore des gens de bonne volonté.
Les riverains qui habitent ces immeubles m’autorisent à passer la nuit dans les cages d’escalier à condition de laisser l’endroit propre», dit-elle, avant de nous demander d’un ton maternel : «Wenta, rak m’lih chouiya ?» (Et toi, tu vas bien ?) Le récit de khalti Keltoum nous a fait immanquablement penser au sort qui fut réservé à la veuve du chahid Ali Mellah, qui s’est retrouvée femme de ménage au ministère des Moudjahidine, et dont l’émouvant témoignage (qu’on peut consulter sur Youtube) a scandalisé l’opinion.
Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-1962]
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http://www.aps.dz/regions/16020-ouargla ... A9volutionOuargla: des structures militaires baptisées du nom de martyrs de la Révolution
OUARGLA - Des structures militaires relevant de la 4ème région militaire (4RM) ont été baptisées du nom de martyrs de la glorieuse Révolution algérienne, lors de cérémonies présidées, lundi à Ouargla, par le commandant de la 4ème RM, le général-major Cherif Abderrazak.
Il s’agit de l’Hôpital militaire régional de la 4ème RM baptisé du nom du Chahid Tirichine Brahim et du 4ème commandement régional de la Gendarmerie nationale qui porte désormais le nom du Chahid Bentria Lemnaouer. Le 94ème régiment de transmissions de la 4ème RM a été baptisé du nom du Chahid Sid-Rouhou El-Hadj et l’établissement régional de maintenance des transmissions du nom du Chahid Nesrat Hachani.
L’occasion a donné lieu à l’organisation, au cercle des officiers de l’Armée nationale populaire (ANP) à Ouargla, d’une réception symbolique marquée par une remise de cadeaux aux représentants des familles de ces Chouhada.
La cérémonie a été présidée par le commandant de la 4ème RM, en présence des autorités de la wilaya d’Ouargla.
Cette initiative intervient en application des instructions du haut commandement de l’ANP visant à immortaliser les sacrifices des chouhada de la région, durant la glorieuse guerre de libération nationale, a indiqué, à cette occasion, le général-major Chérif Abderrazak.
La réception a été ponctuée par une cérémonie d’attribution de 46 titres d’attribution de logements sociaux de type publics locatifs au profit de familles de Chouhada du devoir issus de la wilaya de Ouargla, parmi un total de 212 bénéficiaires de titres similaires à travers le territoire de compétence de la 4ème RM.
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http://www.elwatan.com/hebdo/histoire/m ... 61_161.phpMohamed-Larbi Benabdelkader, ou le parcours d’un meneur d’hommes
A El Khroub, on le nommait Si Larbi El Khroubi. Le défunt moudjahid Mohamed-Larbi Benabdelkader était parmi les 24 hommes qui ont mené les quatre premières opérations marquant le déclenchement de la révolution dans la région d’El Khroub, relevant de la zone 2 dirigée par Didouche Mourad.
Sur les ordres de Zighoud Youcef, il a préparé et dirigé les attaques contre le commissariat de police et la caserne de l’armée française à El Khroub. Né le 19 octobre 1926 à El Khroub dans une famille de commerçants, Mohamed-Larbi Benabdelkader a suivi les cours de l’école coranique de la Zaouia Hamlaouia, avant d’adhérer, à 16 ans, au parti du peuple algérien (PPA).
Connu pour être un révolté farouche, c’est âgé d’à peine de 22 ans, en 1948, qu’il se portera volontaire, avec un groupe de jeunes, pour aller combattre en Palestine. Cette aventure restera parmi les phases marquantes de sa vie, selon les témoignages de ceux qui l’ont connu. Mais cette aventure se terminera au lieudit Benguedar, à la frontière entre la Tunisie et la Libye.
Le groupe avait été intercepté par une brigade de l’armée britannique, qui le remettra aux autorités françaises en Algérie. Après avoir passé trois mois à la prison de la Casbah, à Constantine, Mohamed-Larbi, rejoindra les rangs de l’organisation secrète (OS), puis ceux du mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), avant de s’engager dans les cellules du comité révolutionnaire pour l’unité et l’action (CRUA).
Selon les témoignages de certains anciens combattants, il avait été l’un des rares membres du groupe du 1er novembre à avoir échappé à l’arrestation, après le démantèlement par les services français des cellules du FLN à El Khroub. Désigné par la suite par Zighoud Youcef pour diriger les troupes dans la région de Béni Oualbane, il fera un long périple dans les régions de Mila et des Babors, pour être affecté comme responsable de la région de Beni Sbih.
Il sera finalement nommé, en 1961, responsable de la région 3, dans la zone 2 de la wilaya 2. Après l’indépendance, il a exercé des fonctions au sein de l’organisation des moudjahidine à El Khroub jusqu’en 1968, où il décidera de se retirer de toute activité politique pour se consacrer à ses affaires familiales. L’homme, resté fidèle à ses principes de révolutionnaire de la première heure durant des décennies, a toujours été connu pour sa témérité et sa bravoure, forçant le respect de tous ceux qui l’on connu et côtoyé. Il s’est éteint le 6 janvier 2009, suite à un arrêt cardiaque.
Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
http://www.elwatan.com/hebdo/portrait/i ... 42_164.phpLe Chahid Khelaïfia Rebaï. Chef de la zone 4 de la Wilaya I (Aurès-Nememchas) : Ils avaient 20 ans dans les Aurès
Ils sont entrés dans la guerre comme on entre en religion, avec foi et détermination, sans dérobade ni reculade. Ils avaient vingt ans dans les Aurès, et que le cinéaste militant engagé René Vautier a su immortaliser avec sa caméra dans le feu de l’action.
Qui cherche à oublier ce souvenir ? dit-on. Nous nous inclinons devant la mémoire de Vautier qui vient de nous quitter et de tous ceux qui, au péril de leur vie, ont combattu farouchement l’oppresseur. Certains ont survécu, d’autres y ont laissé leur vie, non sans inscrire leur nom dans le registre de l’histoire. Khelaïfia Rebaï fait partie de cette dernière catégorie. Nous vous présentons un pan de son héroïque parcours.
«Je n’ai jamais vu un tireur d’élite comme ce fellagha», s’adressa le sergent-chef Machevot au receveur de la poste de Canrobert (Oum El Bouaghi), Jean Furia, en pointant du doigt le corps sans vie de Khelaïfia Rebaï, dit Si Rebaï, chef de la zone 4 de la Wilaya I, Aurès-Nememchas, qui venait de tomber au champ d’honneur à Lefdjoudj en ce jour de l’été 1960. Ce même corps sera exposé une seconde fois à la caserne du boulevard du sud de la ville d’Aïn Beida, où une foule nombreuse était venue rendre un dernier hommage à ce valeureux chef dont l’histoire avec la Révolution a commencé dès le début de l’insurrection armée. La zone 4 qui englobait Aïn M’lila (secteur 1), Oum El Bouaghi (secteur 2), Aïn Beida (secteur 3) et Meskiana (secteur 4), découpage effectué à l’issue du Congrès de la Soummam, a connu plusieurs chefs, tous aussi valeureux les uns que les autres, et Si Rebaï en faisait partie. Bien avant 1954, il fréquentait la médersa de Cheikh Lakhdar Boukeffa, à Aïn Beida, une plaque tournante du militantisme national. Recherché, il trouve refuge dans sa tribu implantée à l’est de la ville, au douar R’guiba, relevant à l’époque de la circonscription d’Aïn Beida. Il se fait de plus en plus discret jusqu’au mois de décembre 1954.
«Par une nuit neigeuse et glaciale, il m’a demandé de préparer à manger. Deux hommes, Chérifi Med Salah et Mébarki Larbi, dit Larbi Eddaouria, sont arrivés et ont longuement discuté autour du couscous que j’ai préparé. Mon époux a ensuite enfilé sa kachabia et tous les trois sont sortis. Je n’ai revu mon mari que plusieurs mois plus tard», raconte sa femme, qui, ultérieurement, l’a rejoint au maquis. Ce jour est resté gravé dans sa mémoire car avant de quitter sa demeure en direction du maquis, Ammi Rebaï a dit à sa sœur Khoukha :«Prie le bon Dieu pour que je ne revienne jamais». Son vœu sera exaucé six années plus tard dans une rude bataille qu’il a ménée seul contre tout un contingent de soldats français pour desserrer l’étau sur ses compagnons, tous sortis indemnes de l’encerclement. A cette époque de l’année 1954, toute la région était sous les ordres de Chaâbane Laghrour, frère de Abbas, adjoint de Mostefa
Benboulaïd. Le maquis n’était alors qu’à ses premiers balbutiements et les moudjahidine ne se comptaient que sur les doigts d’une main.
Un militant sincère
Le parcours de Ammi Rebaï dans la Révolution venait de commencer. Ses débuts, il les effectue dans la région de Aâmama, Zorg, Guern H’mar, R’guiba et dans les alentours de la ville d’Aïn Beida où Delfi Brahim, maquisard de la première heure, dirigeait les opérations. Si Rebaï a participé à plusieurs batailles, les premières du genre, dont celle de Guern H’mar où l’armée française y a subi des pertes considérables. Celle de R’guiba est restée gravée dans la mémoire collective quand celui-ci, enfourchant une jument blanche, a semé la terreur dans les rangs de l’ennemi. Son courage et sa bravoure ont naturellement contribué à son ascension dans la hiérarchie de l’ALN. Chef de groupe, il se distingue également par sa magnanimité envers les démunis. Ses compagnons d’armes reconnaissent en lui cette vertu : «Il vole tellement au secours des démunis qu’il a oublié ses propres enfants», témoigne Lamine Beghou, son confident et son homme de confiance de 1958 jusqu’à la date fatidique où cet officier de l’ALN trouve la mort.
