Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-1962]

De l'époque numide aux temps modernes.
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BerrouLana
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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

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Le moudjahid fut un haut responsable de l’organisation spéciale (OS) de la fédération de France du FLN
Tahar Benyahia ou le destin poignant d’un militant

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Taourirt Mimoun, un des sept villages des Ath Yenni, les «Béni Yenni» du célèbre auteur de L’histoire des Berbères, Abderrahmane Ibn Khaldoun, qui, il y a quelque quatorze siècles, citait la tribu parmi les plus importantes du Djurdjura d’alors, a enterré, le dimanche 21 avril 2013, un homme de 83 ans, que seuls les plus vieux ont connu.


Pour ceux qui, sur place, pouvaient encore s’en souvenir, l’annonce de la mort de celui, qui, comme tant d’autres alors, quitta le douar dès la fin des années quarante du siècle dernier pour émigrer en France, avait créé en quelque sorte l’événement. Tahar Benyahia, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’avait remis les pieds chez lui qu’à peine deux ou trois fois en 1962 et 1963, après la fin de la guerre de Libération nationale à laquelle, lui aussi, participa activement, comme tant d’autres d’ici et d’ailleurs. En fait, nombreux étaient les habitants du village qui s’étaient résolus à croire que le parent, voisin ou ami avait cessé de vivre depuis tout ce temps (près d’un demi-siècle !), car nul n’avait plus la moindre de ses nouvelles !

C’est d’ailleurs par un message des services consulaires algériens en Allemagne, adressé à l’APC des Ath Yenni que la famille fut informée du décès. C’est comme s’il s’agissait d’un revenant. Aussi, l’émotion n’en fut que plus vive chez l’un ou l’autre des rares Yennaouis, qui, aujourd’hui, gardaient encore un brin de souvenir de leur concitoyen. Essentiellement, ses congénères qui, eux aussi, participèrent activement, en France, à la lutte pour l’indépendance nationale, tels Achab Yahia — le cousin et camarade d’enfance, lui-même chef de wilaya en France — Mohamed Boukert, un ancien détenu de Fresnes, l’ancien fidaï de Paris, Makhlouf Toukal, Akli Benyounès le cite dans son récent ouvrage sur la lutte des émigrés algériens en ex-métropole et qui, lui, avait pu à l’occasion, parler aux plus jeunes de Si Tahar, le moudjahid.

De fait, ceux-ci et quelques autres à présent disparus, connaissaient bien le passé révolutionnaire de Si Tahar, tandis que la plupart des parents, voisins et amis sauront que le défunt fut un haut responsable de l’Organisation spéciale du FLN en France (la fameuse OS) ou la redoutable «Spéciale» — qu’à la faveur de la parution dans le journal El Watan du lundi 15 avril de l’avis nécrologique de la famille Benyahia. Et ce n’était pas banal que d’avoir eu le privilège d’avoir servi à ce niveau dans ce qui fut le bras armé de la Révolution algérienne sur le territoire français; l’instrument de guerre qui permit l’ouverture de ce qui sera aussi connu sous l’appellation «second front» de la guerre du FLN contre le colonialisme français. Visiblement, l’anonymat qui avait donc jusqu’ici caractérisé le passé militant de l’homme à inhumer aura immanquablement rendu plus intense l’émotion que l’annonce de son décès aura provoquée chez les villageois qui, ici comme partout ailleurs et de tout temps, apprécient davantage les êtres discrets et humbles. Sur le visage des nombreux compagnons de lutte du défunt venus de plusieurs contrées de Kabylie et même d’Alger et qui ont tenu à être présents le jour de l’enterrement, on pouvait lire la peine et la tristesse.

Ces «anciens des années de feu» se reconnaissaient aux marques physiques, parfois aux handicaps très perceptibles, que l’âge et surtout les souffrances du temps de guerre ont fini par imprimer à leur corps. Il y avait là une bonne quinzaine d’hommes, qui manifestement et pour certains, se redécouvraient également, avant de se rappeler mutuellement des séquences de souvenirs du temps jadis. Tous ceux-là ont connu, ou eu à croiser au moins une fois, au cours de leur parcours militant, le regretté disparu, celui que la plupart d’entre les «choquistes» d’autrefois continuaient d’appeler «Ali».

Le nom de guerre que le résistant s’était choisi, par référence au prénom de celui qui lui donna le jour en février 1930 à Azazga. Le père, celui qu’au douar les plus vieux dénommaient Si Ali ou El Kadhi y exerçait, alors, la charge de cadi notaire. Il était assurément une notabilité bien connue dans la Kabylie du début du vingtième siècle. Né en 1864, l’intéressé eut l’heur de faire partie des premiers effectifs indigènes de l’université d’Alger. Celui-là aurait été bien fier d’entendre, s’il le pouvait de sa tombe, les hommages si peu circonstanciels que les «hommes de la Spéciale» rendirent sur place, unanimement et tout aussi sobrement que spontanément, à son digne héritier. En effet, ce qui a été dit sur Si Tahar par ses pairs présents aux Ath Yenni n’était guère banal.

Au reste, les propos tenus confirmaient, précisaient ou complétaient les informations diverses que le rédacteur de ces lignes avait, soit glanées précédemment sur le passé du défunt au gré de rencontres inopinées de gens qui, un jour ou l’autre, avaient partagé avec lui une séquence de son parcours de combat, sinon, qu’il avait relevé de ses lectures sur l’histoire de la guerre de Libération nationale. En rapportant fidèlement ici l’ensemble de ce qu’il avait ainsi pu recueillir, ce sera plus que l’hommage mérité dû à l’un des innombrables moudjahidine de France, auquel il sera sacrifié. Peut-être serait-ce aussi et surtout l’obligation de sauvegarder un pan de la mémoire du combat de ceux qui ont fait la guerre, ou l’ont vécue alors qu’ils étaient enfants, qui s’en trouvera de son côté ponctuellement satisfaite.

Un combat propre à inspirer ou conforter présentement encore l’espoir en un avenir de paix, de démocratie et de prospérité pour les générations d’aujourd’hui comme pour celles de demain. Celui qui permit la libération du pays et auquel, du reste, les Ath Yenni avaient eu, à l’instar de la plupart des localités du pays, à sacrifier des dizaines de leurs enfants : plus de cent soixante noms de chouhada sont recensés sur la stèle commémorative dressée à l’entrée du village de Taourirt Mimoun et parmi eux, une dizaine de femmes. Et ce, naturellement, outre les dizaines de moudjahidine ou de résistants civils dont, hélas, la mémoire locale ne cultive pas, comme partout ailleurs sans doute, l’intense souvenir que pourtant tous méritent ! Tel celui que, pour le défunt Si Tahar, le présent écrit voudrait évoquer aujourd’hui tant l’itinéraire patriotique de cet homme ne fut nullement quelconque puisque même des sources écrites ont pu en témoigner au passage.

