Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-1962]

De l'époque numide aux temps modernes.
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AAF 2020
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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

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ABDELMAGID BERREDJEM, HÉROS DE LA RÉVOLUTION Le premier commandant de la place d’Annaba disparaît -
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Le 19 mai 2014 a vu disparaître une figure nationale de la guerre de Libération nationale. Le premier commandant de la Place d’Annaba, post-indépendance qui portait alors le grade de capitaine Berredjem Abdelmagid surnommé « Jouheid » était un héros méconnu peut-être par notre jeunesse mais reconnu par ses pairs qui l’avaient côtoyé avant et pendant la Révolution et voyaient en lui l’un des précurseurs de la guerre de libération dans la région d’Annaba. Agé de 82 ans, il a été enterré le jour où les étudiants algériens célébraient leur fête. Désormais, il repose au cimetière, cher aux Bônois de Zeghouane. Nous avions eu la chance de recueillir son témoignage à la veille du 1er Novembre 1981 et que nous avons, par respect à sa mémoire, reproduit sans changer une virgule. C’est donc à titre posthume et pour l’histoire comme il aimait à le répéter, que nous le faisons en priant Allah le Tout Puissant de l’accueillir en Son Vaste Paradis. « Après la création du C.R.U.A, beaucoup de jeunes étaient prêts à combattre pour libérer le pays. C’était une jeunesse convaincue que la lutte armée est le seul moyen d’obtenir l’indépendance. En effet, plusieurs révolutions avaient déjà eu lieu (de l’Emir Abdelkader en passant par celles des Taibiya en Oranie, Titteri et El Hodna, de Boumaâza dans les monts du Dahra et dans la vallée du Chlef, des soulèvements en Kabylie, du Sud oranais, au Touat, aux Chaâmbas, des Ouled Sidi Cheïkh, des Hanenchas, de Mokrani et jusqu’au 1er Novembre 1954) et avaient démontré que le peuple algérien n’a jamais accepté ni supporté l’occupation. Mais cela a fait aussi que beaucoup de gens avaient peur de s’engager et de voir cette révolution échouer comme celles qui l’ont précédées ». « Ce n’est donc qu’en 1956 et 1957 que le peuple entier prit confiance et le maquis vit arriver des milliers d’Algériens se joindre aux moudjahidine. Il y avait, à cette époque, une solidarité véritablement agissante –ainsi une datte était partagée en deux, un salaire servait à faire vivre plusieurs familles. J’ai voulu souligner, continue notre interlocuteur, ceci pour que l’histoire soit écrite de façon réelle, qu’on ne voit pas uniquement le positif, mais également le négatif, il ne faut pas que l’histoire soit falsifiée ! Pour revenir au 1er Novembre à Annaba, il y eut plusieurs groupes de prêts, je faisais alors partie du M.T.L.D (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques) qui représentait l’appareil légal et public. Et après son éclatement il y eut la création du C.R.U.A, composé d’un noyau de jeunes de l’O.S (Organisation Spéciale) qui étaient contre toute action ne menant pas à l’indépendance totale de l’Algérie et contre certaines idées des partis de cette époque. Certains, telle qu’une fraction du M.T.L.D était pour l’attente, d’autres pour l’autonomie pour les Oulémas, il fallait avoir recours à la religion, etc.., Les jeunes étaient donc impatients de prendre les armes. Le 22 octobre 1954 eut lieu une sorte de Congrès Préparatoire à Sidi Embarek, chez la famille Rachedi, et auquel assistaient entre autres Zighoud Youcef, Didouche Mourad, Abdallah Bentobal, Ben Mostepha Benaouda. Il fallait d’abord convaincre les politiciens de la ville que le moment de déclencher la lutte armée est arrivé. Il y eut bien sûr des oppositions : on avançait l’argument qu’il n’y avait pas d’armes, que le peuple n’était pas encore prêt… Mais les frères de l’O.S leur répondirent que tout était en place et qu’il n’y avait plus qu’à voter « POUR » ou « CONTRE ». Bien sûr nous avions voté « OUI ». Il y avait à mes côtés à cette époque Sayoud, Boussabouna des Béni M’haffeur, « Fernand » dit Amar Grimpé, Boutiah Ahmed le frère du chahid Boutiah Salah (N.D.L.R), Amar Benzaouda et Brahim Adjami et beaucoup d’autres. Il n’y avait plus à attendre, plus de slogans « Algérie Libre », plus d’arrestations arbitraires, il fallait passer à l’action « La France s’était installée par la force, nous allions la faire sortir par la force ! ». La wilaya d’Annaba était prête à participer à toute action bien avant le 1er Novembre. A cet effet, il existait une coordination et des contacts entre l’O.S et les dirigeants de l’extérieur. C’est ce qui a fait que le rendez-vous du 1er Novembre était donné, que le moment et les lieux étaient choisis pour la distribution des armes et les premières attaques programmées. Mais au moment de passer à l’action, il y eut une coupure : le Secteur Ouest de Benaouda allant de Annaba jusqu’à Condé Smendou (aujourd’hui Zighoud Youcef) avait des armes, le Secteur Est quant à lui en était démuni. Notre groupe devait récupérer les armes venant de Tunisie en passant par Tébessa. Mais le camion les ramenant ne connut pas la destination. Arrivés à Mondovi (Dréan) ses occupants prirent contact avec une personne qui ne faisait pas partie de l’O.S. Prise de peur, elle refusa de prendre en charge les armes. Finalement elles ne nous parvinrent que le 25 décembre 1954. Badji Mokhtar avait, entre temps, procédé à plusieurs actions sur les monts de Béni Salah. Quant à nous, nous attendions. Je m’étais refugié en compagnie de Boutiah Ahmed dans un vieux bordj appelé «Bordj El Khali» sur les hauteurs de Bouhamra. Ma famille nous ramenait les vivres nécessaires. Nous vivions dans la clandestinité « L’occupant nous recherchait car il avait les noms de tous ceux qui avaient participé » à la réunion de Sidi Embarek, et photos à l’appui ! Nous sommes restés près de six mois à attendre le contact. Le premier groupe que nous avions rejoint est celui de Badji Mokhtar. Juste après notre arrivée eut lieu l’accrochage au cours duquel est tombé au champ d’honneur ce chahid mort dès le début de la Révolution. De son groupe, seuls Nouaouria Abdallah, Brahim Tabtobet et Bekkouche Boubaker en réchappèrent. Après cet accrochage, nous nous étions dirigés vers Aïn Morkha (Berrahal) où j’avais un ami sûr, à l’époque conseiller municipal : Berrahal Mokhtar. Nous avions été pris en charge par une cellule qui avait sa cache à Oued Laneb chez le vieux Younès. Là, on nous avait donné des fusils de chasse. Mon ami et moi avions décidé cette nuit de rejoindre notre secteur (Région d’El Kala). Ce n’était pas une désertion mais le souci légitime de retrouver nos compagnons. En cours de route, nous devions récupérer des colts chez un nommé Kessar Mohamed du douar d’El Hadjar. Mais ce dernier nous avait fait savoir qu’il n’y avait rien chez lui. Nous continuâmes donc notre route en passant par la ferme Saint Vincent (Hellala Aïssa, commune d’Echatt), Bir Lahnèche et débouchâmes sur Sidi Embarek, chez Lahfaïssi Djenane, qui nous avait « caché » dans la cave de la ferme deux jours durant. Au moment de notre départ, il nous avait remis un message qu’on devait remettrai à Hadj El Hadi Benahmed Bendjeddid, qui est par ailleurs un de mes proches et que nous connaissions bien (ancien responsable du MTLD ; il était contre tout ce qui pouvait représenter le colon). Arrivés chez lui, il nous avait appris que la Révolution était sur la bonne voie, que les premières structures étaient mises en place et que beaucoup d’actions avaient été déclenchées avec succès. Après deux nuits passées sous son toit. Il nous avait confié à un guide qui nous avait emmené jusqu’à Hammam Sidi Djaballah, où se trouvait une cache. Le lendemain à Cheffia, nous avions été surpris de retrouver nos amis de la ville d’Annaba en compagnie de grands révolutionnaires du village tels que Koraïchi Saddek, El Hadi Ben Hadj Messaoud, Si Ahcène. Nous avions ensuite été rejoints par Amara Bouglezqui laissa le commandement à Amar Benzaouda (c’était le plus âgé du groupe). Notre première opération eut lieu à Kef Lehmar en Décembre 1955, c’était le premier vrai contact avec l’armée ennemie. C’était à Bougous, un convoi composé de GMC, deux Jeeps et 5 Spahis à cheval. Nous leurs avions tendu une embuscade sur le chemin qu’ils devaient emprunter pour ravitailler un poste avancé à Djebel Feden. L’attaque est partie de la maison d’un garde champêtre : Chadli Nouari, un patriote de la première heure. Cette embuscade s’était soldée par la récupération d’armes de guerre et de 4 prisonniers. Deux avaient été passés par le couteau et égorgés sur place (leurs fusils sentaient la poudre) quant aux deux autres Saâd Bouhedja, Rabah Bourihana, ils se rallièrent à l’Armée de Libération Nationale. Nous avions donc récupéré un fusil mitrailleur, un fusil, « 86 » deux mousquetons et un pistolet mitrailleur Mat 49. Par la suite, on me confia la mise en place de groupes de fidayine à El Kala (l’un de ceux que j’avais formé est commandant de l’ANP au moment où je vous parle). Puis ce fût l’acheminement des armes à travers les lignes de barbelés électrifiées (lignes Challe et Morrice) ... ». Ainsi avait commencé l’épopée par laquelle Annaba et sa région avaient participé à l’achevèrent d’une longue lutte contre l’oppression coloniale, lutte dont le commencement fut le déclenchement du 1er Novembre 1954 et dont l’issue irréversible, fut l’indépendance en 1962.