Elevé au rang de sous-lieutenant à l’issue du Congrès de la Soummam, il mène plusieurs autres opérations dans le secteur 3 (Aïn Beida) allant parfois jusqu’à tendre des embuscades dans le secteur 4 (Meskiana). Farès Hanafi, Med Tayeb, Bouaziz, Chérifi Med Salah, Larbi Eddaouria sont des combattants ayant accompagné Si Rebaï dans les premières années du combat libérateur. Blessé dans une farouche bataille, il est transféré en Tunisie pour des soins, et malgré les sollicitations, il oppose un refus catégorique d’y rester. Il regagne le pays dès son rétablissement. «Ils ont eu beau essayé de le convaincre d’exfiltrer toute sa famille, il refusa l’offre», raconte encore sa femme en affichant une fierté débordante, notamment quand elle évoque cet épisode. A son retour au pays, au mois de Ramadhan de l’année 1958, Med Fantazi, dit Hoggas, chef du secteur 2 (Oum El Bouaghi), Lakhdar Bouchoucha,
Bekakra Bouzid, Kalli Ammar, Si Khelil, Zidane, Mimisse et Si Maâmar, tombent tous dans la bataille de Taghribt, à quelques encablures de la ferme des Beghou, la plaque tournante de la Révolution dans cette région.
Dans l’enfer des djebels
Une autre histoire commence pour Si Rebaï. Convoqué à Kimmel, le PC des Aurès-Nememchas, il est promu au rang de chef de ce secteur qui, au mois de juin 1957, a connu l’une des plus grandes batailles à Arrar, au sud d’Oum El Bouaghi où une centaine de combattants, victimes d’une dénonciation, est décimée par l’armée française. Toute la localité s’en souvient aujourd’hui et relate l’un des épisodes les plus douloureux quand un bébé du nom de Ferrah, toujours en vie, tétait le sein de sa mère alors que le corps de cette dernière gisait sans vie. Abdelhamid Beghou, Lahcène Djermane, Laouissi, Mohamed Bouglez, Causalota, Boursas H’menna, dit El-Kahira, Bekakra, Lahcène Cidre, Saïd Bennoun, dit Saïd 86, Hadi Mahmoud, dit Mahmoud Kebaïli, Harkati, Boubguira, dit Kablouti, Amar Filali, dit Amar téléphone et bien d’autres maquisards formaient le groupe de Si Rebaï dont l’autorité s’étend de Tamlouka, aujourd’hui relevant de la circonscription de Guelma, jusqu’à Aïn Zitoune, située à la limite de la frontière de Batna. Là aussi, Si Rebaï se distingue par son penchant à en découdre avec l’ennemi et à le harceler sans cesse.
Il installe son PC dans la ferme familiale Beghou, située dans une cuvette où, en cas d’alerte, il est facile de se replier dans les gorges de Chebka. Alors qu’il mène la vie dure à l’ennemi, sa femme et ses enfants sont activement recherchés. Ils ont trouvé refuge à Aïn Beïda, où Mahmoud Remache, habitant le quartier la Zaouïa, a pris le risque de les abriter chez lui où ils y sont restés pendant plusieurs mois. Si Rebaï avait bien naturellement un œil sur la guerre et l’autre sur les membres de sa famille traqués par la police française. «Mon mari a fini par trancher sur la question. Il a enjoint l’ordre de le rejoindre au maquis. Et c’est Boubaker Beghou, un moussebel, qui s’est occupé de la difficile mission de nous y accompagner», raconte la femme de Si Rebaï, aujourd’hui nonagénaire.
Un sacrifice pour rien ?
Deux de ses enfants sont nés au maquis, et souvent elle est envoyée à Aïn Beida où la Zaouia de Cheikh Lakhdar Boukeffa servait de boîte postale. Elle fait la navette entre le maquis et cette ville et, plusieurs fois, elle échappe miraculeusement aux rafles de la police française. Ses deux frères, Tidjani Belkacem et Louardi, tombent au champ d’honneur autant que Khelaïfia Salah et Khelaïfia Medkour, deux neveux de Si Rebaï, montés très jeunes au maquis. C’est dire le lourd tribut payé par cette famille dans le combat pour le recouvrement de l’indépendance. Le chef du secteur 2 de la zone 4 s’acquitte convenablement de sa mission et donne du fil à retordre à l’ennemi.
Il mène d’une main de maître la bataille de Oued Charef pour venger ses compagnons morts dans un pilonnage de l’aviation française. En cette période, Mostefa Merarda, dit Bennoui, assurait le poste de chef intérimaire des Aurès-Nememchas. Lakhdar Labidi, plus connu sous le nom de Hadj Lakhdar, convoqué en Tunisie, Mostefa Merarda l’a remplacé au pied levé jusqu’à la nomination de Ali Souaï à la fin de l’année 1959. La guerre tire à sa fin et l’aura de Si Rebaï grandit de plus en plus. Dans le nouvel organigramme dressé par Ali Souaï, il est nommé chef de la zone 4. Convoqué à Kimmel pour recevoir cette distinction, et à mi-parcours, à Lefdjoudj, à quelques kilomètres de Chemorra, il est encerclé avec son groupe. Contraint de faire diversion pour tromper l’ennemi et desserrer l’étau, Si Rebaï s’accroche avec l’ennemi, alors que ses compagnons battent en retraite.
L’accrochage dure toute l’après-midi et le crépitement des armes s’entend à plusieurs kilomètres à la ronde. Il tient, résiste et permet aux autres combattants de sauver leur peau. Des renforts de l’armée françaises sont dépêchés de Canrobert, Aïn Beïda et Khenchela et, de guerre lasse, l’armée française a dû employer les moyens lourds pour en venir à bout. Le tir d’un half-track a mis fin aux crépitements des armes. Si Rebaï vient de tomber au champ d’honneur, alors que tous ses compagnons sont sortis indemnes de l’encerclement. «Ce n’est que plusieurs mois plus tard que les Beghou, qui ont tenu l’information secrète, ont fini par me mettre au courant», dit sa femme. A la fin de la guerre, la famille de Si Rebaï se retrouve sans toit, errant dans la ville d’Aïn Beida où elle était contrainte de louer une maisonnette chez la famille Chérifi.
Si Rebaï avait eu un sentiment prémonitoire lorsqu’il avait dit un jour à Lamine Beghou : «quand je mourrai, ma femme et mes enfants vont souffrir. Ceux qui me connaissent diront alors que je suis parti les mains propres et la conscience tranquille. J’ai servi mon pays, combattu loyalement sans jamais faillir à ma mission et c’est tout ce que je tire comme satisfaction.»Lamine Beghou raconte Si Rebaï les larmes aux yeux mais, se ressaisit pour lâcher :«Il n’a fait que son devoir, mais son courage restera à jamais gravé dans ma mémoire.»
Parcours
Rebaï Khelaïfia est né en 1923 à R’guiba, dans la commune de Terregualet. Il a fréquenté la médersa de Cheikh Lakhdar Boukeffa à Aïn Beida, qui servait de tremplin pour le militantisme national. Monté au maquis en décembre 1954, il est resté dans la zone 3 (Aïn Beida) jusqu’en 1958, où il est nommé chef du secteur 2 de la zone 4. Son parcours héroïque lui a valu d’être nommé chef de la zone 4 en 1960, alors que les Aurès-Nememchas étaient dirigés par Ali Souaï. Sur le chemin menant à Kimmel, le PC de la Wilaya I, il est encerclé avec son groupe. Au bout d’une rude bataille, il tombe au champ d’honneur en 1960.
Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
http://www.aps.dz/regions/16322-biskra- ... e-chouhadaBiskra : deux unités de l’Armée nationale populaire baptisées de noms de chouhada
BISKRA - La base aérienne militaire et le centre de formation des troupes spéciales de Biskra ont été baptisés, lundi, respectivement des noms des chouhada Ahmed Abdelli (1895-1958) et Mohamed-Saïd Benchaïb (1931-1957).
La cérémonie de dévoilement des plaques portant les nouvelles appellations de ces unités a été présidée par le commandant de la 4ème région militaire, le général major Abderrezak Cherif.
Des membres des familles et des proches des deux martyrs ont été honorés à cette occasion au cours d’une cérémonie organisée au club de l’armée, dans la banlieue ouest de la ville de Biskra.
"Cette cérémonie est un hommage à ces hommes qui ont payé de leur vie la liberté et la souveraineté dont jouit aujourd’hui l’Algérie", a notamment déclaré le commandant de la 4ème RM.
Des attestations, des cadeaux symboliques et des drapeaux ont été remis aux proches des deux chouhada, en plus de la remise de décisions d’attribution de 62 logements publics locatifs à des ascendants, descendants et veuves de victimes du terrorisme.
Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
http://www.elwatan.com/hebdo/histoire/a ... 86_161.phpil est le dernier des bandits d’honneur : Ahmed Gadda ou la mémoire des Aurès
Ils étaient seize à faire la loi dans les Aurès. Seize «bandits», pour le colonisateur français, qui ont rejoint le maquis de 1946 à 1954 pour l’honneur du peuple des Aurès. «Les bandits d’honneur» menaient, sans aucune aide, leur révolution bien avant le groupe des 22. En 1950 ils étaient condamnés à mort. En véritable Arsène Lupin, ils volaient et menaçaient les riches caïds, redistribuaient les butins, régulaient même la vie sociale.
On les connaissait, on avait confiance en eux. Hocine Berhayel, Grine Belgacem, les deux frères Ben Salem Habachi de Ain Mlila, Dernouni Ali… et parmi eux, le jeune homme Ahmed Gadda, déjà véritable révolutionnaire à l’âge de 13 ans. Il est leur unique représentant encore parmi nous, le dernier bandit d’honneur, Ahmed Gadda, 80 ans et un état de santé très dégradé, résiste encore à la falsification de l’Histoire. Dans sa maison, située à l’entrée de la commune de Tazoult (10 km à l’Est de la ville de Batna), il nous a accueillis avec le sourire, bien qu’affaibli, alité et ne parlant qu’en salves balbutiantes, ne nous consacrant de son temps que celui décidé par sa santé défaillante.