La fédération de France du FLN

En effet, déjà, au milieu des années 1980, le premier livre d’Ali Haroun sur La VIIe wilaya, ou la Fédération de France du FLN, signalera que l’intéressé prit la pleine responsabilité de l’OS aussitôt que son compagnon, Aït Mokhtar Nacereddine dit Madjid, avait été contraint de s’exiler en Allemagne pour échapper à une arrestation. Suite à la parution de cet ouvrage, un ancien cadre du PPA/MTLD qui fut en relation avec les maquisards du Djurdjura des années 1945 (Krim Belkacem et Ouamrane) et l’un des premiers militants du FLN en France — Si Saïd Ouali Mouzarine — signera une notice-critique d’une vingtaine de pages dans laquelle il formulera ses observations sur le contenu de l’édition considérée.

A ce titre, l’auteur de l’écrit rappellera que les «groupes de choc» créés dès le début de l’année 1956 ont constitué la matrice de l’OS. Il citera parmi leurs premiers membres et aux côtés de Teklal Kaci, Slimane Amirat, Arezki Haddad, Mohamed Ouramdhane Saâdaoui, Cherif H’Rioui, Abdel Kader Ould Hamou, Aouli Brahim dit Bouboul, Tahar Benyahia, lequel fera donc partie de ce premier noyau de militants armés dont émergea l’encadrement de base de la future Organisation spéciale.

Des éléments convaincus et pétris déjà d’expérience que viendront renforcer, à la fin de l’année 1957, plusieurs jeunes étudiants sélectionnés au sein des Sections universitaires (SU) du FLN implantées en France. Et pour justifier à la fois d’une bonne connaissance du terrain et d’un niveau scolaire appréciable pour un travailleur émigré, Si Tahar se trouvera tout naturellement propulsé, très tôt même, aux avant-postes du groupe de militants qui organiseront et superviseront sur le terrain l’exécution des opérations du 25 août 1958 dont le coup le plus spectaculaire fut, tout le monde le sait, l’incendie des dépôts de carburants de Marseille dont s’honorera Abderrahmane Chérif Meziane, celui qui, dans les années 1990, deviendra ministre de l’Intérieur de l’Algérie après avoir été wali d’Alger et de Béjaïa.

Tahar-Ali Benyahia opérait, au départ, au niveau de la rive droite de la Seine à Paris. Omar Saâdaoui, un cadre très connu de l’OS, ami fidèle de la famille Benyahia présent aux Ath Yenni le jour de l’inhumation, aurait pu en dire beaucoup sur ce que fut l’apport personnel du défunt à la réussite de cette guerre surprise qui ébranla la France durant l’été 1958 si, en la circonstance, lui le témoin et l’acteur de l’événement d’alors, ne s’était davantage préoccupé de mettre en exergue les qualités de son compagnon. A ce titre, l’intéressé soulignera, outre celles de courage, de maîtrise de soi et d’endurance dont au départ chaque élément de l’OS devait faire preuve, le sens élevé de l’organisation et de la précision qui caractérisait en particulier Si Tahar…

De façon toute discrète, un autre hôte des Ath Yenni avouera de son côté que son ami «Ali» se distinguait surtout par son intransigeance sur le respect des principes et des règles régissant le fonctionnement de l’organisation. Une vertu qui, donc, expliquera les rapports difficiles que, selon d’autres sources, Tahar Benyahia avait pu avoir avec de hauts responsables du FLN en France ! Ce sera sans doute cette même disposition d’esprit qui conduira l’homme, d’abord, à refuser de se joindre aux arrangements auxquels avaient vite céder, au lendemain de l’indépendance, de nombreux cadres du FLN et, ensuite, à se décider de quitter au milieu des années soixante le pays que, comme tout autre sincère patriote, il chérissait tant. N’étant ni un homme de salon, ni également un Don Quichotte et encore moins un opportuniste, l’ancien choquiste avait de fait préféré s’éloigner du pays.

Peut-être avait-il nourri le secret espoir qu’un jour il y reviendrait pour y couler des jours heureux ? Au lieu de cela, l’homme finit par n’avoir aucun contact avec quiconque de ses plus proches parents ni de ses amis intimes. Non, ce n’était pas pour des raisons personnelles… peut-être avait-il décidé de plonger une nouvelle fois dans une clandestinité que le temps passé lui avait appris à aimer ! Mais ne nous attardons pas trop sur ces aspects, assurément dépassés à présent, pour revenir au passé strictement militant de l’ancien résistant lequel aura, de notoriété, fait preuve sur le terrain des opérations armées d’une efficacité reconnue. Indéniablement, l’homme avait fait partie de l’élite de la «Spéciale» qui permit de transporter la guerre sur le territoire même de la France.

Une entreprise absolument inédite dans l’histoire des guerres révolutionnaires du vingtième siècle ! Et ce, dans la mesure où ses promoteurs avaient eu la force et le génie, d’une part, de réussir à obtenir une mobilisation massive, organisée et consciente, sinon enthousiaste, des dizaines de milliers d’Algériens composant, alors, la communauté algérienne émigrée en France et, d’autre part, de susciter l’engagement exceptionnel de dizaines de citoyens français, militants sincères et désintéressés de la cause de l’indépendance des peuples colonisés, lesquels prendront souvent des risques multiples à convoyer ou cacher les femmes et hommes du FLN, à transporter les armes…

Son arrestation fut annoncée par la radio parisienne

C’est donc dans de ce contexte général, et sur le terrain des actions armées, qu’aura émergé la personnalité transcendante de Si Tahar Benyahia lequel parviendra, dès la fin de l’année 1958 sinon tout au début de 1959, à devenir un des premiers adjoints de Rabah Bouaziz dit Said — le membre chargé du domaine militaire au sein du Comité Fédéral du FLN en France. Il est loisible de retrouver l’information considérée dans le livre de Lyes Hamdani sur les Services Secrets algériens lequel a pu, en même temps, préciser que, à ce titre, l’intéressé avait assuré aux côtés du responsable précité la représentation en France du redoutable MALG d’Abdelhafidh Boussouf (cf. le livre considéré page 17).

L’information est corroborée par celle que donne Daho Djerbal, l’historien-universitaire auteur du remarquable livre dédié à L’Organisation Spéciale de la Fédération de France du FLN paru aux éditions Chihab au milieu de l’année 2012. C’est sans doute à ce titre que Tahar Benyahia put participer, en compagnie d’Ait Mokhtar mais aussi de Rabah Amroun et de Larbi Driss, à la réunion tenue au début du deuxième trimestre 1959, sous la direction d’Omar Boudaoud, par le Comité fédéral du FLN en France élargie aux chefs de wilaya — cf. page 317 de l’ouvrage cité — et dont la session fut consacrée à la révision des modes de fonctionnement ainsi que de l’organisation des structures du FLN en métropole.