http://lestrepublicain.com/societe/item ... ara%C3%AEt
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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

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Allah yarahmou, un parcour mémorable, j'espère que les nouvelles générations peuvent garder nos valeurs révolutionnaires.
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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

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56ÈME ANNIVERSAIRE DE LA BATAILLE DE MERMOURA Une victoire d’une grande portée
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Les cérémonies officielles commémorant le 56ème anniversaire de la bataille de Mermoura qui a eu lieu les 28 et 29 mai 1958 dans la commune de Bouhamdane, en plein cœur de cette imposante montagne et au cours de laquelle fut abattu le tristement célèbre colonel Jean-Pierre, se sont déroulées comme de coutume sur les lieux-mêmes des hostilités. Conduites par le wali et en présence du Président de l’APW, les autorités civiles et militaires de la wilaya se sont rendues hier sur place pour se recueillir au pied du mémorial érigé à la mémoire de 55 chahids tombés au champs d’honneur au cours de cette historique bataille qui demeure l’un des plus importants hauts faits d’armes de la région. La confrontation qui a duré deux longues journées a été d’une âpreté exceptionnelle et un événement majeur pour les combattants de la cause juste qui, dans un mouvement unifié, ont ciblé l’hélicoptère à bord duquel le colonel dirigeait les opérations pour abattre ce chef sanguinaire dans son appareil dont les restes toujours accrochés au sommet d’un rocher, témoignent de l’intensité du combat mené par les moudjahidine contre les forces d’occupation et continuent à incarner les péripéties de cet événement du pays. L’impact de cette victoire qui fut un désastre autant matériel que moral pour les forces ennemies parmi lesquelles on dénombrait 250 morts et près de 200 blessés a boosté le moral des djounouds et leur a permis de s’ériger en puissance et de renforcer leurs positions sur tous les plans. L’anniversaire de cette bataille qui constitue l’une des pages glorieuses de l’histoire de la lutte menée par le peuple algérien contre le colonialisme français, a été célébré dans une ambiance de solennité et de fierté et a offert l’occasion aux générations montantes de s’imprégnier des grandes épopées de l’Algérie et de son histoire glorieuse, en tirer profit et participer à l’édification de leur pays. Par ailleurs, la manifestation qui a été ponctuée par une remise de présents à un certain nombre d’anciens moudjahidine, de femmes et enfants de chouhada a donné lieu à l’inauguration de nouvelles réalisations et à la baptisassion d’édifices publics aux noms de martyrs de la révolution de la localité.
http://lestrepublicain.com/regions/item ... ort%C3%A9e


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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

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CHÉRIF BELKACEM : L'homme d'Etat, le modeste, le brave
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Lorsqu'il était aux affaires (Etat), Si Djamel avait connu et fréquenté les grands de ce monde.
AïsJ'ai eu l'honneur et le privilège de connaître Si Djamel Chérif Belkacem en décembre 1972 juste après le départ du défunt, le brave Si Slimane Kaïd Ahmed du parti FLN.
Le président défunt Houari Boumediene avait désigné Si Djamel pour préparer le budget du parti FLN de l'année 1973, ainsi que la préparation du congrès des organisations de masses (Ugta, Unfa et ONM).
Si Djamel était assisté de feu Si Mohamed Chérif Messaâdia, et de Si Smaïl Hamdani, sans oublier les ministres Rabah Bitat, Saïd Mazouzi, Guennez.
Fin observateur et aimant les jeunes dynamiques et je suppose, m'ayant trouvé sympathique, m'avait demandé de le rejoindre au ministère d'Etat comme chef de son protocole.
Si Djamel était à l'époque, en 1973, ministre d'Etat et président du Cnes.
Tous ceux qui connaissaient Si Djamel a cette époque savaient que celui-ci était une illustre figure de l'Etat algérien depuis l'indépendance. Homme de grande culture, connu pour sa finesse politique, son intelligence était fascinante, célèbre pour ses blagues assassines, il pouvait nous assassiner avec une blague tout en nous faisant rire.
Un fidèle de Boumediene
Je sais par des témoins crédibles et pas des moindres, que Si Djamel faisait partie des hommes de confiance et des fidèles du président Houari Boumediene avec les défunts commandant Slimane, Kaïd Ahmed, Ahmed Medeghri et l'actuel président Abdelaziz Bouteflika. Tous ceux qui connaissent ou ont étudié l'histoire contemporaine de notre pays de 1956 à 1978 savent que Si Djamel était l'un des proches et fidèles compagnons de son chef et ami feu Houari Boumediene. Si Djamel, homme d'une intelligence exceptionnelle, était toujours présent aux côtés de son chef et ami feu Houari Boumediene lors des grandes crises qui ont secoué le pays (1962 - 1965 - 1967).
Les responsables civils et militaires qui ont vécu le sursaut révolutionnaire du 19 juin 1965 savent que Si Djamel était l'un des doctrinaires de ce régime avec ses compagnons. L'actuel président Abdelaziz Bouteflika, Slimane Kaïd Ahmed et Hocine Ahmed Medeghri.
Il fallait avoir de la trempe et de l'intelligence pour diriger et coordonner tous les anciens chefs de wilayas historiques et leurs adjoints en juillet 1965. Et SVP à 32 ans.
Ce fut une mission difficile où il fallait rallier tout le monde et récupérer les opposants au pouvoir qui avaient opté pour la clandestinité. Ceux qui ont vécu cette étape cruciale 1965/1970 sont seuls capables de comprendre les difficultés traversées par le régime avant de se stabiliser. S'agissant de Si Djamel, le moudjahid et l'officier de l'ALN, je préfère laisser le soin à des compagnons d'armes toujours en vie, comme Si Affane Guezane Djillali commandant de l'ALN, Lemkami Mohamed (Si Abbès) qui l'ont connu en zone I Wilaya V ayant comme chef de zone le chahid capitaine Si Djaber et les moudjahidine Benziane parmi les pionniers de l'ALN dès le déclenchement de la révolution et qui furent les compagnons des défunts Larbi Ben M'hidi, Boussouf, Lotfi et Houari Boumediene.
Si Belaïd Abdesslam, mon ami, m'a toujours dit qu'il avait connu Si Djamel à l'Ugema en 1955/1956. Celui-ci était membre de la direction en tant que représentant des étudiants algériens section Maroc.
Si Djamel était très estimé pour sa simplicité. Ses amis étaient nombreux et dans tous les milieux de la société. Il avait beaucoup de respect pour les humbles. Sa porte était toujours ouverte à ses amis. Il se pliait en quatre pour rendre service aux démunis. Il avait des sentiments chaleureux et particulièrement pour les moudjahidine et ses compagnons d'armes. Il parlait avec respect et considération des premiers compagnons, les chahids Si Djaber, Hansali, Ferradj, Lotfi sans oublier Affane Guezane, Chazi Ahmed, Benziane, Medeghri etc...
J'ai vu cela de mes propres yeux lorsque je l'avais accompagné à Ghazaouet pour l'enterrement du moudjahid Si Chibane dit «Boum» un vieux militant qui avait réceptionné le bateau Dyna dans lequel se trouvait le défunt Si Houari Boumediene venant rejoindre la lutte armée en 1955. Un groupe de moudjahidine de la région avait pénétré dans le salon de la daïra de Ghazaouet et était venu saluer Si Djamel. Et lorsque nous traversions la ville de Ghazaouet pour aller au cimetière, les moudjahidine l'ont reconnu et l'ont ovationné. C'est dire la popularité de l'homme et surtout du maquisard.
Lorsqu'il était aux affaires (Etat) Si Djamel avait connu et fréquenté les grands de ce monde Djamel Abdelnasser, Kossyguine, Gromiko, le Dr Kissinger, Bourguiba, le roi Hassen II, Cheikh Zayd (qui était son ami), Pompidou, Valéry G. d'Estaing, etc...
Il fut souvent l'émissaire personnel du président Houari Boumediene entre 1968 et 1974. Même le défunt Mandela a demandé de ses nouvelles, lors d'une visite officielle en Algérie. C'est Si Djamel qui l'avait reçu lors de son passage aux frontières Ouest, pendant la révolution. Le défunt président Houari Boumediene le voyait même après la suppression du ministère d'Etat en 1975. J'ai personnellement croisé deux fois Si Djamel à la Présidence où l'attendait le colonel Allahoum. Si Boumediene lui rendait visite chez lui (immeuble Le Préau). Je suppose que Houari Boumediene appréciait les discussions avec son ami et compagnon Si Djamal qui avait une analyse fine des sujets de l'actualité.
De Kissinger à Mandela
Et lorsque Si Boumediene voulait se détendre, il invitait Si Djamel au dîner, sans oublier de lui demander de ramener avec lui Chaâbane Aït Abderahim qui est connu pour ses blagues. Il pouvait fabriquer une blague à la seconde même. Il était SG du Cnes, un cadre brillant et excellent bilingue, Si Djamel fut très affecté par la disparition de son ami intime, le défunt Hocine Ahmed Medeghri en 1974. Il parlait de lui avec un grand respect et ce, jusqu'à sa mort le 23 juin 2009. Il le décrivait comme quelqu'un de très courageux et ayant une franchise inégalable. C'était l'un des rares qui osaient dire les quatre vérités au président Houari Boumediene, ainsi que le défunt Kaïd Ahmed connu pour sa franchise et son franc-parler.
J'ai assisté à l'enterrement de l'ensemble des hommes historiques de ce pays à El Alia, mais ce que j'ai vu ce jeudi 23 juin 2009 lors de l'enterrement du défunt Si Djamel Chérif Belkacem, je suis resté pantois par l'oraison funèbre présentée par l'association des uléma lue par le professeur Talbi et surtout la considération et le respect de l'association sur le rôle joué par Si Djamel en tant que ministre de l'Orientation nationale s'agissant de la titularisation et l'intégration de cette génération d'enseignants des écoles libres pendant l'ère coloniale.
Cela prouve que Si Djamel était l'ami des intellectuels et des lettrés.
C'était le meilleur hommage rendu à Si Djamel Chérif Belkacem, le moudjahid, l'intellectuel, l'homme d'Etat.
Repose en paix Mon ami, mon chef Si Djamel
http://www.lexpressiondz.com/actualite/ ... brave.html