Il s’est efforcé, alors, à raconter «la véritable Histoire», sa version des faits. «Il a toujours été très critique vis-à-vis de la falsification de l’histoire. Il ne critiquait pas le système actuel puisqu’il voyait que la cause d’un tel dérapage n’était nulle autre que cette falsification. Ça lui a coûté sa santé car il a eu un AVC suite à la célébration du 60ème anniversaire de la déclaration de la révolution à Alger. Il s’était énervé à cause des contrevérités proférées devant lui», nous a confié son fils Samir.
Exceptionnel, ce grand monsieur de l’Histoire des Aurès et de l’Algérie, originaire de Chenouara ( Tkout), est le plus atypique des Moudjahidine. Franc, direct, sans concession et surtout sans butins de guerre tiré par une quelconque légitimité historique il raconte qu’ «en 1946, tout le monde avait peur des caïds. À l’âge de 13 ans, je leur adressais des lettres de menaces.
J’ai été arrêté et emprisonné pendant 15 jours avant que Hocine Berhayel ne menace ces caïds pour qu’ils me laissent sortir. Ma fuite a donc été organisée et c’est là où j’ai rejoint le maquis». L’horreur de la colonisation était telle qu’à son très jeune âge, il avait décidé de lutter à n’importe quel prix. C’est pour cela qu’après son évasion. Il a vendu 4 terrains de plusieurs hectares pour une somme dérisoire. Avec cette dernière, il a pu s’acheter une arme et rejoindre les 15 autres compagnons.
Le congrès de la soummam
Au 1er novembre il avait 19 ans et presque sept ans derrière lui au maquis. Sur cela, il dira que «Benboulaïd a fait confiance aux bandits d’honneur, vu leur courage et ce qu’ils avaient déjà accompli», précisant que «Personne ne nous commandait. Certes, Mostefa était responsable de région, mais nous étions autonomes. Je m’occupais d’une opération à Biskra».
Le congrès de la Soummam, considéré par beaucoup comme pierre angulaire de la révolution algérienne, n’est que «Mou’tamar essoumoum» (congrès des poisons) pour notre interlocuteur. «Benboulaid nous a envoyé en Kabylie quelques mois avant la Soummam. C’est le colonel Amirouche qui nous avait accueillis alors, et a pris soin de nous. Krim Belkacem, lui n’a pas voulu nous recevoir. C’est là où j’ai su qu’il convoitait le commandement. Le congrès de la Soummam est contre l’Algérie.
Ses membres ont désigné un commandement avec qui nous n’étions pas d’accord. Ils se sont attribués les bons rôles et ont volé le pouvoir, alors que le pouvoir est au peuple et c’est la position que nous défendions». Contrairement à la majorité écrasante des moudjahidine, M. Gadda n’a pas voulu de poste de responsabilité après l’indépendance. «À 22 ans, j’ai «divorcé» avec les responsabilités», s’amusait-il à dire.
Durant sa vie, il a occupé le poste de président de l’union des commerçants, «pour aider», selon son fils. Bien qu’une aide lui ait été proposée par plusieurs responsables, pour une hospitalisation en 24h à l’hôpital d’Ain Naâdja, M. Gadda Fidèle à ses principes, l’a refusé.
Ahmed Gadda faisait partie des bandits d’honneur avant la révolution. Après l’indépendance, il a vécu en Homme d’honneur, et le sera jusqu’à son dernier souffle.
Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
http://www.elwatan.com/hebdo/histoire/s ... 70_161.phpCherouati Noureddine. ancien moudjahid, militant de la cause nationale : si la casbah m’était contée…
Dans l’histoire de la résistance de La Casbah à l’oppresseur, dans ce haut lieu de militantisme, il est des faits qui restent gravés à jamais dans les mémoires.Ces faits, ce sont des hommes pleins de foi et de détermination qui les ont accomplis à leur corps défendant. Ceux qui ont survécu gardent les séquelles des sacrifices consentis.
Certains ont franchi le pas en consignant «leur» histoire et leur parcours. D’autres n’ont pu le faire pour des raisons qui les concernent. Ceux-là, les «oubliés», ou les anonymes, ont préféré se retirer l’indépendance acquise, considérant que le devoir sacré pour lequel ils s’étaient dévoués n’avait plus sa raison d’être, puisque le plus bel acquis, la liberté était là et bien là.
Ces «oubliés» sortent de l’ombre grâce aux témoignages de leurs pairs qui leur rendent les hommages qui leur sont dus.
Ainsi, le moudjahid Rachid Ferhaoui, militant de la Zone autonome, n’a pas manqué dans son ouvrage autobiographique de mettre en lumière que «ces moudjahidine dont la majorité venaient juste de dépasser le cap de l’adolescence, mais étaient conscients de la lourde mission qui était la leur» sont légion, comme la famille Cherouati qui, malgré les périls, s’est montrée héroïque, à l’image de Noureddine Cherouati, dont le parcours est édifiant ! Frère aîné de «Lyes Soustara», ancien condamné à mort. Natif de La Casbah le 3 février 1930, Noureddine a grandi à la rue de la Marine et à Djamaâ lihoud. Il a fait l’école de la rue du Divan et Sarrouy. Mais c’est le monde du travail qui le happe alors qu’il entre à peine dans l’adolescence.
Il apprend la mécanique, puis devient routier et effectue de longs trajets comme convoyeur. Mais avant ces péripéties, il fait la connaissance de la Maison de redressement de Birkhadem, où il est consigné pour «chapardage». «C’est là que j’ai connu mon ami Saïd Touati, que Dieu ait son âme». Ils activent ensemble dans le giron de la jeunesse du MTLD, dont la section de quartier a été confiée par Krim Belkacem à Basta.
Imprégné de l’idéal révolutionnaire, Noureddine prendra part aux multiples actions déclenchées dès 1955, comme par exemple l’attentat contre le policer Lazib, avec Rabah, Kab et d’autres…
Après l’accrochage de Tiberguent, dans l’Atlas blidéen, Noureddine est arrêté avec une dizaine de ses compagnons. Il fera les prisons de Damiete, de Blida, de Cherchell, de Gouraya, d’Orléansville et de Paul Cazelles. «C’est dans cette dernière prison que j’ai rencontré Mahmoud Henni et Mahdi Ben Kanoun». En évoquant ses souvenirs, Noureddine fait savoir qu’il habitait la même demeure que le moudjahid Bibounia et que Ali la Pointe était son ami de jeunesse. «Ce n’était pas un proxénète, comme l’ont écrit certains malintentionnés, c’était un homme déterminé.
Quant à ses camarades, Letabi et Kab, guillotinés, il leur voue respect et admiration et prie Dieu, à l’instar de tous les chouhada de les accepter dans Son Vaste Paradis.» Noureddine évoque avec émotion les horreurs de la guerre, les tortures qui ont mis à nu les atrocités de la soldatesque coloniale.
Il citera les frères Brakni, morts les armes à la main à Boussenan, près de Miliana, lors d’un accrochage et dont les corps ont été brûlés par les paras ! L’éveil de Noureddine à la conscience nationale s’est fait naturellement, presque mécaniquement «du fait des exactions, de l’attitude discriminatoire et raciste des occupants dont le mépris à l’égard de la population ‘‘indigène’’ était révoltant». Noureddine a activé avec Baghdad le «Chinois» qui avait le contrôle des groupes et était le cerveau des attentats. Ces groupes comptaient aussi des sportifs, comme le boxeur Zerfaoui ou le footballeur Hahad.
Parmi les regrets de Nourdine, la grève des 8 jours qui a été, selon lui, une «catastrophe». A deux jours, c’était possible, mais la durée nous a complètement coupé les jambes. La preuve, toute la Zone autonome a été démantelée. Noureddine évoquera l’attentat du bar de Joinville, et d’autres faits qu’il contera avec moult détails, en mettant en évidence leurs auteurs, comme Saïd Touati, Saïd la lavette, Saïd le balafré ou encore Saïd salamalikoum ou la bombe du stade d’El Biar et le courage inouï de Baya Hocine.
A l’indépendance, et après un court intermède au sein de la police nationale, qu’il a quittée «parce que je voyais des choses qui ne me plaisaient pas et qui ressemblaient aux pratiques que nous avions vécues dans notre chair», Noureddine trouve un boulot en tant que chauffeur au TNA que dirigeait son ami Mohamed Boudia. Il exerce par la suite à la SNIC, aux transports, avant de prendre sa retraite en 1982. Tout en s’occupant de la kasma FLN de La Casbah. Noureddine vit à Alger entouré de l’affection des siens.
Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
http://www.elwatan.com/hebdo/histoire/d ... 69_161.phpBenzoura Lahouari : Dans les rangs de l’ALN à 17 ans !
Il a gardé l’élégance de ses 20 ans, avec son bagout et sa mémoire fertile, qui nous conte l’histoire d’un déserteur mineur qui a rejoint les transmissions de l’ALN à l’âge de 17 ans. Lui, c’est Benzoura Lahouari, militant de la cause nationale, né le 18 mai 1943 à Aïn Témouchent. Après des études primaires dans sa ville natale, il rejoint l’école militaire de Koléa jusqu’à l’obtention de son BEPC. Il est promu à des études de technicien dans une grande école militaire de transmissions à Montargis, en France. Rattrapé par les événements, il déserte l’armée française alors qu’il n’avait que 17 ans et décide de rejoindre l’ALN au MALG
Il active quelques mois dans la Fédération de France du FLN au Comité de soutien aux détenus et leur famille (CSD) avant de quitter clandestinement la France. Il se retrouve à la frontière algéro-marocaine où, grâce à ses compétences acquises et une formation accélérée, il est désigné pour travailler comme technicien radio le jour au CITT et le soir de 18h à 22h dans la station radio de la base Larbi Ben M’hidi, «La voix de l’Algérie libre et combattante».