Faisant, de notoriété, tandem avec Nacereddine Ait Mokhtar dit Madjid, celui que dès le début de l’année 1961 la police française considérait comme le «terroriste FLN» le plus dangereux de la métropole — le futur spécialiste de neurologie qui décédera lui aussi dans l’anonymat il y a plusieurs années —Tahar Benyahia ne réussira pas à survivre très longtemps dans la clandestinité. De fait, et en dépit de son expérience éprouvée de l’action secrète ainsi que de son sens élevé de l’organisation qui le fit durer aussi longtemps dans le combat, l’intéressé ne parviendra pas à sortir de la nasse qu’avaient patiemment tissée, autour de lui et de ses fidèles compagnons de l’OS, les fins et redoutables limiers des services français de sécurité…

Son arrestation fut annoncée par la radio parisienne laquelle affirma que la mise hors d’état de nuire du «redoutable terroriste du F.L.N», Tahar Benyahia, apportera un grand «soulagement à la population parisienne». Le commentaire fit, en son temps, une forte impression sur les membres de sa famille qui ont pu l’intercepter. Aujourd’hui, en pensant à tout ce qui a pu s’écrire dans les journaux d’outre mer et se dire sur les ondes radiophoniques au sujet de l’épopée de notre émigration en France, on est en droit de s’interroger sur la parcimonie des informations qui sont données sur les innombrables femmes et hommes qui ont fait la guerre, chose inédite, sur le territoire même de l’ennemi. On parvient dès lors à déplorer que fussent omis ou carrément ignorés les noms de patriotes qui, un jour ou l’autre, firent partie de ce qui s’apparente vraiment à la célèbre «Armée des ombres» pour reprendre le titre du livre que Joseph Kessel, le membre de l’Académie française, donna au palpitant ouvrage qu’il dédia aux membres de la Résistance française contre l’occupation allemande.

A l’instant, je pense particulièrement à l’un d’entre eux, un vétéran, feu Slimane Amirat ! Pour en rester toujours à l’itinéraire personnel du disparu dont l’on se remémore, ici, ce sera dans le témoignage qu’en fit, un Français acquis à la cause de l’indépendance de l’Algérie — Diego Masson — celui qui fut le convoyeur et l’agent de liaison de Said Bouaziz que nous pourrons également trouver matière à se convaincre de la force et de la permanence de l’engagement de Tahar Benyahia dans la lutte armée du F.L.N en France.

Ce fils d’un républicain espagnol anti-franquiste dira avoir retrouvé à Fresnes ce patriote qui, purgeant sa peine à la prison de Fresnes aux côtés d’autres moudjahidine, Saâdaoui et Ali Zamoum — un homme du premier Novembre — le convaincra d’assurer, dès sa sortie de taule, le transport d’armes dans Paris pour le compte de l’OS(cf. Jacques Charby pages 143 à 146 du livre Les porteurs d’espoir Les réseaux de soutien au FLN pendant la guerre d’Algérie : les acteurs parlent). Par ailleurs, dans le livre intitulé 7 ans de guerre en France, quand le FLN frappait en métropole, Raymond Muelle citera à plusieurs reprises Tahar Benyahia.

A ce titre, les lecteurs intéressés pourront se reporter aux pages 257, 259 et 261 de l’ouvrage précité où ils pourront, en l’occurrence, relever que le défunt n’était pas, s’il en était peut-être, un supplétif ou un simple intérimaire, puisque sa «mise hors d’état de nuire» n’aura pas manqué d’affecter gravement le moral des troupes de l’OS et ce, de l’aveu même d’un des cadres de l’OS arrêté après son chef Tahar ! Un des hôtes des Ait Yenni venu se recueillir sur la dépouille du moudjahid se rappellera du fait et avouera que le défunt fut indéniablement un «grand chef».

Craignant, peut-être de n’être pas bien compris de chacun, l’ancien choquiste jugea utile de préciser sa pensée par une formule indéniablement éloquente : «A la limite, il importe vraiment peu de savoir quand Tahar avait effectivement atteint le sommet de la chaîne de commandement de ‘‘l’ALN de France’’. Pour nous les hommes de terrain, Tahar fut toujours le chef parce qu’il était chaque fois à nos côtés lorsque nous passions à l’action ! » Dans le même sens de cette appréciation, il me revient de suite à l’esprit la réflexion d’un autre moudjahid de France, celui-là disparu au milieu de la première décennie du siècle qui commence : Mohamed Hocine Benyahia, un citoyen de Barbacha en Petite Kabylie, celui que les hommes de la «Spéciale» appelaient «Texas».

A entendre d’un coup cet ancien condamné à mort se remémorer de façon élogieuse son compagnon d’armes, Tahar Benyahia, on reste saisi autant par la sincérité que la spontanéité de l’hommage. Tout bonnement, Texas put, en effet, affirmer devant plusieurs témoins présents à la cérémonie de remémoration d’Abou Bekr Belkaid organisée à El Alia que, lui Mohamed l’ancien de la «Spéciale», se sentait toujours en état «d’exécuteraujourd’hui encore, disait-il quel qu’ordre qui puisse émaner de son ami de jadis, Tahar-Ali !»
avait-il émis le voeu d’y être enterré ?

A présent, bien des années après, le propos de celui qui fut un dur parmi les durs ressemble à un hommage pré-mortem pour celui qui, récemment, s’éteignit en Allemagne. A l’évidence, tous les éléments de la «Spéciale» furent braves; et tous furent des «chefs». Chacun mérite la reconnaissance qui est due à tous. La brève relation qui est faite ici de l’itinéraire d’un des leurs se voudrait être juste une ligne supplémentaire au grand livre de l’histoire de l’arme de guerre du FLN en France dont le récent ouvrage phare de Daho Djerbal a écrit, à n’en pas douter, un des plus éloquents chapitres.

L’auteur précité avait eu l’audace d’ouvrir des pistes de réflexion à travers plusieurs questions pertinentes émaillant la dernière partie de son bouquin. Dont notamment celle relative aux raisons profondes de l’éparpillement, sinon de l’isolement, qui au lendemain de l’indépendance fut finalement le destin irrévocable de l’encadrement de l’OS. A cet égard, l’interminable exil de l’homme récemment inhumé aux Ait Yenni, et surtout l’assourdissant silence qu’il s’était imposé durant tout le temps — plus de quarante ans, mon Dieu — qu’avait duré son absence du pays peuvent résonner aujourd’hui comme un écho poignant à l’une des interrogations de l’historien. Car, il est impensable, il est même inadmissible, que ce fût pour des motifs strictement personnels que Tahar Benyahia eut choisi de couper tout contact avec la patrie qu’avec des milliers d’autres il avait contribué à libérer.

Un demi-siècle plus tard n’avait-il pas émis le vœu d’y être enterré ? Peut-être bien que les proches du regretté disparu parviendront-ils, en reconstituant jusqu’à la plus récente séquence de son passé, faire vivre de nouveau un personnage décidément devenu attachant par le fait même de son tragique destin ? Déjà, on confirme à partir de l’Association des anciens moudjahidine de la Fédération de France du FLN de la wilaya de Tizi Ouzou que l’ancien responsable au sein de l’OS n’est nullement inscrit sur le fichier local ou national des moudjahidine ! Sa famille le pressentait bien, elle qui s’est précipitée à rapatrier, aux modestes frais de son frère Omar et de ses neveux, la dépouille de son aîné. Ses parents tiennent à témoigner toute leur reconnaissance aux amis du MAE et aux autorités consulaires algériennes de Bonn en Allemagne.