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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

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Le moudjahid Mohamed Mechati n’est plus
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Le moudjahid Mohamed Mechati, dernier membre du Groupe des 22, à l’origine de la Guerre d’indépendance, est décédé ce jeudi 3 juillet dans un hôpital à Genève à l’âge de 93 ans, rapporte l’agence APS, citant ses proches. La dépouille mortelle du défunt sera rapatriée samedi vers l’Algérie pour y être enterrée.

Né le 21 mars 1921 à Constantine, Mohamed Mechati a été membre de l’Organisation spéciale (OS), puis membre du Groupe des 22 révolutionnaires, ayant déclenché la guerre contre l’occupation française.

Début 1954, il quitte le territoire national pour se soigner en France. Une fois rétabli, il rejoint la Fédération de France du Front de libération nationale (FLN). Il a été chef d’une zone d’Alger sous le commandement de Mohamed Boudiaf, avant d’être transféré vers celle du Sud-ouest. Arrêté par l’armée coloniale en août 1956, il a été incarcéré dans plusieurs établissements pénitentiaires français avant d’être libéré en 1961.

Après l’indépendance, feu Mechati occupe plusieurs postes diplomatiques, dont celui d’ambassadeur d’Algérie en Allemagne. En 2000, il consigne son témoignage dans « Militant de l’Algérie indépendante, Mémoires 1921-2000″.
http://www.tsa-algerie.com/2014/07/03/l ... nest-plus/
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Allah yarahmou wi wassa3 3lih, un géant nationaliste qui part ...
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tayeb
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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

Message par tayeb »

Allah Yarahmou. Un nationaliste sans concession, intègre, qui à toujours défendu la patrie.

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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

Message par AAF 2020 »