Après l’indépendance, il occupera plusieurs fonctions au ministère des Finances, avant d’être élu député de la wilaya d’Oran. Affable et courtois, Lahouari, dont la réserve confine à la timidité, parle rarement de son parcours. Il l’a fait pour nous : «L’événement déclencheur qui est venu bouleverser ma vie d’adolescent s’est produit le 9 décembre 1960 quand, en réponse à la déclaration du général de Gaulle, qui avait affirmé que l’Algérie était française.
La population de Aïn Témouchent lui avait répondu par les cris de : Algérie algérienne, nous voulons l’indépendance.» Ces manifestions du 9 décembre 1960 à Aïn Témouchent ont marqué à jamais la conscience de la population algérienne et seront suivies le 10 décembre par une grande manifestation populaire à Oran et le 11 décembre à Alger.
«Après avoir vu à la télé française les scènes de révolte, j’ai pris spontanément la décision de déserter et de rejoindre la Fédération de France du FLN à Paris. Recherché pour désertion par la gendarmerie française, j’ai été transféré à l’ALN frontière ouest via la délégation du FLN à Bonn (Allemagne)». Lahouari raconte avec les menus détails sa désertion, sa rencontre avec le chef de zone, Timsiline Mohand Akli, et ses nouveaux amis déserteurs de l’école d’infanterie de Strasbourg, anciens élèves de l’école militaire de Koléa, comme lui.
A la frontière ouest, où il est affecté en qualité de technicien de maintenance, Lahouari ne tarira pas d’éloges sur son supérieur Melouk Mohamed dit Sabri et sur Si Mebrouk (Boussouf), qui fut le maître d’œuvre du MALG. Lahouari a eu aussi l’honneur de rencontrer le colonel Athmane, chef de la Wilaya V, qui s’avère être un enfant de son quartier à Aïn Témouchent. A tous ces hommes, il rend un vibrant hommage, comme il le fait pour la base Ben M’hidi, où il se rendait tous les jours à 18h pour l’animation de la radio «La voix de l’Algérie libre et combattante».
On se rappelle avec émotion de la voix déterminée de Aïssa Messaoudi et ses camarades qui furent sans doute un appoint précieux pour les moudjahidine, «La voix de l’Algérie libre et combattante » rayonnait à travers le monde et nul ne pouvait l’étouffer. Bien plus, on ne soulignera jamais assez le rôle de l’Algérie combattante dans la formation de révolutionnaires africains. «A ce propos, je note que la dernière promotion d’opérateurs radio de septembre 1961 à décembre 61 était constituée d’universitaires camerounais venus de France et que j’ai accompagnés au centre d’instruction de Kebdani pour une formation de guérilla de sabotage.
Des Angolais sous le commandement d’Agostino Neto, qui allait devenir président de son pays, s’apprêtaient à prendre le départ en 1961 pour l’Angola pour y combattre le colonisateur portugais. Ceci pour dire que l’ALN dans toutes ses structures a formé des Africains. En 1961, Nelson Mandela est venu en personne visiter les centres de formation de Zegangan et de Kebdani.
C’est de là que sont nées les relations entre l’ALN et la future ANC». Lahouari soulignera qu’avec ses camarades, ils ont travaillé d’arrache-pied pour pourvoir aux besoins des autres secteurs de l’ALN. «Avec beaucoup de réussite, souligne-t-il, avec fierté». Il mettra en évidence la présence d’hommes exceptionnels, comme Melouk Telidji (commandant Omar), Abdelkader Chanegriha dit Tchang et Messaoud Zeghar dit Rachid Casa.
Lahouari se souvient du dernier stage effectué sous la houlette de Sabri : «C’était un stage de formation effectué à l’Ecole des télécommunications marocaines à Rabat, d’avril 1962 au 2 juillet 1962. Il y était avec Brixi Abderzak, Kamel Belhabib, Derdak Abdelhafid, Achour Ahmed, Ksouri Mohamed, Fehim Ahmed et Bouzourene Ali. Ces éléments faisaient partie de la station radio du Nador et de la Base de l’Est.»
«Après le stage, nos rentrâmes précipitamment par avion de Rabat à Alger avec tous les services des transmissions de l’ALN, nous rejoignîmes le siège du gouvernement provisoire algérien présidé par Abderrahmane Fares à Rocher Noir. Mais pendant les mois qui ont suivi cet événement, les éléments des transmissions de l’ALN étaient livrés à eux-mêmes à Rocher Noir en raison du différend entre l’état-major et le GPRA.»
A l’indépendance, Lahouari n’avait pas encore 20 ans ! Démobilisé des rangs de l’ALN, il a eu des responsabilités au ministère des Finances après avoir reçu une formation en fiscalité, en comptabilité et en législation financière. Il a été élu député d’Oran lors des premières législatives. Il a pris sa retraite en tant que cadre supérieur de l’Etat en 1990. Il coule une retraite paisible parmi sa famille.H.T.
Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
http://www.aps.dz/les-breves/breves-alg ... amed-saikiDécès du Moudjahid Mohamed Saiki
ALGER - Le moudjahid Mohamed Saiki est décédé mercredi à Paris (France) à l'âge de 83 ans des suites d'une longue maladie, a appris l'APS auprès du ministère des moudjahidine.
Né le 11 décembre 1932 à Sour El-Ghozlane (Bouira), le défunt a rejoint le mouvement national à un jeune âge dans les rangs des Scouts musulmans algériens (SMA) avant de rejoindre l'Armée de libération nationale (ALN) en 1956 dans la région de Bouira où il a gravi les échelons de la hiérarchie des responsabilités. Connu pour sa compétence, il a été promu au grade de capitaine, responsable de la zone IV dans la wilaya 4.
Après l'indépendance, Mohamed Saiki a assumé plusieurs fonctions dont celle de membre de l'Assemblée nationale constituante. Il a été également élu secrétaire national de l'organisation nationale des moudjahidine (ONM) et membre du conseil national des moudjahidine.
Le défunt s'est consacré à la collecte des documents historiques sur la guerre de libération en transformant son domicile familial en un musée dédié aux chercheurs et aux jeunes qui s'intéressent à la révolution.
Le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni a présenté ses sincères condoléances à la famille et aux compagnons d'armes du défunt, priant Le Tout Puissant de l'accueillir en son vaste paradis et d'assister les siens en cette douloureuse épreuve.
Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
http://www.aps.dz/algerie/17220-la-gr%C ... enne-bitamLa grève des 8 jours a contribué à l'internationalisation de la cause algérienne (Bitam)
LGER- La grève des 8 jours, enclenchée le 28 janvier 1957 a favorisé l'internationalisation de la cause algérienne et fait entendre la voix de l'Algérie dans les fora internationaux, a affirmé jeudi à Alger le Directeur du musée national du Moudjahid, Mustapha Bitam.
Lors d'une conférence consacrée à la grève des 8 jours, M. Bitam a indiqué que "le mouvement a contribué à l'internationalisation de la cause algérienne, et a fait entendre la voix de l'Algérie combattante dans les foras internationaux, notamment à l'ONU".
La grève des 8 jours à la quelle avait appelé le Front de libération nationale (FLN), avait coïncidé avec l'ouverture de la session de l'ONU, ce qui a favorisé la promotion de la cause nationale au niveau international.
Les participants à la rencontre ont évoqué les différentes étapes ayant préludé à ce mouvement, à commencer par la proposition de la grève par Abane Ramdane devant les membres du comité de coordination et d'exécution jusqu'à l'observation de la grève.
Un documentaire contenant des témoignages vivants de proches de chouhada sur le parcours militant de certains symboles de la révolution algérienne, a été projeté à l'occasion du 58ème anniversaire de la grève des 8 jours.
Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
http://www.elwatan.com/hebdo/histoire/u ... 07_161.php4 février 1958 à El Horane : Un extraordinaire fait d’armes
Il s’agit de l’une des actions les plus audacieuses réalisées il y a 57 ans, en pleine guerre de Libération nationale, dans une contrée semi-désertique réputée paisible et où personne n’avait imaginé qu’elle pouvait avoir lieu. Elle le fut pourtant, grâce au courage exceptionnel de tous les acteurs de cet extraordinaire fait d’armes qui s’était soldé par une éclatante victoire que d’aucuns ont par la suite qualifié de «coup de tonnerre dans un ciel sans nuages» étant intervenue dans le bassin du Hodna, une région au relief plat et dépourvu de toute végétation et où ne parvenait que rarement le bruit des «événements d’Algérie». C’est pourquoi, il est important aujourd’hui d’immortaliser cet exploit audacieux et de rendre hommage à tous ceux qui y ont participé en publiant ce témoignage poignant qui relate, dans ses moindres détails, sa conception et son déroulement.
Dans cette région rurale à vocation agropastorale, où la population était majoritairement hésitante lorsqu’elle n’était pas totalement vouée à l’influence des Messalistes, la stratégie définie pour gagner son ralliement définitif en faveur de la cause nationale et l’inciter à rejoindre la lutte armée fut de procéder à une série de sabotages des lignes téléphoniques et électriques qui bordent la route reliant M’sila à Hammam Dalâa où était implanté un important et stratégique poste militaire (poste El Horane).
Puis, après avoir constaté ces destructions, les soldats français, comme à leur habitude, étaient venus rechercher les saboteurs parmi les malheureux habitants accusés d’en être les auteurs, avant d’investir brutalement l’intimité de leur domicile, en les réprimant sans discernement et sans le moindre ménagement… Comme ce fut d’ailleurs le cas partout en Algérie, où la cruauté légendaire de l’armée coloniale française à l’égard de la population était semblable.