Selon ses pairs, il n’aurait jamais accepté de se voir décerner quelque insigne titre de reconnaissance institué par la République. Il est vrai que, de ce point de vue, Belkacem Benyahia — un ancien militant du PPA/MTLD en France et l’un des premiers cadres du FLN de l’ex-métropole, celui qui fut le directeur de l’hebdomadaire El Moudjahid au lendemain de l’indépendance avant d’assumer longtemps les fonctions d’ambassadeur d’Algérie en Afrique et en Europe décédé il y aura bientôt vingt ans — avait précédé son cadet dans ce choix. Que Dieu couvre de sa Sainte miséricorde le regretté disparu.

Belkacem Achite : un citoyen des Ath Yenni
http://www.elwatan.com/hebdo/histoire/t ... 99_161.php
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BerrouLana
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Message par BerrouLana »

Rencontre au Centre Les Glycines d’Alger
Rôle des chrétiens pendant la guerre d’Algérie
Par : Hafida Ameyar

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Le journaliste Robert Bara, le cardinal Duval, Pr Pierre Chaulet et André Mandouze sont les grandes figures de l’engagement chrétien en faveur de la Révolution.

Le centre d’études les Glycines d’Alger a initié, hier, une rencontre pour débattre du rôle des chrétiens pendant la guerre de Libération nationale. “Cette guerre a provoqué chez les chrétiens d’Algérie une crise de conscience”, a confessé l’archevêque d’Alger, Ghaleb Bader. Plus encore, la guerre de Libération a suscité “une prise de position radicale”, “des fractures et des clivages”, précisera-t-il.
De son côté, Réda Malek, ancien Chef du gouvernement, a expliqué que les chrétiens d’Algérie ne formaient pas un bloc monolithique, qu’ils réagissaient diversement par rapport à la Révolution algérienne. Seulement, dira-t-il, les chrétiens ouverts à la nouvelle dynamique libératrice étaient parmi les premiers à dénoncer le système colonial ou à soutenir la Révolution. Il citera le cas du journaliste Robert Bara qui, dès septembre 1955, a pris une position contraire à celle des autorités coloniales.

La même année, au mois de juin, Étienne Duval (devenu plus tard cardinal d’Alger) a dénoncé “de façon ferme et claire” la torture pratiquée sur les militants nationalistes, provoquant “des réactions diverses dans le milieu européen”. Pour Réda Malek, l’Église d’Algérie et la conquête de l’Algérie étaient à l’origine embarquées dans le même vaisseau pour une “Afrique chrétienne”. Mais, “cette guerre de Libération nationale a provoqué l’événement et cet événement a suscité des incertitudes”, a-t-il ajouté, en applaudissant ces “hommes d’une stature exceptionnelle” qui, à l’exemple de Mgr Duval, d’André Mandouze, du Pr Pierre Chaulet, possédaient “cet esprit de renouveau de l’église”. L’ancien Chef du gouvernement parlera aussi du père Alfred Berenguer qui, au sein même de l’église, avait pris fait et cause pour l'Indépendance de l'Algérie, dès le départ, sans oublier ces autres chrétiens qui, à l’extérieur, ont aidé à “la compréhension de notre cause”.

Réda Malek est aussi revenu sur les prises de position du père Scotto, un enfant d’Alger, qui a montré aussi “un courage fantastique” pendant la période du terrorisme. Plus loin, l’intervenant a apporté un éclairage sur le regard porté sur la chrétienté par les autochtones, en observant que la chrétienté était assimilée à des individus. Lesquels “dénonçaient ouvertement la torture et les bombardements au napalm et qui réaffirmaient que la chrétienté était au service de l’homme”.

Dans ce cadre, l’ex-négociateur des accords d’Évian a rappelé que lors des pourparlers avec les émissaires français, la délégation algérienne avait informé que la question relative à l’église d’Algérie et à son patrimoine était “déjà traitée” avec ses représentants, “par le biais de Mgr Duval”. D’ailleurs, énoncera-t-il, “cela a permis de créer une confiance entre le gouvernement provisoire (GPRA, ndlr) et l’église d’Algérie”, et de créer “une dynamique favorable à une coexistence entre l’islam et la chrétienté, dans l’Algérie indépendante”. “Nous n’avons absolument aucun problème avec les chrétiens, notre problème était avec le colonialisme”, a déclaré Réda Malek, signalant “le rôle important” joué par les chrétiens d’Algérie, dans la période post-indépendance.

Il rendra hommage notamment à l’ancien archevêque d’Alger, Mgr Henri Teissier, qui a fait montre d’un “courage inébranlable” dans l’affaire des moines de Tibhirine (Médéa), enlevés en mars 1996 par des terroristes islamistes et assassinés le 21 mai de la même année. “L’église a eu une ligne précise pendant le terrorisme, qui était celle du peuple algérien”, a-t-il soutenu, rappelant dans le même temps le refus de Mgr Teissier à assister à la réunion de Sant’ Egidio. Avant de demander une minute de silence à la mémoire “des martyrs de Tibhirine et tous ceux, victimes innocentes, du terrorisme en Algérie”.
http://www.liberte-algerie.com/actualit ... ger-200523
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BouDouar
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Message par BouDouar »

BerrouLana a écrit :
Le moudjahid fut un haut responsable de l’organisation spéciale (OS) de la fédération de France du FLN
Tahar Benyahia ou le destin poignant d’un militant

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Taourirt Mimoun, un des sept villages des Ath Yenni, les «Béni Yenni» du célèbre auteur de L’histoire des Berbères, Abderrahmane Ibn Khaldoun, qui, il y a quelque quatorze siècles, citait la tribu parmi les plus importantes du Djurdjura d’alors, a enterré, le dimanche 21 avril 2013, un homme de 83 ans, que seuls les plus vieux ont connu.


Belkacem Achite : un citoyen des Ath Yenni
http://www.elwatan.com/hebdo/histoire/t ... 99_161.php

Spécial dédicace à la 7ème wilaya :n111: - du jamais vu dans aucune guerre porter la peur au cœur même du territoire ennemi et cela au prix de dangers incroyables, les policiers parisiens notamment ne savaient pas s'ils allaient rentrer vivants le soir chez eux...
Cela sans compter les attentats contre les sites stratégiques (pétroliers, centrales électriques etc...)