La crise de l’été 1962 : Des origines à la fracture, les fissures d’une jeune Révolution
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Durant le deuxième semestre de l’année 1959, la Révolutions algérienne va s’enfoncer dans une profonde crise de croissance que l’inexpérience du GPRA, rudement secoué, n’explique pas entièrement.
Des frottements râpeux, au sommet, enfiellaient l’atmosphère déjà lourde depuis la formation du premier gouvernement provisoire en septembre 1958. Certains noms avaient été contestés en raison de leurs origines politiques, tout comme on dénonçait aussi l’absence d’autres dans cette liste qu’on aurait dit établie par un peseur. «En juillet 1959, le GPRA fut mis en demeure» de remettre le pouvoir aux «3 B», écrit Saâd Dahlab. Belkacem Krim, Lakhdar Bentobbal et Abdelhafid Boussouf, le triumvirat qui menait d’une poigne de fer les destinées de la révolution, décident de forcer la main au président Ferhat Abbas et de convoquer un sommet militaire chargé de proposer une sortie de crise politique.
Un consistoire de 10 colonels(2) se réunit 100 jours durant, avec des moments de forte houle. Et, pendant que se réunissait ce cénacle, pratiquement en apnée, ne voilà-t-il pas que de Gaulle défait la trame et détricote certains calculs. Il annonce le 16 septembre 1959, alors que ses généraux avaient sérieusement ébranlé l’ALN, son intention d’organiser un référendum d’autodétermination. Les responsables de la révolution y voient l’issue tant attendue à l’horizon. L’indépendance était entrée en gestation.
Trois mois après, pas moins, la réunion s’achève et débouche sur la décision de réunir de le CNRA. Celui-ci va créer le Comité interministériel de guerre (CIG) composé des trois «B» et un Etat-major général (EMG) qui porte à sa tête un rouquin, au visage émacié, aux saillantes pommettes, à la voix métallique et au regard vert perçant. Le plus jeune des colonels, à peine âgé de 30 ans : Houari Boumediène. Il sera secondé par les commandants Azzedine, ancien chef de l’illustre commando Ali Khodja, héros de Bouzegza. Ainsi que Kaïd Ahmed, ancien de l’UDMA, un militant au verbe haut et à la plume habile. Et, enfin, Ali Mendjeli, héros de la célèbre bataille de Mila (1957).
Les raisons principales qui ont présidé à la création de l’EMG étaient évidemment d’ordre militaire mais elles relevaient aussi de la stratégie politique. Elles étaient liées à la volonté des dirigeants de l’insurrection de mettre fin à de dangereuses dérives aux frontières que d’aucuns qualifiaient d’anarchiques et périlleuses. Particulièrement en Tunisie, vivier de ce qui charpentera, une fois la nouvelle politique mise en œuvre, l’ossature de la future Armée nationale populaire (ANP).
Il faut dire que ces hommes, comme des fauves en cage, montraient des signes d’agitation malsaine. «Insuffisamment organisés, en proie au régionalisme et aux luttes de factions, ils sont guettés par les mutineries, les complots». La discipline faisant la force principale des armées, l’impérieuse nécessité s’imposait donc de procéder à l’encadrement rigoureux de ces djounoud. La solution des Commandements Est et Ouest, lesquels avaient été créés en avril 1958, ayant montré ses limites, tant du point de vue de la stratégie que celui de la formation.
Par ailleurs, une nouvelle doctrine militaire, impulsée par Krim Belkacem (ministre de la guerre) et développée par Houari Boumediène et l’EMG, va voir le jour et préconiser la structuration d’une armée moderne par la formation d’officiers et d’hommes de troupes qui allaient constituer le cœur actif autour duquel allaient s’agréger les forces populaires, pour poursuivre la lutte et peupler à nouveau les maquis.
Les deux hommes vont l’un après l’autre s’appuyer sur les cadres de l’armée française qui ont répondu à l’appel qui avait été lancé en leur direction pour rejoindre les rangs de l’ALN. Un encadrement injustement controversé du simple fait d’avoir figuré sur les listes des effectifs de l’ennemi. La plupart n’ayant pas subi l’épreuve du feu dans les djebels algériens. Ils avaient d’ailleurs rejoint Tunis via la filière du FLN en Allemagne. Enfin, l’objectif politique, quant à lui, visait principalement à évincer Krim Belkacem, ministre de la guerre dans le GPRA, de ce poste stratégique. Surtout depuis la proposition gaullienne du référendum. L’armée étant, depuis, convoitée et regardée comme le sésame qui ouvrirait les portes du pouvoir.
Aux trois «B», (Belkacem Krim, Lakhdar Ben Tobbal et Abdelhafid Boussouf) qui exerçaient déjà leur puissance tutélaire sur l’ALN des frontières, il convient d’ajouter un quatrième «B», Boumediène, pour avoir une idée du patchwork militaro-politique qui dirigeait l’ALN en ce début des années 1960. Ainsi naquit la bipolarisation de l’autorité supérieure de la Révolution : le militaire et le politique, l’un ne voulant rien céder à l’autre. Contrairement donc à la doxa, la dangereuse crise qui agitait le landernau des combattants de l’extérieur n’est pas née avec les accords d’Evian.
Le conflit a éclaté bien avant Evian I, qui s’est déroulé du 20 mai au 13 juin 1961. Il faut savoir que quand la décision fut prise d’ouvrir des négociations, la liste de la délégation chargée de mener les pourparlers comprenait, entre autres, Benyoucef Ben Khedda. Selon Abdelhamid Mehri, «Ben Khedda avait, à cette époque, une autre vision et estimait en gros qu’accepter le principe de l’autodétermination, c’était revenir sur l’exigence de la reconnaissance de l’indépendance. Aussi a-t-il décliné l’offre de faire partie de la délégation». L’Etat-major s’est aligné sur cette position et Kaïd Ahmed, commandant politique au sein de l’EMG, qui avait été désigné, a d’abord refusé d’en être et de se joindre à la délégation. L’EMG s’était dit que si le politique Ben Khedda refusait de participer à la mission, c’est qu’il y avait quelque part une anomalie. Il a fallu lui intimer l’ordre militaire qu’il ne pouvait refuser, pour qu’il s’exécutât.
«Par la suite, nous avons signifié à la délégation de trouver un prétexte pour interrompre les négociations et rentrer pour que nous réglions le problème avec l’EMG». Puis est intervenu le remaniement du GPRA, (Tripoli, 27 août 1961), qui mènera les négociations des Rousses (11 au 19 février 1962) et Evian II (7 au 18 mars). Ben Khedda qui avait été désigné à la tête du GPRA, et, du reste, tout le FLN avaient abandonné le préalable aux négociations, de la reconnaissance de l’indépendance. Toutefois, l’EMG, réduit à trois membres avec le retrait du commandant Azzedine, rentré pour prendre le commandement de la deuxième Zone autonome d’Alger, demeurait opposé à un certain nombre de points des accords.
Nous sommes le 19 février 1962. La délégation qui a mené tambour battant les négociations des Rousses quitte à cinq heures du matin l’hôtel «Yeti». Rédha Malek écrit : «Belkacem Krim n’est pas au bout de ses peines. Soulagé du fardeau écrasant des Rousses, il va affronter, à Tripoli, l’épreuve la plus périlleuse de sa carrière.... Krim, Bentobbal, Dahlab, Yazid, n’ont pas le droit de flâner. Il faut rendre compte au GPRA, puis au CNRA, convoqué en session extraordinaire pour le 22 février à 13 heures dans l’enceinte de l’Assemblée nationale libyenne». Car, le CNRA était «le seul habilité à juger de la conclusion de la paix, d’un cessez-le-feu et d’accords internationaux», il fut donc mandé «pour entériner ce que les pourparlers avaient arrêté». Ainsi, du 22 au 27 février 1962, l’organe suprême de la révolution a passé au crible les dix déclarations de l’accord négocié au Rousses.
«L’atmosphère était loin d’être à l’enthousiasme», déplore Saâd Dahlab.(8) Même si, ajoute l’ancien ministre des Affaires étrangères de l’Algérie combattante, «tous les membres du CNRA étaient d’accord pour le cessez-le-feu...»... «Les ministres emprisonnés à Aulnoy avaient été non seulement informés régulièrement du contenu des négociations, mais nous avaient même communiqué leurs suggestions dont nous tenions naturellement compte. Ils étaient d’accord pour le cessez-le-feu.» «Les cinq, relève l’auteur de ‘‘Mission Accomplie’’, étaient parmi les responsables les plus modérés et les plus réalistes. Khider et Ben Bella en tête», souligne-t-il. En apparence, mais en apparence seulement, l’union sacrée s’était faite autour du cessez-le-feu. Tous les points abordés par les négociateurs ont rencontré l’assentiment des membres du CNRA. Jusque et y compris les délicates questions de la double nationalité pour les Français désireux de demeurer en Algérie ou l’épineux problème du «français comme langue officielle».
Ben Bella, pro nassérien, agissant et arabophile militant «était même le moins intransigeant», rapporte Dahlab. Il relève également que l’Etat-major aussi souhaitait le cessez-le feu mais, note-t-il, «ils avaient cessé d’obéir au GPRA qui n’était plus que leur caissier. Il fallait bien entretenir l’armée et condamner par principe toutes ses initiatives. Ils avaient alors le dos au mur». Intraitable, l’ombrageux colonel Houari Boumediène exige de savoir avant toute discussion si les documents qui sont soumis à l’appréciation du CNRA constituent «un accord ou un préaccord». Le chef de l’Etat-major général était pourtant démissionnaire depuis le 15 juillet 1961, après l’affaire du lieutenant Gaillard qui avait empoisonné les relations, en principe hiérarchiques, entre le GPRA et l’institution militaire.
l’avion du lieutenant Gaillard avait été abattu par l’ALN au-dessus de la région de Mellègue en territoire tunisien, proche de la frontière algérienne. Son pilote s’étant éjecté, il a été capturé et mis au secret par les responsables de l’EMG. Les autorités tunisiennes, pressées par Paris, avaient demandé au GPRA de leur remettre le prisonnier. Ce à quoi l’EMG s’était opposé avant d’obtempérer. On aurait tendance à croire qu’ayant démissionné, l’EMG avait perdu la haute-main haute sur l’armée.
Erreur ! «Avant de partir nous avons désigné des hommes de confiance pour garder la maison, nous confessait le Commandant Azzedine, commandant militaire au sein de l’EMG. En effet, nous avions confié les clés aux responsables de la zone nord dirigée par le capitaine Ben Salem, assisté des lieutenants Abdelghani, devenu plus tard Premier ministre, Abdelkader Chabou devenu responsable de l’ANP sous Boumediène, et Chadli Bendjedid le futur président de la République. Il y avait également les gars de la zone sud avec Salah Soufi, futur membre démissionnaire du conseil de la Révolution issu du coup d’Etat de juin 1965, Saïd Abid, lui aussi membre mais qui est mort mystérieusement à la suite de la tentative de prise du pouvoir par le colonel Tahar Zbiri. Je citerai également les membres du bureau technique avec les capitaines Zerguini et Boutella, et le lieutenant Slimane Hoffman».
A l’heure où les négociations avancent vers la solution et que le drapeau national est en phase ascensionnelle sur sa hampe, toute absence risque de se payer cher. Boumediène est donc revenu à l’exercice pour la circonstance, avec le grade, la fonction et toute l’autorité due au titre. Pour le principe, ses partisans et lui donnèrent de l’ergot. Kaïd Ahmed avouera plus tard : «Nous savions très bien que le cessez-le-feu allait être voté, mais nous voulions prendre date».
L’argument avancé était la crainte que les négociateurs se soient laissé aller à la tentation du «cessez-le-feu à tout prix». Autrement dit, la crainte de faire «fausse route et l’angoisse d’être mal informés sur les conditions du cessez-le-feu à tout prix». Un principe condamné par avance par l’EMG, lequel redoutait des accords bâclés signés sous la pression de la folie meurtrière de l’OAS qui assassinait dans un terrible amok médiéval, des dizaines d’Algériens par jour.
A ce propos, Rédha Malek écrit : «Les conditions de secret dans lesquelles se sont tenues ces assises ont constitué un des facteurs de leur succès. Délestés du fardeau médiatique et des pressions trop fortes d’une opinion déboussolée, les négociateurs n’ont qu’une hâte : aboutir. Une nuance s’impose cependant. Quoique les victimes de l’OAS soient principalement musulmanes, il n’est pas sûr que les délégués algériens consentent à bâcler leur travail au seul motif d’abréger les souffrances de leurs compatriotes, non qu’ils soient insensibles à la tragédie mais parce qu’ils mesurent les conséquences d’un mauvais accord». Les inquiétudes de Boumediène et des membres de l’Etat-major pour légitimes qu’elles fussent auront néanmoins suscité un certain agacement chez les négociateurs qui n’y lisaient qu’une pinaillerie de pure forme.
Par ailleurs, pour les membres de l’EMG, les négociations d’un cessez-le-feu étaient prématurées, d’autant que la situation interne du FLN n’était guère reluisante du fait de tiraillements de tous ordres et dans tous les sens. Pour marquer leur présence pendant les négociations, les troupes de l’extérieur ont multiplié les opérations contre les lignes Morrice et Challe. Sans doute pour démontrer que «les capacités de résistance militaire des Algériens étaient intactes et que la guerre pourrait encore durer longtemps».
http://www.elwatan.com/une/la-crise-de- ... 83_108.php

