L’ancien chef de l’Etat a proposé de «coopérer» pour convaincre les Houthis d’accepter de négocier directement avec les Saoudiens,
qualifiés jusqu’ici d’«agresseurs» par les rebelles.
Après avoir quitté le pouvoir il y a près de quatre ans, Ali Abdallah Saleh demeure une des parties importantes de la crise que traverse le Yémen. Dans son intervention, dimanche, devant des membres de son parti, le Congrès populaire général (CPG), M. Saleh a refusé de participer au dialogue interyéménite pour arrêter la guerre civile. «Nous ne participerons pas au futur dialogue si la guerre ne s’arrête pas», a déclaré l’ex-Président, cité par l’AFP.
Et de poursuivre : «Si la guerre s’arrête, nous aurons des discussions avec l’Arabie Saoudite et non avec les délégués des fuyards.» A ses yeux, «la bataille n’a pas encore commencé» ; elle «commencera» si le gouvernement et la coalition sous commandement saoudien qui le soutient «ne choisissent pas le chemin de la paix».
L’ancien chef de l’Etat a proposé de «coopérer» pour convaincre les Houthis d’accepter de négocier directement avec les Saoudiens, qualifiés jusqu’ici d’«agresseurs» par les rebelles. En mai, Abdallah Saleh a déclaré avoir «refusé des millions de dollars» de l’Arabie Saoudite s’il se retournait contre les Houthis. Six jours de pourparlers interyéménites se sont achevés le 20 décembre en Suisse sans véritable avancée.
Bourbier
L’Organisation des Nations unies (ONU), qui parraine ces consultations, a annoncé un nouveau round pour le 14 janvier. Le quotidien koweïtien Al Qabas a indiqué hier que le Koweït a accepté d’accueillir le nouveau round de discussions. Des délégués du CPG ont participé aux premières négociations qui incluaient leurs alliés, les rebelles houthis, et des représentants du président Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenu par Riyad. Ce dernier a été contraint de fuir le Yémen pour l’Arabie Saoudite en mars dernier, alors que les rebelles menaçaient les forces progouvernementales dans la ville d’Aden, au sud.
Il est revenu au pays où les combats se poursuivent en dépit d’un cessez-le-feu décrété le 15 décembre pour coïncider avec les pourparlers en Suisse. Les Zaïdites ou Houthis, une branche chiite, ont pris la capitale, Sanaa, le 21 septembre dernier. Le 7 novembre, à l’initiative des Etats-Unis, le Conseil de sécurité de l’ONU a pris des sanctions contre l’ex-président Ali Abdallah Saleh et deux chefs houthis pour avoir provoqué l’instabilité du pays.
Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité, Washington a accusé l’ex-président Saleh d’«aller au-delà de la simple tentative de semer le chaos à travers le Yémen» en utilisant les Houthis non seulement pour «décrédibiliser le gouvernement, mais aussi pour créer un climat d’instabilité propice à un coup d’Etat». Le lendemain, le président Abd Rabbo Mansour Hadi est limogé de la direction du Congrès populaire général (CPG), parti dirigé par Abdallah Saleh. Il lui est reproché d’avoir sollicité l’ONU pour sanctionner son prédécesseur.
Abdallah Saleh est suspecté par ses adversaires d’alliance avec ses ennemis d’hier, les Houthis.
Pour preuve, l’attitude passive de ses partisans dans l’armée face à leur offensive pour la conquête de la capitale. Ce dernier avait indiqué, le 24 novembre 2014, à la chaîne de télévision égyptienne CBC Extra, n’avoir joué «aucun rôle» en la circonstance. (

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Il avait accusé son successeur d’avoir «amené» à Sanaa ces milices «pour combattre les Frères musulmans». Il a indiqué ne pas vouloir combattre les Houthis auxquels il a fait la guerre pendant dix ans sous sa présidence. «Je ne suis pas contre les Houthis car ils sont devenus une force politique dans le pays», a-t-il observé, appelant à «les impliquer dans les instances du pouvoir».
Amnay idir