Une épopée formidable qui aurait mérité quelques bons films !
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BerrouLana
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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

Message par BerrouLana »

Ho que, avec toutes les histoires de sacrifices, on peut faire des bons films historiques d'ici 150 ans
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tayeb
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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

Message par tayeb »

Revue de presse 14 Juillet 1958 : 1ère apparition du drapeau algérien sur les Champs Elysées. -
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A l’occasion du défilé traditionnel du 14 Juillet 1958 sur les Champs Elysées, le 5ème bureau de l’armée française, chargé de l’action psychologique et dirigé par le colonel Godard, avait réuni 4000 Algériens pour participer aux festivités à Paris. Il promettait de montrer à l’opinion internationale les résultats de «la fraternisation». Le 14 Juillet, fête de la Révolution française de 1789 est donc célébré chaque année. Au programme, un défilé militaire de tous les corps d’armée, celui de l’Armée d’Afrique, comme les tirailleurs algériens, sénégalais, les harkis, celui de la jeunesse et aussi la masse des notables représentant les colonies.
Devant la tribune officielle, il y avait les membres du gouvernement français à sa tête le général de Gaulle, les «officiels» des territoires d’Outre-mer», des personnalités de différents horizons et aussi du corps diplomatique accrédité à Paris. Comme à l’accoutumée, le défilé militaire débutait avec fanfare sous un soleil de plomb. Depuis la tribune et des deux côtés du parcours, les Parisiens applaudissaient. Dans le ciel, la patrouille de France, formée de plusieurs escadrilles, laissait derrière elle, des panaches de fumée tricolore ou formait la Croix de Lorraine, le symbole de la Libération.Ce fut le tour des 4 000 Algériens; les officiels français étaient fiers «de montrer à la face du monde» que les Algériens sont du côté de la «mère patrie» et que les «égarés de la montagne ne représentent qu’eux-mêmes». Ils ont voulu que le message soit clair, comme ils l’espéraient pour les diplomates présents et surtout pour l’opinion internationale qui s’éloigne du camp de la France et qui exprime sa sympathie pour le peuple algérien en guerre pour son indépendance.

Ce fut le cas notamment du sénateur Kennedy, des pays de l’Europe de l’Est, des pays non alignés, des pays arabes…
Mais lorsqu’ils arrivent devant la tribune officielle, il y eut un coup de théâtre! Un jeune en culotte courte et chemisette blanche, sortit des rangs et s’approcha de la tribune officielle, en brandissant au nez des officiels présents le drapeau algérien! Quel courage! Il savait que ce geste pouvait lui coûter la vie, mais pour l’Algérie il était prêt au sacrifice suprême. Une onde de choc envahit les occupants de la tribune officielle et les spectateurs. Le drapeau algérien est exhibé pour la première fois au défilé des Champs Elysées !Le service d’ordre est aussitôt intervenu, empoignant le jeune homme pour le conduire loin de la foule et peut-être pour le remettre «aux services concernés» qui le soumettront à la torture.

Pendant qu’il est conduit de force, des agents commençaient à le maltraiter. C’est à ce moment là qu’un haut responsable de la Croix-Rouge internationale est venu es-qualité à son secours afin de convaincre les agents de ne pas lui infliger des sévices. Ce fait héroïque sera rapporté par des agences de presse françaises et étrangères. Nous apprendrons et le monde aussi en même temps que nous qu’il s’agit du jeune Tidjini Mohamed âgé de 17 ans (né en 1941 à Belcourt) qui a bravé le pouvoir colonial devant des officiels français et étrangers, ainsi que des centaines de milliers de spectateurs. Un tel acte a eu alors beaucoup plus de retentissement qu’une action militaire d’envergure de l’ALN dans les djebels. Il a permis, depuis la capitale française, de faire entendre la voix du peuple algérien en lutte pour son indépendance par l’intermédiaire de l’un de ses jeunes patriotes.

Les autorités militaires françaises ne pouvaient que libérer le jeune Tidjini, puisque des témoins l’ont vu lorsqu’il fut «embarqué» par la police. Il sera relâché quelques jours après. Et Tidjini Mohamed ne pouvait rester à Alger, car il risquait d’être repris et assassiné.Et puis, il ne pouvait résister à l’appel de la montagne pour aller rejoindre ses frères.Mohamed Tidjini a intégré les rangs de l’ALN dans les maquis de la Wilaya IV. Il ne survécut pas à la guerre comme des milliers de jeunes de son âge. Il est tombé au champ d’honneur vers la fin de l’année 1961 dans la région de Lakhdaria
http://www.algerie-focus.com/blog/2013/ ... s-elysees/



A partir de 17m10s ,vous avez la partie ou les 2000 jeunes d'Algérie passe ,observez au dessus des têtes a 17m25s a droite de votre écran vous verrez le drapeaux algérien projeté en l'air une ou deux secondes pas plus ...

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Des Balles Donnés par les Mujahidines :Algeria:
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Il avait mené la résistance contre la colonisation française :Boubeghla chez les Ath Mellikeche
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L’histoire de la résistance du arch d’Ath Mellikeche (wilaya de Béjaïa) à la colonisation française regorge de récits où se confondent faits historiques et légendes. Le passage de Cherif Boubeghla dans la région vers le milieu du XIXe siècle n’y échappe pas. La mémoire collective dans ces villages altiers célèbre jusqu’à nos jours les hauts faits d’armes de ces premiers résistants à l’occupant.

Aujourd’hui à Ath Mellikeche, aucune plaque ou monument ne rappelle l’épopée de Boubeghla et de ses compagnons qui sont tombés les armes à la main lors de très nombreuses batailles contre les troupes de Randon, Bugeaud et autres Mac Mahon. Boubeghla a été oublié.
Selon l’historien Mahfoud Kheddache, sa tête, conservée dans du formol, serait toujours dans un musée parisien.
http://www.elwatan.com/hebdo/histoire/b ... 13_161.php

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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

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Hommage à une jeune fille, hommage à une militante de 15 ans
chahida morte en lutte le 17 octobre 1961


Elle avait 15 ans quand elle a été jetée à la Seine
FATIMA BEDAR

15 ans ! elle a pris une décision d'adulte, alors que la peur régnait
15 ans elle a pris des responsabilités qui force le respect, nous ne devons pas oublié
nous lui devons tant à elle et aux autres :Algeria:

Allah yerhamha
Allah yerhamhoum

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C’est l’une des nombreuses victimes de la répression du 17 octobre 1961. Le corps sans vie de Fatima, 15 ans, est retrouvé dans le canal de Saint-Denis le 31 octobre 1961. Témoignage de Djoudi Bedar, le frère de la victime.

Fatima avait 15 ans en octobre 1961. Son frère Djoudi avait 5 et demi. Il se souvient très bien de sa sœur : « C’est elle qui m’accompagnait chaque matin à l’école. Elle avait de très longs cheveux noirs. Je me souviens de son cartable et de ses livres. J’étais émerveillé à l’époque par ses gros livres et ses gros dictionnaires ». En 1946, leur père arrive en France pour travailler. Il vit dans des hôtels comme de nombreux travailleurs. En 1951, il construit un baraquement au sein du bidonville Pleyel à Saint-Denis. Puis, il fait venir sa fille Fatima et sa femme. En 1954, il a les moyens d’acheter une habitation en dur à Aubervilliers : « Je suis né dans cette maison en 1956. Nous avons ensuite habité à Sarcelles en 1959-1960 pour enfin arriver en avril 1961 à Stains dans le quartier de l’Avenir. Nous étions voisins avec Monsieur Beaumale, le maire actuel de la ville » ajoute Djoudi. Fatima accompagne chaque matin Djoudi à l’école. Elle étudie au collège industriel et commercial féminin rue des Boucheries, à Saint-Denis.