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Les citoyens de la Cité Mahieddine (Alger) se souviennent : Badèche Benhamdi, le guillotiné oublié
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Le 25 juillet 1957 à 3h30, la tête du chahid Badèche Benhamdi tombait sous le couperet de la guillotine actionnée par le bourreau Maurice Meissonnier, à la prison de Serkadji (ex-Barberousse). Accusé de l’attentat, dans la matinée du 28 décembre 1957, au 108 rue Michelet (Didouche Mourad), qui coûta la vie à Amédée Froger, maire de Boufarik et président de la Fédération des maires d’Algérie, chef incontesté et véritable pilier de la colonisation.
Badèche Benhamdi, 27 ans, journalier, célibataire, natif de la commune de Ouled Slimane, près de Bou Saâda (M’sila ), qui vivait dans une baraque du bidonville de la cité Mahieddine (Sidi M’hamed), où il y a été interpellé, dans la nuit du 25 février 1957, par les paras légionnaires, les Bérets verts du 1er Régiment des étrangers parachutistes (1er REP). Transféré à la villa Susini, il y subit les pires sévices de la part des sicaires tortionnaires (l’autre accusé dans cette affaire, le chahid Belkacem Belebame, succomba suite à ces tortures). Ecroué à la prison de Serkadji, il est jugé et condamné à mort le 11 avril 1957 (moins de deux mois après son arrestation).
La mort d’Amédée Froger donna lieu aux pires représailles des colons contre la population algérienne : chasse à l’homme, lynchages et descentes punitives coûtèrent la vie à des centaines de victimes innocentes. La furie et la rage des pieds-noirs étaient à leur paroxysme et pour cause, attenter à la vie d’Amédée Froger, c’était porter atteinte à un symbole sacré, un totem de la colonisation, un sacrilège qui provoqua l’hystérie guerrière des ultras et le bain de sang qui s’en est suivi (prémices aux actions criminelles et génocidaires de la sinistre OAS). Cet épisode historique, (le plus meurtrier à Alger avec l’attentat de la rue de Thèbes), deux années à peine après l’appel du 1er Novembre 1954, fut certainement un moment crucial dans notre lutte de Libération nationale.
Exacerbant les clivages entre les antagonistes, le fossé qui séparait les deux communautés ne cessait irrémédiablement de s’approfondir. Ce déversement de haine radicalisa les positions des apôtres de la colonisation qui, après la cuisante et humiliante défaite de Diên Biên Phu au Vietnam, ne tenaient surtout pas à courir le risque de perdre l’Algérie, joyau de la couronne de l’empire colonial français. «De Dunkerque à Tamanrasset», tel était alors leur credo (cher surtout à un ancien président socialiste, ex-ministre de la Justice qui signa la mise à mort du chahid Badèche Benhamdi). D’énormes moyens militaires et civils sont alors engagés pour venir à bout de ce mouvement de rébellion mené par le FLN. Des pouvoir spéciaux sont accordés à l’armée d’occupation, le général Massu, chef du corps expéditionnaire, devient le maître absolu en Algérie, il avait carte blanche pour pacifier cette contrée.
Du côté algérien, cette fuite en avant meurtrière des pieds-noirs et le grand nombre de victimes qu’elle provoqua jetèrent des pans entiers des sceptiques et des réticents de la population dans les rangs de la lutte armée, dissipant les illusions velléitaires des tenants de la solution politique ou encore le rejet du chimérique et fumeux projet d’intégration de l’Algérie, dotée d’une large autonomie au sein d’une fédération française prônée par «un illustre prix Nobel pied-noir», enfant de Belcourt (quartier du chahid Badèche Benhamdi, pour lequel il ne daigna même pas lever le petit doigt pour le sauver du couperet de la guillotine). Deux mois après la mort de Froger, le CCE de Abane Ramdane et de Larbi Ben M’hidi déclencha la grève des 8 jours.
C’était le commencement de la «Bataille» ou plutôt du génocide d’Alger. Il est toutefois étonnant qu’un événement aussi lourd de conséquences sur les décisions politiques et militaires des belligérants engagés dans le conflit algérien soit si peu connu chez nous. Il est donc légitime de se poser des questions sur le pourquoi d’une telle omission. Aux historiens de nous apporter un éclairage objectif sur cet épisode aussi important de notre lutte de libération !
Le chahid Badèche Benhamdi, lui aussi, n’échappe pas aux aléas de ce syndrome de l’oubli qui gangrène notre mémoire collective. Son nom, hormis sur la plaque commémorative dédiée aux chouhada guillotinés de la prison de Serkadji, ne figure nulle part ailleurs. Mieux encore, après son supplice le 25 juillet 1957, enterré au cimetière El Alia, il n’eut même pas droit à une sépulture. Avec le temps, sa tombe est devenue, hélas, un passage piétiné par tous les passants. Il a fallu l’obstination de certains citoyens de la cité Mahieddine qui, même s’ils n’ont pas vécu cette époque, ont milité et œuvré inlassablement pour la réhabilitation de la mémoire d’un des leurs, «Oulid El Houma», pour qu’enfin, et avec la participation du mouvement associatif, il eut, en septembre 2013, une sépulture digne d’un chahid qui fit don de sa vie pour l’indépendance de notre pays.
Le chahid Didouche Mourad disait : «Si nous venons à disparaître, défendez nos mémoires.» Il nous incombe par conséquent, à nous citoyens de la cité Mahieddine et de la commune de Sidi M’hamed, ainsi que nos frères de la commune de Ouled Slimane (M’sila), le double devoir de défendre et d’honorer la mémoire de nos chouhada et en particulier celle du martyr Badèche Behamdi, l’unique guillotiné de notre commune. Cependant, il ne suffit pas seulement de célébrer l’héroïsme de nos martyrs ou de glorifier leur bravoure par des chants et des hymnes panégyriques, il est surtout important d’expliquer à notre jeunesse actuelle désabusée, victime des méfaits et des carences d’une époque de désenchantement, aux horizons incertains et qui vit un malaise identitaire, en mal de repères et de modèles positifs, le pourquoi du sacrifice de ces aïeux qui, à leur âge, avaient les notions de patriotisme, l’amour de la patrie, le don de soi n’étaient pas de vains mots, des slogans creux, galvaudés, ou bien des professions de foi désincarnées et rébarbatives.
Bien au contraire, ils avaient valeur toute à la fois de principes, de repères, de programme politique et de projet de société et qui donnaient surtout du sens à leur vie et leur combat contre le joug colonial. Il est aussi impérieux de transmettre et d’inculquer à cette jeunesse (il serait honnête de reconnaître notre responsabilité collective dans cette incapacité de transmission de ce legs générationnel, ce qui explique probablement ce sentiment de désespérance qui semble tétaniser nos jeunes d’aujourd’hui), les valeurs et les idéaux de nos martyrs, ces combattants pour la liberté, qui avaient à leur époque, pour unique lot quotidien : l’ignorance, l’humiliation et la discrimination raciale (les voilà les fameux bienfaits de la colonisation).
Face au luxe fastueux et à l’arrogance des pieds- noirs, leur seul luxe c’était leur sens de la dignité et de l’honneur (bafoués et foulés aux pieds par la horde coloniale) et surtout cette fabuleuse fraternelle et généreuse solidarité, qui leur permit de transcender leurs clivages régionaux, eux les damnés de la terre venus de tous les coins du pays, trouvant refuge pour survivre à la misère dans les gourbis des bidonvilles de la capitale à l’instar de la cité Mahieddine, une réserve d’indigènes, ghettos ou township pour sous- humains, enclavés dans la prospère et festive ville européenne. Ils en firent des creusets de la nation algérienne et des foyers du patriotisme, dont tant d’enfants offrirent leur vie pour l’indépendance de notre chère patrie.
Envers ces chouhada, pour ces justes, qui rendirent l’espoir et la fierté au peuple algérien, nous avons une dette, celle de l’espoir à rendre non seulement à notre jeunesse, mais aussi à toute l’humanité, car leur combat, ce combat des opprimés, ils l’ont mené au nom de la justice et de la liberté et leur sacrifice, le sacrifice suprême, le plus beau, le plus noble : le don de soi. Ils l’ont consenti tout simplement au nom de la dignité humaine.
http://www.elwatan.com/contributions/ba ... 48_120.php

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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

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Tizi Ouzou : Hommage aux neuf colonels de l’ALN
A l’occasion du 52e anniversaire de l’indépendance du pays et la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, un hommage particulier à été rendu aux neufs colonels de la Kabylie.