Elle ne pouvait au demeurant trouver vengeance qu’auprès de l’ALN, capable de rendre coup pour coup et d’assurer sa protection ! L’enjeu étant capital pour arriver à bout du cauchemar colonial, il n’y avait, malheureusement, pas d’autre choix stratégique pour convaincre et rallier cette population au combat libérateur ! D’ailleurs, à partir de ce jour-là, les djounoud étaient bien accueillis et de nombreux volontaires étaient venus renforcer les rangs de l’ALN. Il s’agit d’une opération visant l’enlèvement du poste militaire ennemi d’El Horane, au village de Hammam Dalâa (M’sila), distant de 25 km de M’sila et d’autant de Beni Ouagag, lieu choisi pour le regroupement et le repliement de nos forces. En fait, ce camp militaire abrite le poste de commandement (PC) du 2e escadron du 8e régiment des Spahis. Il est défendu par 33 hommes, dont 2 gardes forestiers sous le commandement du lieutenant Olivier Dubos, celui-là même qui, on s’en souvient, avait participé au massacre des habitants de Melouza, le 28 mai 1957.
Le plan d’attaque élaboré dans le secret total avec l’aval du colonel Amirouche et sous le commandement du lieutenant Mustapha Nouri, adjoint politique de la zone 2, avait débuté le 4 février, par le regroupement de deux compagnies dans la forêt de Beni Ouagag. Il s’agit de la troisième compagnie du Bataillon de choc de la Zone II, une unité d’élite commandée par l’aspirant Mohand Arezki Ouakouak, et la compagnie de la Région II.
Cette dernière restera en couverture à la limite de son secteur à Beni Ouagag, tandis que l’autre se mettra en route pour rejoindre, à la tombée de la nuit, le lieu de rendez-vous non loin du poste d’El Horane où la compagnie de la Région I attendait. Les djounouds, mis au courant juste avant de quitter Beni Ouagag, avaient accueilli la nouvelle avec enthousiasme en se déclarant prêts à en découdre avec les soldats du poste militaire.
La compagnie de la Région I, sous les ordres de l’aspirant Naïmi Benghoche, était déjà sur place, attendant dans les environs du poste. Il y avait là, également, le comité de région, en l’occurrence : son chef, le sous-lieutenant Rabah Beldjerb et ses adjoints, les aspirants Saïd Saoud dit l’Autchkiss, Aïssa Hebid dit Aïssa Blindé et Boubekeur Messaoudi. La réalisation de ce plan d’attaque fut entièrement confiée à la compagnie de la Région I, ce qui est parfaitement logique, dès lors que l’action se déroulait sur son territoire, renforcée en cela par les troupes d’élite de la troisième compagnie du Bataillon de choc. Il faut savoir que la préparation avait reposé sur les contacts avec l’élément principal, le sergent-chef Spahis Mohamed Zernouh (1) qui faisait partie du personnel du poste d’El Horane.
Elle fut menée quelques mois auparavant par les responsables de la Région I, notamment le sergent-chef des renseignements et liaisons, Abdelhafid Adouane, et son chef hiérarchique, l’aspirant Boubekeur Messaoudi. Cependant, grâce à sa complicité, Mohamed Zernouh avait fait preuve d’un courage exceptionnel en faisant parvenir munitions et renseignements à l’ALN avant de permettre à nos unités d’envahir et d’enlever le poste. Pendant ce temps, le lieutenant Mohand Ourabah Chaïb, chef du Bataillon de choc, se trouvant au village d’Ivehlal, au douar Beni M’likheche (Tazmalt), s’apprêtait à dresser une embuscade aux goumiers du poste de Taghalat, afin de créer la diversion avant de l’annuler, très vite, en apprenant que le douar Beni M’likheche, niché sur le flan sud du Djurdjura, allait être la destination stratégique (deuxième étape) pour les attaquants du poste d’El Horane.
Voici comment le plan d’attaque avait été élaboré et mis en œuvre : trois sections d’appui furent placées en embuscade le long de chacune des routes menant au poste afin d’intercepter les renforts éventuels. Chacune d’elles étant commandée par le lieutenant Mustapha Nouri, le sous-lieutenant Rabah Beldjerb et l’aspirant Aïssa Hebid, tandis que les autres sections, scindées en quatre groupes, dont chacun était mis sous les ordres d’un aspirant, en l’occurrence : les aspirants Naïmi Benghoche, Saïd Saoud, Arezki Ouakouak et Hamid Mezaï ayant pour mission de donner l’assaut aux objectifs fixés à l’avance, à savoir le réfectoire, la cuisine, le dortoir, l’arsenal et les sept véhicules blindés.
A la tombée de la nuit, l’assaut fut alors donné aux groupes qui se ruèrent vers leurs objectifs respectifs après que Mohamed Zermouh eut ouvert le portail et neutralisé la sentinelle. C’est à ce moment précis que les Spahis, se trouvant dans le dortoir, s’apprêtent à rejoindre leurs collègues, déjà installés au réfectoire pour le dîner, ne se doutant pas de ce qui se trame autour d’eux, à l’intérieur du poste. Puis, en se rendant compte soudain de l’envahissement de leur cantonnement, les Spahis, décidés à résister, se sont aussitôt barricadés à l’intérieur du réfectoire avant d’ouvrir un feu nourri à travers la porte, blessant à l’épaule l’aspirant Saïd Saoud, dans sa tentative insensée de forcer l’entrée de la cuisine, et tuant Belkacem Adnène (N’Charfa), au moment où celui-ci entrait dans le dortoir. Pour éviter de perdre du temps et en attendant la reddition des assiégés, toutes les armes entreposées dans l’arsenal, les mitrailleuses de calibre 12-7 et 30, montées sur les véhicules blindés, des caisses d’armes et minutions, ainsi que deux mortiers avec leurs obus furent chargés sur des mulets.
Ces derniers, mobilisés pour la circonstance et conduits par leurs propriétaires (des civils habitants la région), étaient venus attendre leur tour à proximité du poste pour recevoir leur précieux chargement. Le fabuleux butin comptait aussi des fusils américains «garant», des mitraillettes Mat 49, des pistolets Mac 50, des obus de mortier et des caisses remplies de munitions, de grenades et de mines antipersonnel. A l’issue de laborieux pourparlers menés adroitement en brandissant la menace de les brûler vifs, en aspergeant le réfectoire avec du mazout, les 17 assiégés survivants, des jeunes appelés du contingent, dont un garde champêtre algérien, à leur tête le chef de poste, le lieutenant Olivier Dubos, finirent enfin par se rendre et sortir l’un derrière l’autre, les mains sur la tête en laissant derrière eux les corps de leur 18 camarades tués au combat.
Le convoi composé de 63 mulets chargés d’armes et de munitions, (chacun de ces mulets est conduit par son propriétaire), avait finalement pris le départ vers minuit en direction de la base de repli, dans la forêt de Beni Ouagag qu’il avait atteint avant l’aube, après une marche forcée de six heures, suivi de près par les combattants et les prisonniers restés légèrement en arrière. Avant de quitter le poste et disparaître dans l’obscurité, les locaux, les fûts de carburant et les 7 véhicules blindés furent la proie d’un immense brasier, dont la lueur des flammes était visible depuis la ville de M’sila.
Peu après le départ du convoi, un avion de reconnaissance avait tournoyé au-dessus du poste en flammes. Le même avion était revenu, le lendemain matin, survoler vainement tout le secteur, jusqu’à la lisière de la forêt de Beni Ouagag, à la recherche de traces éventuelles qu’aurait laissées le convoi. Nous avions appris plus tard par la presse locale que l’un des gardes forestiers avait réussi à s’échapper en se dissimulant dans le conduit de la cheminée. L’arrivée du convoi à Beni Ouagag fut célébrée avec joie par tous les présents.
Les prisonniers, épuisés par la marche forcée et une nuit sans sommeil auxquelles ils avaient été soumis, sont maintenant au repos, sous bonne garde des djounoud de la compagnie de la Région II, pendant que les responsables, sous l’autorité du lieutenant Mustapha Nouri, établissaient l’inventaire détaillé du butin. Pendant ce temps, l’ennemi, désemparé après ce fait d’armes extraordinaire auquel il ne s’attendait nullement, se démenait pour savoir comment retrouver la trace des «assaillants» et dans quelle direction les rechercher.
Faisant preuve d’intelligence, les organisateurs avaient choisi Beni Ouagag, comme lieu de repli, sachant que les stratèges ennemis allaient écarter cette destination de leur objectif au motif qu’elle paraissait irréalisable pour qu’un convoi lourdement chargé puisse franchir une distance aussi grande avant le lever du jour.
De plus, l’idée de faire usage de mulets pour le transport des armes et des munitions n’ayant pas été prise en compte et pendant qu’ils fouillaient partout dans la direction opposée, le convoi était déjà bien loin avant qu’ils se rendent compte de leur méprise. Après une journée de repos, le convoi, conduit par la compagnie du Bataillon, reprit la route dès la tombée de la nuit en direction du flanc sud du Djurdjura en profitant du couvert forestier qui sépare Beni Ouagag de Tamelaht pour traverser de nuit, à hauteur de Beni Mançour, les lignes de chemin de fer, l’Oued Sahel et la route nationale.
Derrière nous, un troupeau de chèvres fut déployé pour effacer les innombrables empreintes de pataugas pouvant être repérées par les patrouilles de la garnison de Tazmalt. Quant aux deux autres compagnies restées à Beni Ouagag, chacune d’elles avait rejoint ses bases. Le convoi emprunta un itinéraire qui dérouta les forces françaises, lesquelles avaient pourtant mobilisé de nombreuses troupes à la recherche des prisonniers et du fabuleux butin.
Il traversa ensuite la région d’Iouakouren, jusqu’à Aït Mlikheche où il récupéra le reste du bataillon de la Zone II et son chef, le lieutenant Mohand Ourabah Chaïb, avant de poursuivre paisiblement son chemin à la faveur de la nuit pour atteindre le douar Ighram (Akbou), où il séjourna pendant deux jours, le temps de décharger et de dissimuler une partie du butin, et d’exhiber les prisonniers à la population.