Octobre 1961. Fatima Bedar veut répondre à l’appel lancé par la fédération de France du Front de Libération Nationale (FLN) pour se rendre à la marche pacifique afin de lutter contre le couvre-feu raciste instauré par le Préfet de police Maurice Papon, sous la présidence du Général de Gaule. Djoudi confie : « Mon père soutenait le mouvement de l’indépendance en Algérie, il se rendait régulièrement à des réunions clandestines du FLN, accompagné parfois de ma sœur Fatima ou de mon autre grande sœur qui avait dix ans et demi. C’est sûrement dans ces réunions que ma sœur, qui comprenait le kabyle, connaissait exactement l’intention des Algériens de l’époque et leurs difficiles conditions de vie et de travail en région parisienne. »

Le matin même du 17 octobre, Djoudi assiste à une brève altercation entre sa mère et Fatima qui souhaite se rendre à la manifestation le soir du 17. « Mes parents y étaient opposés puisque c’était elle qui devait nous garder à la maison. Nous étions sept frères et sœurs. Mes parents devaient se rendre à cette manifestation pacifique. Elle n’en a fait qu’à sa tête, et le 17 au soir, elle n’est pas rentrée à la maison. Mes parents ont commencé à s’affoler. Ils se sont d’abord rendus dans les différents lieux qu’elle fréquentait, notamment chez les cousines et cousins. Mais impossible de savoir où elle était » se souvient-il. Le père de Fatima ne va pas immédiatement au commissariat à cause de l’ambiance bouillante qui règne alors. Ils attendent chez eux le retour de Fatima. Le lendemain, il se rend au commissariat de Stains et Saint-Denis pour signaler sa disparition. « Mon père a été très mal reçu par la police avec des insultes, des bousculades ainsi que des coups. La police lui a dit qu’elle n’avait pas de nouvelles. Le 18 octobre 1961, mon père a déposé une déclaration de disparition au sujet de ma sœur ».

« Mon père a été invité à regarder l’ensemble des corps pour reconnaître celui de ma sœur »

Quinze jours durant, le père de Fatima, aidé d’un cousin et de sa femme française, essaient d’avoir plus d’informations en se rendant dans plusieurs commissariats, notamment, celui du 8e arrondissement pour demander de faire une recherche nationale. « Pendant quinze jours, ma mère me prenait par la main. Je me souviens, comme si s’était hier, des rues qu’on arpentait dans les villes de Saint-Denis mais surtout celles de Stains : rue des Hucailles, Aristide Briand, Jean Jaurès et rue du Repos… Je me demandais pourquoi ma mère me ramenait tous les jours comme cela et je la voyais pleurer et prier durant ces deux semaines. Mais le 31 octobre, mon père est arrivé à la maison avec le cartable de Fatima à la main en annonçant la nouvelle : ma sœur avait été retrouvée noyée dans le canal de Saint-Denis » livre Djoudi. Le père de Fatima a été convoqué par le commissariat de Saint-Denis à 8h30. Djoudi explique : « On lui a signalé que le corps d’une femme avait été découvert et qu’il pouvait s’agir de sa fille ». C’est un éclusier de Saint-Denis qui a découvert le corps de Fatima. « Elle était agrippée, les jambes coincées dans la grille de la turbine de cette écluse. L’éclusier a donc appelé les pompiers et la police » ajoute t-il.

Le père de Fatima s’est donc rendu à l’institut médico-légal de Paris. « Arrivé là-bas, il a eu droit à une fouille au corps. Puis, on l’a fait entrer dans une grande salle où il y avait entre une quinzaine et une vingtaine de corps allongés à même le sol dans des sacs plastiques. C’étaient des corps d’Algériens qui ont été repêchés dans le canal. Mon père a été invité à regarder l’ensemble des corps pour reconnaître celui de ma sœur. Il a regardé les corps un par un pour arriver sur celui de Fatima. Elle était méconnaissable. Elle était gonflée et de couleur violette. Il a reconnu sa fille grâce à ses longs cheveux noirs ». Les policiers ont conclu à un suicide. « Ce n’était pas le cas, ma sœur n’avait aucune raison de se suicider. Elle était pleine de vie. A l’époque, c’était l’omerta ! Mon père était sous la pression de la police, ils ont fini par le faire signer un procès verbal dans lequel une petite histoire a été racontée » explique Djoudi.

Fatima a été enterrée le 3 novembre 1961 au cimetière communal de la ville de Stains en présence de camarades de classe, de professeur ainsi que de la directrice. « A partir de ce jour là, ça a été le black out total. Une chape de plomb s’est posée sur ma famille et sur les événements du 17 octobre 1961. Moi, je ne voyais plus ma sœur me déposer à l’école. Je demandais à mes parents et à mes sœurs ou était Fatima. Ils me répondaient qu’elle ne reviendrait jamais. Pendant vingt ans, nos familles ont occulté ces événements. Nous ne savions pas dans quelles conditions Fatima avait disparu. Mes sœurs avaient entendu parler des événements qui ont eu lieu à Charonne car ceux- ci avaient été médiatisés. Nous avons finalement conclu que Fatima s’était rendue à cette manifestation dans laquelle il y avait eu des morts » raconte t-il.
...........................
http://www.bondyblog.fr/201310170100/fa ... mBHuRDx3_c
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En 1961, Fatima Bedar, 15 ans, a été jetée dans la Seine l La mairie de Saint-Denis baptisera le futur jardin public en son nom.
Mohamed Ghafir, alias Moh Clichy, était tout heureux d'annoncer la nouvelle, lui qui après avoir milité à la Fédération de France du FLN, se voue, depuis des années, à relancer le travail de mémoire afin que nul n'oublie. [...................................]
Le 17 octobre 1961, elle participe aux manifestations, malgré les vaines tentatives de sa mère de l'en dissuader. Le 31 octobre, on retrouvera le corps de Fatima noyé dans les profondeurs du canal de Sains. Le 17 octobre 2006, après 45 ans, les restes du corps de la chahida sont ramenés au sol natal, à l'endroit qui l'a vu naître, pour sa réinhumation dans cette terre si chère à elle
http://www.vitaminedz.com/le-devoir-de- ... 2_0_1.html
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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