Un hommage aux 9 colonels historiques de la wilaya de Tizi Ouzou a été organisé, hier, à la maison de la culture Mouloud Mammeri, à l’occasion du 52e anniversaire de l’indépendance du pays. Mohamed Iazourene, Mohammedi Said, Ali Melah, Amirouche Aït Hamouda, Krim Belkacem, Mohamed Zamoum, Mohand Oulhadj, Amar Ouamrane et Slimane Dhiles sont les chefs révolutionnaires originaires de cette région dont la mémoire a été honorée lors de la rencontre d’hier.

Une conférence-témoignage sur la vie et le parcours de ces leaders de la Révolution et une exposition portant sur leurs biographies étaient au menu de cette journée commémorative. Au lendemain de la proclamation de la déclaration du 1er Novembre 1954 et de la naissance du Front de libération nationale (FLN) et de l’Armée de libération nationale (ALN), la Kabylie était l’un des bastions les plus importants ayant fait face aux forces coloniales françaises.

Dans la foulée, les responsables de la Révolution étaient pourchassés et emprisonnés, à travers notamment la répression militaire caractérisée par l’opération «Oiseau bleu» destinée à miner la Révolution de l’intérieur. Lors de la tenue du Congrès de la Soummam en 1956, 7 des 9 colonels étaient présents. A la faveur de son importance stratégique, Tizi Ouzou était incluse pour une grande partie dans la Wilaya III historique et une autre partie dans la Wilaya IV. C’est ce qui explique que «le colonel Ouamrane était envoyé par Krim Belkacem à la Wilaya IV pour diriger l’Algérois après l’arrestation de Rabah Bitat», témoigne Si Ouali Aït Ahmed, l’un des adjoints du secrétariat du PC de la Wilaya III, lors de la conférence.

«Après l’opération Jumelles ayant causé d’énormes pertes parmi les moudjahidine, Mohand Oulhadj, que j’ai eu l’honneur de côtoyer de 1960 à 1962, a envoyé une note pour recommander aux maquisards de se constituer en petits groupes pour réorganiser le maquis», enchaîne l’orateur, avant d’ajouter à propos d’Amirouche Aït Hamouda qu’«il était un chef emblématique, qui aimait le peuple et défendait les maquisards».

Un autre témoin fera savoir que «les 9 colonels étaient des militants aguerris du Mouvement national avant le déclenchement de la guerre de Libération. Ils avaient pour mission de lutter sur deux fronts. Ils ont combattu l’armée française et ont fait face à l’analphabétisme et la misère sociale du peuple», en évoquant Ali Melah. Enfin, les conférenciers ont mis l’accent dans leurs communications sur l’importance de l’histoire dans la construction de la mémoire collective. «Il faudra l’écrire sur la base de lavérité et non pas la truffer de mensonges», a conclu Aït Ahmed Si Ouali.
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"La mort de Mechati et le traitement indigne qu'on lui a réservé par ce silence sont le début d'un mauvais règne ou, plutôt, la consécration de ce règne. On y finira par faire remplacer l'Emir Abd El Kader par Bouteflika ou Larbi Ben M'hidi par son frère. On s'y habituera encore plus à mentir et cracher sur les « aînés » selon les vents du moment. On trouve déjà acceptable que l'on affrète un avion, pour des obsèques nationales, pour une chanteuse comme Warda (sans juger de la valeur humaine de la défunte) et de garder le silence sur un homme des 22 et sur sa mort. Comme si ce pays était une tente de chef de tribu et pas une nation autrefois fière et parfois libre."
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Message par BerrouLana »

colonel chaabani a écrit :
"La mort de Mechati et le traitement indigne qu'on lui a réservé par ce silence sont le début d'un mauvais règne ou, plutôt, la consécration de ce règne. On y finira par faire remplacer l'Emir Abd El Kader par Bouteflika ou Larbi Ben M'hidi par son frère. On s'y habituera encore plus à mentir et cracher sur les « aînés » selon les vents du moment. On trouve déjà acceptable que l'on affrète un avion, pour des obsèques nationales, pour une chanteuse comme Warda (sans juger de la valeur humaine de la défunte) et de garder le silence sur un homme des 22 et sur sa mort. Comme si ce pays était une tente de chef de tribu et pas une nation autrefois fière et parfois libre."
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Je me rappelle d'un article que j'ai lu dans un quotidien français qui m'échappe et qui commente la "nature" de la visite de Zine Dine Zidane en Algérie on disant que : " l'Algérie est en train de vivre une vraie crise de symbole" ... dommage c'est le cas...
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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

Message par tayeb »

BerrouLana a écrit :
colonel chaabani a écrit :
"La mort de Mechati et le traitement indigne qu'on lui a réservé par ce silence sont le début d'un mauvais règne ou, plutôt, la consécration de ce règne. On y finira par faire remplacer l'Emir Abd El Kader par Bouteflika ou Larbi Ben M'hidi par son frère. On s'y habituera encore plus à mentir et cracher sur les « aînés » selon les vents du moment. On trouve déjà acceptable que l'on affrète un avion, pour des obsèques nationales, pour une chanteuse comme Warda (sans juger de la valeur humaine de la défunte) et de garder le silence sur un homme des 22 et sur sa mort. Comme si ce pays était une tente de chef de tribu et pas une nation autrefois fière et parfois libre."
Kamel Daoud
Je me rappelle d'un article que j'ai lu dans un quotidien français qui m'échappe et qui commente la "nature" de la visite de Zine Dine Zidane en Algérie on disant que : " l'Algérie est en train de vivre une vraie crise de symbole" ... dommage c'est le cas...
On idolâtre des joueurs de foot, on réélit un président en fauteuil roulant, on défile sur les champs-élysée, je crois qu'on est dans une dimension paralléle mais je pense franchement que l'Algérie n'a pas une crise de symbole pour moi, ses tiroirs en regorge, le problème c'est que personne ne veut les ouvrir à part nous simple patriotes nationaliste, sommes nous malade Si Berrou :?: non plus sérieusement je crains juste que ce soit l'époque,les conséquences de la décennie noire, l'affaiblissement des valeurs familiales, l'absence d'un futur tracé par une classe politique plus occuper à vouloir mangé dans l'assiette, c'est un tout je pense. Je ne résiste pas à t'ecrire une citation de Napoléon Bonaparte:
"On gouverne mieux les hommes par leurs vices que par leurs vertus"

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Re: Post-it: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-196