Après cette halte salutaire, le convoi poursuivra son chemin en direction de la forêt d’Akfadou, en passant par le douar Chellata et celui d’Ouzellaguen. Au sixième jour, le convoi arriva enfin à sa destination, accueilli par le colonel Amirouche manifestement satisfait de ce coup terrible porté à l’ennemi.
Au fur et à mesure de la progression et à chaque étape quelques mulets sont délestés de leur chargement que le chef du village dissimulera dans des abris souterrains. Leurs propriétaires, des sympathisants de la région de Hammam Dalâa, Dréat et Khrabcha, libérés d’une mission fièrement accomplie, retournèrent chez eux, en toute quiétude, enfourchant leur mulet sans susciter le moindre soupçon. L’enlèvement du poste militaire d’El Horane est, sans conteste, l’une des actions les plus spectaculaires réussies par l’ALN.
Aujourd’hui, nous sommes persuadés que ce haut fait d’armes réalisé par les combattants de la Zone II de la Wilaya III marquera les mémoires pour la postérité. Mais qui s’en souvient aujourd’hui en dehors des gens de la région qui ont vu ce qui s’était passé ? Qui le commémore ? Qui parle de cet acte héroïque qui a marqué nos
esprits ?
Notes :
(1) Né en 1924 à Zaafrane (Djelfa), il sera nommé plus tard lieutenant, chef du Bataillon de choc de la Zone II, en remplacement du lieutenant Hocini Lahlou tombé au champ d’honneur lors de l’embuscade d’Izouel (Tikjda) le 28 mai 1958 après avoir lui-même succédé à Chaïb Mohand Ourbah mort au combat à la fin février 1958 dans la bataille d’Ouzellaguen. Zernouh Mohamed conduira ensuite le Bataillon de choc dans les Aurès en compagnie du commando Ali Khodja de la Wilaya IV où ils séjourneront jusqu’au début de janvier 1960. Il tombera au champ d’honneur à l’âge de 46 ans, en avril 1960, au milieu de ses djounoud dans une bataille près d’El Kseur (Béjaïa).
Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
http://www.lexpressiondz.com/actualite/ ... popee.htmlHAFID KERAMANE : Un repère d'une glorieuse épopée
Infatigable et tenace, Si Hafid a été un authentique tisseur de dialogues, d'échanges, de contacts et de liens assidûment affermis avec les populations de l'Hexagone
«Le souvenir, c'est la présence invisible» Victor Hugo
C'est au souvenir des historiques troupes artistiques et de l'équipe de football de l'Algérie combattante que nous tenterons de situer ce stratège de l'organisation et de la diplomatie de la Révolution algérienne à travers l'Europe, en application des directives du Congrès de la Soummam orientées vers l'action fondamentale d'information et de sensibilisation à dessein d'une internationalisation de la cause algérienne et de l'adhésion des nations éprises de liberté, à l'émancipation et à l'indépendance de son peuple.
Afin de compléter l'éloquente évocation de M.Karim Younès parue sur le quotidien Le Soir d'Algérie du 13 novembre 2014 et par devoir de mémoire, nous rappellerons un point d'histoire majeur, au double plan politique et diplomatique, quant à l'implication de la communauté internationale, face à la guerre de Libération nationale et au processus de décolonisation des peuples asservis pourtant solennellement affirmé après le cataclysme de la Seconde Guerre mondiale.
Un colonialisme décadent de cécité politique
Après le déclenchement du 1er Novembre 1954, la France colonialiste a présenté et qualifié l'événement d'«un tonnerre surgi dans un ciel serein», comble de cécité politique s'agissant de l'Algérie, un pays sous un joug d'asservissement barbare séculaire.
En réplique à cette indécente et mensongère déclaration d'irresponsabilité, des journalistes français de renom qui venaient de réaliser un reportage dans le Constantinois, ont assené un cinglant démenti à celle-ci par un compte-rendu qui a mis en lumière une réalité politique et sociale désastreuse d'un peuple opprimé soumis à un régime ségrégationniste, d'injustice et de répression.
Un souvenir d'enfance marquant à la Casbah d'Alger
Enfant âgé de 12 ans à cette période, je me souviens toujours et avec vivacité des commentaires de réjouissance suscités par ce reportage paru sur la revue L'Express auprès de voisins du quartier attablés en compagnie de mon défunt père dans le célèbre et populaire café Rabah Ougana à la Casbah d'Alger.
Les propos échangés étaient très significatifs et mobilisateurs, à l'exemple de celui qui est resté en mémoire: «Ceci est une vérité rapportée par des journalistes français dotés d'un courage exemplaire pour décrire une réalité constatée et vécue sur les lieux» et d'ajouter: «Ainsi le monde entier apprendra la justesse de notre lutte et soutiendra notre cause.» Ce survol de l'histoire est sciemment repris ici pour que la jeunesse sache la prépondérance et l'apport vital de la communauté internationale au rayonnement de la révolution algérienne à travers le monde.
C'est à cet impératif stratégique que s'est attelé Hafid Keramane dans une véritable oeuvre de mobilisation de l'opinion internationale sur le continent européen et particulièrement en Allemagne où il était le chef de la Délégation du FLN qui couvrait organiquement et territorialement l'Autriche, les Pays-Bas et la Belgique.
Infatigable et tenace, Si Hafid a été un authentique tisseur de dialogues, d'échanges, de contacts et de liens assidûment affermis avec les populations de l'Hexagone et essentiellement de personnalités de premier plan, qui ont avec dévouement et motivation, servi la cause nationale dans ces lointains pays d'Europe devenus, grâce à l'action militante d'efficients relais stratégiques de la résistance algérienne.
Ainsi, un retentissant événement a provoqué l'effet d'un séisme politique au sein du gouvernement français au cours du premier trimestre de l'année 1958, pendant les mois de mars et avril où les artistes et l'élite des footballeurs algériens établis en France et dont certains sélectionnés en Coupe du monde en Suède, ont répondu à l'appel de la Révolution en quittant massivement et spontanément la capitale française pour rejoindre Tunis.
Cette action spectaculaire qui a surpris le monde entier par son ampleur et sa témérité, a engendré un impact psychologique auprès de l'opinion, tant nationale qu'internationale, par la démonstration de sa géniale organisation et par le sursaut de mobilisation populaire qu'elle a impulsés au sein du peuple algérien.
Pour avoir pleinement vécu cet épisode marquant de la guerre de Libération nationale à la Citadelle d'Alger, nous avons tenu à pérenniser le souvenir de cet événement-phare à travers une large contribution descriptive de celui-ci publiée sur le quotidien El Watan des 15, 16 juillet et 09 octobre 2014 sous les titres «Mustapha Zitouni une légende» et «Aïssa Messaoudi la voix de la Révolution».
En la circonstance, nous rappellerons la liesse de joie qui était la nôtre, nous écoliers à l'époque et celle d'une population très éprouvée en cette année charnière d'oppression féroce et de terre brûlée colonialiste, magiquement revigorée et stimulée par ce qu'il faut psychologiquement qualifier de tonus révolutionnaire providentiel, induit par ce qui fût une glorieuse épopée de l'Histoire.
Voilà une des missions historiques à laquelle a grandement contribué Hafid Keramane dit Malek qui, avec le sens aigu d'organisateur qui était le sien, a su avec éclat signer avec ses compagnons un chef-d'oeuvre de diplomatie révolutionnaire qui a fait date pour demeurer un modèle pour la postérité.
Hafid Keramane remémoré à travers un vibrant témoignage
Pour nous remémorer cette importante phase de l'Histoire, nous sommes allés à la rencontre d'un des acteurs de celle-ci, le musicien de notoriété, Tahar Benahmed de la troupe artistique du FLN historique qui a bien voulu «actionner» sa mémoire par ce témoignage:
«J'ai vécu des moments surréalistes dus à la chronologie et à la rapidité liées à notre départ de Paris sur Bruxelles, première étape d'un périple dont la destination finale était Tunis.
C'est lors de notre transit à Boon en Allemagne que j'ai connu pour la première fois Hafid Keramane chef de la Délégation du FLN dans cette ville, qui nous a chaleureusement et fraternellement accueillis et exhortés à redoubler d'efforts pour représenter dignement la Révolution et le peuple algérien en lutte pour son indépendance.
Je me souviendrais toujours de sa touchante affection et de son affabilité réconfortantes témoignées à notre égard, lorsque reconverti officiellement pour l'efficacité et le secret de sa mission en diplomate de l'ambassade de Tunis, il nous remit des laissez-passer individuels tunisiens, indispensables à la poursuite du voyage.
Avec le recul, je peux affirmer aujourd'hui que cette action menée dans la stricte clandestinité, aux yeux et à la barbe des services de sécurité français est un véritable exploit par la perfection experte de son organisation, qui portera à jamais l'empreinte de son principal artisan Si Hafid Keramane dont le souvenir est resté gravé à jamais chez tous ceux qui l'ont connu et apprécié pour ses qualités humaines et militantes exceptionnelles.»
Témoignage captivant et émouvant à l'évocation d'un haut fait de lutte révolutionnaire, qui fut le vecteur de rayonnement de la révolution algérienne à travers les triomphales tournées de la troupe artistique et de l'équipe de football de l'Algérie combattante, à travers les pays visités, devenus amis et alliés à la cause nationale.
Hafid Keramane fut à cet égard un des artisans majeurs qui, des années durant, a essaimé le message et les valeurs de Novembre, auxquels ont adhéré des pans entiers de l'opinion internationale qui s'est activement engagée dans le combat libérateur du peuple algérien.