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LE 43E ANNIVERSAIRE DE SON ASSASSINAT EST PASSÉ INAPERÇU: A-t-on oublié Krim Belkacem?
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Avant son assassinat, Krim Belkacem vivait en Suisse
Le signataire des Accords d'Evian a été anesthésié et étranglé avec sa ceinture et une cravate dans une chambre d'hôtel à Francfort.
L'Algérie a-t-elle tourné définitivement le dos à la mémoire de ses meilleurs enfants, assassinés et enterrés plusieurs fois?
A voir les conditions dans lesquelles le 43e anniversaire de l'assassinat du signataire des Accords d'Evian, Krim Belkacem, est passé totalement inaperçu, on est tenté de le croire. S'il ne fallait rien attendre du pouvoir, il est pour le moins étonnant de constater que la société civile et les organisations promptes à commémorer les anniversaires des héros de la Révolution algérienne ont passé sous silence l'anniversaire de l'assassinat du père de cette Révolution. Si le pouvoir a ses propres héros, il sait certainement que le peuple a les siens. Krim Belkacem en est un. D'ailleurs, la seule activité commémorative de ce tragique événement a été organisée à l'initiative de l'association Tharwa N'Krim Belkacem, la kasma des moudjahidine et l'APC d'Aït Yahia Moussa d'où il est natif. Au cimetière d'El Alia, il n'y avait pas d'ombre de représentants des pouvoirs publics. En attendant que l'Algérie officielle reconnaisse les siens, les citoyens à qui on n'a pas réussi à faire perdre la boussole des repères continuent à se souvenir. Car, pour reprendre le chanteur engagé Matoub Lounès, «Ils se souviennent Jusqu'à aujourd'hui à Draâ El Mizan, ils refusent d'oublier l'affaire de l'Allemagne».
Opposé au pouvoir dès l'indépendance du pays après avoir signé les Accords d'Evian qui mettent fin à une guerre de plus de sept ans, Krim Belkacem est entré dans la disgrâce du système autoritaire. Poussé à l'exil forcé, il sera condamné à mort par la cour révolutionnaire en avril 1969. Près de 18 mois plus tard, il sera lâchement assassiné dans une chambre d'hôtel dans la ville de Francfort en Allemagne. C'est ainsi qu'a été «récompensé» celui dont la signature a engagé tout le peuple algérien, un certain 18 mars 1962. Jusqu'à aujourd'hui, des zones d'ombre entourent cet assassinat odieux, l'un des épisodes les plus scandaleux qui ne cesseront de hanter l'Algérie. Avant son assassinat, Krim Belkacem vivait en Suisse, mais il se déplace entre la France et l'Allemagne. Son ami suisse, Bernard Golay, chez lequel les Accords d'Evian ont été préparés, raconte dans une interview accordée le mois d'août 2012 à Jean-Jacques Odier, de la revue Initiatives et changement, les derniers jours de Krim Belkacem.
Bernard Golay reçoit un coup de téléphone le 10 octobre 1970 d'une personne inconnue qui se trouve en Allemagne et qui demande où il peut atteindre Krim Belkacem en toute urgence.
Krim rejoint alors l'hôtel Intercontinental de Francfort. Le lundi suivant (le 19 octobre, Ndlr), Bernard Golay relate qu'il a reçu un coup de téléphone de l'écrivain et journaliste Yves Courrière pour lui demander où est Krim Belkacem. «Je lui réponds qu'il est à Francfort et j'entends Yves s'écrier: Ah, les salauds!», ajoute Bernard Golay. Les salauds ont tué «le Lion du Djebel». Ils l'ont anesthésié et étranglé avec sa ceinture et une cravate. Trois semaines plus tard, les objets et documents volés ont été retrouvés dans un casier à la gare de Francfort. Insulte suprême à la Révolution algérienne, le signataires des Accords d'Evian a été enterré à Francfort avant que son corps ne soit rapatrié, plusieurs années plus tard, à El Alia. Voilà comment l'Algérie indépendante a récompensé ses héros. Quant à la vérité sur son assassinat, elle est l'affaire de tous les Algériens, comme l'a proclamé, il y a un an, sa fille Karima.
http://www.lexpressiondz.com/actualite/ ... kacem.html

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Les anciens condamnés à mort algériens entament une grève de la faim
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Les anciens condamnés à mort algériens organisent depuis dimanche 27 octobre une grève de la faim au siège central de l'association nationale des anciens condamnés à mort 1954-1962 à Alger. Ils sont nombreux ,un peu plus de quarante anciens condamnés à mort venus de plusieurs wilayas du pays, ils sont agés entre 70 ans et 85 ans.


Leurs revendications sont essentiellement sociales en rapport avec le droit au logement ,le droit à une pension conséquente, le droit d'avoir accès au travail pour leurs enfants mais aussi le droit à la reconnaissance et la dignité. Ils dénoncent l'indifférence des pouvoirs publics quant à leurs devenir.

Dans une lettre ouverte adressée au président de la République(cliquez sur le lien en bas de l'article) ,l'association au nom de tous les anciens condamnés à mort lance un vrai cri de détresse pour interpeller les pouvoirs publics sur leur situation désastreuse à la veille de la commémoration du 59 ème anniversaire du déclenchement de la guerre de libération nationale.

http://www.elwatan.com/actualite/les-an ... 63_109.php

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La bataille de Sour : le summum de l’acharnement sur les populations civiles (témoignages)
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BATNA - La bataille de Sour, à Nafla, dans la commune de Hidoussa (Batna), le 4 avril 1959, constitue, selon des témoins, le summum de l’atrocité au regard de l’acharnement des militaires français sur les populations, civiles, même si cette région des Aurès, a vécu bien d’autres exactions durant la Révolution.

La majeure partie des 128 martyrs qui tombèrent sous les balles coloniales, lors de cette bataille qui dura quatre jours, était constituée de civils innocents vivant dans cette région, ont indiqué ces témoins à la veille de la commémoration du 59ème anniversaire du déclenchement de la Révolution.

Excédée par les pertes que lui faisaient subir les combattants de l’ALN depuis plus de cinq années, l’armée coloniale, dans son désir aveugle de vengeance sur les ‘‘fellaghas’’, attaqua sans le moindre discernement une vingtaine de maisons collées les unes aux autres, se souvient Abdallah Djouamti (73) ans.

Les forces françaises n’y allèrent pas de main morte puisqu’elles n’hésitèrent pas à utiliser l’aviation pour bombarder ce minuscule groupement d’habitations qui sera ainsi le tombeau de presque tous ses occupants, hommes, femmes, enfants et vieillards, ajoute le vieil homme, encore sous l’émotion plus de 54 ans après les faits.

‘‘C’était le 27ème jour de Ramadhan et j’ai vu assisté à la mort, dans leur sommeil, de quatorze membres de ma familles et de cinq de la famille Souhali, brûlés vifs. J’ai vu ma jeune épouse, enceinte de plusieurs mois, éventrée, le bébé encore en formation gisant à ses côtés’’, raconte Abdallah Djoumati qui ne peut, cette fois, retenir des sanglots.

Le vieux témoin, qui fait part de son incapacité à oublier ‘‘l’odeur de mort’’ qui imprégnait les lieux et la ‘‘désolation’’ des lieux, affirme que les pertes auraient été beaucoup plus importantes si des moudjahidine, basés sur une montagne voisine n’avaient pas réagi.
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Un traître à l’origine du massacre
Abdallah Djoumati affirme que c’est un ‘‘biaâ’’ (traître) qui fut à l’origine de cette attaque massive et disproportionnée. La veille de ce ‘‘jour noir’’, dit-il, un important groupe de moudjahidine dirigé par le chahid Mohamed-Salah Benabbas avait trouvé refuge dans ce minuscule village dans sa route pour rejoindre la montagne surplombant le douar. L’information fut rapportée à l’armée française qui assiégea le petit village ‘‘sur terre et par les airs à 6 heures du matin, alors que les combattants algériens avaient quitté les lieux au petit matin, une ou deux heures auparavant.