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14 JUILLET 1958 :L’UN DES ACTEURS DE CET ACTE DE BRAVOURE RACONTE
Comment nous avons déployé le drapeau algérien aux Champs-Elysées
Dans un témoignage poignant, Ammar Layachi raconte comment, il y a 56 ans, le 14 juillet 1958, l’emblème national avait été brandi lors du défilé sur les Champs-Elysées par un groupe de jeunes algériens aux cris de «A bas l’Algérie française,Tahia El Djazaïr».
«Je m’appelle Ammar Layachi, je suis né le 16 décembre 1940 à Bône. Je voudrais apporter mon témoignage et raconter comment le 14 juillet a été pour moi – et pour d’autres jeunes de mon âge — la date d’entrée en clandestinité contre le colonialisme français. En l’occurrence je voudrais raconter ma première action dans les rangs du FLN. Comment celle-ci avait été préparée et organisée une semaine avant.
En 1958, ce qu’on appelait “les événements d’Algérie” avait fait revenir au pouvoir le Général de Gaulle. Cette année-là, pour le traditionnel défilé du 14 Juillet, les autorités avaient décidé de faire venir en France 4 000 anciens combattants musulmans ainsi que 3 000 jeunes, pieds-noirs et “Français musulmans”. La France voulait ainsi glorifier et justifier aux yeux du monde le bien-fondé de la colonisation.
Nous étions de jeunes sportifs de 16 à 17 ans qui, le 7 juillet 1958, faisaient pour la première fois la traversée de Bône à Marseille par bateau. Jusqu’ à notre arrivée à Marseille, nous croyions naïvement que ce voyage était une sorte de colonie de vacances organisée par nos clubs. Nous ne savions pas encore que nous venions pour le défilé du 14 Juillet, pour crier “Algérie française !”.
Une fois à Paris, nous avons été pris en charge dans un camp de toile militaire situé à Maison Laffitte en banlieue parisienne. Malgré l’interdiction de quitter le camp, nous avons trouvé le moyen de “faire le mur” pour aller à Paris : notre but était de fuir et d’entrer en contact avec des responsables FLN de la fédération de France.
Il était impensable en effet de défiler en scandant «Algérie française !». Cependant, comment faire pour établir un contact. Où chercher ?
Nous avons alors marché dans le quartier latin, découvrant la ville, à la fois émerveillés et perdus. Des militants FLN, étonnés de cette inflation subite de jeunes musulmans dans les rues de Paris, nous ont abordés. Après avoir écouté nos explications, ils nous ont demandé de les suivre dans un établissement, “Le Tam-Tam” pour discuter plus tranquillement. Ledit établissement était tenu par le père de la grande diva algérienne Ouarda el Djazaïria.
Nous étions impressionnés par ces hommes déterminés et de toute évidence très bien organisés. Ils nous parlaient de leur engagement et nous voulions leur prouver que nous étions des leurs. Nous leur avons dit que nous n’irions pas défiler, que nous allions fuir. Ils nous ont écoutés. Puis ils nous ont dit qu’ils avaient une meilleure idée : il fallait au contraire participer, mais en donnant une autre tournure à l’évènement. Semer le trouble en brandissant l’emblème national algérien. Ils nous donnèrent des instructions très précises : les drapeaux qu’ils nous remettraient devaient absolument être brandis devant la tribune officielle. Ni avant ni après.
Le jour venu, le défilé a commencé normalement. Arrivés devant la tribune officielle et comme prévu, nous avons brandi les drapeaux algériens en criant et en répétant : “A BAS L’ALGÉRIE FRANCAISE ! A BAS L’ALGÉRIE FRANCAISE !”, “VIVE L’ALGÉRIE LIBRE ET INDÉPENDANTE !”,”TAHIA EL DJAZAIR !”.
L’effet de surprise a été total : les autorités françaises étaient tétanisées à la vue de l’emblème national. Cependant, pris de panique, certains camarades sont sortis des rangs. Ils ont été repérés et arrêtés par la police. Ils étaient facilement repérables avec leur tenue kaki.
Mon groupe était composé de 10 jeunes. Nous n’avions pas été arrêtés parce que, contrairement aux autres, nous n’avions pas quitté les rangs durant la cohue. Rentrés au camp, nous avons vite changé de tenue vestimentaire et pris la fuite pour rejoindre nos contacts FLN.
Trois mois plus tard nous étions acheminés clandestinement dans différentes directions : pour certains au Maroc, pour les autres en Tunisie. Nous allions grossir les rangs de l’ALN, accomplir notre devoir : lutter contre le colonialisme.
A peine sortis de l’enfance, nous venions de franchir un pas lourd de conséquences. Subitement, la conscience d’avoir laissé sur les quais du port d’Annaba une vie qui, désormais, appartenait au passé ; de ne peut-être plus jamais retrouver nos familles et nos repères.
Ce témoignage me donne enfin l’occasion de rendre un vibrant hommage à mes frères de la fédération de France qui, au péril de leur vie, nous ont hébergés, nourris, protégés et conseillés. Dans cet exil moral et géographique, durant cette épreuve d’entrée en clandestinité, nos frères à Paris ont été notre seule famille. Merci mes frères !»
Ammar Layachi, ancien membre de la Wilaya V historique.
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/ ... 5898&cid=2

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La crise de l’été 1962 : Des origines à la fracture : Les fissures d’une jeune Révolution
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Durant le deuxième semestre de l’année 1959, la Révolutions algérienne va s’enfoncer dans une profonde crise de croissance que l’inexpérience du GPRA, rudement secoué, n’explique pas entièrement. Des frottements râpeux, au sommet, enfiellaient l’atmosphère déjà lourde depuis la formation du premier gouvernement provisoire en septembre 1958.
Certains noms avaient été contestés en raison de leurs origines politiques, tout comme on dénonçait aussi l’absence d’autres dans cette liste qu’on aurait dit établie par un peseur. «En juillet 1959, le GPRA fut mis en demeure» de remettre le pouvoir aux «3 B», écrit Saâd Dahlab. Belkacem Krim, Lakhdar Bentobbal et Abdelhafid Boussouf, le triumvirat qui menait d’une poigne de fer les destinées de la révolution, décident de forcer la main au président Ferhat Abbas et de convoquer un sommet militaire chargé de proposer une sortie de crise politique. Un consistoire de 10 colonels(2) se réunit 100 jours durant, avec des moments de forte houle. Et, pendant que se réunissait ce cénacle, pratiquement en apnée, ne voilà-t-il pas que de Gaulle défait la trame et détricote certains calculs. Il annonce le 16 septembre 1959, alors que ses généraux avaient sérieusement ébranlé l’ALN, son intention d’organiser un référendum d’autodétermination. Les responsables de la révolution y voient l’issue tant attendue à l’horizon. L’indépendance était entrée en gestation.
Trois mois après, pas moins, la réunion s’achève et débouche sur la décision de réunir de le CNRA. Celui-ci va créer le Comité interministériel de guerre (CIG) composé des trois «B» et un Etat-major général (EMG) qui porte à sa tête un rouquin, au visage émacié, aux saillantes pommettes, à la voix métallique et au regard vert perçant. Le plus jeune des colonels, à peine âgé de 30 ans : Houari Boumediène. Il sera secondé par les commandants Azzedine, ancien chef de l’illustre commando Ali Khodja, héros de Bouzegza. Ainsi que Kaïd Ahmed, ancien de l’UDMA, un militant au verbe haut et à la plume habile. Et, enfin, Ali Mendjeli, héros de la célèbre bataille de Mila (1957).
Les raisons principales qui ont présidé à la création de l’EMG étaient évidemment d’ordre militaire mais elles relevaient aussi de la stratégie politique. Elles étaient liées à la volonté des dirigeants de l’insurrection de mettre fin à de dangereuses dérives aux frontières que d’aucuns qualifiaient d’anarchiques et périlleuses. Particulièrement en Tunisie, vivier de ce qui charpentera, une fois la nouvelle politique mise en œuvre, l’ossature de la future Armée nationale populaire (ANP).

Il faut dire que ces hommes, comme des fauves en cage, montraient des signes d’agitation malsaine. «Insuffisamment organisés, en proie au régionalisme et aux luttes de factions, ils sont guettés par les mutineries, les complots». La discipline faisant la force principale des armées, l’impérieuse nécessité s’imposait donc de procéder à l’encadrement rigoureux de ces djounoud. La solution des Commandements Est et Ouest, lesquels avaient été créés en avril 1958, ayant montré ses limites, tant du point de vue de la stratégie que celui de la formation.
Par ailleurs, une nouvelle doctrine militaire, impulsée par Krim Belkacem (ministre de la guerre) et développée par Houari Boumediène et l’EMG, va voir le jour et préconiser la structuration d’une armée moderne par la formation d’officiers et d’hommes de troupes qui allaient constituer le cœur actif autour duquel allaient s’agréger les forces populaires, pour poursuivre la lutte et peupler à nouveau les maquis.
Les deux hommes vont l’un après l’autre s’appuyer sur les cadres de l’armée française qui ont répondu à l’appel qui avait été lancé en leur direction pour rejoindre les rangs de l’ALN. Un encadrement injustement controversé du simple fait d’avoir figuré sur les listes des effectifs de l’ennemi. La plupart n’ayant pas subi l’épreuve du feu dans les djebels algériens. Ils avaient d’ailleurs rejoint Tunis via la filière du FLN en Allemagne. Enfin, l’objectif politique, quant à lui, visait principalement à évincer Krim Belkacem, ministre de la guerre dans le GPRA, de ce poste stratégique. Surtout depuis la proposition gaullienne du référendum. L’armée étant, depuis, convoitée et regardée comme le sésame qui ouvrirait les portes du pouvoir.
Aux trois «B», (Belkacem Krim, Lakhdar Ben Tobbal et Abdelhafid Boussouf) qui exerçaient déjà leur puissance tutélaire sur l’ALN des frontières, il convient d’ajouter un quatrième «B», Boumediène, pour avoir une idée du patchwork militaro-politique qui dirigeait l’ALN en ce début des années 1960. Ainsi naquit la bipolarisation de l’autorité supérieure de la Révolution : le militaire et le politique, l’un ne voulant rien céder à l’autre. Contrairement donc à la doxa, la dangereuse crise qui agitait le landernau des combattants de l’extérieur n’est pas née avec les accords d’Evian.