H'sissen et Hafid Keramane, un parcours de lutte et de grande amitié
Pour notre part, nous évoquerons avec compassion l'inoubliable souvenir de Hafid Keramane, que nous avions pu contacter grâce à l'amabilité de M. Ali Haroun un des dirigeants de la Fédération de France du FLN, en cette période. Ceci, afin de l'informer de l'aboutissement des démarches inlassablement effectuées, deux années durant, pour le rapatriement des restes d'une figure emblématique du patrimoine musical chaâbi, le chanteur H'sissen, militant, membre de la troupe artistique de l'Algérie combattante et ami intime de Hafid Keramane, décédé précocement à l'âge de 29 ans et enterré à Tunis le 29 septembre 1958.
Bien que terrassé par une insidieuse maladie et souffrant, Si Hafid Keramane qui n'a pu de ce fait être présent à l'émouvante cérémonie de réinhumation a pris téléphoniquement le relai du cimetière d'El Kettar pour vivre en direct l'événement dans les moindres détails de son déroulement.
Perceptiblement réconforté au son de sa voix par la dimension et l'impact de celui-ci, il a tenu à exprimer avec émotion ce sentiment d'exaltation en ces termes: «Je viens de vivre un moment de bonheur. Bravo et félicitations pour l'Association, ainsi qu'à tous ceux qui ont contribué à l'exaucement de ce voeu sacré qui me permettra, dès le moindre répit de ma souffrance, de me recueillir sur la tombe de mon fidèle ami et compagnon de lutte H'sissen ravi brutalement et trop tôt à notre affection.»
Hélas, la volonté divine fut autrement pour s'accomplir dans Sa Rahma et rappeler à Sa Miséricordieuse Clémence Si Hafid Keramane qui a rejoint son cher ami H'sissen 43 jours après sa réinhumation à l'humus de la douce terre de sa patrie natale et dans la tombe de sa mère qui a été consumée sa vie durant par la perte cruelle de son fils unique adulé.
Reposez en paix Si Hafid, vous voilà maintenant réunis avec H'sissen pour l'éternité par les liens fraternels du passé, dans l'univers céleste du Tout-Puissant qui vous accueillera Incha Allah en Son Vaste Paradis.
Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
http://www.depechedekabylie.com/nationa ... scite.htmlDans le cadre de la commémoration du 55ème anniversaire de sa mort (1895-1960): Imache Amar ressuscité
«L’œuvre écrite d’Imache Amar, une autre mémoire du mouvement national indépendantiste algérien (années 30)» est le thème de la conférence animée par le maître linguiste M. Chemakh Said, dans l’après-midi d’hier, au petit théâtre de la Maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou.
Un public nombreux est venu assister à hommage rendu à ce héros du mouvement national algérien, dont M. Chemakh a décortiqué le parcours et l’abnégation, qui ont commencé bien avant la création de l’Etoile nord-africaine. Le conférencier dira : «Depuis 1924, c’est à dire depuis le congrès des ouvriers nord-africains (CONA), le travail d’Imache Amar a été axé sur la sensibilisation de tous les ouvriers, d’abord ceux d’Algérie, puis ceux vivant en France ». En 1926, l’Etoile Nord Africaine (ENA) est née et l’indépendance de l’Algérie fut sa principale revendication. Mais la riposte des autorités françaises fut si brutale que l’Etoile Nord Africaine a été dissoute en Novembre 1929. «Le combat de l’ENA ne s’arrêtera pas là, sur initiative d’Imache Amar. Il créa en 1930 le journal El Ouma qui portera et défendra le combat pour l’indépendance », dira M. Chemakh. Il exposera ensuite la bravoure de cet homme qu’il qualifie de vrai nationaliste. D’ailleurs, précise l’orateur, «Imache Amar refuse d’intégrer le PPA, car pour lui, le nouveau parti a un programme trop en retrait par rapport à l’ENA… Là, il éditera sa première brochure (L’Algérie au carrefour, la marche vers l’inconnu), dénonçant le projet Blum-violette et la dissolution de l’ENA». Le combat d’Imache ne s’arrêtera pas là, dira M Chemakh : «Il publiera une 2ème brochure, à la veille de la deuxième guerre mondiale (l’Afrique dans l’angoisse) pour mettre en garde les Africains. «Nous devons faire face à un fléau beaucoup plus destructeur : le fascisme», disait-il. Imache en payera le prix fort. Les Allemands l’arrêteront jusqu’à la fin de la 2ème guerre mondiale». Après le 8 mai 1945, Imache dénonce les massacres commis à Setif, Kherrata et Guelma dans sa troisième brochure intitulée (L’heure de l’élite). M Chemakh dira également qu’Imache avait exhorté les hommes dans sa 4ème brochure (Cyclones sur le monde) à cesser de s’entretuer s’ils ne voulaient pas connaître une troisième guerre mondiale. M. Karim Salhi, enseignant en histoire, a quant à lui animé une autre communication intitulée «le rêve d’Amar Imache : une nation Algérienne enracinée dans son histoire ». Il dira que le héros a été victime d’ostracisme dans la mémoire collective : «Il est de notre devoir de rendre visible ce personnage et de communiquer son legs aux jeunes générations. Il faut savoir que ce héros national est victime de l’historiographie et de l’oubli…». M Salhi fera l’éloge de l’homme, disant qu’il est l’un des rares nationalistes à écrire en réaction à des événements et ce n’est pas une écriture poste, c'est-à-dire, d’une mémoire qu’il écrira doucement, tranquillement. D’ailleurs, ajoutera l’orateur, «son livre ’’L’Algérie au carrefour’’ montre qu’Imache a écrit en réaction direct aux différents événements. En février 1947, cet enfant d’Aït Mesbah décide de rentrer en Algérie. La prison l’a durement marqué. Il rédige sa dernière lettre d’adieu aux émigrés dans laquelle il les incite à s’unir, à s’aimer, à se solidariser et à dépasser leurs divergences pour n’avoir comme seul objectif que la libération de l’Algérie. Il adressera un second message aux militants du PPA qu’il met en garde contre le culte de la personnalité. En 1960, plus précisément dans la nuit du 6 au 7 février, Imache Amar quitta ce monde à jamais.
Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
http://www.aps.dz/regions/18181-baptisa ... uiga-gasmiBaptisation de la Base aérienne de Bousfer du nom du chahid Boutouiga Gasmi
ORAN - La Base aérienne de Bousfer (Oran) relevant de la 2ème Région militaire (2ème RM) de l'Armée nationale populaire (ANP) a été baptisée, mercredi, du nom du chahid Boutouiga Gasmi (1932-1958), a-t-on constaté.
La cérémonie de baptisation, tenue en présence de la famille du chahid, a été présidée par le général Abdelkrim Douaissia, Commandant Air à la 2ème RM, accompagné des colonels Rachid Cheblaoui et Amar Ouled-Diaf, respectivement commandant et chef d'état-major de la Base aérienne de Bousfer.
Plusieurs officiers supérieurs de l'ANP ont pris part à cette cérémonie, qui a permis d'évoquer le sacrifice des glorieux martyrs de la lutte de libération nationale ainsi que le parcours héroïque du chahid Boutouiga Gasmi.
Né en 1932 à Mouilah, dans la daïra de Ras El-Ma (Sidi Bel-Abbès), Boutouiga Gasmi a effectué sa scolarité au sein d'une école coranique, faisant montre dès son jeune âge d'une personnalité pétrie par le patriotisme et l'esprit de sacrifice.
Il milita de manière dynamique dans les rangs de l'organisation civile du Front de libération nationale, avant de rejoindre les rangs de l'Armée de libération nationale (ALN) en 1956.
Promu au rang de commandant adjoint de section, il participa à nombre de batailles livrées par l'ALN contre les forces coloniales, dont celle de Tagouraret puis de Ouargla (Tlemcen) qui le vit tomber au champ d'honneur en 1958.
L'attribution du nom de ce martyr de la révolution à la Base aérienne de Bousfer coïncide avec la célébration de la Journée nationale du chahid.
Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196
http://www.lequotidien-oran.com/?news=5209883«Le vaillant capitaine de l'ALN Wilaya 5, Si Zoubir» (Tahar Hammaïdyia) : Révolte ou désobéissance
L'histoire, le parcours, la bravoure et le destin d'un homme dont le caractère a été façonné tout au début d'une carrière militaire en Indochine, se trouve être dans une affaire de révolte ou de désobéissance face à ses supérieurs de l'état-major Ouest de la Wilaya V. Il s'agit de l'affaire Si Zoubir.
Lors de mes rencontres avec les moudjahidine de la Wilaya V, le nom du Capitaine Si Zoubir revenait dans leurs propos comme pour exprimer tantôt une sorte de remords parfois une situation liée à la raison d'Etat de notre Révolution qui avait ses principes qui, dans le contexte des événements, s'expliquent par ce sens de discipline dans la hiérarchie au-delà des humeurs et des égos.
Mais qui est Si Zoubir (Tahar Hammaïdyia), originaire du Sersou (Tiaret), né en 1931 à Oued Lilli dont le père était garde champêtre et propriétaire agricole. Orphelin de mère, il se trouva dans une situation douloureuse alors qu'il terminait sa seconde au lycée, quelque temps après il s'engagea dans l'armée française.
Il part en Indochine et de retour en 1955 en Algérie il est cantonné à Sébabna à la frontière algéro-marocaine. C'est là qu'il prend contact avec les moudjahidine de la zone 1 Wilaya V et réussit à nouer le contact avec l'ALN.
La base de Sébabna est une caserne très importante et il décide de préparer son projet pour s'évader avec l'armement lourd et léger avec ses éléments.
L'opération est menée après que Si Rachid Mostaghanmi ait donné l'accord. C'est un week-end le samedi 16 février 1956, la surveillance est allégée. Tandis que le chef de la caserne est absent, l'attaque fut donnée et l'évasion s'est faite en chargeant vingt mulets en armes lourdes et légères. C'est le premier armement lourd dont bénéficiera la Wilaya V. Ce fut un choc terrible pour l'armée française.