Ne pouvant rester sans réaction devant cette attaque visant des populations civiles et sans défense, les moudjahidine prirent position et firent feu à leur tour, abattant notamment un avion ennemi, raconte encore le vieil homme. La bataille Sour venait de commencer.

La riposte des maquisards algériens sauva la vie à plusieurs centaines d’autres civils, les soldats consacrant leurs forces sur les monts d’où provenaient les tirs qui eurent raison d’un avion français, sans avoir le temps d’achever leur sale besogne, estime le même témoin.
Des grenades attachées dans le dos
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L’un des rescapés de cette tuerie, Abdelmalek Souhali, aujourd’hui retraité, âgé de neuf ans au moment des faits, affirme se souvenir parfaitement de la séparation des soldats français en deux groupes. Le premier se mit à pilonner la montagne d’Intcharene, au moyen de l’artillerie et de l’aviation, tandis que le second assiégea la grotte de Benkermiche, près de Rehaouet, où s’étaient réfugiés de nombreux combattants de l’ALN après avoir été contraints de fuir le tir nourri des pièces d’artillerie.

Ce témoin se rappelle de la résistance héroïque des moudjahidine qui empêchèrent, par leur bravoure, les soldats français d’accéder à l’anfractuosité.

Une résistance qui conduisit les forces d’occupation à user des ‘‘stratagèmes monstrueux’’ comme celui qui consista à attacher des grenades à même le dos de deux jeunes gens qu’ils ligotèrent et firent entrer de force dans la grotte, poursuit Abdelmalek Souhali avant de préciser que la forte explosion qui s’ensuivit tua 28 personnes.

En signe de représailles, les forces françaises exécutèrent également le muezzin de la dechra, Messaoud Bennacer, et un cordonnier du nom d’Ahmed Sekhal. Pendant ce temps, dit-il la bataille de Sour se poursuivait avec acharnement entre soldats français soutenus par des B 29 et des moudjahidine sommairement armés mais d’un courage admirable.

Abdallah Djouamti et Abdelmalek Souhali soutiennent que cette bataille de quatre jours ‘‘ne peut avoir fait 128 victimes seulement comme le consigna l’administration coloniale’’. Cette bataille, considèrent les deux témoins, est une des étapes de la Révolution algérienne qui mériteraient d’être ‘‘dépoussiérées’’ par les historiens, d’autant, affirment-ils également que stigmates de cet engagement de l’ALN sont encore visibles sur le théâtre des opérations.
http://www.aps.dz/La-bataille-de-Sour-l ... -de-l.html

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Commémoration du 1er novembre 1954 : les derniers témoins de la zone II racontent
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Aujourd’hui, 59 ans après, c’est avec beaucoup d’émotion que Mohand Larbi Mézouari relate les détails du quotidien des djounoud au maquis.


Rachid Adjaoud, Mohand Larbi Mézouari, Méziane Aslat, anciens officiers de l’élite de l’ALN dans la zone II de la wilaya III lors de la guerre de libération nationale ont livré, jeudi 1er novembre, des témoignages poignants sur les batailles menées dans la région de la Soummam, lors d’une conférence organisée par la faculté des sciences sociales de l’université de Béjaïa, à Aboudaou, à l’occasion de la commémoration du déclenchement de la valeureuse guerre de libération nationale.

«La wilaya III a été l’une des dernières régions du pays à rester debout face aux meurtrières campagnes de l’armée française qui ont décimé presque toutes les autres armées vers la fin de 1959», relate Rachid Adjaoud, ancien secrétaire du colonel Amirouche, qui a entamé la publication de ses mémoires l’année passée. L’auteur du livre Le Dernier témoin, paru aux éditions Casbah en 2012, a expliqué ensuite que le manque d’armes a été l’un des soucis majeurs du colonel Amirouche et du chef historique Krim Belkacem lors du déclenchement de la guerre de libération nationale.

«Nous n’avions pas d’armes. On organisait des cotisations et s’organisait pour récupérer des armes de l’ennemi», enchaînait l’ancien secrétaire de Amirouche. Ce n’est qu’en mars 1955 que les armes commençaient à arriver après que Amirouche s’est déplacé personnellement en Tunisie, à la base de l’est pour demander que des armes soient envoyées au maquis. Les djounouds se rendaient jusqu’en Tunisie pour en chercher. Beaucoup mourraient sur la route, surtout après l’installation de la ligne Morice du nom d’André Morice, ministre de la défense français en 1957.Selon Adjaoud, «80 % des djounoud de l’armée de la wilaya III sont morts au cours de l’opération Jumelles. L’armée de la wilaya III était l’une des dernières à survivre après 1959», poursuit Rachid Adjaoud.
http://www.elwatan.com/regions/kabylie/ ... 22_143.php

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Message par AAF 2020 »

Yamouna Gamouh. Héroïne de la révolution : La martyre sans sépulture
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Beaucoup de jeunes se sont sacrifiés pour leur patrie, dont des femmes, telles des fées de la liberté.


Connaissez-vous Yamouna Gamouh ?» Cette question, on peut la poser à n’importe quel habitant de Skikda, jeune ou moins jeune. La réponse est presque machinale: «Oui, je connais Yamouna Gamouh, c’est le CEM situé près de Bab Qcentina.» Yamouna Gamouh, avant d’être cette dénomination sur le fronton d’un CEM, était une frêle et belle jeune fille qui a abandonné ses rêves pour épouser le destin de tout un pays et qui a fait honneur à Skikda, cette ville qui a donné le meilleur de sa jeunesse pour la cause nationale mais qu’on a délestée, depuis l’indépendance, de tous ses titres de noblesse. L’histoire de Yamouna n’a pas été facile à remonter.

Pour retracer le parcours de cette icône de la femme nationaliste de Skikda, il a fallu revenir sur des souvenirs familiaux et aussi sur des témoignages de ceux qu’elle avait côtoyés dans les maquis d’El Alia, à l’est de Skikda. Ce n’est pas facile de retrouver les traces de cette jeune femme dont on parle peu. D’ailleurs, c’est une martyre sans sépulture. Yamouna est née un 18 février 1936 à Sidi Mezghiche. Madani, son père, disposait de quelques biens et était connu pour être un homme d’une grande culture. Pieux et surtout très respecté, il était un membre incontournable de l’association des Ouléma musulmans dans la région.
Nationaliste, indépendantiste, il militait au PPA et veillait à honorer ses cotisations. «Mon père aimait la langue arabe et je me rappelle très bien qu’il nous interdisait fermement d’écouter les stations de la Radio française. Il nous obligeait presque à n’écouter que les émissions des ondes arabophones» témoigne Zlikha Guemouh, la sœur de Yamouna et veuve aussi de feu Salah Mellouki l’un des plus jeunes Skikdis à avoir rejoint le maquis.
http://www.elwatan.com/regions/est/skik ... 37_128.php
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