Le conflit a éclaté bien avant Evian I, qui s’est déroulé du 20 mai au 13 juin 1961. Il faut savoir que quand la décision fut prise d’ouvrir des négociations, la liste de la délégation chargée de mener les pourparlers comprenait, entre autres, Benyoucef Ben Khedda. Selon Abdelhamid Mehri, «Ben Khedda avait, à cette époque, une autre vision et estimait en gros qu’accepter le principe de l’autodétermination, c’était revenir sur l’exigence de la reconnaissance de l’indépendance. Aussi a-t-il décliné l’offre de faire partie de la délégation». L’Etat-major s’est aligné sur cette position et Kaïd Ahmed, commandant politique au sein de l’EMG, qui avait été désigné, a d’abord refusé d’en être et de se joindre à la délégation. L’EMG s’était dit que si le politique Ben Khedda refusait de participer à la mission, c’est qu’il y avait quelque part une anomalie. Il a fallu lui intimer l’ordre militaire qu’il ne pouvait refuser, pour qu’il s’exécutât.
«Par la suite, nous avons signifié à la délégation de trouver un prétexte pour interrompre les négociations et rentrer pour que nous réglions le problème avec l’EMG». Puis est intervenu le remaniement du GPRA, (Tripoli, 27 août 1961), qui mènera les négociations des Rousses (11 au 19 février 1962) et Evian II (7 au 18 mars). Ben Khedda qui avait été désigné à la tête du GPRA, et, du reste, tout le FLN avaient abandonné le préalable aux négociations, de la reconnaissance de l’indépendance. Toutefois, l’EMG, réduit à trois membres avec le retrait du commandant Azzedine, rentré pour prendre le commandement de la deuxième Zone autonome d’Alger, demeurait opposé à un certain nombre de points des accords.
Nous sommes le 19 février 1962. La délégation qui a mené tambour battant les négociations des Rousses quitte à cinq heures du matin l’hôtel «Yeti». Rédha Malek écrit : «Belkacem Krim n’est pas au bout de ses peines. Soulagé du fardeau écrasant des Rousses, il va affronter, à Tripoli, l’épreuve la plus périlleuse de sa carrière.... Krim, Bentobbal, Dahlab, Yazid, n’ont pas le droit de flâner. Il faut rendre compte au GPRA, puis au CNRA, convoqué en session extraordinaire pour le 22 février à 13 heures dans l’enceinte de l’Assemblée nationale libyenne». Car, le CNRA était «le seul habilité à juger de la conclusion de la paix, d’un cessez-le-feu et d’accords internationaux», il fut donc mandé «pour entériner ce que les pourparlers avaient arrêté». Ainsi, du 22 au 27 février 1962, l’organe suprême de la révolution a passé au crible les dix déclarations de l’accord négocié au Rousses.
«L’atmosphère était loin d’être à l’enthousiasme», déplore Saâd Dahlab.(8) Même si, ajoute l’ancien ministre des Affaires étrangères de l’Algérie combattante, «tous les membres du CNRA étaient d’accord pour le cessez-le-feu...»... «Les ministres emprisonnés à Aulnoy avaient été non seulement informés régulièrement du contenu des négociations, mais nous avaient même communiqué leurs suggestions dont nous tenions naturellement compte. Ils étaient d’accord pour le cessez-le-feu.» «Les cinq, relève l’auteur de ‘‘Mission Accomplie’’, étaient parmi les responsables les plus modérés et les plus réalistes. Khider et Ben Bella en tête», souligne-t-il. En apparence, mais en apparence seulement, l’union sacrée s’était faite autour du cessez-le-feu. Tous les points abordés par les négociateurs ont rencontré l’assentiment des membres du CNRA. Jusque et y compris les délicates questions de la double nationalité pour les Français désireux de demeurer en Algérie ou l’épineux problème du «français comme langue officielle».
Ben Bella, pro nassérien, agissant et arabophile militant «était même le moins intransigeant», rapporte Dahlab. Il relève également que l’Etat-major aussi souhaitait le cessez-le feu mais, note-t-il, «ils avaient cessé d’obéir au GPRA qui n’était plus que leur caissier. Il fallait bien entretenir l’armée et condamner par principe toutes ses initiatives. Ils avaient alors le dos au mur». Intraitable, l’ombrageux colonel Houari Boumediène exige de savoir avant toute discussion si les documents qui sont soumis à l’appréciation du CNRA constituent «un accord ou un préaccord». Le chef de l’Etat-major général était pourtant démissionnaire depuis le 15 juillet 1961, après l’affaire du lieutenant Gaillard qui avait empoisonné les relations, en principe hiérarchiques, entre le GPRA et l’institution militaire.
L’avion du lieutenant Gaillard avait été abattu par l’ALN au-dessus de la région de Mellègue en territoire tunisien, proche de la frontière algérienne. Son pilote s’étant éjecté, il a été capturé et mis au secret par les responsables de l’EMG. Les autorités tunisiennes, pressées par Paris, avaient demandé au GPRA de leur remettre le prisonnier. Ce à quoi l’EMG s’était opposé avant d’obtempérer. On aurait tendance à croire qu’ayant démissionné, l’EMG avait perdu la haute-main haute sur l’armée.

Erreur ! «Avant de partir nous avons désigné des hommes de confiance pour garder la maison, nous confessait le Commandant Azzedine, commandant militaire au sein de l’EMG. En effet, nous avions confié les clés aux responsables de la zone nord dirigée par le capitaine Ben Salem, assisté des lieutenants Abdelghani, devenu plus tard Premier ministre, Abdelkader Chabou devenu responsable de l’ANP sous Boumediène, et Chadli Bendjedid le futur président de la République. Il y avait également les gars de la zone sud avec Salah Soufi, futur membre démissionnaire du conseil de la Révolution issu du coup d’Etat de juin 1965, Saïd Abid, lui aussi membre mais qui est mort mystérieusement à la suite de la tentative de prise du pouvoir par le colonel Tahar Zbiri. Je citerai également les membres du bureau technique avec les capitaines Zerguini et Boutella, et le lieutenant Slimane Hoffman».
A l’heure où les négociations avancent vers la solution et que le drapeau national est en phase ascensionnelle sur sa hampe, toute absence risque de se payer cher. Boumediène est donc revenu à l’exercice pour la circonstance, avec le grade, la fonction et toute l’autorité due au titre. Pour le principe, ses partisans et lui donnèrent de l’ergot. Kaïd Ahmed avouera plus tard : «Nous savions très bien que le cessez-le-feu allait être voté, mais nous voulions prendre date».
L’argument avancé était la crainte que les négociateurs se soient laissé aller à la tentation du «cessez-le-feu à tout prix». Autrement dit, la crainte de faire «fausse route et l’angoisse d’être mal informés sur les conditions du cessez-le-feu à tout prix». Un principe condamné par avance par l’EMG, lequel redoutait des accords bâclés signés sous la pression de la folie meurtrière de l’OAS qui assassinait dans un terrible amok médiéval, des dizaines d’Algériens par jour.
A ce propos, Rédha Malek écrit : «Les conditions de secret dans lesquelles se sont tenues ces assises ont constitué un des facteurs de leur succès. Délestés du fardeau médiatique et des pressions trop fortes d’une opinion déboussolée, les négociateurs n’ont qu’une hâte : aboutir. Une nuance s’impose cependant. Quoique les victimes de l’OAS soient principalement musulmanes, il n’est pas sûr que les délégués algériens consentent à bâcler leur travail au seul motif d’abréger les souffrances de leurs compatriotes, non qu’ils soient insensibles à la tragédie mais parce qu’ils mesurent les conséquences d’un mauvais accord». Les inquiétudes de Boumediène et des membres de l’Etat-major pour légitimes qu’elles fussent auront néanmoins suscité un certain agacement chez les négociateurs qui n’y lisaient qu’une pinaillerie de pure forme.
Par ailleurs, pour les membres de l’EMG, les négociations d’un cessez-le-feu étaient prématurées, d’autant que la situation interne du FLN n’était guère reluisante du fait de tiraillements de tous ordres et dans tous les sens. Pour marquer leur présence pendant les négociations, les troupes de l’extérieur ont multiplié les opérations contre les lignes Morrice et Challe. Sans doute pour démontrer que «les capacités de résistance militaire des Algériens étaient intactes et que la guerre pourrait encore durer longtemps».
http://www.elwatan.com/hebdo/histoire/l ... 80_161.php
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