Si Zoubir était un baroudeur hors pair formé dans la guerre d'Indochine. Il avait mené de grandes batailles contre les troupes de l'armée française durant la guerre de libération nationale. Il était aimé et estimé par ses djounoud partageant avec eux la galette quotidienne.
Si Abdelhafid Boussouf découvre le lieutenant Si Zoubir ancien élève de l'école des sous-officiers et décide de l'envoyer en mission sous l'autorité d'Ali Haroun pour l'achat de l'armement.
Il part donc en expert et rencontre Si Haroun à Madrid où ils devraient partir ensemble au Mexique chez les négociants en armes. L'opération est tombée à l'eau du fait que Fidel Castro les a déjà achetées afin d'entreprendre l'attaque de la baie des Cochons.
Si Zoubir rentre au pays et rejoint Oujda avec ses éléments au maquis de l'Ouarsenis. Il a été affecté en zone 7 dirigée par le Capitaine Abdellaziz Bouteflika en novembre 1957. C'est là qu'il rencontre la moudjahida Leïla Ettayeb évoluant dans les montagnes de la zone 7.
Il décide de demander sa main qu'il épousera plus tard. Elle s'inscrira à la Faculté de Droit à Rabat. Quant à lui, Il est rappelé par les gens de l'état-major Ouest où il reçut le grade de Capitaine et sera affecté en zone 1 à Tlemcen.
L'affaire Si Zoubir éclate durant l'été 1959 avec les lignes Challe et Morice, les approvisionnements en armement faisaient presque défaut ce qui allait étouffer dans de nombreuses régions du pays nos djounoud.
Les maquisards trouvaient des difficultés même pour se ravitailler en denrées alimentaires. Si Zoubir se sentait asphyxié avec ses éléments. Pas d'argent, pas d'armes et les centres de regroupement séparaient la population du contact avec les moudjahidine.
COMMISSION D'ENQUETE POUR METTRE FIN A LA CRISE
Si Zoubir était un militaire pur et dur. Il décide d'affronter ses supérieurs et pénètrent Oujda sans se référer à sa hiérarchie. Ne pouvant convaincre Boumediene chef d'état-major Ouest, ni le Commandant Othmane à qui il voue un grand respect, il essaie de prendre contact avec Krim Belkacem alors ministre de la Guerre.
Il adopte une attitude de reniement avec ceux de l'état-major qu'il trouve vivant dans un luxe ostentatoire alors que les gens du maquis mouraient de faim.
Il se met en colère et rentre en dissidence. Cependant il reste en contact avec Krim Belkacem qui lui permettait de s'informer auprès de lui car le considérant comme un chef guerrier à qui il a pleinement confiance.
Alors qu'on lui demande de rentrer dans les rangs sans ses éléments, il se refuse de rejoindre seul l'état-major, dès lors il se heurte à un refus catégorique.
La situation dégénère et il est accusé d'indiscipline. Les Français veulent le gagner à leur cause et lui demandent de rejoindre l'armée française qu'il refusa. La crise prend de l'ampleur dans la Wilaya V.
A la fin de la réunion du CNRA qui tenait ses assises à Tripoli fin 1960, le GPRA ordonna la mise en œuvre d'une commission d'enquête pour mettre fin à la crise qui allait sévir dans la Wilaya V.
Abdellah Bentobbal accompagné de Mohammedi Saïd furent dépêchés et accueillis par Boussouf afin essayer de mettre fin à ce différend, mais leur visite s'est soldée par un échec.
L'INFILTRATION DES SERVICES FRANÇAIS DANS LA WILAYA V
Si Zoubir n'a pas obtempéré et les services français profitant de ce mécontentement dans les rangs de l'ALN, se sont infiltrés et finiront par intervenir en distribuant des tracts soutenant Si Zoubir, une sorte de " bleuillite " en installant une radio dissidente au nom de la Wilaya V.
La presse étrangère en a fit son scoop en parlant de redditions et de ralliements des djounoud. L'administration française est allée même séquestrer sa minoterie et le lopin de terre de Si Zoubir que lui laissa sa mère.
C'est Gadiri Hocine responsable du FLN au Maroc qui lui revient l'idée d'une médiation entre Si Abdellah Bentobbal accompagné de Chentouf Abderazak et Si Zoubir. L'entrevue aura lieu selon Gilbert Meynier le 19 février 1960 et Si Zoubir fait entrer ses troupes à Berkane à 60 Km d'Oujda et cette promesse sera tenue le 23 du même mois. Cette initiative m'a été confirmée par une proche parente de Si Hocine Gadiri.
HASSAN II ENTRE EN JEU EN MEDIATEUR
Le 24 février 1960 sous l'autorité du Prince Moulay Hassan, Si Zoubir sera placé sous le contrôle des Marocains se soumettant inconditionnellement aux directives du GPRA. Il sera transféré à Rabat le 27 du mois de février et placé sous la surveillance de la police marocaine. Mais il semblerait à l'époque que ses contacts avec les dissidents continuèrent. Son épouse Leïla Ettayeb, son bébé et sa grand-mère une semaine après seront transférées à Tétouan.
Elle n'aura plus de nouvelles. Elle sera accueillie par son oncle Abdeldjalil, adjoint de Boussouf, qui lui aussi était sous surveillance. Mme Leïla Ettayeb trouve une place d'enseignante de français à " Fkih Bensalah " à Tétouan. Elle retrouve au Maroc occidental Si Moussa Benahmed et Gadiri Hocine.
Le 02 août 1960 au terme d'un accord FLN/Autorités marocaines, Si Zoubir et son épouse furent livrés au Représentant de la mission algérienne au Maroc, qui les logea dans une dépendance de la résidence. Alors qu'il persistait dans l'agitation et le contact de ses éléments, il fut révoqué le 17 juillet 1960.
Il fut finalement arrêté par les hommes de l'état-major de la Wilaya 5 où un tribunal présidé par le Colonel Othmane le condamna à mort. Il fut exécuté d'un revolver par un soldat non initié à ce genre de tuerie qui tremblait pour lui porter le coup sur la tête. Sa mort ne fut connue auprès du GPRA par Hocine Gadiri quelque temps après. Ce qui entraîna la purge des éléments de Si Zoubir.
LES RETOMBEES DE L'AFFAIRE SI ZOUBIR AU SEIN DE L'ALN
Il faut retenir que l'affaire de Si Zoubir a fait l'objet d'un rapport à la session du CNRA Tripoli 2 en août 1961 et la réunion du CNRA Tripoli en juin 1962.
Peut-on conclure que l'affaire de Si Zoubir ait eu des conséquences sur la mort du Colonel Si Lotfi, ce bel homme, cet intellectuel, ce juste et intègre patriote.
De retour de Tripoli la mi-mars 1960 Si Lotfi continuait d'entretenir d'excellentes relations avec Si Zoubir ? La question reste posée. Seuls les acteurs de cette crise peuvent en dire les véritables raisons de cette dissidence.
Cette situation allait même accélérer le remaniement du GPRA et Ferhat Abbas sera reconduit dans ses fonctions de Président du Gouvernement provisoire. Mais Krim Belkacem devient ministre des Affaires étrangères. Le CNRA supprime le ministère des Forces armées et lui substitue le Comité inter-ministériel de la Guerre (C.I.G) composé du triumvirat à savoir : Boussouf Abdelhafid-Belkacem Krim-Bentobbal Abdellah.
LE CIG UN COMPROMIS ENTRE L'EMG ET LE GPRA
Le CIG dirige l'armée par l'intermédiaire de l'Etat-major général (EMG) dont la responsabilité a été confiée à Houari Boumediene. En faisaient partie notamment Ali Mendjli, Ahmed Kaïd dit " Slimane klata " et le Commandant Azzedine de la Wilaya IV.
L'Etat-major se réorganise de l'Ouest à l'Est où il fait libérer les condamnés du " Complot Lamouri " les Commandants Belhouachet, Draïa et Messaâdia et les font accompagner par Boutetflika à la frontière malienne d'où le surnom de " Abdelkader El Mali ".
L'ORGANISATION DE LA REVOLUTION AU SAHARA
Ils seront chargés d'implanter l'ALN parmi la population du Hoggar, du Gourara, du Tidikelt dans le grand Sahara. La cohésion et l'efficacité de l'ALN après la formation de l'EMG renforce la discipline des rangs de l'armée.
Il appartient aux acteurs de cette période notamment les chefs maquisards mais aussi ceux qui étaient proches d'éclairer les historiens pour réécrire ses pans de notre histoire en tenant compte du contexte de l'époque marqué par la clandestinité et le sens de la cohésion révolutionnaire.
Il s'agit de respecter nos morts et d'être dans l'esprit de notre religion les porteurs d'un Islam de pardon. Car dans la voie de notre combat libérateur, les erreurs humaines doivent trouver leur bénédiction auprès de Dieu à qui nous répondrons de nos actes. Celui qui fera un atome de bien le retrouvera et celui qui fera un atome de mal le retrouvera.
Que ceux qui ont vécu cette époque ont le devoir de dire et révéler ce qu'ils savent sur les hommes qui ont mené le combat pour la libération du pays.
Les citoyens ont le droit d'en connaître avec l'objectivité nécessaire la vérité historique loin de la délation et de la fitna, même si quelques fois des omissions involontaires dans la trame de la narration événementielle oublient l'essentiel.
La mort de Si Zoubir reste-elle une énigme tant il est vrai que notre Révolution aussi glorieuse qu'elle fut n'est pas indemne de cabales. Ces dernières nous ont fait perdre les plus probes et intègres, les grands hommes qui ont porté haut l'étendard de la liberté et de l'indépendance pour qui les générations se souviennent et défendent leurs mémoires.











